É R N R EENT SAR PL E OR
(1) I n’y à de différence entre les gastrites qui sont ici dépeintes et ces fièvres, que celle qui dépend du degré ; car les gastrites aiguës qu’on ne peut pas arrêter arrivent toujours ou à l’ataxie ou à l’adynamie, dont les symptômes ne différent pas de ceux du typhus. D'ailleurs , la gastrite dont il est ici question est déjà, pour les ontologistes , une fièvre ataxique.
organes pecloraux correspondent aux mêmes points que l'estomac; une respiration agitée, laborieuse , quand les sujets sont larges et sanguins. L'aphonie existe souvent, et dépend d’une douleur ou d'un malaise de l'estomac, qui paralyse sympathiquement l’action des muscles modulateurs de la voix (1).
Telles sont les lésions sympathiques que la phlogose de l'estomac fait éprouver à la fonction de la respiration. Ces signes n’ont de valeur qu'autant qu'ils coïncident avec ceux qui partent immédiatement des organes malades.
5°. Pour la circulation et les sécrétions. Durant les premiers Jours de la gastrite aiguë, le pouls est plein, dur, et souvent aussi large qu'il le serait dans la pneumonie la plus sincère, surtout si les symptômes pectoraux que nous venons d’énumérer se rencontrent, parce que ces symptômes sont la preuve qu'il y a pléthore sanguine dans les capillaires du parenchyme pulmonaire. Et c'est précisément cette coïncidence qui peut faire prendre le change sur le caractère de la maladie.
Dans les nuances inférieures de la gastrite, et lorsque les forces ont été usées par la douleur, le pouls ne présente plus la même consistance : il est serré , convulsif, irrégulier , intermittent ; il semble
(1) C’est la douleur ou le malaise de la gastrite qui empêche le moi de disposer des muscles respiratoires et vocaux pour moduler des sons articulés.
que l'artère se relire vers le cœur (1). — Dans les degrés encore moins prononcés et vers la fin de la vie , il est le plus souvent effacé.
La chaleur de la peau est considérable dans la violence de l’état aigu; je l'ai toujours trouvée sèche et âcre. La peau est froide quand la maladie est sur son déclin ; elle est glaciale , et rien ne péut la réchauffer dans les gastrites qui se rapprochent un peu de la forme chronique ; elle correspond toujours au pouls. — Toutes les excrétions ‘eutanées sont supprimées ; l’haleine est fétide au bout de quelques jours, lorsque la circulation a été rapide.
De la Gastrite chronique.
J'appelle chronique la gastrite qui ne s'annonce point avec un appareil orageux, quoiqu’elle paraisse quelquefois aussi courte que la précédente , parce que ces cas font exception. D'ailleurs, un examen plus attentif apprend toujours que ces gastrites insidieuses, qui ont paru mortelles en peu de Jours , avaient duré fort long-temps avant que les malades en eussent fait aux médecins la déclaration. Ce que nous avons désigné comme préliminaire dans la phlogose violente doit être regardé comme la maladie elle-même dans ce cas-Ci, lorsqu'il s’agit d'établir la durée.
or oo
(1) Ce qui indique un état convulsif du cœur. et non une lésion du tube artériel,
Il est bien évident que cette différence vieut de ce que les sujets sont moins propres aux phlegmasies aiguës, ou de ce qu’ils sont organisés de manière qu'un appareil puisse être détruit par la phlogose , sans que les autres, et surtout l’appareil eirculaloire , éprouvent de grands troubles. Or, c'est cette disposilion qui favorise la longueur de la maladie et lui mérite le nom de chronique. — Elle peut exister après les orages de létat aigu . lorsque celui-ci n’a pas été assez violent pour être mortel , ou n’a pas été traité par la bonne méthode , comme elle peut être primitive et indépendante de toute affection morbide. I faut convenir aussi que la nature des souffrances gastriques , et les obstacles qu’elles opposent à la régénération du sang, sont les principales causes de linaptitude à a fièvre. Je décris donc, sous le titre de chroniques, toutes les gastrites qui ne sont point accompagnées d’un mouvement rapide de la circulation, et qui détruisent les ressorts de la vie avec des troubles si légers, qu’on les méconnaît infailliblement si l’on n’y porte pas la plus grande attention. Cet ouvrage est particulièrement destiné à faire ressortir les nuances les plus fugitives des maladies chroniques. La gastrite chronique n'est point produite autrement que l’aigué ; elle prélude de la même maniere. Lorsque les souffrances de l'estomac sont assez considérables pour arrêter la nutrition, porter aux forces une atteinte majeure , et empêcher le malade de satisfaire à tous ses devoirs, il y fait plus d’at-
tention ; il consulte un médecin. Si celui-ci examine attentivement son état, il lui retrouve tous les symptômes de l’état aigu, mais dans un degré beaucoup moins considérable, à quelques excepüons près. Les phénomènes vitaux en offrent toujours.
Le malade se plaint d'une douleur tranversale à la base de la poitrine, c’est-à-dire dans le fond des hypochondres et à l’épigastre ; elle est d'ordinaire plus forte du côté droit ; elle est située quelquefois si haut qu'on la croirait pectorale. Cette douleur est continuelle et fort importune; elle peut être brûlante, lancinante , pongitive, et bornée à un point très-rétréci. Elle prend aisément ce dernier caractère lorsque l'estomac est chargé de substances âcres et stimulantes ; elle est lé plus souvent accompagnée d’un sentiment de constriction. Certains malades accusent la sensation d’un corps rond et volumineux qui comprime la poitrine en se dirigeant vers le haut; d’autres n’éprouvent autre chose que la sensation d’une barre transversale à immobile , qui s'oppose au passage des choses qu'ils avalent , et leur inspirent du dégoût pour les alimens et les boissons. De toutes ces douleurs, Ja laacinante et la pongitive sont celles qui acquièrent le plus d'intensité. Les autres sont obscures, et restent si long-temps dans un léger degré, que les malades ne se déterminent à demander du secours que lorsque les forces générales viennent à leur manquer.
HISTOIRE DE LA GASTRITE ET DE L'ENTÉRITE. 49 L'appétit manque toujours, et même il est remplacé par un dégoût universel, lorsque la maladie existe dans son plus haut degré ; mais quand il en resterait encore , la digestion est tout-à-fait imparfaite. Les aliméns sont ordinairement vomis peu de temps après qu'ils ont été pris. Plus les malades ont mangé, et plus ce qu'ils ont pris était stimulant, plus tôt ils vomissent, et cela les soulage beaucoup. Ceux qui ne vomissent pas, soit que la maladie soit moins intense , soit que l’idiosyncrasie particulière de leur estomac s'y refuse, sont fatigués, pendant tout le temps que dure la digestion stomacale, par des pesanteurs, des nausées, des rapports acides et corrosifs, ou nidoreux et fétides , par la rumination ; et l'espèce de douleur gastrique à laquelle ils sont accoutumés s’exaspère.
Il en est qui n’éprouvent d’autre lésion que des rapports, de l'agitation, du malaise et du délire. Le pouls s'élève pour quelque temps et la peau s'échauffe : tout cela se calme après l’effort de la di: gestion.
Pendant long-temps le ventre est prodigieusement resserré; les malades ne vont pas plus à la selle que ceux qui sont consumés par un squirrhe au pylore. À la fin il survient chez la majeure parte une diarrhée avec colique, ténesme et déjecüons sanguinolentes : elle est la preuve de lextension de la phlogose : alorsl’haleine et la transpiration exhalent une odeur manifestement stercorale.
Ces souffrances, bien que peu vives, sont tou-
jours difficilement supportées par les malades, qu'elles rendent tristes , impatiens, taciturnes, peu confians et peu disposés à entrer dans les détails minutieux de leur maladie, Ils ont un air souffrant, la face ridée à longs traits, les conjonctives rouges, les lèvres et les éminences malaires d’un rouge foncé et vineux, tirant vers la couleur de la teinture du bois de campèche.
