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cao, en Chine, où j'ai été pendant neuf mois, le climat diffère beaucoup de ceux dont je viens de parler, et ces maladies y sont beaucoup plus rares.
» Mes matelots ÿ ont souffert quelques gastroentérites à cause d’un fruit que les Chinois appellent le chia , et qui, ayant un très-bon goût , paraît être très - stimulant. Malgré tout cela,
= Q » + ; comme Je n al pas perdu un seul homme pendant
un long voyage de vingt et un mois, je ne puis pas vous parler d'ouvertures de cadavres. Je vous avoue franchement que, pour moi, il y a quelque chose d’eéxtraordinaire dans certains pays , comme Benguele en Afrique , où les lésions du foie sont toujours accompagnées d'énormes engorgemens de la rate, qui vont jusqu’au point de faire hernie, comme je l’ai observé en 1812 chez M. Soares , qui était de retour d’un voyage en ce pays-là. I faut noter que J'ai connu ce jeune homme , huit à dix mois auparavant, très-bien portant, et que J'ai eu l’occasion de le revoir après en 1819, à Bahia, encore souflrant, et encore prenant du vin de quinquina de temps en temps , à cause des accès de fièvre intermittente qui, disaitil , lui revenaient. Cependant sa rate ; qui avait offert la dureté du bois, était considérablement diminuée , lant en consistance qu’en volume.
» Je finirai par faire une remarque qui me paraît digne de l'attention des médecins : c’est que j'ai
vu plusieurs fois le foie malade sans que la rate le
» fütz mais jamais celle-ci sans Ja lésion de l'autre, » bien entendu dans les affections chroniques.
» J'ai l'honneur d’être, Monsieur, avec le plus
» sincère attachement, » Votre dévoué serviteur , » Manori-Jose VILLELA. »
Sansavoir pratiqué dans des latitudesaussichaudes | qne celles où M. Villela a voyagé , j'ai eu l’occasion de voir quelques phlegmasies du foie. Un homme se présenta dans une de mes salles, à l'hôpital d'Udine , avec une fièvre vive, accompagnée de jaunisse , et même de quelques vomissemens bilieux. Bientôt la prostration fit de rapides progrès; elle s’accompagna de la fuliginosité, de la stupeur, du délire, des soubresauts des tendons; et, malgré l'emploi des boissons acidules et la diète la plus sévère, car, à l’époque dont il s’agit, Je ne connaissais pas assez tout l'avantage que l'on peut retirer des sangsues , j'eus la douleur de perdre «ce malade. Je n'avais observé aucune tuméfaction à la région du foie; de sorte que j'étais tenté de comparer cette maladie plutôt à la fièvre jaune qu'à. l'hépatite. Cependant l'ouverture du cadavre me fit découvrir cinq à six petits foyers purulens dans Îa substance du foie, indépendamment de la rougeur très-prononcée de l’estomacet du canal intestinar.
Un autre militaire souffrait beaucoup à ‘a région
DES INFLAMMATIONS DU FOIE. 79 hépatique et dans toute l'étendue de l'épigastre : il était jaune ; la fièvre était violente , l'agitation à son comble ; le tout accompagné d’une respiration entrecoupée , Suspirieuse, et de mouvemens convulsifs. Il périt , comme le précédent , au bout d’une quinzaine de jours; et, au lieu d’une hépatite à laquelle je m'attendais, je rencontrai une gastroduodénite des plus prononcées, avec un foie de couleur naturelle, quoiqu'assez tuméfé par l’engorgement sanguin. Mais ce qui m'étonna le plus, ce fut de découvrir dans le duocdénum ün énorme lombric à moitié engagé dans le canal cholédoque, et un autre non moins considérable qui s'était introduit jusque dans le parenchyme du foie , en suivant la même route où s'était engagé le précédent. On voit, par ces deux faits, combien il ést difficile d'affirmer l'existence d’une hépatite phlegmoneuse, Tout ce qu'on peut diagnostiquer , c’est l'irritation du foie coïncidente avec celle du canal digestif. Mais cette irritation, quelle qué soit la manière dont elle altère lorgane sécréteur de la bile, doit toujours être considérée comme un phénomène inflamimatoire , et les indications, puisqu'elles résultent de là, sont toujours essentiellement les nèêmes , soit que l’on se croie autorisé à soupçonner une tendance à la suppuration , soit que l’on n’entrevoie rien de semblable. En tout cas, le point fondamental est d’arrêter l’irritation > Sans se mettre en peine de déterminer quelle devait être dans la suite lespèce d’altération qu’elle pouvait déterminer. III. 16
Je pourrais encore trouver, dans mes cahiers dé clinique, un assez bon nombre de gastro-entérohépatites aiguës, avec ou sans abcès du foie , qui viendraient confirmer ces conclusions ; mais elles n’offriraient pas plus d'intérêt que les précédentes. C'est pourquoi je termine en ajoutant quelques mots touchant la thérapeutique de la forme chronique de la phlegmasie qui m'occupe.
