CHAPITRE IX
Thor, Freyer, et les autres Æsir, comme les Divinités protectrices de la grande lamille nationale du INord , qui faisaient cause commune avec eux par les liens d’une même origine, d’un même langage, et d’une même religion. Mais cependant, par une cause encore inconnue, l’opinion tourna subitement en faveur de la nouvelle religion. Ancharius, prié de visiter encore une fois le Jutland, où le Roi le reçut les bi-as ouverts, poursuivit sans relâche et avec succès l’œuvre diflicile et sainte de convertir les Païens.
Ancharius dépensa le reste de sa vie dans des CCUATCS de charité. Il fonda des cloîtres, des écoles , des hôpitaux ; visita, avec une infatigable activité, chaque partie de son immense diocèse, et, quand enfin l’âge le força de ralentir, quoique à regret, ses devoirs actifs, il se soumit à ces pratiques de mortifications personnelles qui, à cette époque, étaient considérées comme si méritoires. Saint 3Iartin, de Tours, fut son patron quant à la sainteté de son caractère; il portait toujours sur lui un cilice et l’habit monastique de son ordre. La règle de sa vie fut celle de Saint-Benoît, et jamais il ne profita du privilège de sa dignité ecclésiastique pour réclamer en sa faveur une exception aux rigueurs les plus sévères. Dans ses tournées épiscopales, avant de prendre son frugal repas, il servait toujours le pauvre à sa table, et se retirait souvent du monde suivi de quelques^religieux dans le couvent de Ramslo. II s’étudia même à dédaigner l’amour de la renommée, cette faiblesse des grands esprits , dont son âme
ardente était naturellement avide, et qu’il sut toujours sacrifier aux motifs plus élevés et plus purs qui le faisaient agir. 11 mounil, en 860, à l’âge de soixantequatre ans, et fut bientôt canonisé par l’autorité du Pape. Sa mémoire fut honorée par l’institution de festivals ; de magnifiques châsses furent construites pour l’adoration du nouveau saint, et les églises et les cloîtres s’appliquèrent à perpétuer son saint nom. Aiicharius fut adoré comme le saint tutélaire des nations du Nord, jusqu’à l’époque de la réforme, et mérite encore aujourd’hui leur reconnaissance et leur vénération , car il les délivra d’une superstition sanglante et barbare , et fut le bienfaiteur qui leur ouvrit pour toujours les portes de la civilisation (1).
(1) Münter, KircliengeEchichte , t. I, pp. 352, 234, 278, 310, 321.