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(*) IL faut attendre , pour donner les acides, que l’opium ne Soit plus dans l'estomac : car , selon le docteur Orfila, Le mélange des acides avec les narcotiques irrile, et même enflamme la muqueuse gastrique.
228 WISTOIRE DES PHLEGMASIES CHRONIQUES.
la susceptibilité locale , et, par conséquent , de la circulation capillaire et des sécrétions muqueuses , dans le lieu phlogosé. Tout physiologiste doit maintenant sentir qu'il n'appartient qu'à l’opium, ou aux médicamens dont l’action est analogue , de produire tant d'avantages réunis. En effet , les stimulans rubéfians , âcres, amers, etc., évacuent les matières qui fatiguent la surface irritée , mais aJoutent à la phlogose ; ce qui rend leur usage toujours nuisible , pour peu qu'elle ait de tendance à se prolonger. Les toniques permanens , ou les astringens, tendent bien à resserrer les faisceaux phlogosés , à repousser les fluides qui les engorgent , ét à émousser la suscéptibilité locale ; mais ils n’engourdissent que le lieu qu'ils touchent ; de sorte que la réaction universelle , trop énergique , résiste à leur action sédative et la rend inutile ; ou bien elle augmente J’action organique beaucoup plus qu'ils ne l'ont diminuée ; d’où résulte un surcroît d'irritation, et quelquefois la mort des points les plus fatigués.
Aussi, répondra-t-on, les astringens ne sont-ils conseillés qu’à l’époque du relâchement, et à la suite des émolliens..…... On ne saurait nier qu'ils ne réussissent quelquefois ; mais, dans ces cas-là même, l'opium, à petite dose, sera toujours plus utile, parce qu’il réunit la sédation universelle à la sédation locale , et qu'il agit plus eflicacement que toute autre substance sur l’action péristaltique des intesäins irrités.
C’est donc , 1°. au régime féculent, lacté, mu-
coso-sucré ; 2°. aux boissons mucilagineuses, d’abord, ensuite aux décoctions de riz, de pain d’avoine, etc. ; 5°. au vin , à petite dose, dans l’état chronique apyrétique, et à un petit nombre de toniques légers, donnés dans l'intention de ne stimuler que l’estomac, et seulement quand il témoigne en avoir besoin ; 4°. enfin à l'opium, que je borne le traitement des diarrhées et des phlogoses chroniques de la membrane muqueuse du colon.
Je dirai maintenant comment j'en dirigeais l’application dans les différentes périodes et les différens degrés de la diarrhée chronique.
Lorsque la diarrhée était peu éloignée du terme de l’état aigu, comme vingt à trente jours, et que les forces n'étaient point épuisées , je n’ajoutais, aux muqueux et aux féculens, rien autre chose qu'une dose de laudanum , le soir, dans un julep gommeux. Je n'interdisais tous les autres toniques, persuadé qu’il n’est pas si souvent nécessaire de solliciter l'estomac à bien s'acquitter de son devoir, qu'un grand nombre de personnes se le figurent de nos jours. Ainsi, la bouche pâteuse et la lenteur des digestions ne me déterminaient point à donner du vin ni des amers, tant que je voyais le sujet vigoureux, bien coloré et bien en chair. Je me bornaïs . à diminuer les alimens , et la digestion se faisait à merveille. Dès-lors plus de toniques, car je les redoute toujours dans les phlogoses, tant qu'il reste des forces in potentia.
Si le malade avait dépassé de plusieurs semaines
le terme que je viens d’assigner , je tâchais d'évaluer ses forces. J’essayais d'abord la méthode la plus sévère ; et s’il n'y avait pas de désorganisation , J’obtenais du succès. Quelquefois le calme était si parfait, que je m'enhardissais à donner le vin, la décoction de quinquina émulsionnée , ou des juleps aromatisés. Si Je voyais la diarrhée s’exaspérer , je les suspendais pour me borner au laudanum; si l'amélioration continuait, je ne conservais plus que le vin des repas, parce qu'il est utile de persister à stimuler un organisme qui va se rétablissant , sous prétexte qu'il n’est pas encore rendu à son degré habituel de force. J'ai toujours mieux aimé attendre la restauration des bons alimens que des stomachiques ; et, pourvu que la digestion soit exacte , je n'en demande pas davantage. — Il était quelquefois nécessaire de rétrograder dans le traitement des diarrhées les plus curables, comme j'ai dit qu’on était forcé de le faire dans celui des gastrites chroniques. :.
