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CHAPITRE IX

Premières tentatives pour convertir le Nord au Christianisme. — Les Missionnaires Ebbo et Ilalitgar. — Conversion et baptême d’Harald-Klak. — Scs rapports avec Louis-le-Dêbonnaire. — Caractère et première mission d’Ânchariiis, l’Apôtre du Nord. — Sa première visite en Suède. — Obstacles au progrès de la nouvelle rebgion. — Bulle du pape créant un siège arehiépiscopal à Hambourg (832). — Pillage de cette ville par les Danois , et fuite d’Anebarius. — Sa seconde mission en Suède. — Mort et Canonisation d’Anebarius.

Les premiers symptômes de civilisation semaiiifeslèreiit chez le peuple du Nord aux vin® et ix® siècles par ses rapports fréquents avec l’Orient et avec l’ouest de l’Europe. La guerre et la conquête alimentèrent ces rapports. Les expéditions des pirates , bien que signalées par des ravages et des scènes d’horreur, si funestes aux nations qu’ils attaquaient, contribuèrent cependant à la civilisation et au bienêtre matériel des peuples du Nord. La guerre d’extermination faite pendant plus de trente ans par Charlemagne aux Saxons, qui défendaient avec courage et acharnement leur liberté nationale menacée et la religion de leurs pères, fut un auxiliaire puissant pour mettre en contact deux peuples, dont l’un

2l2-i mSTOIRE DES HOMMES DE NORD.

était, de toute l’Europe , le plus avancé, et l’autre le plus arriéré en civilisation. Les Danois, dont les sympathies pour les Saxons s’expliquaient par une conformité de religion et la crainte raisonnée de la puissance envahissante des Francs, étaient étroitement unis avec leurs voisins des bords de l’Elbe. Ils étaient tous adorateurs enthousiastes d’Odin , de Thor et des autres Dieux du Nord. Wittikind, le héros national des Saxons, avait épousé une princesse Danoise, et après toutes ses défaites, avait trouvé une retraite assurée en Jutland, loin des coups de son redoutable adversaire. Mais Charles s’occupait plutôt de défendre , par une barrière infranchissable, la frontière septentrionale de son vaste empire, qui s’étendait de l’Elbe à l’Ebre , que de subjuguer les tribus sauvages qui habitaient au-delà du premier de ces fleuves. Ses conquêtes n’étaient que civilisatrices, et son empire était déjà assez étendu pour que toute sa vigilance fût employée à en défendre les frontières éloignées contre les nations barbares qui le ceignaient de toutes parts. Ragnar Lodbrok, qui, du trône de Lédra, dominait le royaume-uni des Danois et des Sviar, avait enrôlé la jeunesse belliqueuse du Nord à la suite de ses expéditions lointaines aux confins de la Suède et sur les côtes d’Angleterre. Son nom même semble avoir été inconnu aux Francs, bien que plus tard il devînt leur terreur dans la personne d’un autre prince. Son fils, Sigurdr Snogôje, roi du Jutland, prit de nouveau les armes contre eux dans la dernière partie du viii® siècle. La paix fut ensuite conclue entre Charles et Sigurdr, qui étendit

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