‹ Histoire des phlegmasies ou inflammations chroniques, fondée sur de nouvelles observations de clinique et d'anatomie pathologique. Ouvrage présentant un tableau raisonné des variétés et des combinaisons diverses de ces maladies, avec leurs différentes méthodes de traitementChapitre 6 sur 61 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Traitement dés Phlogoses de la membrane muqueuse des voies alimentaires en général.

On a répété, non sans beaucoup de raison, que les fièvres intermittentes ataxiques étaient celles des maladies internes qui démontraient le mieux le pouvoir de la médecine ; mais on n’a jamais dit que les phlogoses muqueuses des voies alimentaires dussent être placées sur la mème ligne. Moi , j'ose l’avancer, et j'espère que cette proposition sera bientôt une vérité démontrée.

Il est connu qu’une fièvre intermittente ataxique devient mortelle en peu de jours , si le médecin ne prévient les accès par les fébrifuges les plus énergiques. Il deviendra un jour très-évident qu'une phlegmasie de la muqueuse des voies digestives fait des progrès tant qu'on la méconnaît, parce qu’elle est alors nécessairement mal traitée : or, si elle n’est pas traitée convenablement , elle ne finit jamais autrement que par la mort. — Il n'y aurait d'exception que pour certains cas où la maladie étant légère, le refroidissement des circumfusa diminuerait la susceptibilité des malades et les met- Lrait en mesure avec les excitans dont ils font usage ‘à l'intérieur.

Mais les fièvres intermittentes pernicieuses n'ontelles pas aussi leurs exceptions ? sans doute , et je

HISTOIRE DE LA GASTRITE ET DE L'ENTÉRITE. S83 suis persuadé que ces exceptions ne sont pas assez connues. D'abord, il n’est pas toujours vrai que les intermittentes ataxiques non traitées soient mortelles au cinquième accès. Gela n’a lieu que dans les constitutions morbifiques où la cause productrice est d’une prodigieuse virulence. Il est bien des pays marécageux où des intermittentes très-malignes sont rarement mortelles en peu de temps (*).

Je ne parle encore ici que des véritables ataxiques que le quinquina peut guérir; mais combien en est-il que l’on prend pour telles et qui demanderaient un traitement tout opposé ! (**) On en à trouvé plusieurs dans cet ouvrage ; et j'ai dit, en général, que dans l'été de 1806 ,; grand nombre de fébricitans éprouvaient , pendant l'accès , des vomissemens et des cardialgies qu'il était très-dangereux de traiter par le quinquina. L'histoire de Winter ( Observation IV ) a prouvé que la gastrite pure et simple pouvait imiter la fièvre quotidienne ataxique délirante ; et l’on sera très-fréquemment exposé à l'erreur, car la gastrite cause souvent du frisson. Ce frisson devient plus sensible dans les

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(*) Voyez le Journal de Médecine des professeurs Corvisart, le Roux et Boyer, volume 7, page 811 et suivantes. — M. Fizeau à même essayé de déterminer les caractères des intermittentes ataxiques qui sont bénignes.

(**) Le même rapporte une observation d’intermittente ataxique dans laquelle le quinquina fut long-temps inutile.

redoublemens du soir, et le délire ne manque jamais de se mettre de la partie durant ja nuit, si l’on persiste à irriter la partie souffrante.

J'avais d’abord pensé que cela pouvait être fort rare en France ; mais depuis mon retour à Paris, j'ai conclu de plusieurs entretiens que j'ai eus sur ce sujet avec différens médecins , que bien souvent on donne le quinquina jusqu’à la mort à des malades qui le vomissent, et qui sont d'autant plus mal qu’ils en ont pris davantage. L'on fonde cette indication sur le vomissement lui-même et sur l'anxiété qui l'accompagne , parce que ces symptômes paraisseñt périodiquement , et rappellent ainsi l’idée des fièvres pernicieuses de Torti. de frémis au souvenir de certains événemens de cette nature qui me sont connus, bien qu'ils me soient étrangers, comme je frémis au souvenir de M. Beau! ‘Ainsi, il n’est que trop certain que les gastrites mal traitées sont aussi redoutables à l'humanité que les fièvres intermittentes ataxiques méconnues (1).