; de Pai déjà dit ailleurs , la cure des engorgemens chroniques du foie par les purgatifs, les amers, les substances âcres , tels que lés savonneux et les eaux minérales sulfureuses ou acidules , ne sera presque jamais que palliative. L'expérience des siècles l’a déjà prouvé; car, On ne voit guérir les obstrués , traités par ces moyens, que pour un temps plus ou moins court; et au bout de quelques années, les médecins sont obligés d'y renoncer, el les malades périssent dans le marasme ; soit par le vomissement, soit par la diarrhée , ou bien dans un état d’hydropisie. Quelques-uns des plus vigoureux sont délivrés par-ane métastase que provoque ces violens modificateurs , tels que des flux hémorroïdaux , des érysipèles, des phiegmons , etc. Mais ils ne peuvent conserver leur santé qu’en adoptant un régime sévère. Tout cela s'explique à merveille par la gastroentérite qui précède et accompagne toujours ces tuméfactions hépatiques , véritables inflammations consécutives à celles du canal digestif. En effet ,: comment :obtient-on ces évacuations bilieuses qui
produisent la détumescence du foie ?.... Par la st
DES INFLAMMATIONS DU FOIE. 275 filation dé la muqueuse , déjà phlogosée , de l’estomac et du duodénum: or, le traitement lui-même entretient la cause du mal. Il n’est donc pas étonnant qu'il se reproduise sans cesse. Je me contenterai de rapporter une observätion, qui suflra pour faire connaître les inconvéniens dé cette pratique , et pour montrer la route qu'il est indispensable de suivre pour arriver à une “guérison définitive.
M. le comte de... , âgé de quarante-cinq ans, d’une consitution SDÉCE" el correspondante au tempérament que les auteurs appellent. biliososanguin , soullrit pendant quatre ans d’une douleur profonde dans l’hypochondre droit , avec lenteur des digestions, rots, couleur jaune de la peau , mouvemens fébriles FN et tous les sept à huit jours, il éprouvait de fortes coliques suivies d’évacuations bilieuses par les selles, et quelquefois par Je vomissement. Si cette excrétion manquait aux
époques accoütumées , ses incommodités habi=
tuelles augmentaient de manière à lui rendre son état insupportable. Aussi ses médecins se croyaient ils obligés de provoquer l'évacuation de la bile par des purgatifs dont l'effet était:suivi d'un s soulagement considérable ; maïs il fallait toujours revenir à ces moyens, et les forces du malade diminucrent pendant les derniers six mois avec une rapidité alarmante. On envoya le malade aux eaux minérales de Vichy. Il en résulta un état fébrile , des vomissemens, une foule de douleurs symptomatiques , et la maigreur fit des progrès. Enfin, M... , réduit
presque au marasme, me fut adressé par son médecin.
Je le mis au régime des gastrites chroniques , tel qu'il a été recommandé: dans ce volume , et j'insistai fortement sur la nécessité de renoncer à ces purgatifs périodiques, au bénéfice desquels il croyait être redevable de son existence. Le malade a eu le courage de s’y soûmettre , avec la plus grande régularité , depuis à-peu-près un an. Peu à peu l’appétit s’est rétabli ; les forces se sont remontées , les évacuations bilieuses, que l’on se contentait de favoriser par des lavemens émolliens, ont fini par n'être plus nécessaires ; la douleur hépato-duodé male s’est dissipée ; et l’'embonpoint est aujourd’hui revenu à-peu-près à l’état où il était avant la maladie.
