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l’accessoire à nos lêtes, et se montrent avec avantage sur la table \e nos repas. Dans les plaisirs champêtres, les guirlandes de fleurs sont le décor obligé. C’est par des bouquets que l’on célèbre et consacre les touchants anniversaires du cœur. La fleur à.' Oranger couronne le front de la jeune épouse ; et cette parure naturelle ne pâlit jamais auprès des plus magnifiques atours. Dans ses célébrations solennelles, la religion prodigue sur ses autels et ses tabernacles les modestes tributs de nos champs; elle décore ses autels de bouquets, de rameaux fleuris; elle jonche de fleurs le passage de ses processions pieuses. La fleur qui a symbolisé les grandes périodes de la vie humaine, symbolise également sa fin, et la triste immortelle préside à nos cérémonies funèbres. Ainsi, la naissance et la mort empruntent à la fleur leurs symboles attendrissants ou funestes.
Nos goûts et nos alléchons ont, en effet, de qnoi se contenter largement dans la variété prodigieuse, dans la diversité infinie des fleurs qui naissent sous nos pas. La terre est comme un vaste jardin où s’étalent tour à tour les plus riantes perspectives du royaume des plantes. Aucune partie du globe n’est privée de cette décoration naturelle. Les fleurs poussent sur l’humble gazon des prairies, comme à la cime des plus hauts arbres; elles décorent les montagnes et embellissent les vallées; elles émaillent nos champs et viennent égayer les sombres retraites des bois.
La bonté du Créateur, sa sagesse infinie, ont su varier de mille manières la parure des fleurs, tant pour l’harmonieuse distribution des couleurs que pour le port et la figure. Parmi les fleurs de nos parterres, les unes ont un air de noblesse et de majesté; les autres, moins fastueuses, se distinguent par la régularité de leurs formes. Le Lis superbe dresse avec orgueil son majestueux calice, tandis que la modeste Pervenche nous charme par sa simplicité. Si de riches couleurs s’étalent sur les corolles d'une foule de plantes, d'autres, avec un aspect plus simple, attirent encore et charment nos regards ; et cette diversité infinie dans l’aspect des fleurs est la plus douce jouissance pour celui qui sait comprendre les grâces de la nature.
Cette variété singulière que nous admirons dans les fleurs, nous pouvons en jouir d’autant mieux qu’elles ne se produisent pas à nos yeux en un même moment. Chaque fleur paraît à une
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époque déterminée. Ces décorations champêtres se succèdent et se remplacent dans un ordre invariable. Cette fête de la nature a ses périodes réglées. C’est dans la froide saison, avant que les arbres ne se hasardent à développer leurs boutons, que le Perceneige annonce le réveil de la nature endormie. l ient ensuite la timide fleur du Safran, la gracieuse Primevère et l’aimable Violette, qui éclosent avec les premières feuilles des bois. Les blanches corolles des Rosacées s’étalent au premier soleil du printemps: elles sont l’avant-garde de l’armée brillante des fleurs qui, aux jours de mai, vont envahir la campagne. C’est alors que chaque mois nous fait admirer une nouvelle merveille végétale. Une fleur est à peine flétrie qu’une autre se développe, pour la remplacer. La Tulipe étale avec orgueil son admirable corolle, sur laquelle la nature semble avoir épuisé les ressources de son incomparable pinceau, bientôt la brillante Anémone arrondit son disque élégant; le Rhododendron développe ses luxuriants rameaux, tout couverts de fleurs, aux nuances tendres et variées; la Renoncule nous charme par la régularité de ses contours et l’harmonie de ses couleurs; le Lilas décore nos clôtures de ses odorants panaches; le Narcisse, le Muguet, V Impériale, Y Iris, embellissent nos jardins. Tandis que les arbres fruitiers mêlent à la verdure naissante les plus tendres couleurs, le Rosier se couvre de feuilles, et la reine des fleurs ne tardera pas à venir réclamer les privilèges de son rang.
Aux jours d’été, la fête est dans tout son éclat: c’est le feu d’artifice de la floraison. Les Lis, les Chèvrefeuilles , les G! aïeule s , les Pavots, les Fuchsia, Y Œillet, Y Hortensia, etc., étalent à nos yeux les grâces qui les distinguent.
Ces enchantements continuent avec l’automne. C’est alors que l’orgueilleux Dahlia, les superbes Hélianthes, les jolis Asters, la Reine-Marguerite, la Balsamine, Y Amarante, les Verveines, les Roses trémières, le Colchique, Y Œillet d’Inde et cent autres espèces, viennent nous consoler de la fin des beaux jours, jusqu’à ce que l’hiver jette son froid manteau sur la campagne attristée, et suspende pour itous cette fête delà nature.
Dans les considérations qui précèdent, nous avons pris le mot de feur dans un sens trop indéterminé. En poussant plus loin
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ces généralités , nous courrions le risque de commettre des inexactitudes, de tomber dans l’erreur banale des gens du monde au sujet de la désignation des fleurs. Séduit par le brillant éclat des couleurs qui ornent la corolle, le vulgaire n’applique le nom de fleur qu’à cette corolle même, il ne voit la fleur que dans cette enveloppe brillante de beauté, et lorsqu'une plante est privée de corolle, il s’imagine qu’elle est privée de fleur. Rien n’est plus faux que celte idée, nous n’avons pas besoin de le dire. Sauf une classe spéciale de végétaux, dont la reproduction se fait par des organes d’une autre structure, toute plante a ses fleurs, plus ou moins appréciables, puisque la fleur est l’instrument de la reproduction de l’individu. Seulement, de tous les éléments qui entrent dans la composition de la fleur, des diverses enveloppes qui la forment, plusieurs peuvent manquer, et la science permet de bien préciser dans tous les cas l’individualité de la fleur. Toutefois, l’erreur si familière aux gens du monde au sujet de la fleur nous avertit de la nécessité de bien fixer sur ce point les idées du lecteur. Étudions en conséquence avec attention cet organe, indispensable à la multiplication deS plantes.