D'un autre côté, les observations de traitement heureux que je me crois obligé de rapporter, en détaillant les préceptes de la méthode curative, feront voir que des phlogoses gastriques aussi terribles que celles qui ont été mortelles sous l'influence des irritans , ont cédé avec une étonnante

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(1) Elles le sont bien davantage : peu d'hommes périssent par les intermittentes non kinatisées ; plus de la moitié de la société est détruite par la fureur de la fonification.

HISTOIRE DE LA GASTRITE ET DE L'ENTÉRITE. 89 facilité aux médicamens appropriés. Par conséquent , le traitement de ces maladies sera aussi propre à faire ressortir le pouvoir de l’art que celui des fièvres pernicieuses. Ges considérations sont bien capables de jeter le plus vif intérêt sur l'étude de ces sortes d’affections.

Pour satisfaire un esprit judicieux, tout traitement doit être raisonné et jamais empirique. Mais qu'on est loin d’être assez avancé pour connaître les véritables indications de toutes les maladies ! J'en donnerai pour exemple les fièvres dites adynamiques et les ataxiques , en un mot, toutes les continues de mauvais caractère , que je comprends sous le nom de typhus. J’avouerai que je n’ai jamais pu déterminer le traitement qui leur convient le mieux. [{ faudra nécessairement que les médecins étudient attentivement l'effet des médicamens divers. On ne parle aujourd’hui que de fortifier ces sortes de malades , c’est-à-dire de les irriter : eh ! combien en est-il qui sont déjà trop irrités! Je suis bien convaincu que la théorie de ces fièvres, qui dépeuplent la terre si généralement et si impunément , est à peine à son berceau (1).

Je pense que nous sommes plus avancés relati-

(3) Voilà encore un passage où j'ai osé être moi-même. Pourquoi étais-je retenu par l’autorité ? Est-ce en m’empèchant de croire à ce que je voyais que cette autorité a servi la science ? Hélas ! si elle m’a si long-temps aveuglé , com bien d’autres n’a-t-elle pas aveuglés qui auraient pu faire inieux que moi !

vement aux phlegmasies. Les procédés de la médecine externe nous éclairent sur le traitement des phlegmasies internes. En général, nous observons qu'il suffit d’écarter de la partie récemment enflammée les corps extérieurs capables d’en aug menter l'irritation, et que la phlegmasie se dissipe spontanément au bout d’un certain temps, indépendamment de tout moyen topique.

Nous savons que certaines substances diminuent, par leur contact , l'irritation locale , et la générale , qui en est la conséquence. Nous sommes certains que l’excès de forces et de fluides retarde la terminaison heureuse, et qu’un certain degré d’affaiblissement de l'individu la favorise.

Nous savons tout cela ; mais avons-nous quelques données certaines pour nous guider dans le traitement des phlegmasies qui se prolongent? J’ose affrmer que nous en manquons : par exemple, nous disons que l'excès de faiblesse nuit À la résolution des phlegmasies ; mais nous ne pouvons donner de signes pour connaître où commence le degré d’asthénie incompatible avec la bonne terminaison des phlegmasies. Nous manquons d’un tableau comparatif de la susceptibilité des différens organes, desiné à nous apprendre quels sont ceux qui tombent le plus tôt dans cette asthénie, et qu'il faut le plus se hâter d’exciter. Nous ignorons le rapport précis de la propriété stimulante des corps extérieurs avec la susceptibilité locale , et nous appelons tonique ce qui n'est peut-être que sédatif , etc.

Les véritables connaissances sur tous ces points capitaux ne s’acquièrent que dans la clinique et par l'exercice long-temps répété des sens et du jugement ; mais, faute d’avoir porté assez d'attention à la manière dont on les acquérait, personne n’a encore pu enseigner aux autres le moyen de se les procurer en peu de temps (1).

On peut voir la preuve de tout ceci dans les salles de chirurgie des hôpitaux. Tel chirurgien applique des cataplasmes émolliens sur une phlegmasie chronique , qu’un autre traite le jour suivant par l’eau de Goulard , et quelquefois il en vient un troisième qui se sert de l’alcohol ou du laudanum. Cependant ils sont tous d'accord sur le topique lorsque la phlegmasie est récente et un peu forte.

