CHAPITRE X
chef, suivant M. Turner, qui, aidé des fils de Ragnar, se distingua par ses ravages en France et dans le midi de l’Europe ; c’est une erreur, car il était un des fils de l’Hastings qui avait ravagé la France, qui plus tard ^ convertit au Christianisme, et vivait tranquille en Neusti’ie à l'époque de son invasion par les Noiinands sons Rollo (1).
Le chef nommé Hastings, dont il est ici question, avait,en attaquant Alfred, des avantages incontestables et particuliers attachés à sa position ; il était sûr au moins de la neutralité de ses compatriotes de Northumbrie et de l’Est-Âuglie; il n’avait donc à lutter que contre les Saxons de l’Ouest et les Merciens. Mais les hommes du Nord établis en Angleterre furent loin d’observer la neutralité que le Roi était en droit d’attendre d'eux, et il eut besoin de tout son génie et de tout l’attachement de ses guerriers pour sortir seul de cette situation périlleuse. Hastings réunit dans le port de Boulogne, une grande flotte qu’il fractionna en deux divisions ; l’une, sous son commandement, entra dans l’embouchure de la Tamise, pendant que l’autre eflcctuait un débarquement sur la côte sud-ouest de Kent. Alfi’ed prit une position qui lui permit d’isoler les deux divisions des hommes du Nord, et de paralyser leurs communs efforts , tout eu les éloignant du contact de leurs compatriotes établis dans l’Est-Anglie. Il résolut de faire une guerre Fabienne et de lasser la patience des aventuriers. Mais les conditions du service militaire établi chez les
(1) Suhm, Hisl. af Dai:., l. U, p. 3X2. — Dudon dcSaiot-Quenlin, I. Il, “b". — Roman <le Rou, I. I , p. 72. Ed. do Pliiquel
Saxons rendit ce projet impraticable , car il ne put conserver plus longtemps son armée en campagne. Âlb'ed la divisa donc en deux parties égales, dont l’une resta au service, pendant que l’autre fut autorisée à retourner dans ses foyers pour reprendre ses occupations ordinaires. Chaque Saxon, en âge de porter les armes, accomplit ainsi son service à tour de rôle, et par ce moyen Alfred offrait sans cesse à l’enne.Tiiune troupe fraîche et disciplinée, dont le nombre ne diminuait jamais. Fatigué de cette guerre , qui se prolongeait sans offrir l’occasion de combattre, Hastings se retira tout à coup vers ses vaisseaux, pendant que sa principale troupe se dirigeait vers la Tamise, qu’elle croyait pouvoir tiavereer à gué, pour aller rejoindre ses compatriotes dans le comté d’Essex. Alfred, devinant ce projet, les poursuivit et les atteignit à Farnham, dans le comté de Surrey, les ba^ tit complètement, et ceux qui échappèrent à l’épée des Saxons se noyèrent dans la Tamise. Alfred poursuivit le reste des fuyards à travers le comté de Middlesex jusqu’à celui d’Essex, et les rejoignit dans l’tle de Mersey, où il les assiégea avec une nouvelle levée de Saxons, le terme de seiTice de l’ancienne troupe étant expiré.
Pendant ce temps, les colons Danois de la Northumbrie et de l’Est-Anglie équipaient deux flottes pour aider Hastings dans son projet de conquête du royaume de Wessex. Une centaine de leurs barques travei'sa le détroit de la Manche, et navigua le long des côtes méridionales , pendant qu’une autre division de quarante voiles croisait autour du nord de