Enfin, lorsque la maladie durait depuis plus de deux mois, et qu'il ÿ avait en même temps marasme , altération des traits et de-la couleur: fétidité des excrétions pulmonaire et cutanée, disposition à l’œdème ou hydropisie déjà avancée, je Joignais au régime prescrit , le vin à haute dose, la décoction de quinauina, et quelques autres ‘toniques, si l'estomac pouvait le permettre. Cependant, je ne les ai jamais beaucoup multipliés; les potions mucilagineuses aromatisées et le laudanum
TRAITEMENT DE L'ENTÉRITE. 291 étaient souvent les seules que j’employasse , attendu que les autres me semblaient faire plus de mal que de bien, et que ces diarrhées se terminaient quelquefois par une addition de gastrite , chez les sujets secs et irritables.
Je ne me suis jamais avisé d'attaquer directement l’hydropisie consécutive à la dysenterie par les diurétiques, etc. Il m'a suffi de quelques doses de vin scillitique , d’infusion de genièvre , ou d’apozème apéritif, pour juger combien les stimulans sont nuisibles à ces sortes de malades : plus on leur en donne, plus ils vont à la selle, et plus tôt ils périssent.
J'ai vu ces expériences d'assez près sans les avoir faites moi-même. Les sujets sanguins. et irritables s’'épuisent dans le marasme, et n'offrent qu'une légère anasarque vers la fin de leur vie. Ce sont des diarrhéiques mous et lymphatiques, ceux chez qui la phlogose est apyrétique et peu douloureuse, qui meurent dans l’hydropisie. Or, il est bien des praticiens qui ne. sauraient se persuader qu'une diarrhée aussi peu fatigante puisse, en:trois ou quatre mois, conduire le malades à l’hydropisie. Ils se figurent un hydro-thorax, si le malade a toussé, et si l’ascite lui gêne la respiration; et des obstructions aussitôt que le ventre leur paraît rénitent ; il en est même qui attribuent la diarrhée à l'oblitération des vaisseaux lactés ou à l'embarras de ceux du foie. — Ên conséquence de ces différentes théories , celui-ci donne des pectoraux incisifs, celui-là les
apéritifs désobstruans ; un autre veut dégorger le foie par les hépatiques ; un quatrième, trouvant la diarrhée insuflisante parce qu’elle est bornée à deux où trois selles, et prenant cette légère excrétion pour un avis de la nature, se croit obligé d'employer les drastiques; enfin tous s'accordent à stimuler les reins pour évacuer la sérosité. — Depuis que je me suis livré à l’art de guérir, j'ai été témoin de tous ces traitemens, qui sont du plus au moins stimuians ; je les ai toujours trouvés pernicieux. L'autopsie seule m'a fait découvrir la vérité.
Quoique j'aie traité un très-crand nombre de diarrhéiques, je n’accumuilerai pas d'observations en faveur de la méthode adoucissante. Les guérisons des dysenteries aiguës n’apprendraient rien de plus que ce que j'ai dit en traçant le plan général du
traitement = J'ai déclaré que , au-delà de vingt à trente jours, une diarrhée me semblait entretenue par les alimens ou les médicamens, et que dès-lors je la regardais comme chronique. Or, je possède une grande quantité de guérisons depuis cette époque , jusqu'à celle de quarante et cinquante jours. Je crois bien , en conséquence , avoir sauvé la vie à une foule de malades qui n’auraient plus’ été curables si la bonne méthode fût venue à leur secours vingt ou trente jours plus tard; mais rapporter toutes ces histoires , ce serait grossir inutilement ce volume. Javais, en multipliant les histoires de gas-
trites, le motif d'éclairer leur diagnostic en les faisant voir sous plusieurs formes; ce motif n’existe plus; une diarrhée est reconnaissable à tout le monde. Il fallait prouver que cette évacuation était due à la phiogose du colon, dans une foule de nuances délicates dont l'opinion nie le caractère inflammatoire ; je l'ai fait dans la partie anatomique et pathologique de ce recueil. Pour prouver maintenant l'efficacité du traitement émollient et féculent dans ces mêmes nuances de phlogose colique , je me contenterai d’un petit nombre de faits, les plus chroniques que je possède ; la conviction générale s’établira, du reste, par l'essai que chaque praticien pourra faire de la méthode que je propose.
