‹ Histoire des peuples du NordChapitre 94 sur 206 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

aux comtés environnants, annonçant à ses sujets tju’il était encore vivant et qu’il désirait les rassembler en bataille à l’Est de la forêt de Selwood. Ayant réuni une troupe suflisante pour justifier son entreprise et appuyer ses prétentions, Alfred se mit à sa tête, marcha à l’ennemi, le mit en déroute, joncha la plaine de cadavres, et poursuivit les fuyards jusque dans leui'S retranchements. Étroitement bloqués, ils furent bientôt forcés par la famine d’implorer la générosité du vainqueur. Le souvenir de cette victoire est attesté par l’érection d’un monument très-curieux : c’est un cheval gigantesque taillé dans un banc de craie, qui existe encore au sud-ouest de la montagne d’Edrington (1).

Les conséquences de cette victoire furent une paix perpétuelle entre Alfred et le roi Godrun, qu’il confirma, non par les solennités habituelles et mensongères des serments et des gages, mais par une apostasie politique ou réelle. Il consentit, lui et douze de ses Jarls, à recevoir les eaux du baptême. Alfred fut son parrain et il reçut le nom d’Ethelstane. Il resta douze jours à la cour d’Alfi-ed comme son hôte, et à son départ, reçut de magnifiques présents, avec la concession de toute l’Est-Anglie, qu’il divisa entre ses compagnons d’armes. Les guerriers se firent agriculteurs; ils échangèrent leurs épées contre des socs de charrues , colonisant et cultivant la terre qui leur était concédée par un traité solennel. I.a frontière du royaume Danois fut limitée, depuis l’embouchure de

(I, Turner, pp. I96-204. — Suhm, Hisl. af Dan. , l- H , p. 7,29.

la Tamise, la rivière Lea à sa source juscpi’à Bedford, et le long de l’Ouse jusqu’à l’ancieune voie romaine appelée Watling-street (1). Il comprenait donc les comtés de Norfolk, Suffolk, Cambridgeshire, Essex et une partie de Hertfordshire, Bedfordshire et Huijtingdonshire. Les deux Rois s’engagèrent à favoriser le Christianisme et à punir l’apostasie. Les Saxons et les Danois vécurent en paix; chaque membre des deux nations était réputé avoir les mêmes droits, car l’amende pour le meurtre de tout individu était la même, selon le rang de la personne. UnThane du Roi, accusé d’homicide, devait être jugé par douze de ses pairs, et les autres jiar onze de leurs pairs et un des hommes du Roi (2).

Les événements justifièrent en partie, sinon complètement, cette politique d’Alfred d’opérer une fusion entre les deux peuples ; et dans les circonstances difficiles où il se trouvait , ce fut sans doute le parti le plus sage qu’il eût à prendre. En effet, la colonie de Danois commandée par Godrun, refusa d’abord de secourir ou de faire cause commune avec leurs compatriotes pillards, et Alfred, rentré en possession de la contrée située au Sud de la Tamise, était désormais en mesure d équiper une armée navale suffisante pour arrêter les incursions de Vikingar. Quinze ans s étaient écoulés depuis sa restauration, lorsqu’il fut attaqué par un Roi de Mer, nommé Hastings, le même

(1) Wilkin, Lcg. Anglo-Saxon. 47.

(2) Turner, vol. II, pp. 206-212. Le territoire cédé à Godrun avec la

Norihutnbric fut connu sous le no.Ti de Danctagh , ou « Loi Danoise. •

Palgrave, vol. I, p. 132.

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