CHAPITRE VII
son peuple et traître à sa patrie, comme les Sarrasins furent appelés eu Espagne par le comte Julien (l). Ainsi l’Irlande avait combattu ccnt cinquante ans pour conserver son indépendance, et cent cinquante ans plus lard elle était livrée à l’étranger par la lâcheté de son roi, qui, d’un seul coup, anéantit celte liberté si chèrement acquise ! Cependant les hommes du Nord existaient, longtemps après, comme race distincte parmi les populations indigènes et Anglo-Normandes ; et l’on voit encore les traces de leur domination dans les mines de ces immenses forteresses qui couronnent les montagnes de l’Irlande, et l'enveloppent comme d’un réseau, et que ses habitants appellent « les Forts Danois. »
Période de 755 à 794. — La première incursion dans le midi de l’Angleterre, par les hommes du Nord, eut lieu sous le règne d’Ofîa, roi de Mercie. Aussitét débarqués, le pillage commença ; mais les paysans Anglo-Saxons s’assemblèrent et les mirent en fuite. Offa envoya à leur poursuite ; quelques uns furent faits prisonniers et conduits en présence du Roi, auquel ils déclarèrent qu’ils étaient seulement un détachement envoyé pour reconnaître le terrain, mais qu’ils seraient bientôt suivis d’un corps d’armée plus considérable. Le généreux Offa les renvoya sains et saufs, en leur recommandant de dire aux D.anois que tant qu’Offa régnerait , tel serait le traitement qu’ils
(1) Il résulte du Ptea roll du 4 Edw. II, qu’une enquête fui failc à Limerick au sujet des terres de l’Église dans celle année (A. D. 1201) sur les serments de douze Anglais ( Anglo-Normands ) , douze Oslroanni ( ltom> mes de l’Est ) cl douze Irlandais. Johiisionc, |i. ül.
196 HISTOIHE SES HOMMES DU NOED.
recevraieut de lui. Une telle générosité trouva les aventuriers reconnaissants , et par une noble réciprocité, ils respectèrent le sol de l'Angleterre pendant tout le règne de ce prince (1).
Mais en 849, sous le lègue d’Ethelwulf, roi des Saxons de i'Ouest et père du célèbre Alfred-le-Grand, commencèrent les premières invasions importantes de l’Angleterre par les hommes du Nord. ■ Dans ces c jours de deuil, > disent les historiens Anglo-Saxons, € le Dieu tout-puissant envoya des hordes nom- « breuses d’usui'pateurs cniels. Danois, Norwégiens, c Suédois, Vandales et Frisons, qui n’épargnèrent c ni l’âge ni le sexe, et qui, depuis le commence- < ment du règne d’Ethelwulf jusqu’à l’arrivée du duc c Guillaume de Normandie, — pendant une période € de deux cents ans, — ravagèrent cette teire c coupable, et détruisirent et les hommes et les c bétes (2). >
En 851, les hommes du Nord se hasardèrent à hiverner dans l’Ue de Thanet, d’où, l’année suivante, ils s’élancèrent sur les Anglo-Saxons. Ils entrèrent dans la jTamise avec trois cent cinquante barques, pillèrent Canterbury, Londres, et marchèrent sur la Mercie. De là, ils tôm'nèrent vers le Midi, et entrèrent dans le comté de Surrey. Ethelwulf rassembla les Saxons de l’Ouest pour repousser l’invasion. Les deux nations se rencontrèrent à Aclea,, t le Champ des Chênes , > et le combat s’engagea à outrance.
(1) Matlbew Paris, Ilist. Maj. , (. 1 , p. 22.
(2) Mallhcw Wcsimoiii — KIores, Uisl. , 302. — Dromplon, F.d. Twysden,