‹ Histoire des peuples du NordChapitre 6 sur 206 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Pythéas, ou ceux dont il recueillit les observations, serait entré dans le Sund et la Baltique, visités déjà par les Phéniciens qu’y avait attiré la recherche de l’ambre. Il dépeint les parties septentrionales de Thulé comme agrestes et incultes , peuplées de sauvages ne vivant que de chasse et de pèche. Les habitants du Sud étaient plus avancés dans les arts nécessaires à la vie ; ils cultivaient les grains, élevaient (les abeilles et préparaient l’hydromel, leur boisson favorite. Le type caractéristique de tous ces peuples était la férocité et l’amour des combats (1).

Parmi les tribus Scandinaves, les anciens géogiaphes et les historiens citent les Suiones, ou, dans le langage du pays, les Sviar (2), les Guthons, Gutes ou Goths, et les Daukiones, voisins des Goths (sans doute les Danois), dont la demeure primitive était en Scanie, et (pii sont appelés, dans l’ancien langage du Nord, Danir ou Danskir (3). Pomponius Mêla décrit un grand golfe qui s’avance dans la terre, au nord de l’embouchure de l’Elbe , qu’il appelle Sinus Codaiius, et la grande île de Codononia (probablement la péninsule du Jutland), qu’il dit être habitée pr les Teutons (4). Pline l’Ancien, le premier écrivain qui donne positivement à cette région septentrionale le

(1) Ptoléméc, Géogr., lib. II, cap 2. Vouez Murray’s Disserlalion de Pylhca Massilicnsi in Kov. Comm. — Gôlting. , lom. VI, el Disscriat. du Docleur Brcdsdorff, sur la géographie aiicieiuie du Nord , dans les Transactions de la Skandioavisk Liltcralurselskab pour 1821, p. 20i.

(2) S«eomn, Suède. (Ao(c du TYaducteur.)

(3j Tacite, Gcrm., cap. XLV. — Pline, lib. IV, cap. 13.

(4) - Super Albin Codanus ingens sinus inagnus parvisque insulis referlus est. > De Situ Urbis, lib. 111, c. 3.

nom de Scandinavie, constate aussi l’existence du Sinus Codanus , situé au-delà du promontoire Cimbrien, et parsemé d’un archipel d’îlcs (1). Tacite mentionne les colonnes septentrionales d’Hercule, voulant sans doute ^wrler du passage étroit du Sund à la Baltique, qui ressemble exactement au détroit de Gibraltar. La flotte de Drusus n’avait pu traverser ni même approcher de ce détroit, qui fut infranchissable pour elle comme le détroitde Gibraltar l’avait été pour Hercule ; et les Romains ne connurent les nations maritimes situées sur les bords de la Baltique que par leurs voyages par terre à la recherche de l’ambre (2).

Les Suiones, dit le grand histouen Romain (3), étaient un peuple maritime, riche et puissant; les Rois possédaient un pouvoir despotique , semblable à celui que les traditions du Nord attribuaient aux Pontifes-Rois, successeurs immédiats d’Odin. Protégé par la mer conti’e toute surprise et toute invasion, leçeuple ne se reposait pas même sur ses armes pour la défense du pays, confiée seulement à la garde des esclaves du Roi. Les Sitones (4), une des nombreuses tribus de cette nation, ressemblaient aux autres sous tous les rapports, excepté qu’ils étaient gouvernés par une femme : au dire des Romains, ils

(1) Uist. nat., lib. IV, cap. 27.

(2) Tacite, Germ., cap. XXXIV. — Grœters Suhm, t. I, p. 358. — Gibbon, Décliné and Fall, etc., vol. IV, p. 2tl.

(3) Suiones, peuple de la Scandinavie, dans une contrée qui, au moyen

âge, prit le nom de Sueonia, Suède. (f/ole du Traducieur.)

(4) Sitones (Norvégiens) séparés des Suiones par le mont Sivo. A leur territoire se bornait la Suévie ; plus tard les Sitones furent un des peuples compris sous le nom de Normanni. Tacite, Germ., cap. 45.

{Sole du Traducteur.)

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