CHAPITRE VII
qui avait acquis uue grande réputation dans cet art. Et cependant les premiers essais des Scandinaves ne surpassèrent pas ceux des Indiens de l’Amérique du Nord et des autres tribus sauvages, et les flottes avec lesquelles ils envahirent la France et l’Angleterre étaient souvent composées de petits canots creusés dans des troncs d’arbres, si légers qu’ils pouvaient se porter sur les épaules ou se transporter sur des voitures d’une rivière à une autre. Ils pénétiaient dans l’intérieur de la contrée en naviguant sur les rivières, et loi’squc les habitants s’opposaient à leur passage, en construisant des ponts ou des digues, ces infatigables aventuriers portaient leurs bateaux à travers les terres vers un autre cours de la rivière. Les progiès qu’ils firent plus tard dans l’art de construire les navires se manifestèrent par la dimension progressive qu’ils leur donnèrent et les perfectionnements ap[)ortés aux équipements. Les Sagas mentionnent les noms donnés aux différents vaisseaux d’après leur grandeur, tels que le Snekkja ou Limaçon (I), barque longue et large avec vingt bancs de rameurs; le Drake ou Dragon (2), navire très-large ayant une figure de dragon ou de quelque autre animal fantastique sculptée sur la proue , rehaussée d’or et de peintures, dans lequel les Rois de mer s’embarquaient avec leurs Bersærker ou
(I) Snekkja, en Ulamiais; en Danois, Snekke, ou mieux Snegel; en Allemand , Sc/mecie; en Saxon, Stiogel , S»egel;cn Suédois, SnigrI.
{Sole du Traducteur.)
(î) Drake, Dragon; en I.at. , Draco; en liai., Dragoue; en Holland,, Draak; en Allem. , Draclie; en Suédois, Drake; i n Dan. , Druge; en Irlandais, Drag , feu ; en langue Galloise , Draig , Chef. (iVo(c du Traducteur.)
HISTOIRE DES HOMMES Dll NORD.
Champions. D’après le Saga de Hrolf Krake, roi de la Zélande , le navire le Dragon Grimsnaùlr, que le monarque avait pris dans un combat naval contre un fameux pirate, surpassait tous les autres vaisseaux, autant que Hrolf lui-mé'me l’emportait sur les autres Rois du Nord. Snorre parle aussi d’un navire à trente-quatre bancs de rameurs, construit par Olaf- Tryggvason (1), roi de Nonvége, qu’il déclare être le plus large de tous ceux du royaume.
Afin d’organiser les forces maritimes de la contrée, les côtes de la Scandinavie étaient depuis longtemps divisées en districts appelés Hundara, dont l’étendue répondait au but que l’on s’était proposé. Chacun d’eux fournissait un certain nombre de vaisseaux équipés à l’aide d’une espèce de conscription maritime. Cette mesure existait, et pour la guerre offensive, et pour la guerre défensive. La vieille loi qui l’ordonnait fut remise en vigueur pour la Norwége, par le roi Hakon-le-Bon, fils d’Harald-Haarfagcr. Ce service forcé était appelé , en Suédois , Slteppsvist , et si le Roi prévoyait ne pas avoir besoin, dans l’année, d’équiper une flotte pour tenir la mer, on exigeait un équivalent semblable au Ship-Money si fameux dans l’histoire constitutionnelle de l’Angleterre. L’équipement annuel d’une expédition maritime devint d’un usage général dans les royaumes du Nord ; et le principal grief des Suédois contre leur roi Olaf fut son oubli, ou son refus de faire, chaque année, une excursion maritime contre la Finlande,
(I) Depping, l. I, pp. — Siiorre • Saga af Olali Tryggvaaini,
cap. XCV.