‹ Histoire des phlegmasies ou inflammations chroniques, fondée sur de nouvelles observations de clinique et d'anatomie pathologique. Ouvrage présentant un tableau raisonné des variétés et des combinaisons diverses de ces maladies, avec leurs différentes méthodes de traitementChapitre 35 sur 61 · RE DE TR ENCRES SERA RSSERENNMENNU · texte numérisé non relu

RE DE TR ENCRES SERA RSSERENNMENNU

(1) Non; mais elle est une preuve d’irritation.

a toujours persisté. Aussitôt qu’elle a pris le caractère aigu, le mouvement péristaltique a été enchaîné et même interverti. La marche simultanée des deux phlogoses se voit encore mieux dans l’observation qui suit.

À XLVIIT OBSERVATION.

Péritonite chronique, avec complication d’entérite chronique.

Pierrot, âgé de vingt-deux ans, châtain, mince , peau blanche, chairs molles, fusilier au quatrevingt-quatrième régiment de ligne, ressentit , Île 13 juillet 1806, une gonflement dans l’abdomen, suivi de vents, de coliques et de diarrhée. Les douleurs du ventre, toujours accompagnées d'un sentiment de gonflement, persistèrent pendant un mois avant que ce militaire pût se résoudre à demander l'hôpital. Mais enfin , la force tombant , les selles devenant toujours plus fréquentes, au point de le forcer à se présenter plus de trente fois par jour à la garde-robe, Pierrot entra à l’hôpital d'Udine. Il \ prit un ipécacuanha qui suspendit la diarrhée, et sortit le surlendemain ; mais le jour même de sa sortie , elle recommencça. |

On l’envoya aux travaux des fortifications de Palma-Nuova ; mais les selles devinrent si fréquentes et si douloureuses, qu'ilfut , au bout de huit ou dix jours, ramencsà Phôpital , où 1l entra dans mon service.

J’observai fréquence du pouls, chaleur, selles fréquentes avec ténesme, douleurs du ventre obscures et permanentes , avec un certain gonflement , sensibilité à la dépression dans la région du colon ascendant. Îl disait éprouver de la douleur vers la partie supérieure et moyenne du ventre,

Les adoucissans, l'eau dé riz, les potions gommeuses avec un peu de landanum , et surtout le régime sévère, composé de la seule bouillie, dis= sipèrent la diarrhée et calmèrent la chaleur fébrile dans l’espace de trente jours. Mais, lorsque jé voulus augmenter la nourriture et favoriser le retour des forces par quelques toniques, je vis plusieurs fois le pouls s’accélérer , la chaleur fébrile reparaître , les selles se rapprocher , les coliques s'y réunir: ce qui mé fit conclure qu'il existait dans l'abdomen un point d'ivritation permanent, qui exigeait beaucoup de constance dans le premier traitement que j'avais adopté.

Je persistai donc dans la méthode adoucissante , depuis le 1° octobre jusqu’au 15 novembre, et voici ce qui se passa durant cet intervalle.

Lorsque Pierrot ne prenait que des alimens légers, farineux, et des médicamens adoucissans, on ne voyait chez lui rien autre chose de morbide que la fréquence et la roideur du pouls, ce qui n'allait pas jusqu'à augmenter la température de la peau. I ne se plaignait que de ne pas reprendre des forces. Son teint était pâle, tirant sur la couleur paille , sa peau wide , l'embonpoint peu éloigné de

l'état habituel. Malgré ce calmé , on retrouvait toujours la douleur sourde du ventre , si l’on pressait cette cavité en appliquant les mains sur ses parties latérales. La région iliaque droite était toujours le siége d’un certain malaise. Il n’y avait habitueilement qu'une selle, mais liquide, en vingt-quatre heures. On pouvait s’apercevoir que le ventre était un peu plus saillant que l’embonpoint du malade ne le permettait. | Aussitôt qu’on élevait les alimens au-dessus de la demie, et qu'on lui permettait de la viande , il avait deux ou trois selles, et même des douleurs de ventre et une chaleur très-forte, avec pouls vif, dur et fréquent. Du 16 au 30 octobre, il parut même plusieurs fois des frissons dans la soirée, qui firent craindre la fièvre intermittente. Mais je fus convaincu du contraire par les bons effets de la diète et des adoucissans mucilagineux. Enfin, le 15 novembre, le malade, ennuyé de hôpital, désira tant d'obtenir sa sortie , que je crus devoir la lui

accorder. Je le fis exempter de service, et il rejoignit son corps. |

Le 5 janvier 1807, Pierrot reparut dans une de mes salles, dans un état de marasme fort avancé, la peau terreuse, le ventre un peu saillant et rénitent au milieu, comme s’il y avait eu quelque chose de plein et de solide derrière les muscles abdominaux. Le pouls était très-fréquent; mais le Corps était trop exténué pour qu'il y eût chaleur vive. Interrogé sur la nature de ses douleurs, il dit res-

PÉRITONITE. - 34p sentir dans le bas-ventre des tournoiemens et un mouvement d’ascension vers la gorge, comme d’un corps rond. Îl avait encore la diarrhée.

