‹ Histoire des plantes (volume 2)Chapitre 28 sur 93 · ET PHYSIOLOGIE · texte numérisé non relu

ET PHYSIOLOGIE

; Le caractère essentiel de l’Amande, c’est de contenir Yembryon, c’est-à-dire un individu nouveau, une petite plante en miniature, qui présentera bientôt les caractères de la plante dont cet embryon est appelé à conserver l’espèce.

On distingue dans l’embryon une petite tige, ou tigelle, une petite racine, ou radicule, un petit bourgeon, ou gemmule. Entre la radicule et la gemmule, on trouve la première feuille, ou les deux premières feuilles de l’embryon ; ces premières feuilles se nomment cotylédons. La figure 249 montre ces diverses parties sur un embryon d 'Amandier.

Quand la plante n’a qu’une seule feuille germinative, ou qu’un seul cotylédon, comme le Ricin (fig. 250), le Blé , la Tulipe , le

Fig. 249.

Gemmule, radicule et cotylédons.

Fig. 250.

Embryon du Ricin

(monocotylédoue).

Fig. 25t.

Embryon du Potamégoton (monocotylédone).

Fig. 252 Embryon de l’Amandier (dicotylédone).

Palmier , le Potamogèton (fig. 251), on dit que l’embryon est monocolylè et la plante monocotylédone. Quand il y en a deux, comme dans la Rose, YAmandier (fig. 252), le Haricot, on dit qu’il est dicotylé, et la plante dicotylédone.

Les cotylédons du Ricin (fig. 250) sont minces et offrent à leur surface des nervures bien distinctes. Ils ressemblent à de petites feuilles; mais ceux de YAmandier, du Hancot, sont épais, charnus et ne présentent, au premier abord, rien qui ressemble à une feuille. C’est qu’ils ont subi des modifications profondes et essentielles, appropriées aux fonctions qu'ils doivent remplir dairs l’acte de la germination.

Dans un grand nombre de cas, l’amande est exclusivement constituée par l’embryon, c'est-à-dire que la graine tout en-

GRAINE

tière n’est formée que de l’embryon et d’une enveloppe tégumentaire. Mais souvent aussi il se développe autour, ou à côté de l’embryon, un corps accessoire, complètement indépendant, sorte de réservoir de matière nutritive dans lequel l’embryon , puise les substances nécessaires à son premier développement. (Ce corps, c’est Yalbumen. Quand l’albumen manque, ce sont les ; cotylédons qui le remplacent dans ses fonctions de nourrice de lia jeune plante, et c’est dans ce but qu’ils subissent les modifications dont nous venons de parler. Ainsi dans la graine du Haricot, qui ne possède pas d’albumen, les cotylédons, très- » développés, sont tout gorgés de substances nutritives dont l'embryon tirera un excellent parti, et dont nous provoquons la formation dans le jarj< dinage, car elle consti tue pour l’homme un bon aliment. Dans la graine du Ricin, qui renferme un albumen volumineux, les cotylédons con- ■ servent les caractères i| propres aux organes qu’ils représentent, ils sont minces et foliacés.

L’albumen varie beaucoup dans SOn Volume, Caryopse du Blé.

dans sa nature, dans la position par rapport à l’embryon. Il est très-considérable dans le Blé (fig. 253) et dans le Lierre (fig. 254) ; il est réduit à une couche mince dans les Ketmies.

L’embryon est placé latéralement à la base de l’albumen dans le Blé. Il entoure complètement cet albumen dans la Nielle des Champs (üg. 252); il en est, au contraire, entouré de toutes parts dans la graine de YOxalis (fig. 256).

Fig. 253.

Fig. 254. Coupe de la graine du Lierre.

Fig. 255.

Coupe de la graine de Nielle des champs.

* Fig. 25U.

Coupe de la graine de l'Oxalis.

Arrêtons-nous un moment sur la structure de l’albumen et sur la nature chimique des éléments qu il renferme.

tantôt des parois minces comme dans le Ricin, le Blé et les autres céréales; tantôt leurs parois sont très-fortement épaissies, comme on peut le voir dans le tissu corné et résistant du noyau de la Datte (fig. 257), qui n'est autre chose que l’albumen de la graine.

Dans l'albumen du Blé et des autres cé-

rieur des cellules de l’albumen.

La forme des grains amylacés qui varie avec les espèces, n’est pas sans importance. Si l’on ajoute, en effet, à ce caractère, quel-

oraine coupée de Dattier. s autres considérations tirées de leur

grandeur et de la structure des grains d’amidon, on pourra reconnaître l’origine d’une fécule inconnue, par une simple

Granules d'amidon du Blé vu au microscope. ralementpluS volumineux,

ovoïdes, munis d’une ponctuation autour de laquelle on observe des zones plus ou moins régulières et plus ou moins marquées.

