‹ Histoire des peuples du NordChapitre 40 sur 206 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Rœdar, représente le Dieu de la Poésie, Bragi, assistant à une fête donnée par Ægir, Dieu de la Mer, qui i-aconte à ses hôtes célestes les différents exploits des Divinités.

L’Edda en prose se termine par YEptmnâli ou épilogue , dans lequel on raconte plusieurs des fables de TEdda comme scènes de la guerre de Troie.

Le Skalda se compose d’abord du Kenningar, qui est une espèce de Dictionnaire des synonymes poétiques , et ressemble assez à celui contenu dans V Alvis-mâl de l’Edda en vers, enrichi d’extraits poétiques et d’explications mythologiques sur l’origine des différents termes. Il contient ensuite un essai didactique sur l’art de la versification , et donne pour exemple des différentes espèces de mètres un poëme curieux de Snorre Sturleson , contenant une strophe de chaque espèce. On y a joint quelques traités plus modernes sur l’ajustement de l’alphabet latin à la langue Islandaise, sur la manière de parler, de prononcer, et sur d’autres sujets de grammaire et de rhétorique (1) .

La figure la plus usitée dans la versification Islandaise est l’allitération. Sous ce rapport, on lui suppose une ressemblance avec la poésie des premiers temps de la société non civilisée.

La poésie des Hébreux , des Persans , et d’autres nations de l’Orient , est pleine de cette figure , qui a été jdus ou moins employée dans la versification de chaque siècle et de chaque contrée , sans même en excepter les poètes classiques de la Grèce et de

( 1 ) Snorre Edda af Rask , pp. 271-S53.

Rome (1). Les Goths et deux des peuples les plus voisins des Goths dans l’Est et l’Ouest , les Finns , les Kimry ou anciens Bretons, ont employé l’allitéi-ation, et il est très-possible que ce système allitératif ait été adopté par imitation des nations voisines ; car, si on dépouille de cette figure les vieux vers Goths, on trouvera qu’ils s’accordent d’une manière remarquable avec les hexamètres Grecs et Romains (2). Mais dans la poésie des nations classiques ou Orientales , on ne trouve rien qui puisse se comparer avec les allitérations des Goths. Dans les poèmes Eddaïques et dims toute la poésie Scandinave , antérieurement au roi Harald-Haarfager, la prosodie consistait dans un simple mètre dont l’antiquité , qui remonte à des temps très-reculés , est attestée par son nom , le Fornyrdalag ou * ancienne complainte. » Elle consiste , lorsqu’elle est parfaitement régulière , en quatre syllabes longues, ou plutôt en deux syllabes accentuées, et deux plus courtes dans chaque vers. Les stances sont généralement de huit vers, qui sont de deux espèces : 1° celles qui ont quatre syllabes longues , comme dans les exemples suivants tirés du Vôlu-Spâ :

Hljôths bith ck allar Helgar kindir , Meiri ok ininui Mavgo Heimthallr

Faites silence tous,

Yous issus de race sacrée , Tous grands et petits ,

Issus de Heimdallr ;

(1) Conybcare's llluslralioiis of Anglo-Saxon Poclry , lutrocl. , Kssay , p. 59.

(ï) Rask, Angelsaxisk Sproglæie (Prosody , § 9).

Page 1