La langue et tout l’intérieur de la bouche offrent d'ordinaire le même aspect. Cependant on voit quelquefois sur le milieu de la langue une espèce d'encroûtement muqueux et desséché en forme de fausse membrane. J’ai encore trouvé chez certains sujèts la langue très-chargée, très-muqueuse , l’haleine fétide, «et la bouche habituellement amère ; mais on doit se souvenir qu’il n’y a point de signe exclusif, et que le diagnostic ne peut résulter que de l’ensemble.
Aussitôt que la gastrite chronique est bien établie , le tissu cellulaire sous -cutané est à-peu-près effacé, bien que les muscles soient peu diminués de volume; quand ils sont fort exténués , la maladie est sans ressource ; mais, dans tous les degrés, la peau est collée sur les muscles et s'enfonce dans leurs interstices. Le tissu cellulaire est si contracté , qu'on ne peut faire mouvoir la peau dans les régions où d'ordinaire elle est fort lâche. Dans aucune autre espèce de marasme je n'ai vu cette adhérence aussi prononcée. Si l’on ajoute à ce caractère de la peau celui tiré de sa coloration (qui toujours est
d’un brun tirant vers l’ocre ou ia lie de vin), on aura deux des signes les plus constans de la gastrite chronique. Dans l’état avancé, la peau se couvre en une foule de points, de tâches d'un rouge vineux très-foncé , et tenant même du violet. Ce signe est de fort mauvais augure.
La poitrine n’est point ordinairement attaquée. La toux gastrique, à petites secousses , peut cependant fort bien se faire quelquefois remarquer; mais il faut éviter de rapporter au poumon les douleurs lancinantes et pongitives qui, partant des papilles nerveuses de l’estomac rétrécti et remonté sous la voûte du diaphragme , pourraient aller retentir aux environs du mamelon.
Dans le commencement de la gastrite chronique, la circulation générale n’est point influencée de manière à ce quil en résulte un mouvement fébrile appréciable. — Lorsque le mal a fait certains progrès , le pouls devient roide et fréquent , en même temps la peau est chaude et sèche au tact. Jl y a toujours un redoublement dans la soirée , pendant lequel le malade s’agite et se tourmente. Si ce degré se maintient quelque temps, les forces se dissipent promptement. Cette gastrite rentre dans la classe des aiguës. — Mais si le mouvement fébrile n’est marqué que par une fréquence du pouls, sans chaleur de la peau, ou si le patient n'éprouve que quelques heures de chaleur vers le soir où pendant la digestion, la maladie peut per-
sister dans l’état chronique. Dans tous Îles cas,
quand elle tire beaucoup en longueur, le mouvèment fébrile s’efface , et le redoublement du soir cesse d’être sensible. En même temps aussi la peau se refroidit et prend la teinte ci-dessus indiquée ; enfin le marasme se prononce de plus en plus. Lorque le dévoiement s'ajoute aux symptômes pastriques , la chute de la réaction fébrile est plus prompte et plus complète (1).
Ainsi, nous nous trouvons conduits à la phlogose de la membrane muqueuse des intestins.
De l’Entérite ou Dysenterie.
Il est fort rare de trouver dans les cadavres des diarrhéiques des signes de phlogose à cette portion de la muqueuse qui se déploie dans les intestins grêles (2). Cette inflammation s’observe bien plus fréquemment avec les gasirites ; mais , le plus souvent, quand elle existe, la phlegmasie muqueuse est générale depuis le cardia jusqu’à l'anus. Il m'a paru qu'elle commençait rarement la première, et qu'elle succédait beaucoup plus facilement à la gas
Q ON . - trite qu'à la phlegmasie colique. Le professeur P:inel a déjà remarqué que l’irritation du duodénum
(1) Il existe encore d’autres nuances de gastrite chronique qui sont indiquées dans les propositions de l’Examen des doctrines. J'y renvoie le lecteur pour ne pas multiplier les répétitions.
(2) Il y sont toutes les fois qu’il y à eu complication de gastro-entérite aiguë ou chronique : ce qui est commun.
coincidait avec celle de l'estomac dans les fièvres gastriques (*). J'entends donc parler ici de l’inflawation de la muqueuse du colon.
Celle-ci peut, comme celle de l'estomac, être partagée en deux grandes sections, l’une aiguë, l’autre chronique. Nous ne saurions nous dispenser d'étudier l’aiguë. En effet, les nuances dont est susceptible le catarrhe colique sont si multipliées , que les nosologistes se sont crus obligés d’en séparer plusieurs les unes des autres. On sait combien Sauvage a établi d'espèces de diarrhées. De nos jours même on continue de trop diviser ces maladies : il était difficile de faire autrement, avant qu ‘on possédât assez d’autopsies pour comparer entre elles les différentes nuances de cette maladie.
De l’Entérite aiguë.
La phlogose de la muqueuse du colon, que j'appellerai entérite (2), ayant été préparée par les
(*) Cette observation peut servir à déterminer la véritable cause de ces fièvres-(1).
(2) Le nom de colite lui convient mieux: il est même indispensable pour la distinguer de l’inflammation des intestins grêles ( Woyez Examen des doctrines ). L’entérite, d’ailleurs, ‘se complique souvent avec la colite.
(1) Sans doute; mais il fallait dire que cette irritation était une phlegmasie , et ne pas s’opiniätrer, ccmme on le fait encore aujourd’hui , à qualifier la fièvre qui en résulte du titre d’essentielle. Quel peut être désormais le but de cet entêtement? N’est-il pas condam-
18 HISTOIRÉ DES -PHLEGMASIES CHRONIQUES.
causes énumérées précédemment , débute presque sans préliminaires lorsqu'elle doit être aiguë. Dans son plus haut degré, qui est décrit par tous les auteurs sous le nom de dysenterie , ke malade est toutà-coup saisi de tranchées violentes, suivies de selles, d’abord stercorales, ensuite muqueuses, bilieuses, sanguinolentes, et en même temps d’eflorts trèsdouloureux qu’on appelle ténesme.
Cette phlogose peut être très-véhémente, et tellement aiguë , qu'elle parvienne en peu de jours à la gangrène , sans qu'il y ait d'autre fièvre qu’une précipitation des battemens du pouls , mais sans aucune chaleur de la peau. Dans cette nuance , on observe plutôt des horripilations vagues , continuelles, avec refroidissement des extrémités, qu’un frisson particulier qui marque le moment de l'invasion. Mais si le sujet est plein de fluides, vigoureux et irritable, une chaleur fébrile bien prononcée , dépendant d’une réaction pleine et libre du système vasculaire , succède aux frissonnemens plus ou moins prolongés du commencement. Alors la dysenterie est aiguë et fébrile comme la gastrite que nous avons décrite la première CD
nable, puisqu'il empêche de traiter cette fiévre comme une phleg-
mäsié ; et qu’il dissimule la véritable cause de Vadynamie, qui ne
survient dans ces cas que parce que l’on n’a pas détruit l’inflamma-
tion gastro-intestinale ?
(a) C'est alors qu'il y a complication d'entérite, et même gastro-entéro-colite ; ce qui correspond aux dysenteries avec
fièvre essentielle des auteurs.
ET
æ HISTOIRE DE LA GASTRITE ET DE L'ENTÉRITE. 49
de passerai sur toutes les particularités de la dysenterie aiguë simple , fébrile ou non fébrile, qui est toujours assez facile à reconnaître. Je ne dirai rien non plus de ses complications avec les fièvres continues (1). Je me contenterai de faire observer que , sans quelqu'une de ces complications, la dysenterie est rarement accompagnée d’une réaction fébrile bien prononcée: alors la chaleur ne s'étend pas audelà des premiers jours, et l’on n’observe d’ordinaire autre chose que cette agitation du pouls avec disposition au frisson dont j'ai parlé , et que je qualifie de fièvre de douleur. J'examinerai d’abord les diverses nuances de l’état chronique.
De l'Entérite chronique.
