CREER UT
On s'aperçoit que je n’ai point d’abord reconnu la maladie , puisque j'ai cru traiter un embarras, et puis une fièvre gastriques. Je suis bien certain maintenant que s’il se fût trouvé à ma visite un observateur qui la connût parfaitement, il aurait pu remarquer que l'embarras gastrique ne fut que: pallié par les évacuans, et que la prétendue fièvre gastrique ne fut autre chose qu’un mouvement fébrile provenant des progrès de la gastrite, qui, d’obscure et lente , tendait à devenir aiguë. Il aurait sans doute aussi observé que le mouvement iébrile, loin de se terminer, comme les fièvres contiaués’, par le retour des sécrétions et de l'appétit , ne; fut suivi que d’une diminution de la force du pouls et de l'intensité de la chaleur et du malaise , sans véritable apyrexie. Il m'aurait fait apercevoir que les fonctions, qui me semblaient languir par défaut d'énergie, n'étaient qu'enchaïînées par la douleur de l'estomac ; il m'aurait représenté que,
loin de calmer cette douleur par mes stimulans , je l’augmentais de jour à autre, tout en Ôtant à l’éco. nomie des moyens de réparer ses pertes. Privé de ces lumières, que je ne pouvais d’ailleurs trouver dans les fastes de la médecine (1) , il a fallu que le vomissement vîni m'attester le mauvais effet des toniques avant que je songeasse à donner les adoucissans. :
Mais la facilité que j'ai trouvée à faire paraître et disparaître à volonté des symptômes de fièvres continues et intermittentes, et ceux de diverses affections nerveuses , etc. , m'a démontré l'influence prodigieuse du traitement sur les irritations gastriques, et j'ai été conduit enfin à la théorie que je publie aujourd’hui.
Je viens de montrer une irritation gastrique qui a été prolongée par l'erreur de l'art; j'en veux faire voir une autre qui à été presque étouffée dans son berceau. Elle servira encore à prouver que les mucilages rapprochés et les huileux ont aussi leur application heureuse , quoiqu'’elle soit la plus rare.