Dans le Maïs (fig. 260) les granules amylacés de la partie cornée de l’albumen sont polyédriques, et offrent presque tous une uonctuation placée à leur centre.

L’albumen est toujours exclusivement formé de tissu cellulaire. On n’y observe ni fibres, ni vaisseaux. Ces cellules ont

nans i amumen un oie ci uca aun^o réales, c’est la fécule qui prédomine à l’inté-

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observation microscopique , et, d’un coup d’œil, découvrir ainsi la falsification d’une farine.

Les grains d’amidon du Blé (fig. 258) sont lenticulaires, ellipsoïdes, ovoïdes ; leur plus grand diamètre atteint à peine On»», 0325. D est très-facile de les distinguer de ceux de la Pomme de terre (fig. 259), qui sont géné-

GRAINE

l'ig. 260.

Granules d’amidon de Maïs.

Dans l'Avoine, les granules d’amidon sont de plusieurs sortes. III en est de simples, dont le contour peut être arrondi, ovoïde, fusiforme. Il en est qui sont formés de deux, trois, quatre ou id’un nombre un peu plus élevé, mais restreint, d’éléments. Enfin il en est de composés, qui sont sphériques ou ovoïdes, dont le diamètre peut atteindre jusqu’à cinq centièmes de millimètre et dont la surface est comme une mosaïque de segments polyédriques.

Granules de fécule de Pomme de terre.

On trouve d’autres substances que l’amidon dans les cellules, a parois très-minces, de l’albumen du Ricin, comme dans les cellules, à parois très-épaisses, de l’albumen de la Datte. La matière grasse y abonde. Elles sont gorgées de corpuscules d’une structure complexe, et dont la nature chimique n'est pas encore complètement déterminée. Ces corpuscules, qui dans certaines plantes ne sont pas sans quelque ressemblance avec des grains d amidon, ont reçu le nom de groins cl'alcurone. Plus ou moins solubles dans 1 eau, ils se colorent en jaune par l’iode. Les grains d amidon, au contraire, sont, comme on le sait, insolubles dans l’eau, et se colorent en bleu par l’iode.

Après ces considérations morphologiques et anatomiques sur la graine, nous avons à dire quelques mots sur le transport, la vitalité, enfin sur le phénomène physiologique de la germination.

Le vent, les cours d’eau, les blocs de glace charriés par les mers septentrionales, l’action des animaux, enfin celle de l’homme, c’est-à-dire ses cultures, ses vaisseaux, ses marchandises, ses voyages, telles sont les causes, plus ou moins puissantes, qui opèrent le transport des graines d’un lieu à un autre.

Si l’on considère qu’une multitude de graines sont légères, velues, pourvues de sortes de petites ailes ou d aigrettes, on comprendra que le vent soit la cause la plus générale et la plus ordinaire de la dissémination des germes végétaux sur toute la surface d’un pays. Les fleuves entraînent les graines des plantes à de grandes distances. Si leur cours va du nord au sud ou en sens inverse, ils portent les espèces végétales dans des climats où elles ne sauraient vivre. Mais si le fleuve coule de l’est à l’ouest ou de l'ouest à l’est, les graines végétales transportées par les eaux courantes d’un point à un autre du globe pourront étendre beaucoup les limites ordinaires delà végétar j tion de ces plantes.

Les courants marins qui longent les côtes, ou qui passent d une terre à une autre terre voisine, transportent les graines d étape en étape, pour ainsi dire. Dans ce dernier cas, les graines restent peu de temps dans l’eau; par conséquent elles s’altèrent peu. En outre, la température graduée des localités successives qu’elles atteignent, est favorable à leur acclimatation et à leur développement ultérieur.

Le rôle des glaçons dans le transport des graines végétales

ne manque pas d’une certaine importance. Les navigateurs des

mers polaires ont souvent rencontré des glaçons chargés d une masse énorme de débris, mêlés de terre et de graines. Des plantes végètent sur ces débris. Si le glaçon vient à échouer sur une côte éloignée, il y dépose les graines, qui bientôt produisent des plantes, lesquelles se répandent ensuite dans la contrée.

La dissémination des graines est, dit-on, favorisée par les migrations lointaines des oiseaux granivores. Cependant 1 influen des oiseaux, dans le cas qui nous occupe, nous paraît de p d’importance. La plupart des oiseaux détruisent complètement

GRAINE

les graines en les digérant : ce n’est qxie par exception que les graines traversent, sans être détruites, le tube intestinal de ces animaux.

