CHAPITRE VIII
et son successeur, conclut une trêve avec Charlemagne, et, dans le traité qui s’en suivit, il fut stipulé que l’Eydcr serait la barrière naturelle qui séparerait le Danemark du vaste empire des Francs (1).
Mais à la mort de ce grand homme , cet empire qu’il avait élevé et soutenu ]îar son génie et son activité, décline rapidement. — Tout contribue à son affaiblissement! — Louis-le-Débonnaire, successeur indigne et dégénéré de Charlemagne, néglige complètement les moyens de défense. — Les grands vassaux de la couronne , préoccupés seulement de leur agrandissement personnel , s’inquiètent peu du pays, et les richesses de la nation se dépensent eu donations ruineuses au pi-ofit d’un clergé rapace. Profitant de cet état d’épuisement, les Normands ravagent avec le feu et l’épée les côtes de l’empire de l’Elbe à la Loire. En 827 , ils longent les côtes de la Gaule, et, traversant la baie de Biscaye , opèrent une descente en Gallicie, où ils sont défaits par Ramiro, roi Goth de
(t) Adam rircroenB, Uisl. Eccles. , t. I , lib. 1, c.'<p. 13. — Sulim , Historié af Danmavk ,1.11, p. 18. Depuis lors , l’Eydcr a toujours sépai é les coaquèles douteuses au nord do cette rivière d’Henri- l’Oiseleur, le proiuicr empereur de la race Saxonne. Le duché d’Holstcin , au sud de l'Eyder , est possédé par le monarque Danois sous un titre dilTcrent de celui de la couronne de Danemark , et avait toujours foi mé une partie de l’empire Germanique jusqu’à sa dissolution, en 180G, lorsque le Gouvernement Danois publia une ordonnance qui réunissait le duché aux autres États de la monarchie. L’ancienne inscription qui existait autrefois sur les portes de Rendsbourg: Eiooni Rouaxi Tcniiixcs iupebii, fut arrachée et déposée (buis r arsenal, comme preuve d’un monument d’antiquité. Mais à 1a formation de la Confédération Germanique actuelle, le roi de Danemark entra dans la nouvelle ligue comme duc de Uolstcio, et le Duché forme maintenaLt un des (lix-sept États principaux de b Confédération; il est représenté dans la diète à Francfort , et contribue de sa quote-part au contingent militaire de l’armée fédérale.
Léon. Ils continuent leur voyage le long des côtes de la Péninsule, pénètrent dans la Méditerranée, descendent sur les bords du Guadalquivir , et pillent Séville (1).
Les querelles sanglantes élevées entre les enfants de Louis-le-Débonnaire , leur révolte criminelle contre leur père, tout contribuait à rendre l’empire des Francs une proie facile pour ses cruels usurpateurs. Les Normands vinrent s’établir dans l’île de Noirmoutiers, à l’embouchure de la Loire, et en firent le centre de leurs incursions dans chaque partie de la contrée, portant partout le ravage , le pillage et le meurtre. A la mort de Louis , ses fils recommencent leurs querelles intestines. Les deux armées se rencontrent à Fontenai en Bourgogne. Le résultat de cette bataille sanglante hâta la destruction de la monarchie Franque. Eu effet, la population libre de la contrée, décimée par ces fatales guerres civiles, s’affaiblissait de jour en jour; l’autre partie, plus considérable, réduite à la condition de serfs , n’avait aucun intérêt à défendre le sol qu’elle cultivait si laborieusement. Ainsi privée de ses défenseurs naturels, veuve de sa noblesse, dont la fleur avait péri dans ces funestes divisions , la contrée fut eu proie aune panique désastreuse. Personne n’osa résister aux Normands , car personne n’était capable de les repousser (2).
Robert Waee, un des plus anciens poètes. Anglo-
(1) Uepping, l. I, p. 1 10.— Siiliin , Hi^lol■ic af Dai.mark, l. Il, p. 18.
(2) DuchesnR, Scrip. rcr. Franc., I. lil, p. ôôi. — .Sbmoinli , lli^loir(‘ dos Français, 1. 111, p. OF