‹ Histoire des peuples du NordChapitre 79 sur 206 · CHANTRE VIII · texte numérisé non relu

CHANTRE VIII

celle capitale du monde Cbrélieu. Ils metleut donc à la voile avec cent barques , pillent en passant les côtes d’Espagne , vont jusqu’à attaquer les bords de la Mauritanie en Afrique , pénèb'ent dans la Méditerranée et ravagent les lies Baléares. Us ai-rivent enfin dans un port d’Italie qu’ils prennent pour Borne , mais qui était Luna , ancienne ville fondée par les Etrusques, dont les murs élevés, flanqués de tours et couronnés d’édifices publics , trompent les aventuriers du Nord. Les habitants célébraient dans 1a cathédrale les fêtes de Noël lorsque la nouvelle se répand de l'arrivée d’une flotte d’étrangers. L’église fut bien vite abandonnée , et les citoyens se précipitèrent en masse pour fermer les portes de la ville et se préparer à la défense. Hastings envoya un bérault d’armes pour rassurer le comte et l’évéque de Luna, en leur disant qu’ils étaient hommes du Nord , vainqueurs des Francs , qu’ils ne voulaient aucun mal aux habitants de l'Italie ; mais qu’ils cherchaient seulement un refuge pour réparer leurs barques fatiguées. Pour leur inspirer encore plus de confiance, Hastings prétendait être las de la vie errante qu’il menait depuis si longtemps, et soupirer après un repos dans le sein de l’Eglise Chrétienne. L’évéque et le comte donnèrent à sa flotte tous les secours nécessaires. Hastings fut baptisé ; mais sans que les aventuriers Normands fussent admis dans l’intérieur de la ville. Le chef fut donc obligéde recourir à unautre stratagème. Il feignit d’ôtre dangereusement malade ; le eamp résonna des gémissements de ses compagnons d’armes ; il annonça rinlcntiou de laisser à l’Eglise

le riche butin qu’il avait acquis , pourvu qu’on lui accordât une sépulture en terre sainte. Les cris des Normands annoncèrent bientôt la mort de leur chef. Les habitants accompagnèrent à l’église la procession funéraii*e. Mais au moment de déposer en terre ce corps en apparence sans vie, Hastings, s’élançant du fond de sa bière , et, saisissant son épée, étendit à ses pieds l’évéque qui officiait. Ses compagnons répondirent aussitôt à ce signal de trahison, et, tirant les armes cachées sous leurs vêtements, massacrèrent le clergé et ceux qui assistaient à la cérémonie, et jetèrent le ravage et la consternation dans toute la ville. Le chef Normand , maître de Luna, découvrit bientôt son erreur, et apprit qu’il était encore loin de Rome, qui ne serait pas de prise si facile. Après avoir transporté à bord de leurs barques les richesses de la ville, les femmes lesplusjoliesetles jeunes gens capables de porter la lance ou de manier la rame, ils remirent à la voile pour retourner dans le Nord.

Le récit donné par les traditions Italiennes sur la destruction de cette ville ressemble bien plus au roman de Roméo et de Juliette qu'à l’histoire de l’aventurier Scandinave. D’après cette tradition, le prince de Luna était tombé amoureux des charmes d’une jeune Impératrice voyageant avec l’Empereur son époux. Sa passion ftit bientôt partagée, et les deux amants pour se réunir à jamais curent recours au stratagème suivant : l’Impératrice feignit d’être dangereusement malade , bientôt on la crut morte , ses obsèques furent sérieusement célébrés; mais elle s’échappa du tombeau et rejoignit son amant.

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