« Les oiseaux omnivores, dit de Candolle, recherchent souvent les baies qui contiennent de petites graines dures, comme les raisins , les figues, les framboises, les fraises, l’asperge, le gui, etc. Leur estomac n’est pas aussi destructeur que celui des gallinacés, et il parait que les petites graines peuvent traverser leur canal alimentaire sans s’altérer. Lorsque ces oiseaux sont voyageurs, ce qui n’est pas rare dans les régions tempérées et boréales, ils peuvent emporter fort loin des graines, en particulier lorsqu’ils quittent à l’automne les pays du nord pour gagner le midi; car, à cette époque, il y a beaucoup de fruits mûrs dans la campagne. Les grives, dont plusieurs changent de pays, soit en Europe, soit en Amérique, peuvent ainsi transporter des espèces. Lorsqu’elles avalent une trop grande quantité de fruits à noyau, elles les digèrent mal et peuvent en semer les noyaux. C’est une observation de Linné, lequel assure aussi que l’alouette sème beaucoup de graines dans les champs. »

G’estpar le même procédé, c’est-à-dire par une digestion incomplète des graines qui ont servi à leur alimentation, que certains quadrupèdes, particulièrement les herbivores, peuvent quelquefois transporter des graines d’un pays à l'autre. C’est ce qui arrive pour les Rennes, animaux qui vivent en troupes dans les plaines de la Sibérie, et qui, à une cerlaine époque, émigrent par bandes considérables. Tel est aussi le rôle que jouent des troupeaux de bétail que l’homme conduit souvent à de .grandes distances dans nos climats européens et en général dans tous les pays civilisés.

L action de 1 homme pour la dissémination des graines végétales se manifeste de mille manières. Nous emprunterons à

M. Alphonse de Candolle quelques considérations intéressantes sur ce sujet.

« es premières peuplades qui se sont répandues sur chaque continent dit ce savant botaniste, ont porté probablement avec elles quelques espèces de plantes utiles et surtout quelques-unes de ces graines qui s’attachent aux vêtements et aux animaux domestiques et qui se développent bien ans e \oismage des habitations, près des fumiers, des terrains brûlés et des décombres. Plus une population est faible, plus elle est étrangère aux arts de la civilisation, plus ces premiers transports de graines sont insigmliants. Ensuite la population devenant plus dense, plus civilisée, l’agriculture ayant pris naissance et étendu son domaine, les occasions de ransport se multiplient. Les peuples chasseurs ou pasteurs parcourent

ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.

sans doute d’assez vastes étendues de pays, mais les peuples cultivateurs préparent des terrains propres à recevoir des espèces nouvelles et, faisant venir les graines de leurs champs de pays plus ou moins éloignés ils introduisent avec elles des plantes diverses dont plusieurs naturellement deviennent spontanées. Enfin, lorsque la guerre a créé de vastes empires et forcé les hommes à de nombreux voyages, lorsque la navigation est étendue, lorsque des terres nouvelles ont été mises en rappor avec les anciennes que l’agriculture a pu exporter ses produits et que 1 horticul ture s’est’ mise à peupler les jardins de milliers d’espèces étrangères, alors les transports de graines sont devenus de plus en plus nombreux.

Ils ont pris une influence tout à fait prépondérante sur les transports par des causes naturelles'. »

Le commerce qui, par ses vaisseaux, porte aux extrémités du globe les produits des échanges des peuples, qui fournit a l’Europe les produits du Nouveau-Monde, et lui rend, en échange, les productions de l’Amérique, est quelquefois un agent indirect du transport des graines végétales. Les laines des moutons de Buenos-Ayres, du Mexique ou de la Plate, apportées en Europe, retiennent, engagées dans les toisons, des graines et des débris de plantes de ces contrées. Ces toisons arrivées en Europe, étant nettoyées, battues et lavées, les graines s en détachent; elles peuvent alors germer sur ce nouveau terrain et transplanter sous nos climats des espèces végétales des régions situées au delà de l’Atlantique. Au bord de la rivière du Lez, près de Montpellier , dans un lieu nommé Port-Juvènal , les laines d’Amérique sont reçues, pour être nettoyées, purifiées et vendues aux fabricants de draps de Lodève. Or les graines des plantes d’Amérique apportées par ces toisons ont fini par germer dans les environs du Port-Juvènal, si bien que tous les botanistes célèbres de Montpellier, les de Candolle, les Dunal, les Delille les Gordon, les Ch. Martins, ont vu et étudié dans cette petite région du midi de la France plusieurs espèces végétales empruntées à la flore de Buenos-Ayres ou du Mexique.

Combien de temps peut durer dans une graine la faculté de germer ? Il est des graines qui perdent rapidement leur vie la- Lie ou ce qui revient au même, leur faculté de germer, lien est d’autres qui, lycées dans les mêmes circonstances, conservent très-longtemps leur vitalité. Les graines de beaucoup de

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