Cette pratique est la seule qui puisse réussir, et lorsqu'elle n’a pas de succès , il faut s’en prendre à la désorganisation déjà consommée des viscères malades, et nullement à lineflicacité des moyens. Mais que peut-on espérer de leur action lorsque le foie est dégénéré, suppuré, ou dénaturé par des kystes ou des hydatides, sorte de dégénérescence que , dans l’état actuel de la médecine, on ne peut plus attribuer qu'à la prolongation d'un mouvement inflammatoire de l’organe biliaire ?
AR PDT TRI
Des Phlegmasies des reins et de la vessie.
Les reins s’enflamment , comme tous les autres wiscères, par l’action desirritans qui agissent prématurément , ou par l'influence sympathique d’un autre organe sur leur tissu. Dans la première série, nous trouvons les violences extérieures, l’action du froid, qui souvent parvient à ces organes après avoir produit une irritation du système fibro-musculaire. Il faut placer à la suite de ces causes un régime trop nourrissant, trop aromatisé, tel que les viandes noires, l'usage des vins forts, l'abus des diurétiques , etc. Dans la seconde série se placent en première ligne les phlegmasies de la vessie urinaire, les irritations hémorrhoïdales et celles de l'utérus, dont le flux supprimé est quelquefois suivi de la phlegmasie de l’un des reins.
Jrrités par ces causes, les reins peuvent contracter ‘une phlegmasie aiguë , et s'ils sont affectés d'une manière moins intense, et par conséquent chronique, ils peuvent engendrer des calculs, ou bien dégénérer sous la forme de kystes ou de cancers; dans tous ces cas , les malades deviennent sujets à de fréquentes attaques de ce qu’on nomme colique néphrétique. Is en sont quelquefois délivrés, après bien des souffrances , par la sortie d’un calcul ou par l’excrétion d’une matière arénuleuse ; mais
270 HISTOIRE DES PHLEGMASIES CHRONIQUES, comme l'irritation persiste tant que les causes subsistent, la rechute est infaillible. Enfin, il arrive unc époque où , malgré l'éloignement des causes provocatrices , l'habitude ou une altération du tissu rénal reproduisent la maladie, malgré les précautions hygiéniques les mieux entendues.
On préviendrait tous ces malheurs si l’on était bien persuadé que toutes les maladies organiques du rein, et même les concrétions calculeuses, sont le pur et simple effet d’une irritation comme toute autre, parce que l'on chercherait à enlever cette irritation dans son principe, et à prévenir son retour par l'éloignement des causes provocatrices; mais , au lieu de cela, que fait-on le plus souvent? Les saignées ne sont employées que dans les irritaüons du rein qui s’approchent du phlegmon. Mais pour les cas qui sentent la chronicité , qui sont sans fièvre , et que l’on désigne vulgairement par le nom de coliques néphrétiques, on se borne aux adoucissans , aux bains, aux antispasmodiques ; et souvent même ces derniers sont choisis parmi les plus actifs, malgré l'irritation toujours très-prononcée de l'estomac. La colique est-elle calmée, ne restet-il qu'une douleur aiguë , ou profonde , on agit sur le rein phlogosé comme sur le foie frappé d’une inflammation chronique ; on sollicite l’organe à une action extraordinaire par le moyen des diurétiques ; et si l’on réussit à procurer, avec un surcroît d’urine , l'éjection d’une matière arénuleuse, ou la sortie d’un calcul, on se félicite du succès, et l’on
DCS PHLEGMASIES DES REINS ET DE LA VESSIE. 270 attend de nouvelles douleurs pour reconimencer. C'est ainsi que s’entretiennent les phlegmasies du rein, qui ne peuvent plus avoir ,: au bout d’un certain temps, d'autre terminaison que la dégénérescence du viscère.
j'ai souvent eu l’occasion de traiter ces maladies dès leur début, lorsque la colique néphrétique non fébrile paraissait pour la première fois à la suite d’une cause évidente, comme la cessation d’une hémorrhagie , le transport d’une irritation rhumatismale , etc. Au lieu de me contenter des bains, des émolliens et des antispasmodiques, je me suis empressé de couvrir la région du rein malade d’une grande quantité de sangsues, et ce moyen, Joint à ceux que les circonstances pouvaient me suggérer, a sufli pour mettre les malades à l'abri d’un état chronique.
