CHAPITRE X
rHe. Alfred fut alors obligé de voler à la défense des côtes occidentales. Hastings ayant quitté les bords de la Tamise, avait cherché un refuge assuré près de l’île de Canvay, en Essex ; mais, dans sa retraite, sa femme et ses enfants furent pris par les Saxons. Alfred força les enfants à être baptisés et les renvoya généreusement à leur père. Mais le barbare Hastings, loin d’être touché de cet acte de générosité, continuait toujours ses ravages ; protégé par la bonne position qu’il occupait dans Essex, il étendit le cercle de ses excursions, et marcha pour piller les frontières de Mercie. Pendant son absence, les Saxons qui avaient été laissés au siège de Mersey traversèrent Londres, et furent rejoints par leurs braves concitoyens. Ils attaquèrent les positions d’Hastings absent, forcèrent ses retranchements , brûlèrent tous ses vaisseaux, et rentrèrent à Londres avec de grandes dépouilles, emmenant les femmes et les enfants des barbares. Alfred rendit encore une fois à Hastings sa femme et ses enfants , qu’il renvoya chargés de riches présents, mais sans plus de résultat que la première fois. Le Roi de Mer était décidé à former en Angleterre un établissement durable, ou à y périr.
A son retour du Devonshire, en 895, où il avait repoussé l’invasion de l’ennemi , Alfred trouva Hastings qui avait ramassé les débris de son armée défaite, et qui élevait une forteresse redoutable à South Shobery, du côté sud-est d’Essex. Là il rassembla ses forces, qu’il augmenta de ses compatriotes du Nord de l’Angleterre, et des Vikingar qui rôdaient sur
mi IIISTOIKE DES HOMMES DE \ORD.
les mei“s voisines. A la tête de cette ti’oupe , il remonta la Tamise, puis marcha par terre jusqu’à la rivière de Severn, sur les bords de laquelle il se retrancha. Les Saxons vinrent l’y assiéger, et après avoir souffert toutes sortes de privations, ils s’échappèrent et se réfugièrent vere leur station navale en Essex , non sans avoir éprouvé de grandes pertes. Leur amour des aventures et du pillage , leur espoir de trouver une demeure solide et durable ailleurs que sur les flots , les poussa à la résolution désespérée de faire une nouvelle incursion dans le cœur de l’Angleterre. Ils confièrent leurs familles, leurs navires, leur butin à leurs amis et compatriotes de l’Est-Anglie, et marchèrent rapidement à travers la contrée jusqu’à Chester, qu’ils fortifièrent. Là, le Roi de Mer fut assiégé par Alfred , mais enfin, chassé de sa résidence , il poussa jusque dans les Galles-Nord, et, après avoir ravagé la contrée, retourna, par un détour à travers la Northumbrie et l’Est- Anglie, :i sa position primitive de Mersey, en Essex. Après avoir traîné ses barques depuis la Tamise jusque dans la rivière Lea , il éleva une fortei’esse pour se défendre sur ce dernier fleuve, à vingt milles de Londres, près d’Hartford ou Ware. Là, il fut bloqué de nouveau par Alfred, qui interrompit tellement la navigation de la rivière qu’il rendit ses vaisseaux inutiles. Voyant leurs barques sans emploi, les hommes du Nord envoyèrent encore leurs femmes et leurs enfants dans l’EstrAnglie, et sortant tout à coup de leur camp, s’élancèrent à travers le cœur du royaume jusqu’à Severn , et se retranehèrent dans Bridgnorth. Ils