F AM I L L E S N A T U RE LLE S
Ces trois espèces sont des herbes vivaces. Nous citerons parmi les espèces ligneuses, la Spiréc de Lindlcy, la Spirèe à feuilles de saule, la Spirèe élégante, la Spirèe à feuilles d'obier, etc., qui entrent dans la culture d’ornement.
Tribu des Pomacèes. — Le Pommier et le Poirier sont deux sous-genres du genre Pyrus , ou de la tribu des Pomacèes.
Le Pommier présente un calice à cinq lobes, une corolle à cinq pétales, à peu prèsorbiculaires, étalés, et un grand nombre d’étamines. L’ovaire est infère, et présente ordinairement cinq loges à deux ovules collatéraux, ascendants et anatropes. Il y a cinq styles libres, ou un peu cohérents à leur base.
Dans les Poiriers le fruit est à peu près conique ou globuleux, non ombiliqué à sa base. La chair est sucrée et présente, vers le cœur, des granules pierreux. Dans les Pommiers le fruit est ordinairement globuleux, toujours ombiliqué à la base, et ne s’amincissant pas vers le pédoncule. L’endocarpe est coriace, cartilagineux comme dans la Poire. La chair est acidulé et jamais pierreuse.
Le Pommier commun croît spontanément dans les forêts de l’Europe. Sa cime, arrondie, est plus large que haute. Ses feuilles sont ovales, dentées, aiguës, plus ou moins cotonneuses à leur face inférieure. Ses fleurs, grandes, roses ou blanches, forment des espèces de petits bouquets, au sommet des jeunes rameaux.
Le Pommier se modifie beaucoup par la culture. Il nous a donné les Reinettes , les Calvilles, les Pigeonnels, les Apis, etc. Le Malus acerba, espèce très-voisine de la précédente, est vulgairement connu sous le nom de Pommier à cidre. Il est assez commun dans les forêts. Sa culture remplace celle de la vigne dans la plus grande partie de la Bretagne, de la Normandie, de la Picardie, etc.
Le Poirier commun croît naturellement dans les forêts d’une grande partie de l’Europe. C’est un arbre à rameaux épineux, qui peut atteindre 10 à 12 mètres de hauteur. Les feuilles, portées sur de longs pétioles, sont ovales, dentelées et sans poils. Les fleurs sont blanches et disposées en corymbes. Les fruits, âpres à l’état sauvage, comme ceux du Pommier , se sont améliorés et ont beaucoup varié par la culture. Ils nous donnent les
ROSACÉES
poires dites Beurrés, Doyennés , Bergamotes, Saint-Germain, Sucré vert, Bon chrétien, Mcssire-Jean, etc., etc.
Hans le môme groupe que le genre Pyrus, c’est-ù-dire dans la tribu des Pomacées, viennent se ranger : le genre Mcspihts, ou Néflier, dont l’ovaire infère (comme celui de tous les genres voisins que nous allons signaler) présente cinq loges bi-ovulées à ovules collatéraux, droits etanatropes; dont le fruit, couronné par les cinq lanières calicinales, renferme cinq noyaux osseux; — le genre Cydonia ou Coignassier, dont les cinq loges ovariennes renferment plusieurs ovules ascendants, et dont le fruit est d’une odeur si caractéristique et d’une saveur si âpre; — les genres Sorbus ou Sorbier; — Cralægus ou Aubépine Eriobotrya, dont une espèce, le Néflier du Japon, fournit un fruit jaune, à chair blanche, fondante, sucrée-acidule, comestible, etc., etc.
Tribu des Amygdalées . — L’ Amandier ( Amygdalus commuais) est le type de la tribu des Amygdalées, dans la grande classe des Rosacées. Cet arbre, indigène en Afrique, est aujourd’hui cultivé dans l'Europe entière. Les rameaux sont allongés, d’un vert clair, très-lisses et un peu glauques. Les feuilles sont alternes, lancéolées, dentées en scie. Les fleurs paraissent avant les feuilles: elies sont grandes, solitaires ou géminées le long des rameaux. Un réceptacle, creusé en forme de coupe, porte sur ses bords cinq sépales, cinq pétales, quinze à trente étamines, et il abrite un ovaire sessile, uniloculaire contenant deux ovules anatropes collatéraux, suspendus au sommet de son unique cavité. Il est surmonté d’un style terminal. Le fruit est une drupe oblongue, comprimée, à chair fibreuse, coriace, sèche, incomplètement bivalve, s’ouvrant irrégulièrement. Son noyau est rugueux, crevassé, dur. 11 renferme ordinairement une seule graine, par suite de l’avortement des autres.