Il me raconta que, pendant les cinquante jours qu'il avait passés à son corps, son ventre n'avait cessé d’être toujours de plus en plus douloureux, et s'était insensiblement durci ; mais que la diarrhée n'avait reparu que quatre jours avant sa rentrée. |

Il ne me restait plus qu'à calmer un peu ses angoisses, et à lui dérober l'horreur de son dernier moment. Ainsi, vin cordial, potion confortante avec les eaux distiliées , la teinture d’opium, etc. , etc. Le 12 du même mois, il cessa de souffrir et de

vivre.

A utopste.

H abitude. Marasme au dernier degré. Poitrine. Adhérences étendues et anciennes des deux lobes, qui sont déprimés par l'élévation du diaphragme. Quelques tubercules secs et rares autour des bronches (1); parenchymes crépitans. Cœur sain. 4bdomen. Tous les viscères collés ensemble par la maladie du péritoine, qui est épaissi, brun, lardacé , et formant , par la dégénérescence de l’épiploon , une nappe épaisse et bigarrée par une foule de petits points blancs qui sont autant de tubercules où tumeurs remplies de matière blanche, pulpeuse.

f1) Effet de leur phlegmasie.

Sur le péritoine intestinal, ces grains imitent les pustules de la variole, ainsi que sur le foie et l’estomac. Le mésentère , très-épaissi et lardacé , offre ces glandes développées et tuberculeuses. Partout les surfaces péritonéales adhèrent les unes aux: autres; mais c’est par un simple collement. Leur écartement ne laisse, sur chacune d’elles, ni produc‘ions fibreuses, ni exsudation. C’est le tissu de la membrane lui-même qui est épaissi, dégénéré, lardacé et tuberculeux.

La membrane muqueuse de l'estomac est un peu rouge, mais seulement par taches isolées; celle des intestins grèles est peu altérée; celle du cæcum et du colon est généralement rouge , et présentant, « d'espace en espace, des ulcérations plus ou moins larges, avec perte de substance de toute son épaisseur. Le foie sain dans son parenchyme; la rate rétrécie , un peu dégénérée et tuberculeuse.

Nora. Sur le diaphragme on trouva plusieurs glandes de la grosseur d'un œuf de poule, totalement dégénérées en matière tuberculeuse. j

Il n’est besoin d'entrer dans aucune explication pour que chacun puisse reconnaître ici la marche de la phlogose de la membrane muqueuse. Elle n'a point cté différente de ce que nous lavons vue dans les observations où elle s’est présentée sans complication. Nous devons cependant faire noter, en passant , que le signe caractéristique de cette phleg-

masie , ou les selles liquides, reçoit de fa phlogose péritonéale différentes modificatiôns qui le rendent plus ou moins sensible, et qu'il peut être simulé par elle (1). En résumant les caractères , nous tâcherons de distinguer les diarrhées primitives de celles qui ne sont que secondaires à la péritonite.

Dans cette nuance de péritonite, la douleur et la fièvre ne se sont point exaspérées de manière à présenter le passage de l’état chronique à l’état aigu, comme dans les précédentes ; mais elles ont constamment existé, quoique dans un degré fort obscur. Il y a toujours eu assez de signes pour qu'on pût reconnaître une irritation de la membrane séreuse. — Dans l'observation que nous allons présenter, le médecin n'avait même pas cetre faible ressource pour fonder son diagnostic ; il était réduit à l'interprétation d’un seul symptôme, symptôme qui, au degré où nos connaissances médicales sont portées aujourd'hui, est bien insignifiant et bien muet lorsqu'il est seul, et qu'on ne peut le faire dériver de la iésion de quelqu'un des principaux appareils , l'hydropisie.

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(1) Le péritoine étant peu douloureux, Pirritation de la muqueuse du colon provoque lexpulsion des matières : il y a diarrhée. Le péritoine devient-il plus souffrant, la constipation a lieu. J’ai observé souvent ces alternatives, et elles m'ont sufli, lorsque la rénitence ordinaire de la péritouite existait pour reconnaître Pinflammation simultanée de la muqueuse et de la séreuse et du gros intestin.

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