‹ Histoire des peuples du NordChapitre 66 sur 206 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

appelées Skjold-meyar ou Vierges du Bouclier {l). Les Sagas romantiques sont remplis de leurs exploits héroïques et de leurs actions d’éclat. Dans le Volsunga-saga, nous lisons l’histoire d’Alfliilda , fille de Sigurdr,Roi des Ostrogoths, « qui était chaste, belle et brave. » Sa figure était toujours voilée d’une gaze pour dérober ses traits à la curiosité du vulgaire ; elle vivait seule sous un berceau de verdure . dont deux Champions, d’une force et d’un courage à toute épreuve, défendaient l’entrée. Sigurdr avait proclamé que quiconque rechercherait la main de sa fille devrait, pour l’obtenir, vaincre les deux Géants; mais qu’en cas de défaite, la mort serait le prix de sa téméraire et ambilieuse entreprise. Alf, jeune Roi de Mer, qui s’était maintes fois signalé par ses héroïques exploits, accepta le défi et tua les deux Champions ; mais Alfliilda n’était pas femme à se rendre aussi facilement. Elle se réfugia sur mer avec toutes ses suivantes, habillées comme elle de vêtements d’hommes et complètement armées en guerre. Elles l'cncontrèrent une flotte de Vikingarqui, se trouvant sans chef, choisirent l’intrépide héroïne pour lui succéder. Elle continua ainsià rêder sur la mer Baltique, à la tête de cette bande de pi rates. Mais la nouvelle de ses exploits parvint aux oreilles d’Alf, son prétendant; il donna

Facilité , et qu'afin de perpétuer leur nation , elles allaient sur leurs Frontières contracter avec les peuples voisins des hymens passagers, dont clics massacraient ou abandonnaient les Fruits mêles après leur naissance.

{Note du Traducteur.)

(I) En Islandais, au singulier Skjôtdmtvr , au pluriel Skjùldmeijar \ en itanois, Skjoldmtrer.

la chasse à son escadre , cl la poursuivit jusque dans le golfe de Finlande, où la brave Alfliilda fut obligée d’accepter la bataille. Alf aborda la barque de la princesse qui se défendit avec un courage héroïque. Mais enfin, un terrible coup d’épée d’un de ses cbampions ayant fendu son casque , la modeste fiancée découvrit ses traits angéliques aux yeux étonnés d’Alf, et , désarmée par son courageux amant, elle accepta sa main^ tandis que le robuste Champion épousait une de ses belles compagnes (1).

Le voisinage de la mer qui entoure presque toute la péninsule Scandinave , — les détroits nombreux qui découpent les côtes parsemées d’îles , et en forment autant d’abris, — la profusion des matériaux utiles à la confection des vaisseaux fournis par les vallées et les montagnes de ces contrées du Nord, — attirèrent bientôt l’attention des habitants sur l’art de construire les navires. Cet art était en gi-and honneur ; on lui attribuait même une origine céleste. Le vaisseau miraculeux Skidbtadnir, était l’œuvre la plus merveilleuse des Nains, et Odin est représenté comme un navigateur consommé, patron des entreprises navales et guerrières. Comme tous les Sagas historiques et romantiques appelaient indistinctement Forgerons tous les artisans en métaux, en pierre ou en bois, — tel que le fameux Vôlundr (2) le forgeron, le Dédale du Nord, — ils avaient donné le nom de Volundr de vaisseaux à un certain Thorstein

(1) üepping , l. I,pp 50-5i.

(2) Voyez le clianl célèbre de Vôluiid le-Forgeroii. DuMcril, j>p. 361-3"0.

Page 1