‹ Histoire des peuples du NordChapitre 61 sur 206 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

publié il y a quelques années avec une version latine très-incoiTecte , un glossaire et des notes, par Torkelin, traduit plus récemment encore en vers Danois moderne, par un homme fort érudit dans la littérature de son pays , avec une introduction savante , dans laquelle on fait ressortir son affinité avec les poëmes Eddaïques du genre romantique (1). Il a aussi été traduit, ou plutôt paraphrasé, en vers Anglais, par le spirituel M . Conybeare, mort aujourd’hui , qui termine son analyse toujours élégante, quoique souvent incorrecte, par les remarques suivantes, qui ne manquent ni de force ni de justesse :

€ Il serait difficile de ne pas reconnaître, » dit-il, t que le barde Scandinave, par son style et sa poé- € sie , approche beaucoup plus d’Homère que des € romans du moyen âge. Si je ne me trompe, cette € ressemblance sera bien plus sensible encore par f la simplicité du plan, la vraisemblance de tous € les détails, même lorsque le sujet est surnaturel et « fantastique , par la longueur des discours et par € les digi'essions fréquentes pour traiter des ma- < tières de l’histoire ancienne ou contemporaine. Il € faut observer aussi que le poëme de Bjô'wulf con- * tient, dans les derniers chants surtout, un argument « décisif, — si on en avait besoin après les travaux « de Percy et d’Ellis, — contre la théorie qui attrit huerait aux fictions du roman une origine Arabe. € Le dragon ailé qui vomit des flammes ; — l’épée

(I) lijôwuirs Drape : Et Golhisk Hc'lc-Digt, ele., af Angel-SaiiiFk paa Danske Riim ved N. E, S. Gruiiülvig, etr. Kjœbeiihavii , 18120.

« qui se dissout lorsqu’elle est teinte du sang des « Jutes ; — la lumière céleste qui éclaire la caverne « de Grendel, et qui jaillit des statues magiques « dominant celle du Dragon (1); — toutes ces fictions, « si on les avait trouvées dans un poëme d’une date « plus récente, auraient assurément dû être consi- « dérées , par le célèbre auteur de cette théorie , « comme des importations certaines des Croisades. « Mais les opinions de Warton , même lorsqu’elles « sont erronées, ne s’appuient pas sur de vaines « preuves. Ces fictions devaient certainement avoir « une physionomie plutôt orientale que septen-

(1 ) Dans l’antiquité classique les héros combattaient aussi des monstres et des brigands ; mais leurs dangers avaient un but utile. En Scandinavie , au contraire, ils semblent se proposer plus particuliérement de faire montre de leur courage, et les poètes durent exagérer le péril et rendre les monstres plus terribles. I.c rôle des serpents dans la mythologie Scandinave , les souvenirs de la Genèse cl les Légendes de Saint-Georges et de Saint-Michel, oû Satan parait sous la forme d’un Dragon , concoururent sans doute à la préférence que lui accordèrent les poètes sur les autres monstres; on retrouve presque toujours quelques traits qui rappellent le Démon :

Ile svas to loke on , as 1 you telle ,

• As yt had bene a ficnde of belle.

{ Syr Degoré).

His neke is gicler than a bole ,

His bodi is swarler than ani cole.

[Gy of Warwike).

Swiclie batailc ded never non Cristene man of tiesch and bon —

Of a Dragoun thacbeside,

That Beves slough llicr in thaï tide,

Save Sire Launcelotde Lakc,

He fought witli a fur-drake.

And Wade dede also

And never knightes boute lhai to.

( Syr Beni.i ).

Voyez aussi Galfrid de Monemuta, Hislorià Brilonum , I. VIII, c 4; IX, c. 2. (Ed. DuMéril, p. 142, n” 3.) (Note du Traducleur.)

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€ trionale. L’on trouvera bien mieux la solution de t ce phénomène dans l’hypothèse récemment posée « par ces savants du Continent, qui, — considérant « les dialectes Goth et Sanskrit comme semblables, « et identifiant l’e\istence et l’adoration d’Odin, « avec celle de Buddha , — réclament pour toute 4 la mythologie Scandinave une origine Asiatique M d’une existence plus reculée et plus mysté- 4 rieuse (l). i>

(1) CoDjbcarc’s Illustrations of Anglo Saxon Poetry , pp. 79 80.

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