5°. Diarrhées chroniques secondaires. — Je placerai les premières, afin de mieux lier les faits , celles qui sont la suite des aiguës, ou des dysenteries qui ont débuté subitement et violemment , avec ou sans fièvre prononcée, telles que je viens de les indiquer. Elles sont presque toujours (je dirais toujours, si Je ne savais qu'il peut coexister une altération étrangère à la membrane muqueuse ) l'effet d’un traitement mal dirigé. Ces diarrhées ne méritent pas le nom de chroniques avant l'expiraon du terme connu des phlegmasies muqueuses , c'est-à-dire , de vingt à trente jours. Mais lors-
(1) Woyez la note précédente.
KIT. n
qu'elles ont passé cette époque, il me paraît plus que probable qu’elles ne sont plus entretenues que par l'application inconvenante de nouveaux irritans, c’est-à-dire , par l’action toujours répétée des mêmes causes. |
Les diarrhées chroniques que l'on rencontre à Ja suite de certains dévoiemens survenus durant le cours des fièvres aiguës , rentrent, pour moi, dans la même classe que les précédentes : car, que la phlogose colique ne soit qu'une. complication déterminée par certains agens extérieurs et ne par l’idiosyncrasie, ou qu'elle soit une: localisation des mouvemens généraux, survenue à une époque et dans des circonstances qui lui. méritent le nom de crise, elle n'en est pas moins une irritation qui, prolongée au-delà d'un certain terme , finit par désorganiser la partie qui l’éprouve. — J'en dirai autant de la diarrhée devenue chronique qui coexiste avec une fièvre intermittente , et de celle qui complique les autres phlegmasies. Le plus ou moins d'intensité qu'elles avaient à leur début ne change rien à leur nature, si on les considère dans chronique. : È
Par quelle fatalité donc arrive-t-il que F5. écarte de celles-lles diarrhées qui, dans ces mèêmesphlégmasies , ont tardé davantage à se développer? Si la diarrhée se déclare avec force dans la période: aiguë d’un catarrhe où d’une péripneumonie , on la:qualifiera de dysenterie et on la placera à côté de la maladie principale, comme complication ;, si ,, au
(HISTOIRE DE LA GASTRITE ET DE L'ENTÉRITE. 4 contraire, elle ne survient que quatre ou cinq mois plus tard, lorsque les forces sont aux trois quarts consumées, loin de lui accorder la mème place k on la subordonnera à l'affection primitive , dont on l'appellera un symptôme, C’est toujours pour moi une Complication, et j'en ai donné les raisons dans l'exposition des causes , en faisant voir que celles qui favorisent le plus puissamment la production des phlegmasies coliques , savoir , la susceptibilité , la faiblesse et les irritans immédiats , agissent trèsénergiquement sur les phthisiques, à moins qu'ils ne suivent un régime des plus sévères.
Ceci est applicable à toutes les diarrhées qui compliquent la dernière période des maladies de langueur (*).
Re UT MT MOIS
(*) L'expression symptomatique est la source d’une foule d'erreurs thérapeutiques. Elle est toujours mal entendue et mal appliquée par les médecins d’une intelligence et d’un savoir bornés ; et les sujets les plus distingués ne peuvent pas toujours se soustraire au piège que cette expression leur tend. J’en dirai autant du mot nerveux. Aussitôt qu’une maladie devient un peu compliquée, on se tire d’embarras en qualifiant les symptômes dont on ne saurait apercevoir le mécanisme, d’affections nerveuses Symplomatiques, et l’on per siste dans le traitement adopté , quoiqu'il soit souvent contre-indiqué par le phénomène prétendu nerveux ou Sym ptomatique. Ainsi, Les viscères se désorganisent, et la maladie devient incurable , sans que le médecin en ait le moindre soupçon. | :
I n’y à que le rapprochement des autopsies avec les symptômes qui puisse corriger cette erreur trop générale.
Toutes les diarrhées chroniques que nous venons d'indiquer peuvent avoir eu durant quelque temps , dans leur principe , des symptômes assez saillans pour être assimilées aux dysenteries idiopathiques; c’est-à-dire , qu'elles ont pu, dans leur début, s'accompagner de ténesme et de déjections sanguinolentes , et même purement sanguines , et provoquer un mouvement fébrile , sil n'existait déjà par l'influence de la maladie primitive. J’ai vu souvent la dysenterie la plus violente faire inopinément explosion sur des malades affectés de fièvre aiguë et exaspérer la fièvre; sui des fébricitans du type intermittent , et le transformer d’abord en continue ; sur des hommes presque déjà énervés par une maladie chronique , et développer une réaction fébrile qui ne pouvait être qu'éphémère.
Mais , le plus souvent, la phlogose muqueuse qui produit la diarrhée ne s'annonce point avec autant d'éclat chez les hommes qui sont déjà en proie à une autre maladie. La fréquence et la quantité des déjections sont alors les seules preuves de son existence. Le ténesme et les coliques existent quelquefois; dans certains sujets on ne les retrouve point. Le plus communément ces symptômes pa-
Quand est-ce que tous les médecins seront bien convaincus qu'il n'y,a point de sensation douloureuse qui ne dépende d’une altération appréciable , et que Îles mots symptomatiques et nerveux sont, aussi bien que le mot hasard, des voiles de l'ignorance, que l'intérêt de l'humanité et la gloire de leur profession leur commandent de déchirer au plus tôt?
HISTOIRE DE LA GASTRITE ET DE L'ENTÉRITE. D9 raissent ou disparaissent , selon le degré d'irritation des So qui sont admis sur la surface enflammée.
Diarrhée chronique primitive. Tels sont les principaux traits de l’histoire de la diarrhée chronique, que Jj'appellerai, si l’on veut, secondaire. Eh bien ! ils se retrouvent tous dans celle de la diarrhée chronique primitive. L'homme actuellement bien portant peut être épuisé , exténué par un dévoiement qui débute tranquillement , sans fièvre et sans douleur , qui se prolonge plus ou moins long-temps, sans causer dans l'harmonie générale aucun désordre considérable, et ce dévoiement est, comme les autres, l'effet d’une phlogose de la membrane muqueuse des gros-intestins.
: Voilà le degré le plus bas de la chronicité , celui qu’il importe le plus de bien faire connaître et:de bien lier avec les nuances plus prononcées, où la phlegmasie est si évidente qu’elle frappe tous les yeux. Il correspond , sous tous les rapports, à la gastrite chronique que nous.avons essayé de bien signaler. Nous allons faire la même tentative au sujet de cette phlogose latente, dans le traitement de laquelle nous avons reconnu bien des abus, lorsqu'il est suivi d’après les principes les plus accrédités.
J'ai vu, en Italie, un très-grand nombre de personnes attaquées de la diarrhée , sans autre cause appréciable que l'influence du climat et d'alimens irritans ou de difficile digestion , sans qu'il s’y.Joignît d'autre incommodité que quelques coliques
qui précédaient chaque déjection. Ces personnes
ne cessaient d’être capables de vaquer aux fonctions
de leur état qu’au bout de plusieurs semaines , par l'eflet de la débilité, et par l'assujettissement pénible qui résultait de la fréquence des selles. Tant qu'elles n'interrompaient point leur manière de vivre accoutumée , la diarrhée ne cessait point. Elle pouvait se prolonger jusqu’à six mois de cette manière , mais peu à pew elle épuisait les malades. S'ils étaient secs , irritables ; s'ils souffraient les douleurs constringentes ; s'ils avaient habituellement le pouls serré et fréquent, on les voyait tomber dans le marasme. S'ils étaient d’une texture plus lâche et moins sensible, ce qui est le plus ordinaire aux diarrhéiques ainsi affectés, ils s’infiltraient peu à peu (j'en ai vu devenir énormes) , et s’éteignaient tout d'un coup sans agonie ou dans une agonie convulsive et comateuse, lorsque le cerveau participait à l’'épanchement. »
Dans tous les cas analogues, Lofsqa' hit de deux ou trois mois de durée , la muqueuse du colon est désorganisée et ulcérée , lorsque toutes lés maüères fécales qui y parviennent se putréfient promptement avec le mucus, le pus et le détritus des ulcères ; à l’époque enfin où la maladie est sans remède , les particules putrides, pompées par les absorbans, se répandent dans toute l’économie et s’échappent avec toutes les excrétions ; l’haleine, la transpiration et les urines sont fétides, mais d’une fétidité stercorale , très-différente de celie des phthi-
HISTOIRE DE LA GASTRITE ET DE L'ENTÉRITE. D9 siques et derceux qui sont épuisés par une grande plaie ; les traits, et surtout les yeux, se décomposent ; le teint prend une couleur terne et plombée ; le pouls est petit et fréquent ; les forces tombent rapidement , et la mort est assurée.
