‹ Histoire des phlegmasies ou inflammations chroniques, fondée sur de nouvelles observations de clinique et d'anatomie pathologique. Ouvrage présentant un tableau raisonné des variétés et des combinaisons diverses de ces maladies, avec leurs différentes méthodes de traitementChapitre 29 sur 61 · XL OBSERVATION · texte numérisé non relu

XL OBSERVATION

Péritonite aiguë , simulant la fièvre atarique continue.

Bonne , âgé de vingt-six ans, brun, large, charnu et robuste, arriva à l'hôpital de Médemblick, le 4 fructidor an 13, faisant partie d’une évacuation qui venait du Helder. Je remarquai : air de souffrance , face livide , retirée et décomposée, langue sèche, mâchotement, délire très-loquace, agitation -continuelle ; il se découvrait sans cesse et remuait avec vivacité tout ce qui lui tombait sous la main,

204 HISTOIRE DES PHLEGMASIES GHRONIQUES.

Il ne se plaignait de rien; mais, en le palpant, on découvrait qu'il avait le ventre un peu sensible. Le pouls était précipité , déprimé et très-faible. C'était l'image d’une fièvre ataxique au dernier degré : Je ne pus que prescrire des toniques antispasmodiques pour la nuit,

Le lendemain, dixième jour de la maladie, il n'y avait encore aucun changement. J’ordonnai les sinapismes aux cuisses , me proposant de répéter chaque jaur les révulsifs, comme je l’ai souvent pratiqué avec succès dans les fièvres avec débilité et irritation cérébrale. Mais, entre midi et une heure, douleurs de ventre intolérables, sensibilité extrème de cette partie au moindre toucher, plairtes continuelles, — Prescription d’un lavement, qui ne peut pénétrer; fomentations émollientes. Aucun soulagement. Le malade fut bientôt dans une agitation convulsive, poussant des cris aigus. — Je le fis mettre dans un bain tiède, où il resta trois quarts d'heure, prenant, de quartd'heure en quart d'heure, une cuillerée de potion anti-spasmodique faite avec le laudanum et l’éther sulfurique , dans un véhicule adoucissant. Bonne sortit du bain sans aucune douleur , et regagna son lit à pied. Je trouvai ensuite ce malade calme et sans aucun délire , avec un pouls plus développé et la peau d’une douce chaleur.

Âlors il put me rendre compte du début de sa maladie. Il avait eu, à bord du vaisseau sur lequel il était embarqué au Texel, quelques symptômes gastriques, perte de l'appétit, la bouche amère ,

des nausées, des frissons et du malaise. On lui fit prendre un vomitif, pendant l'effet duquel il sentit la première atteinte des douleurs de ventre. Ces douleurs n’ayant plus cessé, on l'avait envoyé à l'hôpital du Helder , d’où il avait été évacué, par mer, sur celui de Médemblick.

Ce récit me fit juger que la maladie principale était une péritonite. Comme elle n’avait point encoreété traitée directement, je m’efforçai de la combattre par la saignée , les fomentations émollientes, les boissons relâchantes , ete. La soirée fut calme ; il ne paraissait autre chose qu’une sensibilité du ventre assez modérée à la pression ; le malade ne souffrait point dans l’immobilité.

Le onzième jour au matin, je trouvai que la douleur du ventre s'était renouvelée ; le malade commençait à s’agiter, mais ne délirait pas. — Fomentations. — On essaya de le mettre dans le bain; mais les douleurs s’y accrurent à un tel point, qu'on fut obligé de l’en ôter. Pendant tout le reste de la journée , le malade fut agité d’un tremblement convulsif, changeant de situation à chaque instant, et poussant des cris plaintifs qui s’affaiblissaient de plus en plus. Le ventre ne pouvait supporter le poids des couvertures. Je fus tenté de recourir aux sangsues ; mais le rétrécissement de la face, l’altération du teint et la faiblesse du pouls m'en détour-

nèrent (1), et me firent juger que la désorgani-

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