‹ Histoire des phlegmasies ou inflammations chroniques, fondée sur de nouvelles observations de clinique et d'anatomie pathologique. Ouvrage présentant un tableau raisonné des variétés et des combinaisons diverses de ces maladies, avec leurs différentes méthodes de traitementChapitre 26 sur 61 · MONSIEUR · texte numérisé non relu

MONSIEUR

« Puisque vous avez eu la bonté de me témoi- » gner le désir que je vous communiquasse les re- » sultats généraux de mes observations relatives aux » maladies du foie dans les climats chauds que j'ai » parcourus dans mes voyages, lant dans Île Brésil » que dans l'Inde, je vais tâcher dé remplir un de- » voir que tant d’égards et de bienveillance que » vous montrez envers moi m'obligent de ne pas » négliger.

» Je commence par le Brésil, où j'ai fait faire

des autopsies , et où Jai assisté à une grande

quantité, d'ouvertures de cadavres, “tant à Rio-

Janéiro, où j'ai fait un long séjour par différentes,

fois, qu'à Fernambuco, où je fus employé comme RAD aa dans un des corps de la division y envoyée en 101743 : et comme J'avais des lJiaisons intimes avec quelques-uns de mes camarades

employés dans l'hôpital militaire , elles sn’ont rendu facile ce genre FO PR à J'ose vous affirmer que les maladies du foie et de la rate sont aussi communes dans ces pays-là que le sont ici celles du poumon, et vice vers, et tout aussi rebelles, surtout à cause de Mar dc du véritable traitement. ci le froid produit et entretient les maladies du poumon ; là, les grandes chaleurs et l'usage demesuré de Paau, de-vie pourules uns, et des pimens pour les autres, elc. ; produisent les gastro-entérites , que le mauvais traitement rend chroniques; etde là les engorgemens énormes du foie , et surtout ceux de Ja rate, qui vont quelquefois jusqu’au point de faire une hernie dans la

région inguinale. Je ne veux pas vous dire par là

ul n’y ait pas aussi des maladies primitives dans | | P

le parenchyme même de ces organes, comme celles qui proviennent d’un coup sur ces: parlies, etc. ; mais celles-ci sont, pour ainsi dire, les moins dangereuses , ‘parce que les médecins ne se trompent pas sur leur nature ; et le traitement 0 e "7 ” ge antiphlogistique et les sangsues les guérissent fa-

clement ; mais pour celles qui sont consécutives aux gastro-entérites, ou accompagnées d’un mouvement fébrile quelconque, les émétiques , le vin de quinquina , “ÉLC:- etc, ;, SOnt employés avec profusion , non-seulement pour couper les accès , mais principalement pour prévenir la faiblesse qui se présente comme une chose effroyable aux yeux de ceux qui n'ont pas connaissance de la nouvelle doctrine. Il y ena même, je dois l’avouer, qu! prétendent guérir ces engorgemens chroniques , surtout ceux du foie , avec le quinquina en substance , combiné avec la rhubarbe. Ceux qui penchent plus pour l'embarras gastrique, prétendent le guérir avec l'émétique ; et cest pour cela que j'ai eu la malheureuse occasion de voir à Fernambuco une pauvre femme mourir en jetant des flots de bile au troisième vomitif, Les réflexions que j'ai soumises à ces médecins, et particulièrement à celui qui dirigeait le traitement dans le dernier cas, n’ont produit aucun effet. Je n'ai pas plus réussi à convaincre la malade , qui se trouvait trop heureuse d’être débarrassée d’une si grande quantité de bile. L’engorgement des ganglions du mésentère est très-commun aussi ; mais il est regardé { et il a été également pour moi) comme une preuve du manque de ton dans ces organes, ou comme produit par les effets du Quinquina , sans savoir comment; de là, selon la méthode anglaise, la prodigalité du ealomélas et des différens purgalifs.

Quant à la muqueuse du tube intestinal, je n'y

cherchai pas la cause du mal ; mais la diarrhée et

la dysenterie, que Je trouve presque toujours notées dans mes cahiers, m’'annoncent aujourd’hui clairement l’existence continuelle de la phlegmaæ sie du canal digestif. La couenne blanche que je trouvais aussi sur le poumon est aujourd'hui pour moi Ja preuve incontestable de l’inflammation de la plèvre , et je la trouve notée comme une simple exsudation albumineuse concrétée ; mais les ex10 Ptômes sont notés à-peu-près comme.ceux que Jai observés sur des malades que vous m'avez MOonirés au Val-de-Grâce , et chez lesquels l'ouverture a démontré l'existence de la pleurésie.

« Quant à ce que j'ai pu observer à Manisla; capitale des Philippines, tout se réduit à des symptomes, parce. que non-seulement un séjour de trois mois et demi, m'empêcha de-pouvoir faire beaucoup d'observations, mais aussi parce que la profonde ignorance en anatomie ( et presque en tout ) des médecins de ce pays; et les superstitions qu'eux-mêmes entretiennent, m'ont tout-àfait interdit l'examen des cadavres. Mais je puis vous assurer que la diarrhée endémique de cette ville est bien une colite chronique , qui presque toujours débute par une gastro-entérite plus ou moins intense , puisque Je me rappelle bien que les malades pour qui j'ai été appelé en consultation avaient tous de la sensibilité dans Pépigastre, de la diarrhée, des vomissemens, etc. Quant à Ma-

LA

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