On sent que , pendant la durée d’un dévoiement chronique , les malades doivent éprouver beaucoup de variations dans la série des symptômes. Îl n’en est point chez qui un régime violemment excitant et perturbateur ne puisse faire paraître tout-à-coup le ténesme , les selles sanguinolentes et les coliques. Chez d’autres , les astringens suppriment les évacuations, mais c’est en ajoutant à la phlogose, qui, d’humide et suppurante qu’elle était, devient sèche, pendant qu'il.se développe une réaction universelle imitant les fièvres continues (1).
Tous ces accidens rapprochent la diarrhée chronique de l’aiguë ; mais rien ne démontre mieux leur analogie que l'ouverture des cadavres, comme nous le verrons incessamment.
eo
(1) C’est parce que les toniques n’ont suspendu les selles qu’en faisant prédominer Pirritation , et même en développant la phlogose dans la partie supérieure du canal digestif. Cette espèce de palliation, qui procure aux tonificateurs un triomphe momentané , est ordinairement funeste aux malades.
PROGRÈS ET TERMINAISONS DIVERSES DES PHLOGOSES DE LA MEMBRANE MUQUEUSE DES VOIES DIGESTIVES,
Nous avons démontré, dans l’étiologie , que l’inflammation de la membrane muqueuse des organes de la digestion devait, comme toutes les autres, son origine à une action organique trop fortement sollicitée : ce n’est qu’en nous représentant de nouveau ce mécanisme que nous pourrons nous rendre compte du développement de la phlogose gastrique, dont nous venons d'étudier les phénomènes extérieurs, de ses variétés et de ses terminaisons diverses, qu'il nous reste à examiner.
Mécanisme des phlogoses gastriques.
Une cause irrite et provoque une action plus vive que de coutume; celle-ci tend à se calmer au bout d'un certain temps ; mais une seconde , une troisième cause viennent encore remonter les fibres sur ce ton extraordinaire ; enfin une impulsion plus forte étant donnée, l’exaltation des mouvemens est portée si loin , qu'il en résulte un trouble dans les autres fonctions, et alors il est nécessaire d’un temps bien plus long pour que le calme local soit rétabli.
Ainsi, toutes les inflammations ont une durée déterminée , mais qui diffère pour chaque tempérament. Poursuivons nos réflexions, en les appli-
HISTOIRE DE LA GASTRITE ET DE L'ENTÉRITE. 97 quant à la muqueuse digestive qui reçoit immédiatement les irritans.
Je suppose une irrifation qui a produit une exaltation qui ne peut être apaisée qu'en vingt-quatre heures. Si, avant ce terme, des irritans nouveaux, un grand repas, des vins brülans , arrivent sur la partie déjà souflrante, ils donneront une nouvelle impulsion qui ne pourra être détruite que dans quatre jours. Cependant le sujet, qui ne sera point averti de cette loi de l’économie, n’attendra pas ces quatre jours pour appliquer une troisième cause d’excitation démesurée. Il ne cessera d'agacer la surface sensible que quand la douleur de cette surface aura influencé assez énergiquement le sensorium pour déranger un grand nombre de fonctions, et répandre la douleur dans les principales branches de l’arbre nerveux.
Or, pour que le médecin qui est appelé puisse juger de combien de temps la surface douloureuse a besoin pour perdre son surcroît morbifique d’action , il faut qu'il calcule la susceptibilité du sujet , l'intensité des causes, et qu'il sache, autant que possible, combien de fois les causes morbifiques ont agi, et à quels degrés différens leurs stimulations répétées ont porté l’action morbide : c'est-àdire, le malade a-t-il souvent éprouvé des chaleurs et des douleurs gastriques avec refus de l'acte digestif et la répulsion des matières alimentaires ? À-t-on laissé se calmer ces irritations avant de s’ex- . poser à en provoquer de nouvelles? ou bien le ma-
lade ne s'est-il point opiniâtré à prendre des alimens avant le retour de l'appétit, avant la cessation de la diarrhée ? Enfin , a-t-il été traité par des irritans placés trop tôt après les vomissemens ou les selles ?
C’est d’après ces données que le médecin peut calculer combien de temps durera l'irritation gastrique ou intestinale. Et il serait fort important qu’il calculôt juste ; mais s'il ne peut le faire, il faut du moins qu'il ait des signes pour reconnaître que l'irritation est tombée , et qu’il peut , sans danger, inviter la surface , qui désormais n’est plus douloureuse , à reprendre ses anciennes fonctions ; car s’il a le malheur de l’y forcer avant le temps, il continuera de fournir des causes à la maladie ;'il l’entretiendra dans un degré obscur, et propre à lui faire méconnaître entièrement l'ennemi qu'il doit combattre.
C’est ainsi que se perpétuent les irritations chroniques des voies alimentaires. Tant qu’on ne change pas de conduite, elles ne peuvent avoir pour résultat que l'épuisement général provenant du défaut de nutrition et d’un développement inutile de réaction, qui est lui-même le produit de la douleur, à moins que l'habitude ne sauve le malade.
Je laisse à juger maintenant s’il est facile de fixer a priori la durée d’une plegmasie muqueuse quelconque , ainsi que celle d'une plaie, d’un vésiçatoire , d’un cautère , en un.mot, de toutes les irritations qui siégent dans un lieu où les corps irritans
HISTOIRE DE LA GASTRITE ET DE LENTÉRITE. 99 extérieurs, les mêmes souvent jui ont causé la maladie , peuvent atteindre. En vain les praticiens et les nosologistes ont-ils tenté de déterminer la durée des catarrhes pectoraux, utérins, instestinaux ; ils ont échoué et ils échoueront toujours tant qu'ils voudront fixer un nombre de jours (1).
Is n’ont également rien dit de satisfaisant , tant qu'ils ont voulu se fonder sur la quantité des jours pour distinguer les phlegmasies aiguës des chroniques. On peut revoir à cette occasion ce que j'ai dit au sujet des phlegmasies de la poitrine. Mais cela ne me’dispensera pas de rechercher ici, seulement par rapport à la muqueuse digestive , les traits qui doivent distinguer l’état aigu du chronique.
Lorsque les causes irritantes exaltent tout-à-coup l'action de la muqueuse gastrique ou colique , assez vivement pour que la douleur suspende ses fonctions, réveille énergiquement et désharmonise tous les mouvemens; c’est-à-dire, lorsque l'irritation gastrique ou intestinale devient tout-à-coup assez forte pour qu'il en résulte douleur locale , vomissement ou diarrhée et fièvre prononcée , tl'y a phlogose aiguë.
Lorsque les causes irritantes ne produisent , durant un long espace de temps , que des excitations modérées qui ne suspendent les fonctions gastriques
(1) Voilà encore un des germes de la doctrine physiologique. |
que pour peu de temps, et ne sollicitent que faiblement le jeu des sympathies , par conséquent n'excitent que de légers troubles dans l’harmonie générale, 11 y a phlogose chronique.
On voit que les différences ne sont que dans le degré. En effet, 1°. supposez des causes puissantes et un sujet irritable et vigoureux, vous aurez toutà-coup le plus haut degré de ‘la phlogose aiguë.
2°. Admettez un sujet déjà fatigué par des excitations antécédentes peu considérables, qui toutà-coup est soumis à l’action de causes puissantes , vous aurez une phlogose moins aiguë : tel est l'homme déjà sujet aux embarras gastriques ou aux diarrhées, mais non encore épuisé, qui tombe brusquement dans le choléra ou dans la dysenterie, à l'occasion d'une débauche, d’un émétique et d'un purgatif. Eh ! combien n'en ai-je pas vu d'exemples !
