CHAPITRE VII
complètement équipé pour la guerre. Il y avait à cette époque deux habitants de cette contrée, les fils d’Hilderid , qui , jaloux de la puissance et du crédit de ce Jarl, le desservirent dans l’esprit du roi en l’accusant à tort de n’avoir pas exactement rendu compte du tribut de pelleteries payé par les Finnois. Hai-ald le somma de comparaître à sa cour; mais il refusa d’obéir, lui rendit son fief, et continua à vivre de ses propres ressources. Files étaient, du reste, plus que suffisantes pour lui permettre d’entretenir à sa suite cent partisans; car elles étaient le produit de ses troupeaux et de ses bêtes à cornes, de la pêche du hareng, de la vente de la morue sèche et des œufs des oiseaux de mer. Fatigué bientôt de cette vie paisible et sans gloire , il s’associa avec Faravid , petit-roi des Cwenas, en Norrland, pour une expédition contre lo Pareil de Kyrjâlaland, à l’est du golfe de Bothnie , d’où ils rapporU'rent un riche butin. Il chargea un grand bateau de poissons salés, de peaux, d’huile de baleine et de pelleteries estimées, produit de sa prise, qu’il envoya échanger en Angleterre , en 878 , contre une riche cargaison de miel, de .vin, de blé et de toile. Mais Harald , pour le punir de sa félonie supposée , s’empara du vaisseau et de sa riche cargaison. L’été suivant, Thorolf, croisant comme un Vikingr dans la mer Baltique, donna la chasse à une lloUc nombreuse jwrmi laquelle était un vaisseau Norwégien chargé de blé , de miel et de drèche, pour le service de la maison du Roi. Il saisit ce navire par voie de réprésailles et retourna dans sa patrie sans être inquiété.
180 HISTOIRE DES HOMMES Dt NORD.
Mais bientôt cet intrépide Roi de mer succomba victime de la vengeance d’Harald (1). ,
La religion, de son côté , employait son influence à encourager cette passion d’entreprises aventureuses. Celle que professait le peuple duNord était empreinte de cet esprit sauvage et aventureux qui , suivant la tradition, portait le cachet distinctif du caractère de son fondateur. Quelle qu’ait été la distinction des sectes parmi les païens du Nord , quelques différents (ju’aient été les objets de leur adoration, le dieu favori des Vikingar était un dieu Mars et un Moloch. La religion d’Odin favorisait le désir de renommée guerrière et la soif du sang en promettant à ses sectateurs les joies du Valhalla comme récompense des héros qui succombaient glorieusement dans les combats. 'Ses messagers célestes , les Valkyries (2) , planaient sur les champs de bataille ensanglantés, surveillaient la fortune du combat, et, emportant les corps que le Destin avait marqué de mort, les déposaient aux pieds du bienheureux Dieu de la guerre. Ceux qui adoraient les Divinités plus anciennes du Nord, ou qui méconnaissaient tous les objets religieux du culte national , étaient animés d’un esprit bien plus barbare. Quelques uns de ces chefs portaient l’audace jusqu’à défier les Dieux eux-mêmes. Ainsi, nous lisons dans les Sagas que deux héros fameux , tout en méprisant le joug du Christianisme, ne sacrifièrent jamais aux Divi-
(1) Muller, Sagabililiolhek , t. I , p. 109.
(2) Valkgrur, au pluriel Valkijriur, Déesse envoyée par Odiii pour surveiller le sort d'une bataille. (Note du Traducteur.)