El d'abord, quelle définition faut-ii donner de la fleur, pour prétendre à une véritable exactitude et rester dans les termes scientifiques? Une définition rigoureuse de la fleur est plus difficile qu’on ne pourrait le penser.
Jean-Jacques Rousseau, le célèbre philosophe, qui dut à l'étude et à la culture de la botanique les heures les plus douces de sa \ie, et qui nous a laissé dans ses Lettres sur la botanique un livre plein d’attrait et plein de bonne science, s’exprime ainsi à propos des définitions que l’on peut donner de la fleur :
« Si je livrais mon imagination aux douces sensations que ce mot semble appeler, je pourrais faire un article agréable peut-être aux bergers, mais fort mauvais pour les botanistes. Écartons donc un moment les vives couleurs, les odeurs suaves, les formes élégantes, pour chercher premièrement à bien connaître l'être organisé qui les rassemble. Rien ne parait d abord plus facile. Qui est-ce qui croit avoir besoin qu’on lui apprenne ce que c’est qu’une fleur? Quand on ne me demande pas ce que c’est que le temps, disait saint Augustin, je le sais fort bien. Je ne le sais plus quand on me le demande. On pourrait en dire autant de la fleur peut-être de labeautômême qui comme elle est la rapide proie du temps. On me présente une fleur, et l’on me dit voilà une fleur. C’est me la montrer, je l’avoue, mais ce n’est pas la définir, et cette inspection ne me suffira
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pas pour décider sur toute autre plante si ce que je vois est ou n’est pas la fleur, car il y a une multitude de végétaux qui n'ont dans aucune de leurs parties la couleur apparente que Ray et Tournefort ont fait entrer dans la définition de la fleur et qui pourtant portent des fleurs non moins réelles que celles du rosier, quoique bien moins apparentes. »
Bien que la définition de la rieur paraisse à Rousseau environnée de tant de difficultés, il n’hésite pas à proposer la suivante : « La fleur, dit-il, est une partie locale et passagère de la plante, qui précède la fécondation du germe, et dans laquelle ou par laquelle elle s’opère. » Définition irréprochable, qu'un siècle plus tard, Moquin-Tandon modifiait à peine, en disant : « La fleur est cet appareil passager, plus ou moins compliqué, au moyen duquel la fécondation s’opère. »
Quelle est la composition, la conformation extérieure d'une fleur?
Lorsque cet appareil est le plus complet possible, il se compose de deux enveloppes, le calice et la corolle, et d’organes essentiels propres à assurer la reproduction de la plante, qui sont le pistil, lequel renfermera plus tard les graines, et les ciamines destinées à féconder le pistil.
Le calice, la corolle, les étamines, le pistil, sont insérés sur un axe qui porte le nom de réceptacle et dont la forme varie suivant les plantes.
Les fleurs de toutes les plantes ne présentent pas les cinq* ordres d’organes que nous venons de signaler. Il en est qui n’ont point d’étamines, il en est qui n'ont pas de pistil. Dans ces deux cas les fleurs sont unisexu elles. Dans le premier elles sont dites femelles, dans le second mâles. Le Buis a des fleurs unisexuées, les unes munies d’étamines sans pistil, les autres munies de pistil sans étamines. D’autres fleurs sont dépourvues de corolle et même de calice et de corolle. Les premières sont incomplètes, les secondes mies. Le Populage ou Souci d'eau, qui étend au printemps ses magnifiques fleurs dorées au bord des eaux, est dépourvu de corolle ; la fleur du Frêne n’a ni corolle ni calice, elle est réduite aux Organes de reproduction.
Enfin certaines fleurs n’ont ni calice, ni corolle, ni étamines; ou bien ni calice, ni corolle, ni pistil. Elles sont a la lois incomplètes et nues. Telles sont celles du Saule, dont les unes se corn-
losent seulement de deux étamines, et les autres d’un pistil seuement.
Une fleur munie d’étamines et de pistils est dite hermaphrodite, qu’elle soit, ou non, pourvue d’enveloppes florales. 11 '■st un grand nombre de plantes qui ne donnent que des fleurs îermaphrodites. Il en est d’autres qui donnent à la fois sur e même pied des fleurs miles, des fleurs femelles et des leurs hermaphrodites : ce sont les plantes polygames. D’aures n’offrent que des fleurs mdles ou des fleurs femelles ; nais celles-ci sont tantôt sur le même pied, tantôt sur des )ieds différents. Dans le premier cas, qui est celui du Chdtainiier , du Coudrier, du llicin, la plante est dite monoïque; dans
Fig.'t33. Fleur du Rafllesia Arnoldi.
le second, qui est celui du Chanvre , du Dattier, de la Mercuriale , la plante est dioïque.
Les divers végétaux nous présentent dans leurs fleurs presque toutes les dimensions possibles. Il est des fleurs qui n’ont que quelques millimètres de diamètre et d’autres que leur grand volume a rendues célèbres. On trouve à Sumatra et dans les les de la Sonde une plante parasite dont la fleur, qui constitue le végétal presque tout entier, a près de neuf pieds de circonférence : cest le Dafflcsia Arnoldi (lig. 133). Le calice de