93°. Prenez un sujet encore plus faible , qui soit à moitié épuisé par une fièvre dite essentielle ou par l’hectique , et soumettez-le à la même cause excitante : si elle agit assez énergiquement , vous aurez un troisième degré de gastrite ou de dysenterie aiguë, dont la violence sera inférieure aux deux premières, et qui se maintiendra moins longtemps assez forte pour causer de grands troubles ;. c'est-à-dire que ce degré tendra bientôt de lui-même vers l’état chronique. — On retrouve encore ce degré, ou même un autre qui lui est inférieur , dans les exemples de diarrhées déjà prolongées ,
HISTOIRE DE LA GASTRITE ET DE LENTÉRITE. Où
. qui, d'indolores qu'elles étaient , deviennent subitement si douloureuses qu'elles produisent des cris, des convulsions ou la mort. — Il paraît avec la même évidence , dans certaines gastrites chroniques , qui ne se manifestaient que par une anorexie et une nausée continuelle , et par le dépérissement , lorsqu'un émétique mal-à- propos administré excite d’horribles anxiétés et une mort convulsive.
4° Enfin, si l’on suppose ce que j'ai représenté en commençant le développement de ce mécanisme , c’est-à-dire une série d’excitations toujours renouvelées avant qu'elles aient eu le temps de se calmer, et surtout si cela a lieu sur un sujet peu propre aux grands mouvemens et aux perturbations violentes, on se fera l’idée d’une phlogose des plus chroniques.
Il faudra ranger à côté celle qui s’entretient de la même manière, après avoir été quelque temps plus où moins aiguë.
Le mécanisme de ces phlegmasies étant connu ,
on peut , ce semble , raisonner sur leur tendance ,
leur durée et leurs diverses terminaisons, avec plus
d'assurance qu'on ne l'aurait fait d’abord.
Durée, tendance et terminaison des Phlegmasies muqueuses du canal digestif.
La plus modérée des irritations gastriques est celle que provoque un repas ordinaire. Quatre, six
ou huit heures suffisent à l’estomac pour se défaire & de son fardeau, et sitôt qu'il est déchargé , l'excitation de sa surface interne est apaisée, et elle peut sans inconvénient être stimulée de nouveau. Ce degré n’est point encore morbifique ; mais il en est d’autres qui, bien que peu alarmans au premier abord , méritent d’être considérés comme de vraies maladies. Suivons-les jusqu’à la gastrite prononcée :
1°. Si l’on fait une débauche prolongée , et que surtout on prenne beaucoup de viandes noires et de liqueurs alcoholiques , l'estomac a besoin de douze, quinze, et même vingt-quatre heures pour être iaë, ensuite sa muqueuse reste pendant plusieurs heures et quelquefois plusieurs jours , chaude et i#itable , n’appétant que les choses liquides et de propriété émolliente ou sédative.
Voilà le premier degré de la phlogose ; il s’apaise ordinairement de lui-même si l'on se retranche un repas, où tout au plus deux ; mais 8i on recom— mence les mêmes excès avec aussi peu de ménagement , il se prolonge du plus au moins. — L'habitude , qui rend la majeure partie des hommes moins affectibles, parvient cependant à en soustraire un grand nombre aux suites fâcheuses des irritations trop souvent répétées. Mais cette habitude ellemême n’a qu’un térme, au-delà duquel les stimulans reprennent leur activité.
Ce point de doctrine, fort intéressant , ne peut ètre éclairei qu’en physiologie. |
Nous devons seulement observer ici qu'un es-
tomac long-temps agacé par un régime trop irritant et auquel il paraît habitué, s’en fatigue quelquefois tout-à-coup et se Aiobre en état de phlogose. Sans doute que le chyle trop stimulant qu'il a laissé passer prépare cette révolte , en donnant à la jongue à tout le système une susceptibilité qui va toujours croissant. ( oyez plus haut ce que j'ai dit de lu diathèse inflammatoire ).
Mais quand on serait doué d’un de ces heureux esltomacs qui s’accoutument à toute espèce de stimulans, il ne faudrait pas encore se croire invulñérable ; car, 2°. si la sensibilité du viscère se trouvait exaltée par une cause étrangère, commela chaleur, une aflection morale , une bison fébrile dépendant d’une irritation placée ailleurs ; ou si les'stimulans des voies gastriques acquéraient tout-à-coup un nouveau degré d'énergie, l’irritation de la muqueuse s’annoncerait avec tous les caractères de la phlogose que nous avons appelée aiguë. — Alors il faut bien plus de temps à cette membrane pour qu’elle soit en état de reprendre ses fonctions; sa souffrance pourrait avoir la durée des autres phlegmasies , dont rien n’entrave le cours, c’est-à-dire dix à vingt jours, si on la laissait se terminer librement ; mais si on l’entretient , elle n’a plus de période déterminable. |
On demandera quelle est la tendance de la phlog0se aiguë au degré où nous la représentons. N ‘’abusons point des termes : si elle est d’une violence outrée , soit dans son premier élan, soit par l’activité
qu'on lui prête en latraitant mal, elle peut finir dans dix à vingt jours, et même vingt-cinq (1), par la mort de la membrane irritée. Pour moi, je pense que, hors les cas de poison, et d'une complication de virus putride et pestilentiel, la phlogose muqueuse de l’estomac et du colon a rarement ce degré d’activité (je parle des latitudes où j'ai pratiqué). Le plus ordinairement, elle tend à se dissiper, à compter du dixième ou du vingtième jour, et dans un espace de temps à-peu-près moins long de moitié , elle est parfaitement éteinte.
. Mais je suppose ici qu’on l’a traitée convenablement, en proportionnant toujours les stimulans à l'irritabilité de la membrane; car , 3°. si on se presse trop de la forcer à reprendre ses fonctions, ou si, pour l'y préparer et remédier à un sentiment général de débilité qui est inséparable de cette maladie , on a recours, avant ce temps, aux boissons dites toniques, on prolonge nécessairement l'irritation. Mais comme en même temps les forces sont usées tant par la douleur que par le défaut de réparation, les signes extérieurs de la maladie deviennent moins
(1) Aucun de ces termes n’est de rigueur : la durée des phlegmasies varie beaucoup selon l'intensité et la répétition des causes , et selon les dispositions du sujet : mais lorsque j'ai composé ce passage, je tenais à me rapprecher le plus possible des auteurs classiques , qui veulent absolument fixer des époques , se réservant de renvoyer les exceptions aux irrégularités. Gette méthode a long-temps retardé les progrès de la science.
saillans. Les sympathies ne sont mises en jeu que d’une manière obscure. La phlogose est alors véritablement chronique. s
Combien de temps peut-elle durer ainsi? Cette question est déjà résolue, Si on irrite beaucoup , la mort, qui est inévitable , arrive RTE plus tôt. Je né saurais Ko ce temps d’ aprè ès mon expérience ; ; il me semble seulement, d’après certains rapprochemens , quil ne ra gnère s’étendre au-delà de cinquante ou soixante Jours pour la gastrite et de trois à quatre mois pour la dysenterie. k
Si l’on irrite peu, mais cependant encore plus qu'il ne convient, et si l’on vacille dans le traitement , lirritation n’a plus de durée que l’on puisse obaes à priori. Tout dépend des rapports qu'il y a entre la susceptibilité et la force individuelle d’une part, la quantité et l’activité des irritans de l’autre, J'ai vu des diarrhées phlégistiques de sept à huit mois: il y a des sensibilités gastriques qui, quoique traitées par les stomachiques et les irritans de toute espèce, ne se terminent qu'après plusieurs années ; mais on sent que la persévérance dans ce traitement rend la ten: ininaison funeste iné vitable. J'ai observé pour mon compte qu’il est un terme au-delà duquel le traitement le micux dirigé ne peut plus empêcher !x dégradation successive de toutes les fonctions. Les diarrhées qui avaient plus de trois mois de date, lorsque j'en ai entrepris la cure, Ont toutes éte mortelles. Jai guéri des gastrites
pr
de cinquante jours ? mais je suis persuadé qu’on en triomphera difhcilement sielles ont été intenses. dans leur début, après vingt jours de mauvais traitement. Du reste , ces points de doctrine méritent une étude plus prolongée (1). 1
Peut-on dire que les phlogoses chroniques devenues incurables tendent vers la terminaison funeste ? Je ne crois pas qu'il soit trop physiologique de dire qu'une phlegmasie tend vers la mort. Les mouvemens perturbateurs, trop long-temps provoqués dans un point déterminé de l’économie , opèrent la désorganisation : dès qu’elle est consommée, il n’y a plus de salut ; mais l'individu résiste encore quelque temps ; ; cavilne peut mourir que lorsque l’influence de l'organe brisé et transformé, en tout ou en partie , en corps étr anger , aura , détérioré tous les appareils.