En chirurgie comme en médecine , toutes les nuances prononcées des maladies sont bien connues et bien traitées ; toutes les nuances délicates donnent lieu aux conjectures et aux vacillations d'opinions. Fe

Je ne prétends essayer ici aucune donnée générale pour le traitement des phlegmasies chroniques ; je vais m'occuper uniquement de celles de la muqueuse des voies gastriques. Ainsi, sans rechercher pourquoi certaines phlogoses externes , comme celles des yeux et celles de quelques plaies , préfèrent les stimulans aux adoucissans , ni si cela est vrai, ni quelles sont les exceptions, je commencerai par

(1) L était réservé à la doctrine physiologique de fournir ce moyen.

poser en principe que lorsque la membrane interne du canal digestif est chaude, gonflée , douloureuse; en un mot, lorsque sa sensibilité est exaltée , elle ne saurait supporter l'application immédiate des substances irritantes , et que l’on favorise sa oué rison en ne lui laissant parvenir que des corps de propriété opposée. Je dirai que cette règle n’a point d’exceptions à moi connues ; car, lorsque la membrane s’accommode des irritans , l'état de phlogose à fait place à un autre. | Ces principes posés, il s’agiraide déterminer quels ‘sont les corps qui, par rapport aux phlogoses gastriques, méritent de porter le titre d’irritans ou de sédatifs, et quelle est la meilleure manière d’en diriger l'emploi. Comme les deux extrémités de la membrane offrent quelques différences dans leurs rapports avec les corps extérieurs, je diviserai mon sujet, et je parlerai du traitement de la gastrite avant de m'occuper de celui de l'entérite. Da Traitement de la Gastrite ou phlogose de la membrane muqueuse de l'estomac.

Il n’est point de traitement plus simple et plus facile que celui de la gastrite aiguë. Il s’agit 1°. de donner à cette phlogose le temps de se calmer avant d'introduire des alimens dans l'estomac ; 2°. de favoriser sa terminaison heureuse par des DAGICE mens appropriés (A

À = ; ES *) Je ne dirai rien des vomitifs:; ils ne conviennent ue ty) q

en ne

HISTOIRE DE LA GASTRITE ET DE LENTÉRITE, Dd9 1°. Le premier de ces deux préceptes est de Ha plus grande rigueur. Il arrive souvent que le malade conserve encore quelque appétit, ou quil est trompé par une fausse perception , c'est-à-dire , qu'il sent une espèce de malaise qu'il espère faire cesser en prenant des alimens. Le médecin doit bien se donner de garde de suivre cette fausse indication, car la moindre dose d’alimens redouble les souffrances du malade. Or, ces souffrances ne deviennent jamais considérables sans que l'esprit ne s’aliène (1); d’où résulte une nouvelle source d’erreurs pour le praticien peu fait à la physionomie de cette maladie. Mais les rots et la pesanteur d’estomac l’instruiront le plus souvent de l'effet nuisible des alimens avant que le délire paraisse.

L’abstinence doit s'étendre à tout ce qui exige une digestion. Ainsi le bouillon , les décoctions des grains farineux et des fruits charnus et mucoso-sucrés , devront être bannis dans les gastrites aiguës de la plus haute intensité. Parmi les boissons auxquelles on peut accorder quelque propriété nutritive, je ne vois que la solution légère de gomme

dans les empoisonnemens. Assez de bons ouvrages ont donné sur cela des préceptes satisfaisans. Les meilleurs que je conpaisse se trouvent dans l’ouvrage de M. Tartra sur lempoisonnement par l'acide nitrique. Les effets des autres poisons ont été aussi le sujet de dissertations très-bien pie présentées à l'Ecole de Médecine de Paris.

(1) Une foule de manies sont produites et entretonues de cette manière.

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adragant qui puisse être admise. La gomme arabique irrite un peu, sans doute à cause de la partie extractive qui la colore souvent, surtout celle qui est indigène ; mais on est quelquefois réduit à s’en servir.

