CHAPITRE VI
liint leur origine orientale. Les compagnons de l’Odin historique furent les Sviar, connus de Tacite sous le nom de Suiones, et les habitants qu’ils trouvèrent en possession de la contrée sortaient d’une autre tribu des Goths, qui avait émigré à une époque antérieure à l’bistoire. Les premiers peuples qui l’occupèrent furent les Jotuar et les Nains, les Fennide Tacite, les SkrithBnni de Procope , et les C-Nvenas et les Finnas dont parlait Ohter le navigateur Norwégien au Roi Alfred. Expulsés peu à peu de ce tei ritoire et chassés vers le Nord, plus près du pôle arctique, par les Goths et les Sviar, ils furent avec ceux-ci en guerres continuelles, souvent envenimées par des haines de religion, représentées dans la mythologie par l’allégorie d’une rivalité entre les Divinités célestes et les géants ou mauvais génies (l ).
Odin fonda l’empire des Sviar, qui était borné primitivement à un petit territoire au bord de la mer Mœlar, dans la province de Suède, aujourd’hui üpland, appelée alors la plus petite desSvithjod, en opposition à la grande Svithjod ou Scythie, d’où ils émigrèrent, et Mannheim ou maison de l’Homme, par opposition à la demeure céleste d’As-gârd. Insensiblement les Sviar, la tribu principale gouvernée par les Pontifes Rois, — descendants directs d’Odin et chargés de la garde du temple de Sigtun, siège piincipal de la religion nouvelle, — acquirent un certain ascendant sur les Goths, qui possédaient la plus
(1) Geijer, Svea Rikes Hâfdcr, I. I, pp. 380^30 Grœlers Suhm ,
t. I, pp. 23 64 Münter, Kircheng^eschichte von Dænemark and Norwegen ,
t. I, pp. 12,68-81.
grande partie de la contrée au Sud, appelée Gautland, Gôtlland ou Gota-n'ki. Cette influence et ce pouvoir des Sviar sur les Goths résultent des termes exprès de l’ancienne loi fondamenüde de leur empire réuni , par laquelle « le roi sera élu par l’assemblée nationale de toute la Suède (« Thing alra Svia), à la pierre de Mora, (1) dans la plaine près d’Upsala, et les Goths (2), dans l’assemblée générale , ratifieront ou annuleront eette élection {Thing alra Cette distinction
des deux tribus est soigneusement indiquée dans les traditions et les annales du moyen âge, et la chaîne de montagnes qui s’élève entre Sodermanland et le Gothland de l’Est, prêtait encore à la division naturelle de Svia et de Gdta-n'ki. Elle existe même aujourd’hui par la constitution des deux tribunaux judiciaires suprêmes, appelés les Svea et Gota Hofriit,
(1) Le Morasleen ou Pierre de Mora, était une rangée circulaire de pierres qui existait dans b plaine de Mora , i> environ 7 milles d'Upstda. Lorsque Obus Magnus vil ce curieux monument, il conservait encore son apparence primitive , et il raconte qu'il consistait en une pierre ronde et grande (lapis iogens et rotundus) , entourée par environ donze autres plus petites, avec des blocs taillés en forme de coins (cuneatis pétris), peu élevés du sol. (Joan et Obi Mag., Hist. , lib. I, cap. 18.) Scheffer eu donne une description très-étendue , et a recueilli tous les renseignements relatifs aux vieilles coutumes auxquelles se rapporte son histoire. ( Scbelf. , Upsalb Antiqua , p. 359, etc.). — M. Coxe, qui la visita en 1783, dit qu’il ne trouva que dix pierres, dont b plus longue n’avait que six palmes de long. A peine pouvait-on déchiffrer les inscriptions anciennes. Gustave lil fit élever un bâtiment en briques pour conserver ce monument. (Coxe’s Travels , vol. V, b. VII, c. 6. — Voyage au nord de l'Europe, par deux Français, t. Il, p. 395.) On peut trouver dans l’Europe des restes sembbbics, et la cérémonie d’élever les rois et les juges sur des pierres parait avoir été pratiquée par les Grecs et les Juifs. ( Cbrke’s Travels, vol. I , ch. V , p. 319 — Saxo Gram. . lib. 1, p. S. Wbeaton’s Scandinavb, vol. I, p. 138. ) (IV du Tr. ) (3) Ibre , Dissert, de Initiatione Regum Suio-Gotborum , Ed. Upsab , 1753. — Geijer, Svea Rikes Hâfder, t. I, p. 433. ,