La physiologie nous apprend que la désorganisation de la muqueuse de l'estomac est beaucoup plus promptement funeste que celle dela muqueuse colique (2). Si une diarrhée par phlogose peut durer EC NE RARE COR ER RSR. LE L'ET eS LS RE E
(1) Sans doute , et l'expérience à éclairci toutes ces questions. Les malades résistent moins long-temps dans les hôpitaux, où ils respirent un air peu vivifiant, que dans les habitations particulières. Il en est qui se désorganisent promptement en tous lieux, et d’autres qui sont plus viyaces et qui supportent fort long-temps les phlegmasies.
(2) Oui, si lestomac est altéré dans la majeure partie de son étendue; non, si sa désorganisation est très-circonscrite. On peut vivre long-temps avec un vice de cette espèce si le
huit mois, et si la désorganisation était faite avant le troisième, il est évident que la partie malade: a permis au reste de l’économie de lui survivre , en quelque sorte, pendant près de six mois. — [] n’en peut être ainsi de l'estomac ; lorsque Sa surface interne est hors de fonction , la vie ne peutse prolonger au-delà de quelques jours, et s’il souffre, elle peut s’éteindre tout-à-coup.
Lorsqu'une des phlogoses chroniques que nous venons de parcourir n’a pas encore opéré la désor ganisation locale , et que le traitement vient enfin à être dirigé d’une manière plus rationnelle, la guérison est assurée. Mais combien de temps faut-il pour l'obtenir, à compter du moment où l'on a pris la bonne route? Moins le sujet est exténué, plus prompt doit être le.succès , parce qu'on peut écarter les irritans avec plus de hardiesse, et que les forces seront ensuite plus tôt reportées au degré de l'équilibre habituel. En trois et Quatre jours, j'ai vu céder les deux phlogoses Œui nous occupent, et Ja guérison se consolider en douze et quinze
Jours.
— Lorsqu’au contraire le malade est déjà près du
sujet n’est pas fort irritable, parce que la portion saine suffit à la nutrition ; tandis que la colite , en SOustrayañt la nour-
riture à l’économie , amène pius promptement la consomption, Mais les gastrites circonscrites finissent, au bout d’un temps plus ou moins long, ou par la perforation , que Île squirrhe placé derrière les ulcères peut Cependant retarder, ou par l'expansion de la phlogose , qui envahit tout l’esto-
mac, les intestins grêles et quelquefois d’autres organes.
68 HISTOIRE DES PHLEGMASIES CURONIQUES.
marasine , comme quand la phlogose a duré EAviFOh soixante jours, par les deux raisons ENS 2 aux précédentes, la cure sera beaucoup plus lo: ague : le soulagement sera prompt ; tie les pas rétrosrades ou les demi-rechutes arriveront souvent dans la cure, lorsqu'on essaiera d’auÿmenter les stimulans. J'ai quelquefois passé plus d'un mois dans ces pénibles tâtonnemens , et POBrEQT je finissais par réussir LL 0 DURE 7 ;
La terminaison par la guérison est une résolution. Les capillaires , moins irrités, versent “né abondamment sur la surface un fluide blanc, épais et bien lié, qui n’a plus rien d’ ’agaçant pour lés papilles. Corine les capillaires “des cryptes ne sont pas les seuls à éprouver l'irritation, ils ne sont päs aussi l'unique source de fluidé qui est répandu sur les muqueuses pendant la durée ded'inflammation. Les bouches exhalantes en fournissent indubitablement qui vient du tissu re = ou du derme de la membrane.
Quand la résolution est complète, l’exsudation ne tarde pas à diminuer et à reprendre les caractères du mucus qui tapisse habituellement ces surfaces. L-
Si l’exsudation se prolonge, en conservant tou-
jours les caractères de pus, ou même sans les conserver, l’on doit croire qu'il reste dans les capillaires de la membrane un certain degré d'irritation :
(a) El m'a fallu quelquefois , depuis, des années.
Le 4
HISTOIRE DE LA GASTRITE ET DE LENTÉRITE. 09 car, en même temps, l’on observe qu'elle se débarrasse plus promptement des corps étrangers.
Ceci ne s'applique qu'à la muqueuse du colon. Quant à celle de l'estomac, qui est beaucoup moins fournie de mucosité, sa phlogose est plutôt marquée par le retard de la digestion que par sa précipitation (1), et les vomissemens muqueux ne s’observent guère que dans les tempéramens chez qui la membrane interne de l’estomac est aussi abreuvée de mucosité que le sont celles des fosses nasales et des bronches chez un grand nombre d'individus. Mais cette constitution est vicieuse ; nous remarquerons aussi qu elle est peu sujette aux phlogoses.
En somme , la résolulion qui traîne trop en longueur s'annonce, pour l'estomac , par la lenteur des digestions et les vomissemens alimentaires et muqueux ; et, pour le colon, par la liquidité inaccoutumée des selles. Il faut que ces lésions ne soient pas accompagnées d’une diminution progressive des forces et du volume du corps; car alors il y aurait véritable phlogose chronique. Le degré d'irritation que je cherche à déterminer est donc audessous de cette phlogose. Il mérite d’être connu , parce qu'il expose à une rechute si on ne parvient pas àle détruire. Je l’appellerai résolution prolongée.
Les terminaisons de la phlogose muqueuse
Sas-
an TS on soie et SE ES ER ER PELROER @N DRNEL CORRE RER ONenL RARE ARR SEE
(1) Elle l’est pourtant quelquefois dans son commencement; ce qui constitue la boulhnie, inaladie que les nosologistes ont classée parmi les névroses.
70 WISTOIRE DES PHLEGMASIES CHRONIQUES, tro-intestinale qui sont suivies de la mort doivent être examinées dans l’état aigu et dans le chronique.
À liérations organiques.
Toüte phlogose muqueuse qui devient funeste dans sa période aiguë laisse voir à l’anatomiste une membrane épaissie , dense, rouge à divers degrés, et parfois offrant les caractères de l’ecchymose , ou tout-à-fait noire. I la trouve quelquefois érodée ou comme rongée dans de petits espaces isolés, et enfin couverte ou non couverte d’une exsudation dont la consistance et les autres caractères varient beau- Coup.
La rougeur , depuis le rose-clair jusqu’au violacé et même au noir, ne suppose pas nécessairement une coast o Une observation très-attentive m'a convaincu que les malades expiraient souvent par le seul effet de la douleur, dans le commencement , et avant que la trame enflammée fût brisée ou altérée sensiblement dans sa composition. C’est le sort des malheureux que l’on cherche à ranimer par les cordiaux , lorsque la débilité qui les accable n'est que le résultat d’une douleur qui enchaîne certainesirradiations nerveuses , pendant qu’elle en précipite une foule d’autres. J’ai souvent ressuscité, avec la limonade, des malades qui étaient presque sans pouls, dans un délire et un tremblement voisins de l’agonie ; et ceux que J'ai vus succomber dans le même état ne m'ont offert, bien des fois ,
que la rougeur ou la noirceur , sans érosion et sans odeur fétide. Que la muqueuse fût sèche ou tapissée d'un mucus clair, épais et pos, ou transformée en membrane coriace, etc., J'ai regardé cela comme des circonstances subordonnées à l’idiosyncrasie des capillaires enflammés (°).
