‹ Histoire des phlegmasies ou inflammations chroniques, fondée sur de nouvelles observations de clinique et d'anatomie pathologique. Ouvrage présentant un tableau raisonné des variétés et des combinaisons diverses de ces maladies, avec leurs différentes méthodes de traitementChapitre 4 sur 61 · QE · texte numérisé non relu

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De la gastrite aiguë.

La gastrite aiguë débute quelquefois par les symptômes du plus terrible cholera- morbus , qui, trop souvent, n’en diffère pas. Les malades vomissent opiniâätrément tout ce qu'ils avalent, ensuite des matières bilieuses, muqueuses et sanguinolentes , et vont à la selle à chaque instant. La fièvre est nécessairement de la partie. — D’autres fois la gastrite se déclare sans vomissemens , mais toujours par une fièvre violente, qui, d’après ce que j'a observé , n’est point précédée du frisson (1). Les malades se plaignent de ressentir à l’intérieur une chaleur âcre fort incommode ; ils ont, le plus ordinairement , le pharynx douloureux. On remarque une langue rouge et nette, ou muqueuse , sujette à se dessécher quand ils sont quelque temps sans boire ; soif considérable , appétence pour les boissons froides et acidulées, dégoût pour tout Île reste, et même vomissement pendant que la limonade ou autre tisane analogue est gardée. Il y a constipation si la muqueuse des intestins est intacte, ou si elle est moins vivement affectée que celle de l'estomac ; il y a diarrhée avec ténesme si celle du

D —————————————— (a) Je restreignais encore trop la gastrite. Le frisson n’accompagne-t-1l pas souvent le ‘début des gastro-entérites

aigues ?

HISTOIRE DE LA GASTRITE ET DE L'ENTÉRITE. 99 colon est le foyer principal de lirritation (1). 11 existe souvent des douleurs à l’épigastre et sous les hypochondres, particulièrement du côté droit. Ces douleurs sont situées profondément, et le tact ne les exaspère, surtout celles des hypochondres, que quand on déprime avec une certaine force (2) Elles sont souvent lancinantes et accompagnées d'un sentiment de constriction. Elles diminuent manifestement après que le malade a avalé des boissons aqueuses froides, et surtout acidules.

Souvent le vomissement du début cesse au bout de quelques jours, quoique les autres symptômes persistent. D’autres fois il continue , ou survient dans le courant de la maladie , et les malades se plaignent d’une nausée continuelle , comme provoquée par un corps rond qui tend à remonter , et qui comprime douloureusement la base de la poitrine. Chaque vomissement est suivi d’un soulasement qui n’est pas de longue durée, et le malade demande sans cesse des vomitifs ( j'avertis que ce symptôme est plus commun dans la péritonite que dans la gastrite aiguë ).

L'impossibilité absolue de la déglutition, que le patient attribue à un obstacle placé au bas du pha-

(1) Certes, car l’irritation des grêles seuls ne produit point de diarrhée.

(2) Elles sont souvent plus fortes dans les muscles qui correspondent à l'estomac que dans cet organe, et augmentent à la pression, et même par un contact assez léger.

rynx où au haut du sternum , doit être regardée comme un degré d'intensité de plus, puisqu'elle nous apprend que l'estomac, violemment contracté, est si irritable , qu’il se refuse à toute dilatation. Enfin la sortie des vers par la bouche ne surprendra point celai qui connaît le mécanisme de leur génération.

Tels sont les signes que l’on peut tirer de l'examen de la fonction de la digestion. =— Mais plusieurs d’entre eux peuvent manquer. Le principal, ou fa douleur, n’existe pas dans quelques gastrites , même des plus intenses. Mais, comme le diagnostic ne peut résulter que des rapprochemens , il faut tenir grand compte des troubles sympathiques.

Les troubles sympathiqués qui accompagnent ja phlogose aiguë des voies gastriques, sont : 1°. Pour la tête, les fonctions des sens et les mouvemens des muscles soumis à la volonté. La céphalalgie peut exister, mais elle n’est point essentielle. Les aberrations du jugement, passagères d’abord, et correspondant aux momens des plus vives souffrances, continuelles ensuite, tant qu'on ne Cause pas aü malade quelques distractions, paraissent tenir davantage au caractère de cette phlogose.

J'ai vu des malades délirer aussi complètement que dans la fièvre ataxique (”*) la plus intense ou dans la frénésie. L’analogie est d’autant plus grande, ut die vita tiges angles mit Dole pige Verdi sets CN

(*) espère concourir , par la suite, à fixer là valeur de cette expreséion, qui n’influe pas moins , de nos jours, sur la

HISTOIRE DE LA GASTRITE ET DE L'ENTÉRITE. 97 qu'ils ont en même temps les conjonctives rouges, l'œil enflammé et les traits décomposés. Quelquefois le délire a des saillies de gaieté : c’est lorsque la gastrite est sans douleur locale ; plus souvent la violence des douleurs rend les malades distraits , moroses et impatiens. À mesure que la maladie avance et que les souffrances s’accroissent, l’attention se perd de plus en plus, jusqu’à l’état de coma.

En mème temps, on observe des contractions irrégulières des muscles de la face, des grincemens de dents, des soubresauts des tendons , des mouvemens convulsifs multipliés. Les malades se découvrent tant qu'ils ont de la connaissance ; ils disent que la chaleur qui les dévore est mille fois plus insupportable quand ils ont la poitrine couverte. S'ils ont des topiques maintenus par des bandages de coips, ils s’en débarrassent. Ils se lèvent, se recouchent et prennent toute espèce d’attitude. [ls poussent des soupirs fréquens, et leurs traits font voir l’expression de la plus vive soufftance. Si on les interroge sur la nature et le siége de leurs douleurs, ils‘ portent la main vers le bas du sternum , mais ils ne peuvent bien qualifier

vie des hommes, que le fit autrefois celle de fièvre maligne. ( Note des premières éditions. ) (x).

(1) La substitution du mot ataxique au mot maligne n’a point remédié aux inconvéniens de cette dernière, puisqu'elle n’a point changé le mode de traitement. I] fallait rattacher ces prétendues fièvres essentielles aux phlegmasies, et c’est ce qui a été fait dans les deux Examens.

leurs souffrances. Le sentiment de brûlure intérieure est le seul qui soit pour eux bien distinct. Ce n'est que par le rapprochement des différens symptômes, et par le bien-être instantané qui succède à l'emploi des boissons rafraîchissantes, qu'on peut s'assurer que toute cette anxiété est l'effet de la phlogose de la surface interne de l'estomac. La force musculaire n’est point détruite, puisqu'au milieu de l’accablement qui succède aux crises les plus orageuses, on voit tout-à-coup se développer des efforts surprenans. Ce caractère, joint au bon état de la coloration, suflira pour écarter tout soupcon de la fièvre ataxique, ouplutôt du typhus, effet des miasmes délétères (1).

. Pour l'appareil respiratoire. On observe quelquefois une toux à secousses isolées , accompagnée d’une douleur déchirante ; une expectoration claire, muqueuse , écumeuse, mêlée de stries de sang, ou blanche et opaque, comme celle des catarrhes au dernier degré et des péripneumonies à l’époque de leur résolution ; une douleur générale de la poitrine, rapportée surtout vers sa base ou à la région du pylore , en un mot dans tous les endroits où les

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