CHAPITRE V
« des rois et des héros qui ont régné sur les con- * trées du Nord , où la langue Danoise est parlée « {Danska tûngu) ; j’ai aussi tracé leurs généalo-
< gies, remontant aussi haut que j’ai pu sans en
< perdre la trace, mais surtout jusqu’à la plus « ancienne collection de ce genre, appelé Langr- « Jedgatâl, dans laquelle les rois et les’ autres per- « sonnes illustres ont lait écrire leur généalogie : « presque tous les événements qui y sont eontenus « sont tirés des vieilles chansons ou poésies his-
< toriques qui faisaient les délices de nos ancé- « très. »
Il justifie done son plan sous ce rapport par l’exemple de ses prédécesseurs, et renvoie aux chants et aux Sagas dans lesquels il a puisé ses matériaux. « 11 y avait entre autres Thiodolf, skald d’Harald Haaifager , qui composa une chanson sur le roi Rognvald, appelé le Ynglinga-tâl , accompagnée du récit sommaire de la vie, de la mort et des lieux de sépulture de scs ancêtres, qu’il faisait remonter jusqu’à une époque reculée. Fiolncr était le fils à'Yngvifreys, adoré depuis longtemps par les Sviar, et d’où la race Yngling tire son origine et son nom. On trouve la généalogie du Jarl Hakon dans mie ancienne complainte composée jiar Ey vind , un de ses Skalds et appelé Huleygjalal. Il cite Soemingr, fils d’Yngvifreys, raconte la mort et les lieux de sépulture de ces deux rois. D’après la tradition de Thiodolf, Y Ynglinga-Saya fut écrit le premier et augmenté plus tard pai- d’autres hommes instruits. Le premier âge fut appelé Bnuia ùlü, nom tiré de la
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coutume de brûler les corps morts , et d’élever eu leur mémoire des pierres tumulaires appelées Bauta- Steinar. Mais, après que Freyer eut été brûlé à Upsala, plusiem’s princes élevèrent à leurs prédécesseurs non-seulement des pierres tumulaires, mais des Ttnmili. Plus tard aussi, Dan Mikillati, roi des Danois, se construisit pour lui-même un Tumulus dans lequel il voulut être enterré avec les insignes de sa dignité royale, ses armes, son cheval et d’autres richesses. Son exemple fut suivi par plusieurs de ses successeurs, et cette coutume fut appelée, en Danemark , Haugs - ôld , « l’àge des Tumuli ; » mais les Norwégiens et les Suédois conservèicnt longtemps la vieille coutume de brûler les corps. L’Islande commença à être colonisée quand Harald-Haarfager devint roi deNorwége. Ses successeurs et lui entretenaient à leur cour des Skalds qui racontaient leurs exploits, et nous avons parlé précédemment de ces complaintes chantées devant les princes, qui étaient eux-mêmes les héros do ces glorieuses actions, ou devant leurs enfants, certains de la vérité de ce qu’ils entendaient sur les expéditions et les exploits de leurs pères ; car, bien que les complaintes des Slvalds célébrassent les louanges des héros pour lesquels elles étaient composées , et devant lesquels elles étaient chantées, il est dilTicile de. supposer qu’on leur attribuât faussement la gloire de certains faits que tous ceux qui étaient présents eussent reconnus mensongers, et dont la honte eût rejailli sur ceux qu’on avait prétendu honorer!.. » Snorre continue en citant avec éloge son prédécesseur, Ari-Frodr,