Lorsque les reins sont irrités par l'influence sympathique d’une phlegmasie de la vessie urinaire, ils ne sont pas moins exposés aux calculs et aux altérations de leur tissu : dans ce cas, on doit tourner toutes ses vues vers l'affection principale. Les catarrhes chroniques de la vessie, qui dépendent eux-mêmes ou du froid ou du transport d’une irritation cutanée, ou d’une blennorrhagie qui à parcouru tout lurètre, sont les infirmités auxquelles on est alors obligé de remédier. Tout le monde connaît les signes de ces affections : aussi ne m'arrôterai-je pas à les décrire avec minutie ; j'exposerai seulement la méthode qui m'a ie mieux réussi pour
en triompher et prévenir toutes les conséquences qui peuvent en résulter.
Lorsque les irritations de la vessie , que caractérisent suffisamment la douleur locale, la nécessité d’expulser souvent l'urine et les mucosités dont ce liquide est chargé ; lorsque ces irritations , dis-je , ne sont encore qu'à leur début , il n’est pas difficile de les enlever par les saignées locales, suivies des boissons adoucissantes, des bains et des topiques émolliens. Mais on peut aller plus loin ; Car je Crois | que , dans les catarrhes de vessie prolongés, ces moyens sont presque toujours les plus eflicaces. On en a souvent tenté d’autres , tels que l’uva ursi, le pareira-brava, l'huile essentielle de térébenthine , etc. ; mais il est rare qu'on en obtienne l'effet désiré, Je me suis quelquefois servi des frictions mercurielles avec succès. Au surplus, si les malades sont doués d'assez de fermeté pour s’imposer des privations et s’assujétir à des pratiques régulières, on peut les réduire aux boissons adoucissantes et aux alimens féculens ou lactés pour toute nourriture , les engager même à ne pas rassasier leur appétit, leur faire prendre des bains journaliers, leur appliquer de temps à autre un petit nombre de sangsues sur l’hypogastre ou au périnée , leur défendre tout exercice fatigant , leur prescrire dé se couvrir de laine , et enfin de s’abstenir scrupuleusement du coîït,
Quelques exemples feront ressortir l'utilité des préceptes qui viennent d’être donnés sur la thé-
rapeutique des phlegmasies des reins et de la vessie.
Une dame, âgée de trente-quatre ans, d’une forte constitution , ayant beaucoup d’embonpoint, était sujette depuis sept ans à des coliques néphrétiques, lesquelles, après des souffrances prolongées quelquefois pendant plusieurs semaines , amenèrent enfin des calculs dont l’excrétion était à peine suivie de la cessation des douleurs; car souvent la maladie se remontrait peu de jours après. Elle m’apprit que la cause de cette infirmité était une vive affection morale déterminée par la nouvelle de la mort de sa mère , qui lui parvint au moment des règles. Le flux s'était supprimé, et aussitôt la malade avait senti une douleur dans la région du rein gauche. Cette douleur avait pris différentes formes, et , traitée pendant plus d’une année par une foule de médecins, parmi lesquels il s’en trouvait de la première célébrité , elle s'était enfin caractérisée par la sortie de plusieurs calculs. Depuis cette époque, la dame avait pris grand nombre de médicamens réputés diurétiques, antinéphrétiques, etc. , toujours dans le dessein de faire sortir les calculs , et toujours il s’en formait de nouveaux. Au surplus, son régime n'était point réglé, et on ne l’avait assu- Jétie qu’à l’usage de quelques infusions aromatiques , comme celles de fleurs de tilleul, de feuilles d'oranger, etc.