(*) Dans ma dissertation sur la fièvre hectique , j'ai rassemblé plusieurs exemples de mouvemens fébriles continus , occasionés par le séjour de corps étrangers sur les membranes muqueuses de la irachée , des bronches et de l’estomac. La guérison complète des malades, après la réjection des corps étrangers, prouve , comme je ai fait observer, que des rIReUses , quoique très-irritées , peuvent résister iongtemps à la désorganisation. Des faits plus récens viennent encore d’en fournir une nouvelle preuve bien authentique.
Dans le Bulletin de la Société de l'École de Médecine de Paris, année 1807, huitième cahier, on irouve lextrait d’un rapport de M. Duméril sur plusieurs observations relatives à des Borps étrangers rendus avec les selles, adressés à la Société par À M. Dupuy, médecin à Saint-Foi sur Dordogne. On y voit,, entre autres, l'observation d’un jeune homme qui, après ayoir joui d’une bonne santé jusqu’à l’âge de douze ans , éprouva, à cette époque , un amaigrissement sensible, une toux fréquente et sèche , des mouvemens fébriles le soir, des sueurs matutinales sur le cou et la poitrine, symptômes qui faisaient craindre la phthisie pulmonaire, et qui acquéraient de jour en jour plus d'intensité. Le malade semblait toucher au terme fatal, lorsqu'il rendit une coquille de noix, qu’il se souvenait d’avoir avalée douze ou quinze mois auparavant. Depuis cet instant les symptômes perdirent de leur gravité , et peu à peu le malade fut rendu à une santé parfaite, Ce fait est de nature à soutenir
Fe) ISTOIRE DES PILEGMASIES CHRONIQUES.
On m'objectera que bien souvent les malades n'accusent aucune douleur dans le lieu phlogosé , lors même qu'ils sont en proie aux plus terribles anxiétés , à la fièvre, aux convulsions et au délire. Je due : qui peut exciter tous ces troubles > sinon une modification morbide des nombreuses papilles de la Surface irritée ? Modification qui , propagée continuellement au centre animal, en est réfléchie avec des secousses convulsives qui ébranlent et agitent douloureusement : toutes les ramilications de l'arbre sensitif. Si ces Vibrations ne Sont pas des douleurs, comment les qualifiera-t-on ?
Les malades qui succombaient un peu plus tard, après avoir passé de l’agitation à l’affaissement, et
avec quelques symptômes de la fièvre Heu putride, surtout Ix fétidité de l’haleine, m'ont quelquefois offert une muqueuse noire, fr ie. et d'une odeur gangréneuse (tr), Ici le ob est mauileste ; mais on ne le tr ouve pas toujours dans les cas qui semblaient le promettre davantage:
Il n’est encore ici que le résultat de l’excès de la douleur. Il s’est effectué, parce que le malade a résisté à ses souffrances assez long-temps pour permettre à la membrane , déjà tuée par la douleur , de passer à la décomposition putride ayant la mort, l'espoir des praticiens dans les gastrites et les entérites de Jongue durée. | G #
(1) J'avais donc aperçu les rapports des symptômes adyvainiques avec la gastro-entérite,
HISTOIRE DE LA GASTRITE ET DE L'ENTÉRITE. 79 ou du moins avant l’ouverture. — Les érosions n’ont lieu que partiellement, dans les lieux les plus agacés , et semblent être des commencemens d’ulcères; elle appartiennent à toutes les nuances de l’état aigu. L’irritation que les vers exercent opiniàtrément dans certains points rétrécis, qui sont sans doute des cryptes, peut les produire quelquefois ; mais je les ai aussi rencontrées sans qu'il y eüt aucun de ces animaux dans les voies digestives.
Ainsi, les terminaisons des phlogoses muqueuses gastro-intestinales qui deviennent mortelles dans l'état aigu sont 1°. une sorte dépaississement avec injection et ecchymose ; 2°. différentes variétés d’exsudation qui peuvent être rapprochées de la suppuration en général ; 3°. quelques pertes de substance que je regarde comme les traces d’un commencement d’ulcération ; 4°. là gangrène plus ou moins rapprochée du sphacèle (1).
Les gastrites chroniques fanestes m'ont paru laisser dans la muqueuse des désordres quelquefois différens de ceux qui se présentent à la suite des dysenteries de même. nature. Les gastrites chroniques que Jj'ai-observées en Italie m'ont fait voir les mêmes lésions cadavériques que les aiguës c'est-à-dire, rougeur ou noirceur avec épaississe-
ment , et quelques érosions. Je n'ai jamais trouvé
ns mon À SE
(1) On y trouve aussi quelquefois des végétations.
d'ulcères bien prononcés. (1). La rougeur était moins foncée que dans les aiguës. La couleur violacée ou noire n'avait point l’odeur de la gan- ‘ grène. L’épaississement de la membrane était uniforme.
Presque toujours le canal digestif était contracté au point qu'il contenait à peine quelques matières excrémentitielles , et que ses parois internes étaient partout en contact. Lorsque la maladie avait été fort longue , l'exténuation coïncidait avec l’état de constriction , surtout dans la portion inférieure du conduit, ce qui démontre le long repos de cette portion, à laquelle l’estomac ne laissait presque plus parvenir de matières chymeuses. Le même désordre a été observé par Lorry , dans ce qu’il appelle la phthisie sèche des mélancoliques, et par le docteur Tartra, à la suite de l'empoisonnement par l'acide nitrique (*\. |
Ainsi l’irritation ; en séjournant deux ou trois mois, et même quelque chose de plus, dans cette
(1) Je n’avais pas assez observé la muqueuse de l'intestin iléon. à 4
(*) Après une gastrite de trois mois ; Je docteur Tartra trouva le canal digestif réduit à un si petit volume, qu’on l'aurait pour ainsi dire tenu dans le creux de la main ; le canal intestinal n’avait , dans toute sa longueur, que le calibre d’un tuyau de plume; sa cavité, en grande partie desséchée , offrait une oblitération presque absolue. L’estomac avait tout au plus la grosseur ordinaire d’un intestin grêle. ( Ouvrage cité. )
membrane, peutfort bien ne pasladésorganiser d'une manière appréciable. La mort peut donc être le simple effet de l'épuisement des forces, résultant lui-même de l'obstacle que la douleur de l'organe oppose à la première digestion, et du trouble que cette douleur porte sans interruption , durant un long espace de temps , dans les fonctions des autres appareils. Tout m'engage à adopter ce mécanisme.
Mais si la phlogose muqueuse se maintenait beaucoup plus long-temps que je ne l'ai vu en Italie , par exemple , plusieurs années; si elle existait dans un degré inférieur encore à celui où je l’y ai observée ; si la douleur ne suflisait pas pour épuiser les forces en trois, quatre ou six mois; si elle se concentrait dans un point, le résultat serait différent. Il y aurait une désorganisation très-appréciable, manifestée, après la mort, par un épaississement de plusieurs pouces et une confusion de tissus qui va jusqu'à intéresser les deux autres membranes.
N'est-ce pas ainsi que se forment les squirrhes du pylore , du cardia ou d’ailleurs, que nous avons assez souvent sous les yeux? Mais aussi leur production ne suppose-t-elle pas une cause de nature à affecter plutôt un point de l'estomac qu'un autre, ou un ordre de capillaires plutôt qu'un autre, par exemple, le lymphatique? L'ivritation universelle de la membrane gastrique n’exclut-elle pas la concentrée? La douleur qui accompagne la pre-
mière n'est-elle pas la cause d’une mort plus prompte
qui n'attend pas le squirrhe? N'est-ce ‘pas pour cela qu'aucune des phlogoses que j'ai vues en Italie ne l’a produit? Mais ne pourra-t-il pas arriver dans la suite à certains sujets qui se procureront des rechutes toujours répétées? — Je ne saurais encore que proposer ces questions : les faits pourront un Jour les décider (1).