2°, Pendant qu’on sèvre le malade des alimenset des boissons qui peuvent ‘en avoir la propriété, afin de laisser l'estomac en repos jusqu’au moment où sa phlogose sera résoute, on peut favoriser cette résolution par la saignée, l'application immédiate de certains médicamens sédatifs, par les topiques el autres moyens externes. — ta saignée générale convient rarement, et seulement dans le plus haut degré, lorsque la force du pouls , la dyspnée ou la toux sympathique la réclament. — Les saignées locales , surtout par les sangsues placées autour de l'épigastre , sont d'un plus grand secours. Mais, en général, ces inoyens ne sont point curatifs (*) : ils ne peuvent être utiles qu’avec le concours des émolliens, etc., et sans leur secours ils ne procurent qu'une amélioration instantanée.

Les médicamens sédatifs que je veux désigner sont pris dans les végétaux qui contiennent un mucilage pur et simple, nullement empreint d'extrait ou d’arôme, et dans les acides du même règne. Ainsi l’on pourra choisir parmi les mucilages de lin , de guimauve , de semence de coing, et autres qui

Dre t ntm ent amener etre neeqa st mena

(*) Je regarde aujourd’hui Jes sangsues comme le meilleur moyen.

sont absolument insipides, La gomme adragant, que j'ai indiquée comme aliment, convient aussi pour médicament. Les décoction$, infusions, dissolutions que l'on prépare avec ces mucilages, doivent être, autant que possible , faites avec de l’eau distillée, et être peu chargées , afin que la tisane qui en résulte soit tout au plus légèrement onctueuse au toucher. Plus épaisse, elle dégoûterait le malade dès les premières doses.

C'est pour cette raison que je m’abstiens, autant que les circonstances peuvent s’y accommoder, des potions gommeuses, adoucissantes et huileuses. Elles sont cependant quelquefois très-utiles, comme on le verra par une observation fort intéressante ; mais il est toujours bon d'essayer si les boissons légères suffiront , avant d’avoir recours à ces préparations , qui ne sont en eflet que les mêmes substances plus rapprochées. Lorsque je me suis cru obligé d’employer ces potions, j'ai prescrit pour véhicule une solution de gomme adragant ou une infusion de graine de lin, et jy ai ajouté un sirop , le plus mucilagineux estle meilleur ; ainsi ceux d’althæa ou de capillaire pourront obtenir la préférence. Le sirop de limon est indiqué comme acide , afin de prévenir le dégoût et lempâtement qui résultent de l’usage des corps onctueux et sucrés.

Après les corps muqueux, qui me paraissent les plus indiqués, je placerai les acides végétaux ; mais il faut faire un choix parmi ces substances. Le

vinaigre est beaucoup plus nuisible qu'utile; s’il est

peu fait, sil tient encore trop du vin , il porte avec: lui de l’alcohol ; s’il est fort, son acide exercera sur la surface douloureusè un genre d'irritation dont les effets sont l'inquiétude , l'agitation et une peté douleur à l'épigastre, Je ne me suis jamais aussi bien trouvé de l'oxycrat , ni du sirop de vinaigre étendu dans l’eau, que de la limonade au citron, quoique j'allongeasse la boisson jusqu’à rendre l’acide acéteux à peine perceptible au soût. Le citron est, de tous les fruits, celui qui nous fournit l'acide le plus doux, le plus agréable et le plus approprié à la susceptibilité de notre estomac. ,

L'acide tartareux pur me paraît mériter d’être placé à la suite du citrique : comme il est trèspénétrant, il ne doit être donné que fort affaibli. Panini les acides des fruits mucoso-sucrés , la gTGseille et la framboise doivent être préférées ; le jus d'orange aromatise l’eau avec unacide doux , qui ne peut Jamais faire de mal; mais on s’en fatigue ordinairement assez vite, La mûre donne un acide si piquant qu’il faut lui appliquer ce que nous disons du tartareux et de l’acéteux.