L Amandier présente deux variétés, dont l’une a les graines douces et l’autre amères.
Le Pêcher ( Amygdalus pcrsica) ne diffère essentiellement de 1 Amandier que par son fruit, dont la chair est épaisse, charnue, succulente, et par la structure de son noyau, qui est creusé d’anfractuosités profondes. Cette espèce, originaire de la Perse, nous offre trois variétés intéressantes. Dans les deux premières, les fruits sont duvetés; dans la troisième, ils sont lisses. La pre-
FAMILLES NATURELLES
mière variété a la chair adhérente au noyau et ferme; elle comprend les Pavies blanc, jaune, rouge, monstrueux. Dans la seconde variété, la chair est fondante et se détache facilement du noyau ; ce sont là les pèches proprement dites, dont les diverses races ont donné des fruits aussi remarquables par leur saveur que par leur beauté. La troisième variété est fort distincte des précédentes par sa pellicule, qui est lisse et non tomenteuse.Elle comprend la pêche violette, dont la chair se détache facilement du noyau, et le brugnon, dont la chair adhère au noyau.
Le genre Prunus, dont la fleur présente des caractères identiques à ceux de la fleur du genre Amygdalus, en diffère surtout par la structure du fruit. Il comprend Y Abricotier, le Prunier et le Cerisier.
L’Abricotier ( Prunus armeniaca) donne une drupe veloutée, dont le noyau, lisse, offre un bord obtus et un autre bord muni d’une carène longée par deux sillons latéraux. La patrie de cet arbre est l’Arménie. Il est de moyenne grandeur, à feuilles à peu près en forme de cœur, arrondies, terminées en pointe et dentées. Les fleurs sont blanches et disposées par petits faisceaux, très-rapprochés à la partie supérieure des rameaux. Nous citerons Y Abricot précoce, dont le fruit de couleur jaunâtre, gros comme une noix, a une chair safranée, dure et un peu amère; — Y Abricot angoumois, de grosseur moyenne, dont la chair est rouge et parfumée; — Y Abricot commun; — Y Abricotpêche, le plus gros de tous, dont la chair est jaune, fondante, et d’une saveur toute particulière.
Le fruit du Prunier est glabre, couvert d’une efflorescence glauque. Le noyau présente un bord arrondi et creusé d’un sillon, et un autre bord longé par deux sillons latéraux. Tous les Pruniers cultivés à fruit alimentaire ont pour souche mère deux espèces qui n’en font peut-être qu’une : les Prunus insililia et domeslica.
Le Prunier domestique est un arbre de 3 à 7 mètres de haut, très-rameux, à rameaux étalés, à feuilles elliptiques, aiguës, crénelées, dentées. Ses fleurs, d’un blanc verdâtre, paraissent avant les feuilles. On le rencontre dans les haies et sur les bords des bois de toute la France, mais jamais dans l’intérieur des forêts, ce qui fait supposer qu’il n’est pas indigène. Le Prunus in-
ROSACÉES
sitilia est un arbrisseau de 2 à 5 mètres, à rameaux quelquefois épineux. On le trouve en France dans les mômes stations.
Les variétés de Pruniers les plus estimées paraissent originaires de l’Orient, et probablement de Damas ; le nombre de ces variétés est très-considérable. Les unes ont le fruit arrondi, jaune, comme dans la Mirabelle, la Prune drap -d’or. Chez d’autres, le fruit est arrondi, vert, taché de pourpre, comme la Heine-Claude. Chez ceux-ci, il est ovale et globuleux, bleuâtre ou violacé, comme le Damas noir tardif , Damas violet, etc.; chez ceuxlà, il est presque arrondi et couleur de cire, comme la Sainte- Catherine , le Pcrdrigon blanc, etc. Il en est dont la chair, douce, est à peine sapide. Un arôme tin et délicat place les autres au premier rang des meilleurs fruits.
Le Cerisier ( Prunus cerasus) donne un fruit (drupe) à surface glabre, sans efflorescence glauque. C’est un arbre assez élevé, à tronc droit, cylindrique, couvert d’une écorce lisse et luisante, à feuilles ovales, aiguës, dentées et fermes. Les fleurs du Cerisier, blanches et précoces, forment des panicules.