Les dysenteries chroniques laissent toujours , après la mort, un épaississement de la membrane muqueuse avec différentes nuances de rougeur ; mais il est rare que l’on n’observe pas un nombre plus ou moins considérable d’uicérations à bords coupés perpendiculairement et rugueux ; comme on dépeint les ulcères vénériens. La muqueuse est, dans ces lieux, entièrement détruite, puisque la membrane musculeuse forme toujours le plancher de l’ulcère. LM :
L'examen attentif de ceux de ces ulcères quine sont encore que commençans m a fait croire qu ils prenaient naissance dans les cryptes ou glandules qui fournissent la mucosité. Autour d'eux , la membrane est plus épaisse qu'ailleurs , et d’unecouleur qui s'approche. beaucoup plus de la noire. Les endroits où les excrémens séjournent-davantage , tels que le cæcum et la moitié inférieure ow descendante du colon , en sont beaucoup plus fournis
(1) ?Lest aujourd’hui démontré que.le squirrhe est pré-
cédé d’une phlesmasie muqueuse derrière laquelle il se développe.
que Parc transversal. J’en ai trouvé dans la fin de l'iléum ; les autres portions du canal ne m'en ont jamais présenté.
Il paraît, et Morgagni l'avait observé, que les ulcérations ne viennent, dans la muqueuse des gros intestins, qu'après que la phlogose a duré longtemps. Le stimulus exercé par les excrémens sur la membrane affaiblie ne serait-il pas plus fort en certains points, et ne pourrait-on pas s'expliquer ainsi la formation des ulcères et les pertes de substance ? |
Nul doute que les points les plus irrités ne perdent la vie, et que le mouvement de putréfaction qui s'exécute continuellement sur la surface enflanmée n'y contribue puissamment. Cherchons à nous en rendre compte par le raisonnement.
Dans l’état de santé, les excrémens sont à peine fétides avant leur sortie. Lorsque la digestion est très-exacte et labsorption aussi prompte qu'elle doit l'être, le chyme est en peu de temps privé de ses particules aqueuses, et ie mucus ne l’humecte pas assez pour favoriser le mouvement de décomposition. Ge mouvement est encore peu avance lorsque les excrémens sont expulsés : en même temps la membrane, qui jouit d’une vitalité considérable , résiste au stimulus des exerémens, si par hasard ls deviennent plus putrides que de coutume , et il n’en résulte aucun phénomène pathologique.
Si la fétidité persiste , la membrane s'irrite, rou-
sit, éprouve un commencement de phlogose qui fait naître les contractions nécessaires pour la fréquente expulsion des matières. Mais si celles ci continuent toujours à se, putréfier sur sa surface , cette membrane meurt dans les points de son tissu qui sont les plus irrités. Or, ce sont les cryptes muqueux, parce que c’est far leurs capillaires que les mouvemens. de Ja PATES se précipitent davantage.
Si l'on demande pourquoi l'irritation A plus forte là qu'ailleurs , je répondrai que c’est afin qu'il y ait une pluie muqueuse plus abondante que de coutume ; car, l’un des usages de cette humeur est d'écarter, des surfaces internes de rapport, tous les corps étrangers dont la présence est impor tune.
L'irritation n’est peut-être pas moins vivement ressentie par la musculeuse : ; Mais cette membrane ne peut que se contracter plus souvent.
Les cryptes , au contraire, sans césse en contact avec les excrémens doués ar âcreté putride , recoivent Jusque dans leur’ tissu l'impression des molécules qui s’en exhalent. Leur propre mucus se putréfie dans leurs lacunes ; ils ne peuvent ré sister bien long-temps à des irritations si multipliées et -Œui tendent toujours à les décomposer. Leur vitalité expire ; : ils se décomposent et laissent une petite perte de substance qui va toujours croissant du centre à la cireonférence , en se faisant précéder d'un petit engorgement, comme nous avons dit qu'il arrivait aux ulcères cancéreux, vé-
nériens , dartreux et autres, dont le caractère est de s'étendre en détruisant ce qu'ils rencontrent.
Ces ulcères une fois établis, la maladie est-elle incurable ?
Je sais qu’on guérit les aphthes et d’autres excoriations des membranes muqueuses : aussi n'oserais-je nier que les ulcérations de la diarrhée puissent être guéries (1), mais j'y vois de grands obstacles. Quand elles se font, la vitalité de la membrane est à-peu-près épuisée, et son tissu relâché et souvent apathique. C’est, autant que j'ai pu l’entrevoir, vers la fin du deuxième mois, chez les sujets qui se portaient bien au début; maïs je les ai rencontrées chez les diarrhéiques de douze et quinze jours , qui étaient déjà énervés par une autre affection lorsque le dévoiement a manifesté la phlogose du colon.
Les auteurs disent avoir observé des pertes de substance de la muqueuse de l'estomac cicatrisées après l’action des poisons .corrosifs. Je ne sais si l’on en a aussi remarqué, dans les intestins.
Mais ces pertes de substance se sont faites brusquement chez un sujet sain (1), dont la mu-
(a) On s’est assuré, par l'inspection dés parties malades , que les ulcères du colon peuvent se cicatriser : j’en ai acquis moi-même la certitude; mais l'emploi des stimulans arrête ce travail de la nature.
(2) Elles se font aussi quelquefois avec lenteur. ( Foyez l'observation de M. Libert, page 415.)
80 IISTOIRE DES PULEGMASIES CHRONIQUES.
queuse n'avait point été graduellement débilitée ét préparée à la décomposition putride | comme celle.des hommes affectés. de diarrhée chronique.
La curabilité de la phlogose muqueuse portée au degré où il y a ulcération est donc très - dou teuse, — Mais n'y a-t-il aucun indice extérieur qui puisse annoncer cette ulcération?
La décomposition plus .prompte qu auparavant ou les progrès du marasme ne suffisent pas, puisque certains diarrhéiques qui ontpassé par tous les degrés de la maladie ont été trouvés sans ulcères: Ceux-ci ne sont donc que probables aprèsle deuxième MOIS, lorsqu'on voit la coloration s’altérer, la fire se décomposer ; et les excrétions prendre l'odeur des. excrémens putrides.
On a pu rémarquer que les ulcérations : n'existent ni dans |” estomac ni dans les intestins grèles (1 (1). J’ose avancer que “ est parce que lés fluides qui baignent habituellement la muqueuse de ces organes ne sont point livrés au uiouvement de putréfaction (2) : de même aussi Je les ai vus manquer souvent chez les diarrhéiques blonds, d’une constitution lâche . peu sensibles, ét dont les fluides, en général, ne semblaient pas extrêmement avancés dans l’anima-
(1) On en Yénconifé aussi dans les intestins grêles , Surtout vers la fin de l’iléon , et c’est derrière ces ulcérations que Von trouve les ganglions les plus volumineux ; ce qui éclaire le moe de formation des squirrhes du canal digestif.
(2) La phiogose de cètte membrane leur imprime aussi cette sorte d’altéraiion.
NISTÔIRE DE ER GASTRITE ET DE L'ENTÉRITE. Si lisation, J'avais pensé d'abord que la faiblesse du système Îymphatique ‘devait favoriser chez eux l'engorgement et l’ulcération des cryptes ; j'ai été toutsurpris de rencontrer bien souvent des preuves du contraire.
Enfin , il peut y avoir d’autres causès constitutionnelles , à nous inconnues, qui fassent qu'une membrane muqueusé du colon, épaissie et engorgée par une longue phlogose , tombe dans l’atonie, et mème se gangrène dans toute son éten= due , plutôt que d'éprouver ces désorganisations partielles que j'ai dit être la source des ulcérations. Ces exceptions ne sauraiént émpêcher que le mécanisme que nous venons de HN ne soit le plus ordinaire.
Ainsi les terminaisons de Ja ph! logose chroniqué
de la muqueuse des gros tite sont lendurcissement et linsensibilité , la ganwrène, une exsudation interminable Œqui doit être Date de la résolution trop prolongée dont nous avons parlé
à l'occasion de la mêmé membrane dans les autres types de phlogose (Cette exsudation sera encore une süuppuration, si on compare }a phlogose MU queusé intestinale à celle du poumon, soit muqueuse, soit pleurale. ) ; enfin l'ulcération, dont le pus Re ne saurait être reconnu dans les matières. Ce pus doit être jan à celui des ul-
cères sanieux propagateurs : ainsi le rapprochement nous dit qu'il doit emporter les débris de la me -
drane partiellement sph: celle et déc ‘omposée.
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