XII PRÉFACE
admirant ces organes multiples au moyen desquels s'accomplissent les fonctions végétales, nous élevons nos cœurs vers Tauteur de la nature.
De cette simple admiration des plantes, au désir de les étudier avec quelque attention, il n'y a qu'un pas, et il est aisé à franchir. Ces êtres aimés et charmants sont à nos pieds ; nous n'avons qu'à nous baisser pour les recueillir. Tout nous invite à leur étude, et cette étude n'est environnée d'aucune difficulté particulière; elle ne demande aucune préparation préalable. Quelques promenades dans les champs et dans les jardins, les plaisirs imprévus de l'herborisation, voilà les moyens qui suffisent pour arriver à la connaissance des plantes, si on leur ajoute la lecture de quelque ouvrage élémentaire.
Nous n'apprendrons rien à nos lecteurs en rappelant dans combien de circonstances la connaissance des plantes peut rendre des services. Celui qui habite la campagne, et qui ne connaît pas les plantes qu'il foule sous ses pieds; celui qui vit au milieu des richesses de la nature sans en comprendre le sens et rutiUté,est comme un étranger qui serait transporté dans un pays plein de charmes, mais dont il ignorerait la langue et les coutumes.
Dieu n'a pas seulement accordé aux plantes l'élégance et la beauté , il leur a aussi donné en partage la puissance de calmer nos maux et d'adoucir nos souflfrances physiques. L'illustre médecin anglais Sydenham, appelle, avec raison, le Pavot, qui nous fournit l'opium, un présent de Dieu. Or l'étude de la botanique permet à chacun de connaître les propriétés des plantes, et de chercher des succédanés aux herbes médicinales.
Dire que la botanique est indispensable à l'agriculteur, c'est énoncer une vérité qui n'a pas besoin de commentaire. Le cultivateur, le propriétaire, le métayer, dirigent leurs exploitations avec d'autant plus de succès, qu'ils ont une connaissance plus
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approfondie des plantes et de la meilleure manière de tirer parti des productions du sol.
Cette remarque conserve la même évidence si on l'applique à rhorticulteur, ou au simple amateur de jardins. Quand on considère le grand nombre de nouvelles plantes d'ornement dont la science moderne a enrichi l'horticulture, ces Rhododendrons aux nuances éclatantes, empruntés aux sommités alpestres, ces Bégonias aux feuilles veloutées, ces Orchidées aux formes étranges etravissanles, ces magnifiques Azalées, et cent autres espèces, on ne peut mettre en doute les services immenses que la botanique a rendus à l'art des jardins. Celui qui n'aurait vu que les plantes d'agrément cultivées en France il y a vingt ans, aurait peine à se reconnaître dans les fleurs admirables qui de nos jours décorent les jardins.
Sans vouloir déprécier les ouvrages de botanique élémentaire qui existent aujourd'hui, nous pensons qu'aucun ne répondait exactement à l'objet que nous nous sommes proposé en écrivant cette Histoire des plantes. Notre but a été de réduire la botanique à ses faits et à ses principes essentiels, de la dégager des détails dont elle est surchargée dans la plupart des livres qui servent, dans les Facultés et les Écoles, à l'exposition de cette science. Nous avons voulu inspirer à nos jeunes lecteurs une juste admiration pour la toute-puissance et la bonté de Dieu, mais une admiration raisonnée, fondée sur la connaissance réelle de ses œuvres. Aussi nous sommes-nous appliqué à donner des notions précises, à exposer rigoureusement l'état présent de la science des végétaux. C'est ainsi, par exemple, que nous avons Cru devoir insister sur une partie de la botanique entièrement négligée jusqu'ici dans les ouvrages élémentaires, et totalement ignorée des gens du monde : nous voulons parler des Cryptogames (Algues, Mousses, Champignons, Lichens et Fougères). Les