Je vis très-clairement que les calculs dépendaient d'une irritation du rein gauche , provoquée par le {transport où par la déviation de l’action vitale qui
préside au flux menstruel. Je me figurais que si, dès le principe, et sans se mettre en peine de rapporter les soufirances de la personne à telle ou telle maladie d’un nosographe ou d’un classique, de quelque secte quil pût être, on n'avait vu chez elle qu’un point d'irritation qu'il était nécessaire de calmer pour éviter toute espèce d’altération organique , l'habitude de la génération des calculs nese serait point établie. Il était impossible de revenir sur le passé; mais du moins je peuvais calmer l'irritation qui précédait la sortie des graviers , et une secrète inspiration me disait que peut-être ils cesseraient de se former. Ainsi, au lieu de me dire : Ces douleurs sont le résultat de calculs déjà formés dans le rein, et l'indication la plus pressante est d’en solliciter l’excrétion par les diurétiques, je me suis dit : La douleur annonce une irritation du rein : c’est elle qui produit les calculs ; et si je puis la faire cesser avant qu’ils soient formés , leur sortie ne sera plus nécessaire , puisqu'ils n’existeront plus. En conséquence , je prescrivis des applications de sangsues sur la région du rein, des bains, l’orangeade pour boisson ; de manger des oranges en grande quantité, d'admettre peu de substance animale dans ie régime habituel, et de porter de la laine sur la peau. Or, depuis quatre ans que cette dame est assujétie à l’emploi régulier de ces moyens, elle a beaucoup moins souffert ; les attaques néphrétiques, toujours combattues dans leur principe, ont avorté: elles ont insensiblement diminué d'intensité dans
leur début, et, chose surprenante, il n’est pas encore sorti un seul calcul, tandis qu'auparavant on en rendait jusqu'à cinq à six fois par chaque année, et quelquefois ils égalaient le volume d’un pois. Je laisse aux praticiens la liberté de tirer de ce fait les inductions qui leur paraîtront les plus raisonnables. Je termine en offrant quelques exemples de catarrhes de la vessie enlevés plus ou moins près de leur origine.
Un officier convalescent de quelques douleurs rhumatismales, fut saisi par le froid en traversant les corridors du Val-de-Grâce pour revenir d’un bain où il s'était rendu couvert d’une simple capete. Dés le jour mème, il souffrit de la. vessie ; et dans l'espace de trois à quatre, ses urines, qu'il était obligé de rendre tous les quarts-d’heure, entraînaient une grande quantité de mucosités. Je fis appliquer trente sangsues au périnée ; je prescrivis la diète, la tisane de guimauve, et dans cinq jours la maladie fut emportée.
Un adjudant sous-officier de l’un des régimens de la garnison de Paris éprouva l'été dernier un catarrhe pectoral très-grave : les sangsues et le régime antiphlogistique l'en délivrèrent au bout de sept à huit jours. Mais une gastro-entérite d’une médiocre intensité, qui proyoquait à peine un peu de fièvre, lui succéda : combattue par les mêmes inoyens , elle parut céder après cinq à six semaines, Mais en mème temps que les digestions se rétablissaient, une douleur se développait dans la cayité
du bassin , et figurait une péritonite partielle. J'y Opposai ae nouveau Îles moyens qui avaient réussi à faire disparaître les deux autres points d’irritation : la tuméfaction de l'hypogastre et la sensibilité au toucher se calmèrent ; mais l’excrétion des urines devint douloureuse, fréquente , et l’on reconnut au fond du bassin une quantité considérable de glaires. Je persistai dans l'emploi des sangsues ; mais comme le malade avait déjà plus de quatre mois d'hôpital, je me bornai à en appliquer six à huit de temps en temps, et le catarrhe vésical ne cédait point : au reste , la digestion se faisait à merveille, et la poitrine ne montrait aucun signe d'irritation.
Un jour, en rendant compte de la marche de cette aflection aux élèves qui assistaient à ma visite, je leur dis que peut-être un peu plus de hardiesse dans l'emploi des sangsues suflirait pour enlever ce dernier point d’irritation ; mais que la diminution des forces , effet nécessaire d’un long séjour à l’hôpital, m'inspirait quelque répugnance pour tenter un pareil moyen. Le malade, qui m'entendait , saisit avidement cette idée, m'’assura qu'il n’était point aussi faible que je le OVRE et me supplia de lui ordonner une cinquantaine de sangsues. J'y consentis, et, à la grande surprise des élèves de la clinique, ce catarrhe vésical, qui datait déjà de plus d’un mois, fut enlevé sans retour. Le malade, rentré à l'hôpital deux mois après pour un léger trouble gastrique produit par une vive affection
morale , nous apprit en elfet que l’irritation vésicale n'avait point récidivé; et quelques jours de repos ayant sufh pour le remettre , il sortit jouissant de la plus parfaite santé.
Je possède encore un bon nombre de guérisons de catarrhes de la vessie survenus vers le déclin des gastro-entérites aiguës , et toujours obtenues par la même méthode. Mais , content d’avoir établi la théorie des irritations des voies urinaires, je réserve tous ces faits pour quelqu’autre occasion L
afin de ne pas rendre cet ouvrage trop volumineux.
B8G ITISTOIRE DES PIILEGMASIES CHRONIQUES: