‹ Histoire des phlegmasies ou inflammations chroniques, fondée sur de nouvelles observations de clinique et d'anatomie pathologique. Ouvrage présentant un tableau raisonné des variétés et des combinaisons diverses de ces maladies, avec leurs différentes méthodes de traitementChapitre 48 sur 61 · XIE · texte numérisé non relu

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face communiquant avec l'air atmosphérique (*). Au cune de mes observations he m'a encore paru con< tradictoire à cétte doctrine que J'ai adoptée dès le

commencement de cet ouvrage. La résorption pu- ù rulente a donc bien peu contribué à l’exténuation et à la mort du sujet qui nous occupe.

L’altération d'action du tissu post-péritonéal s'explique très-bien par une pléthore accidentelle etune érection capillaire subite , qui font pleuvoirles fluides dans les aréoles ; mais ceux-ci ne peuvent-ils pas , par un mouvement analogue , être exprimés dans la cavité du péritoine ou dans les aréoles et dans la cavité en mème temps? N'est-ce pas à un mécanisme tout semblable que sont dues ces péritonites hémorrhagiques qui nous ont fait voir le tissu dontnous parlons ecchymosé et considérablement développé ? la différence n’existerait-elle que dans le produit, c'est-à-dire, ne dépendrait-elle que du degré de l’action morbifique, qui tantôt obligerait les capillaires à verser du sang pur, tantôt se bornerait à les faire exhaler plus de fluides blancs qu’à l'ordinaire ?

Tous les rapprochemens que nous pourrons fairé tendront à fortifier cette donnée physiologique. Si la phlogosé aiguë injecte le tissu post-péritonéal en rouge , la chronique l’injecte en blanc et le rend lardacé , comme il était chez Milon. ( Voyez lOb- HOT LE 1 ODIMNT ire TO DMDN DR PUS SR PRESSE

(*) S'il eût été aussi âcre que celui des cancers extérieurs; aurait-il pas phlogosé la portion de péritoine des parois qu’il touchait immédiatement ?

UHISTOIRÉ DE LA PÉRITONITE. 419 servation ÂXLV ). — La péricardite injecte soit de $ang , soit de Iymphe, le tissu par lequel la séreuse tient au cœur. — Les inflammations aiguës de la peau, par exemple la scarlatine et la rougeole , rougissent et ecchymosent le tissu sous-cutané ; et les inflammations chroniques de cette membrane , telles que les ulcères hépatiques , l’éléphantiasis, les croûtes laiteuses , injectent ce tissu de lymphe coagulable et lui donnent l'aspect lardacé:

En outre, si l’on voulait examiner la chose de bien près, on trouverait que, dans une foule de cas, l’action morbifique se porte sur le tissu qui sert d'union aux membranes, avant de les intéresser elles-mêmes, et que souvent elle ne les attaque qu’en les développant et les réduisant en feuillets cellulaires trèsminces , comme il est arrivé au péritoine chez Milon. Ces sortés d'interversions doivent être rares, puisque les capillaires des membranes sont presque partout doués de plus de vitalité que ceux du tissu qui les attache aux parties subjacentes. Cependant la peau nous en fournira des exemples ; parce que le tissu sous-cutané ést fort actif, et habituellement exposé à des érections capillaires très-voisines de la phlogose. Dans le phlegmon , l'injection sanguine ne commence-t-elle pas par ce tissu, et la peau n'estelle pas consécutivement amincie? Les dépôts froids, les engorgemens scrofuleux et lymphatiques , ne nous offrent-ils pas l’état chronique correspondant, dans lequel l’action organique , modifiée de manière à se rapprocher plus ou moins de la phlogose , em-

plit les aréoles et les interstices du tissu de lymphe, de graisse, etc. , avant d'intéresser la peau, qu'elle finit par réduire en feuillets cellulaires ? |

Après la peau , le péritoine est la membrane qui tient aux parties sous-jacentes par le tissu le plus lâche et le plus susceptible d’érections capillaires : aussi les tumeurs de l’épiploon ne sont-elles pas rares. Or , la maladie de Milon n'en diffère qu’en ce que l’action morbide a frappé toute l'étendue du tissu.

Les eauses qui produisent la péritonite pourront donc aussi quelquefois AE RS ces développe- : mens lardacés..... Je n'hésite pas à à l’aflirmer, D’abord, celui que nous venons de voir l’a été de la même manière, puisqu'il dépend d'une marche forcée. J'en ai rencontré un autre aussi considérable qui avait pris naissance pendant la fièvre intermittente: e’était encore à Nimègue. Je ne possède aucun détail sur le malade qui en fut le sujet; je trouve seulement dans mes notes qu'il mourut avec une hectique assez forte, et que l’induration contenait plusieurs foyérs dans lesquels les excrémens paraissaient confondus avec le pus. Mais n'ayant pas assez examiné les autres viscères, Je n'ose tirer de ce fait aucune induction particulière. C'était la premiére fois que ce cas s’offrait à moi; je cédai à la répugnance qu inspire la vue d'un ventrerstransformé en un cloaque ‘hideux et infect; d'autant plüs facilement que je n avais point vu marcher la maladie , qui s'était terminée le jour même que: je

prenais le service de l'hôpital de Nimègue.

La troisième et dernière observation de cette es-

pèce que J'ai recueillie est la suivante , que je puis rapporter avec plus de détails.

LVIE OBSERVATION.

Phihisie sèche , avec engorgement larducé de l’abdomen.

Renaud , âgé de vingt-quatre ans, soldat au quatrevingt-douzième régiment, ayant les cheveux d’un blond clair, la peau blanche et transparente, le coloris d’un rose tendre, les formes d’une régularité rare, les muscles assez gros, mais peu exprimés, contracta la gale un an avant sa mort. Il en fut traité régulièrement à l’hôpital de Bréda. A la suite de ce traitement, il ressentit des douleurs dans le ventre, pour lésquelles il vint à l’hôpital de Nimègue. Ces douleurs, d'abord vagues, se fixèrent dans les hypochondres. Le malade ayant été soupçonné d’obstruction , ce qui semble indiquer que le médecin avait dès-lors senti quelque rénitence, fut traité par les diurétiques , et bientôt après regardé comme guéri. Mais quoique les fonctions parussent se bien faire , il resta toujours débile,

Pendant son séjour à l'hôpital, quatre mois avant sa mort, il contracta un rhume qui ne cessa de faire des progrès. À dater de la mème époque, l’embarras et la douleur sourde du bas-ventre se mirent

: A À à f » A] 1 f LA e aussi à augmenter, et Renaud commença à dépérir.

En prenant le service, le 12 germinal an 15, je trouvai ce malade déjà fort maigre , avec une fièvre hectique à peine marquée par une exaspération du soir, toussant peu et ne crachant point. Le ventre était un peu élevé, mais rénitent et sans météorisme. Le malade n'avait ni coliques ni dévoiement. La pression forte était douloureuse ; les mouvemens du tronc et les efforts l’étaient peu. Dans l’immobilité, il n’y avait aucune souffrance. |

Du 12 germinal au 7 floréal, amaigrissement peu sensible , sans aucune plainte. — Du 7 floréal au 15, la figure s’excava , le marasme fut rapide , plus de toux qu’à l’ordinaire. Boissons pectorales anodines, éthérées. Figure riante, beaucoup d’espoir.

Du 15 au 17, douleurs du ventre , difliculté d’uriner. L’abdomen me parut dur , élastique en quelques points, et beaucoup plus douloureux au toucher. Voix tremblante, à peine articulée; faiblesse et marasme au dernier point. Pouls précipité, trèspeut. |

Le 18, agonie comateuse , à la suite d’une chute qu’il fit en voulant aller à la garde-robe, Il s’éteignit assez tranquillement.

A utopste.

La tête ne fut pomt ouverte.

Poitrine. Beaucoup de sérosité citrine dans les deux cavités. Quelque exsudation molle , de forme albumineuse , sur les plèvres pulmonaires. Le paren-

chyme droit contenait un tubercule de la grosseur d'un œuf de pigeon, formé d’un amas de granulations blanches. Autour de ce tubercule était une carnification , ou plutôt un endurcissement de consistance hépatique, peu étendu. Le parenchyme gauche renfermait beaucoup de tubercules; mais peu volumineux, et n était guère qu'engorgé. Cœur dans l’état naturel; les vaisseaux, en général, presque vides.

Abdomen. Tout était collé et réuni en une masse bigarrée, à fond blanc-jaunûtre , à taches jaunes, rünes ou noires. La dissection démontra, 1°. tout le conduit digestif sain dans ses deux membranes internes et dans la portion de péritoine qui tenait à sa partie libre; 2°. la rate saine ; 5°. le foie jaune et plus volumineux que de coutume (1); 4°. la vessie en bon état; 5°. les intestins dégagés, comme dans le sujet de Fhistoire précédente, nous vimes que la masse se réduisait au mésentère , au méso-colon et aux épiploons , tous prodigieusement développés eb élargis ; et, en disséquant, nous reconnûmes, 6°. que le tissu cellulaire qui unit le péritoine aux parois abdominales , et celui qu'embrassent les différens replis mésentériques, étaient remplis (dans tous les points où il est lâche, car la portion de péritoine de. la face libre des viscères leur était intimement collée ) d’une matière lymphatique, brunâtre , blan- A (:) Ge foie jaune ne correspond-il point à ane duodénite chronique ? Cela ne fut point vérié

châtre, et de flocons sphériques de graisse; le tout enveloppé par des cellules transparentes, et qui me semblaient n'avoir éprouvé d'autre désorganisation que l’éxtension et l’amineissement ; 7°. que la surface libre du péritoine recouvrait tout cet amas informe; 8°. qu’elle conservait sa transparence , et était beaucoup plus mince que de coutume ; 0°. que, sans être recouverte d'aucune exsudation , elle adhérait presque partout avec elle-même, par un simple collement que le doigt détruisait facilement ; 10°. que les glandes mésentériques étaient développées , d'apparence squirrheuse ,; et comme composées de grains tuberculeux , à Fimitation du gros tubercule pulmonaire (1); 11°. dans toute la masse je ne pus distinguer aueune trace de vaisseaux san-

guins.

La maladie du tissu post-péritonéal paraît être ici le produit d’une métastase de la phlogose psorique , qui résidait d'abord dans le tissu de la peau. Quelles sont les causes prédisposantes locales qui ont appelé

(1) Si un fait pareil se représentait, jé vérifierais s’il n’existerait pas quelques traces d’ulcération dans les intestins grêles ; car souvént on en trouve quoique la muqueuse soit pâle. J’ai remarqué , en effet, que lorsque l’inflammation se développe dans le péritoine, la rougeur qui existait dans la muqueuse disparaît, et les traces de l’entérite sont moins appréciables, Il se fait alors une sorte de révulsion de la phlogose, qui se transporte d’une surface de l'intestin à l'autre.

HISTOIRE DT LA PÉRITONITE. 1429 cette irritation dans les annexés du péritoine? Nous n'avons point assez de données pour le conjecture. Mais nous savons que le malade était d’un tissu mou et délicat, que chez ces sortes de tempéramens , toutes les répercussions exposent le système blanc à l'irritation, à l’engorgement et à la désorganisaton. |

Nous voyons que les faisceaux lymphatiques du poumon ont été également aflectés; mais nous présumons que cela n’était que secondaire, et que, quoique tout l’appareil lymphatique des viscères tendit à s’affecter, ce que prouve la tuméfaction jaune du foie, le principal point de détermination a été dans le tissu post-péritonéal.

La surface lisse de la séreuse abdominale aurait également pu devenir le terme de l’action morbifique : cela dépend de la première impulsion qui est donnée. L’afflux se continue comme il a commencé, ensuite les tissus analogues sont affectés consécutivement par cette sorte de sympathie ou imitation d'action dont j'ai tant parlé (1). Telles sont, à mon jugement, les lois générales des localisations et des métastases, quels qu’en soient le siége et la nature.

Je ne saurais, sans m’exposer à d'ennuyeuses redites , entreprendre l'analyse des symptômes de la maladie de Renaud ; il n’est nullement difficile de distinguer ceux qui appartiennent au poumon d'avec ceux qui sont propres à l'affection du bas-ventre.

pe cran

Len 2 em or ce dat 7 ain 0

(1) Les nerfs en sont les moyens,

C’est à ce qu'on vient de lire que se réduisent toutes les maladies du canal digestif et de la membrane séreuse du bas-ventre , que j'ai eu l’occasion d'observer et de constater par la marche des symptômes et l'inspection anatomique. Les altérations des reins, de la vessie, du foie et de son annexe, du pancréas, ne me sont point encore assez connues pour que j'ose entreprendre d’en présenter le tableau (1).

Je vais donc m'occuper à réunir les données de traitement qui me paraissent les plus rationnelles, sur les irritations, soit aiguës , soit chroniques du.

péritoine.

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