Cette espèce comprend plusieurs variétés, parmi lesquelles nous citerons le Cerisier guindoux, dont les fruits variés par la culture fournissent la Cerise de Montmorency, le Guindoux de Paris; — la Cerise d'Italie ; — le Cerisier Gobcl ( Cerise à courte queue, gros Gobet, Griotte Poupe , Cerise de Kent)-, — le Griollier ( grosse Griotte, Griotte, noire).
Une autre espèce de Cerisier est le Cerisier tardif ( Prunus semperflorens), dont les fleurs et les fruits paraissent ensemble, en automne.
Le Merisier ( Prunus avium ) donne des fruits connus sous le nom de merises, qui servent à la fabrication de Veau de cerises (kirschwasser) et du ratafia.
Le Bigarreautier, espèce voisine de la précédente, donne des fruits en cœur ( bigarreaux ) assez gros, noirs, rouges ou jaunes, à chair se séparant difficilement du noyau. C’est le contraire qui a lieu dans le fruit du Guignier, espèce très-voisine de celle-ci, et qui nous donne les fruits variés connus sous les noms de Guigne rouge, Cerise de Pentecôte, etc.
FAM ILLES NATURELLES
CRASSULACÉF.S
Cette famille comprend les plantes communément appelées grasses , en raison de l’abondance d’eau qu’elles renferment dans ■ leur tissu et de leurs formes généralement épaisses.
L’Orpin ( Seclum acre) (fig. 348) nous servira de type. C’est line petite plante grasse, très-commune sur les vieux murs, les toits de chaume, les endroits pierreux et sablonneux qui sont expo-
Fig. 3 i 8 . Sedum acre.
ses au soleil. Une souche grêle, couchée et rampante, donne çà et là des rameaux droits couverts de feuilles courtes, sessiles, charnues, qui ressemblent à de petits œufs, cependant un peu aplaties en dessus, et portant cinq ou six fleurs, disposées en une sorte de cime scorpioide.
Quelle est l’organisation de chacune de ces fleurs? On y
CR ASSULACÉES.
trouve un calice , composé de 5 pièces charnues, 5 pétales libres; îles étamines en nombre double des pétales, à filet aplati, pointu au sommet, à anthère biloculaire, introrse; enfin un pistil, composé de 5 carpelles libres, uniloculaires, renfermant plusieurs ovules anatropes, horizontaux, insérés à la suture ventrale de chaque carpelle. A la maturité, ces carpelles deviennent secs et s’ouvrent en dedans par cette suture, de manière à constituer autant de follicules, qui renferment des graines extrêmement petites.
Cette petite herbe peut être considérée, avons-nous dit, comme type des plantes grasses ou de la famille des Crassulacées, ces singuliers végétaux qui peuvent vivre dans les terrains les plus arides, et s’y maintiennent frais, a cause de la masse de liquides qui se trouve mise en réserve dans leur tissu charnu, et de leur transpiration presque nulle.
Le genre Crassula, qui a donné son nom à la famille qui nous occupe, est remarquable par la structure de sa fleur, que l’on prend souvent comme type de symétrie florale. Cette fleur présente, en effet, 5 sépales, 5 pétales alternes avec les sépales, 5 étamines alternes avec les pétales, et 5 carpelles alternes avec les étamines.
La Joubarbe des toits appartient au genre Sempervivum, dont le calice offre 5—20 divisions, la corolle 6 — 20 pétales, l’androcée 12 — 40 étamines, le pistil 6 — 20 carpelles. Tout le monde a vu s’élever, au-dessus du toit des chaumières, cette belle plante, à feuilles succulentes, disposées en rosette, du centre desquelles s’élève une tige droite, cylindrique, garnie de feuilles épaisses et terminée par des épis scorpioïdcs de fleurs purpurines.
Nous citerons parmi les nombreuses espèces exotiques que cette famille fournit à 1 horticulture, la Crassule écarlate et la Crassule blanche du Cap; — le Rochea à feuilles en faux de la même région botanique, arbrisseau chargé de fleurs rouges, odorantes et de longue durée; — le Cotylédon orbiculaire du Cap, à feuilles glauques, farineuses, bordées de rouge, à corolle à limbe rougeâtre roulé en dehors; — YEchevcria écarlate , du Mexique, à
feuilles en rosette, épaisses, à fleurs d’un rouge vif disposées en cime.
FAMILLES NATURELLES