Quel que soit l'acide végétal que l’on choisisse (car les minéraux doivent être proscrits comme poisons ), il ne faut s’en servir que pour donner à l’eau ou à la tisane qu’on a adoptée un léger stimulant agréable au palais, qui fasse éprouver un sentiment de fraîcheur. Il faut encore que Île sucre y soit admis avec les mêmes précautions. Quoique le sucre soit une espèce de mucus cristallisé,, il jouit d’ane

NISTOIRE DE LA GASTRITE ET DE L'ENTÉRITE. O9 propriété légèrement irritante , el tend, lorsqu'il n'est pas promptement digéré ds l'estomac , à la fermentation alcoholique. Les boissons ne sbrok donc sucrées et acidulées qu’à un très-léger degré ; le mucilage n’y sera que faiblement sent , et l’on évitera d'y introduire aucune substance aromatique, alcoholique où amère.

Je n’ai point employé l’eau imprégnée d'acide carbonique : cependant, comme je n’ai jamais remarqué que les bières, qui en contiennent le plus, eussent jamais agi sur l'estomac comme tendant à le phlogoser, je crois qu'il n’y aurait nul inconvénient à essayer cet acide ; mais il faudrait qu'il fût pur, et que l’eau ne contint aucune particule métallique ; car rien n’entretient aussi efficacement les irritations des voies alimentaires (1).

J'ai dit que certains topiques avaient la propriélé de diminuer l’irritation fixée sur la membrane i interne de l'estomac. Voyons quels ils sont, et recherchons leur mécanisme ou manière d'agir.

Les vésicatoires m'ont toujours paru nuisibles. N'importe comment on les considère , il est certain qu'ils nuisent plus par lirritation qu'ils portent dans toute l’économie qu'ils ne font de bien par leur

(1} L’acide carbonique irrite très-vivement et accroît beaucoup les symptômes dans les gastrites d’une certaine intenstté, soit aiguës, soit chroniques. Il est utile dans ces dernières lorsqu'elles sont circonscrites’!et la mucosité fort abondante.

04 IHISTOIRE DES PHLEGMASIES CHRONIQUES.

propriété révulsive. La révulsion n'a lieu, en oé néral, qu'autant que la nouvelle irritation , en dé- Masai la première, délivre l'organisme és stimulus importun. Or, quand on veut traiter une gastrite par le vésicatoire , on a bientôt la certitude que la phlogose qu'il excite sur la peau ne déplace point celle de l'estomac , et qu'elle augmente les troubles généraux au lieu de les calmer : ; peut-être faut-il attribuer aux phlogoses muqueuses ces inconvéniens que Baglivi a reconnus aux vésicatoires dans le climat de lTtalie , où cette espèce d’irritation complique si souvent Re autres maladies, quand elle n est pas elle-même la principale.

Je RE À » puisque l'expérience le prouve, que certaines irritations gastriques peuvent être déplacées par les vésicatoires ; Mais, pour leur céder , il faut qu’elles soient légères. Le docteur Louyers -Villermay a guéri plusieurs vomissemens par le secours d’un emplâtre vésicatoire appliqué non loin de l'estomac: mais ces vomissémens étaient-ilé inflammatoires ? Ne dépendaient-ils point plutôt du surcroît d’irritabilité de la membrane musculeuse ? La sensibilité ne saurait être beaucoup augmentée dans les papilles , que le sang ne soit appelé dans les capillaires du lieu qui s’entrelacent avec elles, et sans qu'il n'y ait phlogose : or, une pareille phlogose ne disparaît point toutà-coup, surtout quand elle a duré long-temps ; il faut une absence des irritans au moins de quelques

HISTOIRE DE LA GASTRITE ET DE L'ENTÉRITE. O9 jours (1) pour l’éteindre. — Ces vomissemens me semblent donc plutôt devoir être attribués à un vice de la membrane musculeuse , dont le tissu , trop irritable dans certaines circonstances, ne se prête qu'avec dificulté à la distension , et se montre toujours disposé aux convulsions. — Leur mécanisme est tout semblable à celui qui produit cette incommodité chez les femmes grosses, et chez bien des personnes , à la vue ou au souvenir de certains objets désagréables. ( Voyez la thèse de M. Bouvenot sur le Fonussement. ) Or, il est extrêmement possible que le stimulus exercé par les cantharides sur la peau détourne tout-à-coup des extrémités nerveuses confondues dans les fibres charnues de l'estomac, l'influx surabondant qui les rendait trop excitables.