L'observation suivante démontrera que la diarrhée phlogistique peut être, sinon produite, du moins exaspérée et entretenue par les médicamens toniques que l’on est si généralement porté à prodiguer aux convalescens qui relèvent des fièvres de mauvais caractère : latilité du traitement adoucissant s'y voit avec évidence, et l’on peut juger ausssi combien il est avantageux que les toniques ne soient administrés qu’à des doses assez modérées pour qu'ils re portent pas leur action primitive au-delà de l'estomac,
XXXVIIE OBSERVATION.
Diarrhée chronique à la suite d’une fièvre ataxique.
Le nommé Mayer, âgé de vingt-quatre ans, chà-
tain , régulièrement conformé, de taille et de gros-
seur médiocres, ayant séjourné à hôpital d'Udine
quinze jours , pour être traité de la gaie, fut toutà-coup saisi d'un délire menaçant, avec fièvre. Je reconnus une fièvre ataxique ; je la traitai, selon la méthode généralement adoptée , par les boissons stimulantes et les. applications réitérées de vésicatoires, de sinapismes , ete. Le treizième
jour , Mayer était sans fièvre ; et pouvait être re-.
gardé conmune convalescent.
Je cherchais à favoriser le retour des forces par le vin, le quinquina ct les alimens légers , moitié animaux, moitié végétaux, lorsqu'il me déclara qu'il avait un dévoiement avec ténesme et déjections sanguinolentes (1). Nous étions alors dans le printemps de 1806, à la mi-avril : c'était précisément l'époque où les mauvais succès du traitement tonique et astringent me KOrpAlenta à suivre la méthode adoucissante. |
Mayer prit d'abord, NS près d un mois, la
(1) Si cet homme eût été traité par les adoucissans, et les sangsues appliquées à lépigastre et à Vanus ; la gastroentérite aiguë ne serait pas devenue chronique.
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solution de gomme arabique aromatisée, les potions confortantes astringentes du codex militaire , l'eau de riz vineuse , la thériaque et le diascordium. Pour alimens, je lui prescrivais le riz, les œufs, la panade, la bouillie, et je cherchais à aider leur action conforlante par quelques onces d’un vin doux et liquoreux de ce pays, que l’on appelle piccoli.
Lassé de l'inutilité de ces moyens, je réduisis ce diarrhéique , en même temps qu'un grand nombre d’autres, à l'eau de riz, à la solution gommeuse, aux potions gommeuses rendues légèrement anodines avec la teinture d’opium de Sydenham, et je bornaï son régime à l’usage de la seule bouillie.
De huit à neuf, les selles se réduisirent, en huit Jours, à deux, et cessèrent d’être ni oteNte. Mayer eut beaucoup de peine ä reprendre des forces: il était quelquefois deux et trois jours sans dévoiement , et aussitôt que Jj'élevais ses alimens au quart, avec un peu de viande, les selles reparaissaient au nombre de deux à trois. Le retour à la soupe, à la bouillie et au riz pouvait seul arrêter Jes progrès de ces récidives décourageantes. Les essais répétés en même temps sur tous les autres dévoiemens chroniques donnaient un semblable résultat.
Enfin, le 14 juin, Mayer étant depuis environ
qéfinze Jours sans dévoiement, et supportant bien les trois-quarts avec la viande et la dose ordinaire de vin , je le jugeai guéri, et je consentis à sa sortie.
7 Îl avait séjourné quatre mois à l'hôpital, savoir.
Œunze Jours pour la gale, treize à quatorze pour la
lièvre ataxique , et trois mois pour obtenir la guérison radicale de la dysenterie consécutive (1).
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La guérison d’une diarrhée à la suite d’une fièvre Eu
continue du genre asthénique , prouve plus en fa-
veur du traitement adoucissant que celle d’une diarrhée primitive. Aussi cette observation me dispensera-t-elle de plusieurs autres. Appuyons-la d’une seconde encore plus féconde en conséquences contre
le prétendu relâchement et la colliquation auxquels
on attribue les dévoiemens consécutifs aux maladies chroniques.