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CHAPITRE VllI

L’Empereur eut bientôt connaissance de cette trahison , et, marchant vers la résidence du ravisseur, vengea sa honte par la destruction totale de la florissante cité de Luna. Le seul point de ressemblance entre les deux récits consiste dans l’incident romantique de la destruction de la ville au moyen d’une mort simulée, légende qui se répandit bientôt dans l’Italie et la France (1).

Un des principaux chefs qu’Hastings avait laissé derrière lui dans son expédition d Italie, vint s’établir avec sa troupe dans une île de la Seine, près Paris. Du fond de cette reti’aite 11 ravageait les contrées d’alentour. Charles-le-Cliauve , abandonné par les barons inquiets et turbulents, dont il avait à jamais perdu l’affection , fut obligé de lever le siège de cette île, et de composer avec les Normands, bien qu’il eût acquis aux dépens de la nation la triste expérience qu’il y avait folie à agir ainsi , et que de semblables moyens encourageaient les conquérants à recommencer leurs excursions. Par suite d'un traité signé au château de Verberie , en 859, Bjôrn s’engagea à quitter la France; il s’en retournait donc en Danemark; mais, au dire des historiens Francs, ayant touché à un port de Friesland,il y

(1) Depping, l. l, pp. 16A <68. — Sulim , Hisloric af D.-inmnrk , t. II, pp. 313-316. — Geijer, Svea Rikea Hâfdcr , l. I, p. 578. — Roman de Rou , I. l,cdit. de Pluquet, noie VIII. M. Capefigue met en «loiiic les rccils doDjiCs par les Xontiaiids sur celte cspédilion (sur les Invasions des Normands, p. 137). Mais le fait historique de la prise de Luna par les aventuriers Normands est positivement indiqué dans les chroniques Italiennes. — Paul Waruefrid, de Gest. Longubard, lib. IV, cap. 47. — Muratori , Antii[. liai. , I. I , p 23. — lier. liai. Script. , l. XIII , p. 4Ü.

mourut sans revoir sa patrie (1). La flotte d’Hastings, chargée de dépouilles et de prisonniers , fut assaillie par une violente tempête, à son retour de la Méditerranée. Réduits à l’extrémité, les Normands furent obligés de jeter à la mer leurs prisonniers et leur butin, afin d’alléger leurs barques. Une partie de la Hotte entra dans le Rhône, la seule rivière des Francs qui eût été jusque-là exempte de leurs ravages. Ils remontèrent son cours, pillant partout les villes et les monastères. Les cités florissantes de Nîmes et d’Arles , où l'on trouvait encore les restes de la civilisation Romaine, furent victimes de leur incroyable Tureur. C’est à cette époque que toutes les côtes de la Méditerranée furent dévastées par les pirates du Nord; ils établirent leurs quartiers d’hiver en lilspagne, d’où ils étendirent leurs ravages dans la Méditerranée jusqu’aux frontières de l’empire Grec.

Rien que le fils de Ragnar ait cessé ses expéditions en France, les bords de la Seine et de la Somme continuaient à être dévastés par d’autres aventuriers. Le faible gouvernement des Francs dégénérés eut recours au funeste expédient de solder une bande de Vikingar pour les chasser de son territoire. Pour 3,000 liv. d'argent pur, les aventuriers de la Somme s’engagèrent à chasser ceux de la Seine (2). Une taxe nouvelle fut donc imposée sur les monastères, les propriétaires laïques et les marchands. Cette contribution fut exigée' avec une rigueur excessive des pauvres habitants, qui ne l’acquittèrent

(1) Sulim, Ilisloiie af Uanmark, l. It, p.

(2) Siilini , Historié af Datim.irk , t. U. p. 227.

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