EXHALATION
L'exhalation se fait chez les plantes par les feuilles et les rameaux. Les plantes exhalent par leurs feuilles de l'eau en vapeur. Cette exhalation paraît en rapport avec la minceur et l'épaisseur de l'épiderme qui recouvre ces feuilles; elle est ralentie par la présence, à la surface des feuilles, de l'enduit cireux qui leur donne un aspect glauque.
Le milieu dans lequel la plante est placée, influe beaucoup aussi sur la fonction physiologique de l'exhalation. Si l'air est très-sec, l'exhalation est abondante et rapide : elle est moins active dans un air chargé d'humidité. Elle augmente à mesure que la température s'élève; elle diminue pendant la nuit.
Ce n'est pas seulement par les stomates des feuilles, mais aussi au travers de la membrane épidermique elle-même , que
120 ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
Texhalation a lieu. Du rapport parfait, de l'équilibre entré l'absorption radiculaire et l'exhalation foliaire, résulte pour la plante un état normal, un équilibre de santé. Si l'exhalation l'emporte sur l'absorption, le végétal se fane.
Est-il nécessaire de faire remarquer ici qu'en même temps que les feuilles transpirent, elles peuvent, réciproquement, absorber de l'eau par toute leur surface? Cette absorption ne paraît pas être en rapport avec le nombre des stomates; elle semble d'autant plus considérable que la quantité de matière cireuse qui les recouvre est moins abondante.
RESPmATION.
Si l'on place une plante entière ou un rameau feuillu dans un ballon plein d'air qui ne puisse se renouveler, et si l'on abandonne le tout à l'obscurité pendant douze ou quinze heures, on pourra s'assurer, après ce temps, que l'air atmosphérique contenu dans le ballon n'a plus la même composition qu'avant l'expérience. On y trouvera de l'acide carbonique en plus et de l'oxygène en moins. Mais §i, au lieu de laisser la plante dans l'obscurité, on expose l'appareil à l'influence des rayons solaires, un phénomène inverse sera produit après quelques heures. L'air du ballon aura perdu une portion notable de son acide carbonique et il se sera enrichi en oxygène.
Pour mieux étudier ce phénomène, remplissez une cloche de verre, d'eau, préalablement additionnée d'une assez forte proportion de gaz acide carbonique, et introduisez dans cette cloche pleine d'eau un rameau chargé de feuilles, ou une plante entière ; enfin exposez le tout au soleil pendant quelques heures, comme le représente la figure 129. L'air recueilli et analysé après Texpérience ne renfermera presque plus d'acide carbonique ; mais il contiendra une certaine quantité d'oxygène de plus qu'avant l'expérience (fig. 130).
Que dans un manchon de verre on introduise un rameau d'une plante fixée au sol par les racines, et par conséquent dans les conditions normales de sa végétation, et qu'on fasse circuler autour de ce rameau des quantités données d'air, avec un aspi-