CUCURBITACÉES
Le Melon est une espèce du genre Cucumis. Ses formes varient extrêmement. Sa patrie est l’Inde, du pied de l’Himalaya au cap Comorin. Sa culture paraît être aussi ancienne en Asie que celle de tous les autres végétaux alimentaires.
Fig. 351. Fleurs du Melon (mâles et femelles).
Quels sont les caractères du genre Cucumis. Les fleurs fig. 51) sont monoïques. Les fleurs mâles sont solitaires à l’aisselle des feuilles, ou le plus souvent fasciculées par le raccourcissement du pédoncule commun. Le calice est tubuleux, campanulé, à cinq dents; cinq pétales ovales, aigus, étalés,
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constituent la corolle; il y a trois étamines libres, dont deux entières biloculaires, l’autre uniloculaire, à loges d’anthères flexueuses, à connectif prolongé au-dessus des anthères en un appendice papilleux, simple dans l’étamine, uniloculaire, bilobé ou bifide dans les autres. Les fleurs femelles sont solitaires, et se composent d’un calice à cinq dents, d’une corolle, analogue à celle de la fleur staminée, d’un ovaire infère à trois loges, surmonté d’un style court, et de trois stigmates épais. L’ovaire était à l’origine uniloculaire, et présentait trois placentas pariétaux, chargés chacun de deux séries d’ovules, qui se sont avancés vers le centre de la cavité, et s’y sont réunis pour devenir bientôt charnus. Le fruit est une baie charnue, verruqueuse ou lisse. Les graines sont ovales, plus ou moins comprimées, et contiennent un embryon droit, dépourvu d’albumen.
Les Cucumis sont des herbes à feuilles simples, alternes, accompagnées chacune d’une vrille latérale.
Le Melon est un Cucumis annuel, à feuilles cordées à la base, tantôt réniformes, tantôt à 3, 5, 7 lobes, à sinus arrondis. Ses fruits, dont les formes varient beaucoup, renferment une chair le plus souvent douce; ils ne sont jamais pourvus d’aiguillons. C’est principalement sur les modifications du fruit qu’on a fondé la classification des Melons en plusieurs tribus, divisées ellesmêmes en groupes secondaires, que nous allons énumérer rapidement.
Les Cantaloups constituent un groupe assez bien caractérisé. Dans les variétés principales, les fruits ont de grandes dimensions. Leur forme varie de celle d’une sphère très-déprimée à celle d’un ovoïde oblong, à côtes plus ou moins prononcées et séparées par des sillons étroits, à peau lisse ou verruqueuse. La chair du Melon proprement dit est épaisse, d’un rouge orangé, fine, fondante et sucrée. Tous ces melons passent au jaune en mûrissant, et ils exhalent alors une odeur suave.
Un autre groupe est celui des Melons brodés, qui comprennent le. Melon maraîcher proprement dit et le Melon de Coulommiers, cultivés sur une grande échelle aux environs de Paris, etc.
ün range dans un troisième groupe les Melons sucrins. Les Su-
CUCURBITA CEES.
crins ont la chair blanche ou verdâtre, un parfum plus doux et cependant plus pénétrant que celui des Cantaloups, une chair 'fine, fondante et sucrée.
Les Melons d'hiver forment un quatrième groupe, dont le plus beau représentant européen est notre Melon d'hiver de Provence, ou Melon de Cavaillon. Sa peau est mince et sa chair très-épaisse, ferme, blanche, jaune pèle ou verdâtre, suivant la variété, sans parfum, mais fondante et très-sucrée. Fort estimé dans le midi de la France et de l’Europe, où on le cultive sur une immense échelle, cet excellent fruit encombre les marchés du midi de la France pendant une partie de l’été et de l’automne. On commence à l’introduire à Paris. Mais il est temps de nous arrêter dans l’énumération de ces fruits alimentaires, pour ne pas dépasser les bornes de cet ouvrage.
Une autre espèce du genre Cucumis, le Cucumis salivus, est vulgairement connue sous le nom de Concombre. On confit dans le vinaigre le jeune fruit du Concombre , pour servir de condiment : il porte sur nos tables le nom de cornichon.
Bien d’autres genres de la famille des Cucurbitacées seraient dignes d’un examen attentif. Nous devons ici nous contenter de citer : les Cucurbita ou Courges, qui nous donnent le Potiron ( Cu curbila maxima ); — le Bonnet de prêtre ou d’électeur ( Cucurbita melo-pepo ) ; — la Courge de Saint-Jean (Cucurbita pepo), etc. — Les Lagenaria, dont le fruit est parfois déprimé en son milieu, et forme ainsi deux renflements : l’un inférieur, plus petit, l’autre supérieur, plus gros ( Gourde de pèlerin), ou bien est ventru inférieurement au-dessous d’un col oblong ( Cougourde ), ou bien encore est allongé en forme de massue ( Gourde massue, Gourde trompette)-, — les Citrullus, qui nous donnent Pastèque ou Melon d’eau (Citrullus vulgaris), à fruit très-gros, globuleux, lisse, vert, à chair sucrée et acidulée, parfumée, très-rafraîchissante; — la Coloquinte (Cucumis colocynthis), à fruit globuleux, glabre, jaune, dont 1 écorce est mince, la chair très-amère, purgative et vomitive ; — les Bryonia , dont- une espèce (Bryonia dioica ), vulgairement connue sous le nom de Bryone couleuvrèe, décore les haies de ses charmants petits fruits globuleux, rouges, ou quelquefois jaunes.
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CARYOPHYLLÉES.
Le calice des Œillets (fig. 352) est le plus souvent tubuleux, cylindrique, à cinq dents, et muni, à sa base, de deux ou plusieurs
petites bractées. La corolle se compose de cinq pétales libres , hypogynes , à onglet linéaire allongé , à limbe crénelé, denté. Les étamines sont en nombre double des pétales; leurs anthères sont biloculaires, attachées par le dos et s’ouvrant en dedans par deux fentes longitudinales. Le pistil se compose d’un ovaire uniloculaire , renfermant un grand nombre d’ovules courbes, et surmonté de deux styles très-minces. Le fruit est une capsule, s’ouvrant au sommet par des valves en nombre double de celui des styles. Un embryon droit est appliqué dans la graine à la surface d’un périsperme farineux.
Les Œillets sont des herbes ou des sous-arbrisseaux à tige noueuse, articulée, à feuilles opposées, à fleurs terminales, disposées en cime, quelquefois solitaires. On en cultive dans les jardins plusieurs espèces.
L ’ Œillet-giroflée ( Dianthus caryophyllus) a des fleurs rouges, roses, blanches, quelquefois panachées ou doubles. L 'Œillet de poète {Dianthus barbatus) a des fleurs en corymbe serré, protégées par des bractées minces et pointues, qui égalent en lon-
Fig. 352. Œillet-giroflée.
CARY OPHYLLEES.
gueur le tube du calice. L'Œillet mignardise (Dianthus moschatus) a des pétales odorants, d’un rose pAle, très-droits, barbus et qui varient par la culture. L'Œillet superbe est vraiment digne de ce nom. Rousseau disait dans une lettre, en parlant de cette belle fleur :
« Avez-vous vu le Dianthus superbus? Je vous l’envoie atout hasard. C’est réellement un bien bel œillet, et d’une odeur bien suave, quoique faible. J’ai pu recueillir de la graine bien aisément; car il croit en abondance dans un pré qui est sous mes fenêtres. Il ne devrait être permis qu’aux chevaux du Soleil de se nourrir d’un pareil foin. #
Parmi les espèces principales appartenant à la famille des Caryophyllées, nous citerons les suivantes : — la Saponaire officinale ( Saponaria officinalis ), plante indigène, dont la racine contient une matière qui mousse avec l’eau, comme le savon, une résine molle et de la gomme, et à laquelle on attribue des propriétés médicinales; — le Lychnis dioica ou Compagnon blanc, que le voyageur rencontre presque à chaque pas sur sa route; — le Lychnis flos cuculi , dont les pétales rouges sont très-découpées, et qui fait, au printemps, l’ornement de nos prairies; — le Lychnis coronaria, ou Coquelourde, plante à fleur purpurine, à tige cotonneuse, blanchâtre; — la Nielle des blés ( Lychnis githago), qui abonde dans nos moissons; — les Gypsophyles ( Gypsophyla clegans et panioulata), dont les petites fleurs blanches se balancent dans nos jardins, sur des pédicelles d’une délicatesse extrême ; — les Silènes, — les Sagincs, — les Alsines, — les Stellaires , les Çeraistes, etc.
PAPILIONACÉES
L’Acacia, ou mieux le Robinia ( Robinia pseudo-acacia), qui nous servira de type pour cette famille, est originaire de l’Amérique du Nord. 11 fut cultivé pour la première fois en France, en 1601, par Robin. C’est un arbre de grande taille, qui se termine par une cime arrondie, ample, à branches étalées. Son écorce, roussûtre, est marquée de crevasses longitudinales pro-
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fondes. Ses rameaux sont munis d’épines en forme d’aiguillons robustes. Ses feuilles sont composées de folioles nombreuses, oblongues. Ses fleurs blanches, très-odorantes, sont disposées en grappes bien fournies et pendantes (lîg. 353).
Quelle est la structure d’une fleur d 'Acacia? Le calice, qui se compose de 5 pétales, est à peu près campanulé, presque bi-
lobé, à lèvre supérieure tronquée ou échancrée, bidentée, à lèvre inférieure trifide. La corolle se compose de 5 pétales. Selon l’expression admise en botanique, elle est dite papilionacèe. La partie de la corolle nommée l 'étendard est orbiculaire, étalée en arrière, dépassant à peine les ailes, qui sont libres, et la carène aigué. Les étamines sont au nombre de 10 ; il y en a 9 soudées ensemble et une seule de libre. Leurs anthères sont biloculaires et s’ouvrent en dedans, par deux fentes longitudi-
PAPILIONACÉES
nales. L’ovaire, uniloculaire, renferme une vingtaine d'ovules. Le style est très-mince et le stigmate obtus. Le fruit, qui forme un caractère important dans cette famille, est une gousse. Les graines, de forme ovoïde, comprimées, d’un brun foncé, luisant, renferment un embryon dépourvu d’albumen.
La famille des Papilionacées renferme un grand nombre d’espèces alimentaires ou médicinales. Parmi les espèces cultivées en grand pour leurs graines féculentes alimentaires, il suffit de citer le Haricot (Phascolus vulgaris) ; — le Pois (Pisum sativum ); — la Lentille ( Vicia lens ); — la Fève ( Faba vulgaris ); — Y Arachide souterraine ( Avachis hypogæa ), dont le fruit, qui pénètre dans la terre à une profondeur de deux pouces, renferme des graines huileuses, très-sapides, très-nutritives. \ J Arachide est originaire du Brésil, d’où elle s’est répandue dans toutes les contrées chaudes du globe.
Parmi les espèces de Papilionacées cultivées comme fourrage, ou qui forment des prairies artificielles, les plus importantes sont les Trèfles ( Trifolium pratense, Trifolium repens , Trifolium incarnatum), la Luzerne (Medicago sativa) et le Sainfoin ( Ono brycliis saliva ) .
Parmi nos Papilionacées indigènes douées de quelques propriétés médicinales ou économiques, nous citerons YAstragalus glycyphyllos, ou Fausse Régime, dont les feuilles, d’une saveur sucrée et nauséeuse, étaient autrefois employées en médecine; — YAnthyllis vulneraria, qui est douée de propriétés astringentes; — le Genêt d'Espagne ( Sparlium junceum); — le Genêt à balai ( Sarolhamnus scoparius); — le Faux Ébènier (Cytisus Laburnum); le Daguenaudier ( Colulea arborescens), qui renferme un principe amer, âcre, émétique et purgatif; — la Réglisse glabre ( Glycyrrhiza glabra ), dont la racine renferme des principes sucrés, et dont le suc épaissi fournit à la pharmacie l’extrait béchique et pectoral si connu sous le nom de suc de réglisse.
On fait aujourd’hui rentrer la famille des Papilionacées dans la classe des Légumineuses, qui renferme deux autres groupes que nous ne saurions entièrement passer sous silence. Ce sont les Césalpinièes, dont les fleurs sont presque régulières, et les Mimosées , remarquables par la régularité de leur corolle et leurs étamines, souvent en nombre indéfini.
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Aux Gésalpiniées appartiennent le Caroubier, la Casse, le Garnier; aux Miniosées appartiennent les vrais Acacias et les Mimosa.
Le Caroubier est un arbre assez commun sur les bords de la Méditerranée. Son fruit est mangé par les pauvres gens du midi de la France, et surtout par les enfants. Il contient une pulpe abondante, d’un goût de miel, qui est peu nutritive, et même laxative pour l’homme. Elle est bonne pour l’engraissement des troupeaux Des industriels de Paris ont essayé récemment d’introduire dans l’alimentation le fruit du Caroubier, légèrement torréfié, auquel ils ont décerné le nom de Karouba , pour lui donner l'apparence d’une origine orientale. C’est une pauvre drogue. Le charlatanisme aura grand’peine à faire de ce fruit, laxatif et d’une saveur désagréable, une matière alimentaire, ou un rival du café.
Le fruit de la Casse ( Cassia , fistula) arbre indien, contient, comme le Caroubier, une pulpe sucrée et gélatineuse, qui est adoucissante, laxative, et souvent employée en médecine.
Les feuilles des Cassia obovata, aculifolia, lanceolata, ætliiopica, espèces d’Afrique, contiennent le principe purgatif connu sous le nom de Séné.
Le Gainicr (Ccrcis siliquastrum), plus connu sous le nom d 'Arbre de Judée, est un arbre qui se couvre au printemps, un peu avant la naissance des feuilles, de fleurs d’un rose vif. C’est saus un arbre de cette espèce que Judas donna à N. S. Jésus-Christ le baiser de la trahison.
L’Acacia catechu, arbre de l’Inde, fournit un suc épaissi, soluble dans l’eau, connu sous le nom de cachou, et qui tient le premier rang parmi les toniques -astringents. C’est aussi au genre Acacia qu’appartiennent les arbres à gomme. Les Acacia vera, arabica, fournissent la gomme arabique ; les Acacia verek, albida et Adansonii, fournissent la gomme du Sénégal.
Quant aux Mimosées, nous nous contenterons de rappeler au souvenir du lecteur ce que nous avons dit des mouvements singuliers et si remarquables que présente la Mimosa pudica, ou Sensitive.
Encore quelques mots sur les plantes tinctoriales que nous fournit la classe des Légumineuses. En tête de ce groupe se place
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Y Indigo fer a tinctoria , arbrisseau qui croit spontanément dans l’Asie tropicale, et qui est maintenant cultivé dans toutes les régions appartenant à la même zone. De ses feuilles convenablement traitées , on retire la précieuse matière colorante qui porte le nom d’indigo. Le Cæsalpinia echinata fournit le bois de Fenumbouc, qui contient un principe colorant rouge. Le bois de Campêche provient de YHæmatoxylon campecliianum ; la décoction des copeaux de cet arbre exotique sert à obtenir sur les étoffes la teinture en noir et en violet.
Signalons enfin, comme plantes d’ornement, quelques-unes des espèces les plus élégantes de ce vaste groupe. Telles sont Ylnga élégant , — Y Acacia Julibrissin ou arbre de soie , — la Casse du Maryland , — le Fév'er à trois épines, — le Virgilia à bois jaune, — le Sophom du Japon, — le Haricot d’Espagne, — YEnythrine crête de coq, — le Pois de senteur , — le Faux-Ébénicr, — les Lupins, etc.