Il n’en est plus ainsi des cas de vraie phlogose : outre que l'irritation de la peau se répète sympathiquement dans la muqueuse gastrique déjà trop stimulée , il se pourrait encore que les cantharides fournissent à l’absorption des particules très-âcres qui iraient porter une impression irritante nonseulement sur la vessie, mais encore dans tous les grands foyers de l’économie. |

Les autres topiques qui ont pour effet de rougir la peau ne sont pas plus heureux pour déplacer ou calmer l'irritation de la muqueuse gastrique :

(1) Et quelquefois de plusieurs mois-ou même de plusieurs

années, ’

OÔ HISTOIRE DEA PHLEGMASIES CHÉONIQUES.

le stimulus qu'ils ajoutent à l'appareil sensitif tourné accessarement au profit de la phlogose, qui en reçoit une nouvelle impulstôn. En général, j'ai remarqué que les plus légères douleurs ‘ajoutaient au malaise et à l'anxiété que la phlogose de l’estomac vccasione,

Je sais qu'on tité dé bons effets des ventouses et des moxas dans les squirrhes de l'estomac. Il est possible qu'un exutoire soit utile lorsque le système lymphatique manifeste une tendance aux engorgemens ambulans. Î n'en est plus ainsi des gastrites provoquées par des ingesta trop irritans, Les ulcères artificiels ne seront donc adoptés, dans la phlogose gastrique , que quand elle se montrera chronique chez un sujet dont l’appareil absorbant sera peu énergique. (

Si toutes les impressions désagréables faites sur la peau exaspèrent l’inflammation de l'estomac , ‘il doit résulter un effet contraire de celles que le sensorium perçoit avec plaisir. C’est.ce que la nature nous montre elle-même. Les malades sont empressés de se découvrir la poitrine et l’épigastre; ils dégagent leurs bras de dessous les couvertures et cherchent l'air frais (*) , tandis qu'ils ne peuvent supporter l'air et les topiques chauds et irritans.

1! conviendra donc de donner, dans le traitement

&) L'impaticnce deplacer les bras hors du lit, auclquefois de se lever, est mise par le docteur Tartra au rang des

sigues de la gastrite.

HISTOIRE DE LA GASTRITE ET DE L'ENTÉRITE. 99 de cette maladie , une place distinguée aux fomentations froides (*}, ou tout au plus tièdes, d’eau pure, d'oxycrat, d’eau végéto-minérale , de décoction de lin, de guimauve, de pariétaire, etc. 1 faudra les renouveler souvent; et, si on laisse sur la partie les étoffes qui en seront imbibées , on aura soin de les faire humecter de temps en temps, lorsque la chaleur du corps les aura réchauffées. L’application de la glace ne sera pas à dédaigner en été

(*) Les Annales générales de Médecine d'Altembourg , cahier de décembre 1816, font mention d’un trismus guéri presque miraculeusement par le docteur Curie au moyen des aspersions d’eau froide. 11 en résulta la chute du pouls , le refroidissement de la peau et une syncope pendant laquelle la convulsion se dissipa. Le docteur Franck s’est servi de ce moyen avec beaucoup de succès dans les fièvres ardentes, dans les typhus avec pétéchies, accompagnés des symptômes nerveux les plus alarmans. Plusieurs auteurs non moins recomm andables ont parlé des bons effets des frictions et fomentations glaciales dans la peste.

C’est toujours en détruisant une réaction trop impétueuse qui menace de briser le tissu dés viscères, et qui, par l’excès de la douleur qu’elle y cause, produit les symptômes ataxiques les plus effrayans , que le froid rend à la vie les malheureux contagiés , et non par une vertu tonique analogue. à celle du vin ou du quinquina. Il ne saurait agir autrement , puisqu’it ne peut fortifier qu'après avoir affaibli, en provoquant la réaction. Comment la réaction aurait-elle lieu chez un adynamique presque sans pouls? Aussi ne s’avise-t-on point de le fomenter avec l’eau à la glace. — (C’est aussi par Ja propriété qu’il a d’éteindre , en quelque sorte , l’action des capillaires sanguins , que le froid sera utile dans la gastrite.

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