ACCROISSEMENT DES VÉGÉTAUX
l'aceolade 3, le bois de la seconde année. La couche génératrice esl placée au point de séparation de ces deux éléments : elle est indiquée par la lettre c. Des cellules, des fibres, des vaisseaux résultent de la transformation des éléments délicats de ce tissu générateur. £n d'autres termes, il se fait en ce point, par suite de la transformation du camHum, de l'écorce de dehors en dedans, — du bois, de dedans en dehors. Les rayons médullaires se continuent sans interruption et sans modification à travers les couches nouTelles; mais il peut s'en former de nouveaux, qui, sans être en relation avec la moelle , se prolongent jusqu'à l'écorce.
Ce qni s'est passé pendant la deuxième année se renouvelle pendant la troisième, la quatrième, etc. Il résulte de là une Goaséquence fort utile dans la pratique. Gomme il est permis de distinguer par certains caractères les couches successives qui se Torment d'année en année , l'&ge d'un arbre se trouve pour ainsi dire inscrit sur sa tranche. Dans le ChMe, par exemple, il est tiès-facile de distinguer les couches annuelles, et voici pourquoi. La transformation de la zone génératrice en bois se continue depuis le printemps jusqu'à l'automne, et par conséquent sous des influences climatériques assez différentes. Il se forme d'a- •wrd des gros vaisseaux i l'époque où la circulation de la sève est la plus active ; puis on ne voit plus apparaître que des vaiswsMd'un calibre beaucoup plus petit et moins nombreux. Vers la fin de l'année, quapd la végétation se ralentit, il ne se forme plus que des fibres ligneuses. II résulte de ces différences extrêmes entre le bois de printemps et le bois d'automne, que le pas- ^ge de ce dernier au premier est très-facile à saisir, et que les diverses formations annuelles apparaissent dès lors comme au- **Bt de zones concentriques.
En résumé, c'est par la couche générairice que s'opère l'accrois- ^nient des arbres en diamètre.
Si l'accroissement annuel d'un arbre se faisait dans des con- D'iions extérieures sensiblement égales pendant toute la durée •^s ta végétation, on conçoit qu'il n'y aurait pas de ligne de dé- '"^'^tion entre chaque période annuelle de végétation et qu'il ny aurait, dès lors pas de zones concentriques. C'est ce qui a ''^u dat]g certains arbres des pays chauds dont la végétation ° éprouve ni accélération d'activité, ni temps d'arrêt assez
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130 ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
prononcé. Ici ïige des arbres ne se trouve en aucune façon inscrit, comme pour les arbres de nos climats , sur la section de la tige.
Nous devons faire ici deux remarques importantes. Le nouveau bois participe seulement h la nature de la partie extérieure du cercle ligneux ; l'étui médullaire ne se renouvelle pas. D'autre part, de nouvelles cellules se forment constammentdansla partie moyenne de Iz zone générairke, faute de quoil'accroissementcesserait dès que toutes les cellules de cette zone seraient transformées en les éléments du nouveau bois et de la nouvelle écorce.
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Nous avons admiré la grandeur, la puissance du suprême Auteur de la nature dans la création des divers organes et appa^ reils que nous venons de passer en revue : ces racines, à l'innombrable chevelu qui, par une merveilleuse faculté, pour nous i peine explicable, pompent les liquides contenus dans la terre, et transportent dans les canaux du végétal le fluide nourricier;—ces tiges et ces rameaux qui soutiennent la plante au milieu de l'air, destiné h l'alimenter; — ces feuilles, organes, tout à la fois, de respiration, d'évaporation et d'excrétion, par lesquelles la plante absorbe l'air, ou rejette les vapeurs et les gaz inutiles à sa subsistance; — ces vaisseaux, aux formes si Tariables, dans lesquels circulent la sève ascendante, qui s'élève au centre de la tige, et la sève élaborée qui descend dans les parties plus extérieures du tronc ; — ces stomates, ces cellules, en un mot, tous ces appareils, toute cette mécanique vivante, par lesquels s'exercent les fonctions végétales. Cet admirable ensemble n'a qu'un seul but : la création des fleurs. Nous allons procéder à l'eiamen de cet appareil important du monde végétal. Cette étude nous montrera, à son tour, que si les racines, les tiges, les rameaux et lés feuilles, n'existent que pour la formalion des fleurs, à leur tour les fleurs n'existent que pour la production des fruits, et les fruits eux-mêmes que pour la wéation des graines, terme ultime, bu t essentiel de la végétation ; *^ lu nature, tant pour les plantes que pour les animaux, conœntre tous ses efforts, dirige tous ses actes, dans le but de la "^production de l'individu, et par conséquent de la conservation de l'espèce.
^ douce impression que la seule vue des fleurs exerce sur "olre âme^ ^i y^ sentiment si naturel qu'aucun homme ne sau- *y soustraire. La vue d'un brillant parterre, l'aspect d'une
rait s'y
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13Î OHGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
prairie émaillée de fleurs, éveillent en nous les plus agréables sensations. C'est que la fleur ne peut être comparée à aucun des autres êtres de la nature ; rien ne saurait en donner l'idée, car elle sert elle-même de comparaison, de modèle idéal, à tout ce qui se distingue par la beauté des formes , par l'élégance et la grâce. Ces oignes, auxquels la nature a confié les plus importantes fonctions, sont précisément ceux qu'elle se plaît à embellir. Elle prodigue ses trésors, ses décorations les plus brillantes aui organes qui ont reçu la plus haute mission, c'est-à-dire le soin de la reproduction de l'espèce. Couleurs éclatantes et richement nuancées, suaves parfums, contours élégants, tissu délicat, port gracieux, sont prodigués aux fleurs les plus communes; de sorte que l'époque de la floraison, c'est-à-dire delà reproduction de l'espèce, est aussi pour les plantes le temps des parures éclatantes et le moment le plus brillant de leur vie.
A la diversité et à l'élégance des formes, les fleurs joignent encore un précieux attribut, qui les met au-dessus de toute autre production naturelle. Outre ces dons précieux de la forme, le Créateur leur a donné en partage la douceur du parfum. Quelles délicieuses émanations s'exhalent de nos parterres! Les grappes des Lilas embaument les allées. Le long d'un Arbre de Judée, aux fleurs élégantes, le Chèvrefeuille enroule ses tiges volubiles, et laisse exhaler son doux arôme. Le Jasmin coquet, qui tapisse les murs et les treillages, dissémine dans l'air son parfum pénétrant. Des Rosiers embaument l'atmosphère. Des Héliotropes, des Tubéreuses, le Béséda et les divf^rses Labiées, y joignent leurs arômes. Une foule d'autres fleurs aux parfums moins pénétrants unissent et confondent leurs senteurs variées et chargent l'air de nos parterres de leurs enivrantes odeurs.
11 ne faut donc pas être surpris que l'on ait éprouvé de tout temps la plus sympathique attraction pour ces gracieux ornements de nos parterres, de nos champs et de nos bois. L'art leur emprunte ses plus séduisants modèles. Les harmonieuses dispositions de la corolle régulière des fleurs, les formes bizarres mais toujours élégantes, des corolles irréguiières, servent encore de guide aux dessinateurs d'ornement. Les fleurs ont toujours été le symbole du bonheur et de la joie. Ornement inséparable des festins chez les anciens peuples, elles servent, de nos jours
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d'accessoire à nos fêtes, et se rnootrent avec avantage sur la table de nos repas. Dans les plaisirs champêtres, les guirlandes de fleurs sont le décor obligé. C'est par des bouquets que l'on célèbre et consacre les touchants anniversaires du cœur. La fleur d'Oranger couronne le front de la jeune épouse ; et cette parure Daturelle ne pâlit jamais auprès des plus magniflques atours. Dans ses célébrations solennelles, la religion prodigue sur ses autels et ses tabernacles les modestes tributs de nos champs; elle décore ses autels de bouquets, de rameaux fleuris; elle jooche de fleurs le passage de ses processions pieuses. La fleur qui a symbolisé les grandes périodes de la vie humaine, symbolise également sa fin, et la triste ImmortelU préside à nos cérémonies funèbrerf! Ainsi, la naissance et la mort empruntent à la fleur leurs symboles attendrissants ou funestes. '
Nos goûts et nos affections ont, en effet, de quoi se contenter largement dans l^ariété prodigieuse, dans ta diversité infinie . des fleurs qui naissent sous nos pas. La terre est comme un vaste jardin où s'étalent tour à tour les plus riantes perspectives du royaume de^ plantes. Aucune partie du globe n'est privée de cette déco^op naturelle. Les fleurs poussent sur l'humble gazon des prairi^pomme à la cime des plus hauts arbres ; elles décorent les montagnes et embellissent les vallées ; elles émaillent nos champs et viennent égayer les sombres retraites des bois.
La bonté du Créateur, sa sagesse infinie, ont su varierde mille manières la parure des fleurs, tant pour l'harmonieuse distribution des coeurs que pour le port et la figure. Parmi les fleurs de no™arterres, les unes ont un air de noblesse et de m^'esté; les autres, moins fastueuses, se distinguent par la régularité de leurs for^oea. Le Lis superbe dresse avec orgueil sou Diajestueux calice, uRdis que la modeste Pervenche nous charme par sa simplicité. Si de riches couleurs s'étalent sur les corolles d'une foule déplantes, d'autres, avec un aspect plus simple, attirent encore et charment nos regards ; et cette diver-, site infinie dans l'aspect des fleurs est la plus douce jouissance pour celui qui sait comprendre les grâces de la nature.
Cett^ariété singulière que nous admirons dans les fleurs, nous pouvons en jouii^'autant mieux qu'elles ne se produisent pas à dos yeux en unWme moment. Chaque fleur paraît h une
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134 ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE
époque déterminée. Ces décorations champêtres se succèdent et se remplacent dans un ordre invariable. Cette fête de la nature a ses période» réglées. C'est dans la froide saison, avant que les arbres ne se hasardent à développer leurs boutons, que le Perceneige annonce le réveil de la nature endormie. Vient ensuite la timide fleur du Safran, la gracieuse Primevère et l'aimable Vio- 'leiu, qui éciosent avec les premières feuilles des bois. Les blanches corolles des Rosacées s'étalent au premier soleil du printemps: elles sont l'avant-garde de l'armée brillante des fleurs qui, aux jours de mai, vont envahir la campagne. C'est alors que chnque mois nous fait admirer une nouvelle merveille végétale. Une fleur est à peine flétrie qu'une autre se développe, pour la remplacer. La Tulipe étale avec orgueil son ai^mirable corolle, sur laquelle la nature semble avoir épuisé les ressources de son incomparable pinceau. BientAt la brillante ^n^otu arrondit son -disque élégant; le Rhododendron développe ses luxuriants rameaux, tout couverts de fleurs, aux nuances tendres et variées ; la Renonmh nous charme par la régularité de ses cotitours et l'harmonie de ses couleurs; le Ulas décore nos clûture.s de ses odorants panaches ; le Narcisse, le Muguet, Vlmpériale, l'/rw,, ^nbellissent nos jardins. Tandis que les arbres fruitiers mêlent à la verdure naissante les plus tendres couleurs, le ftositr se couvre de feuilles, et la reine des fleurs ne tardera pas à venir réclamer les privilèges de son rang,
Aux jours d'été, la fête est dans tout son éclat: c'est le feu d'artifice de la floraison. Les /.m, les Chèwefeuilks^s Glateules, les PavolSfles Fuchsia,YŒiUet,y Hortensia, etc., étalent à nos yeux les grâces qui les distinguent.
Ces enchantements continuent avec l'initomne. C'est alors que Torgueilleux Dahlia, les superbes Hélianthes, les jolis Asters, la Reine-Marguerite, la Balsamine, l'Amara)Ue, les Verveines, les Roses Irémières, le Colchique, VŒiUel d'lnà»M cent autres espèces, .viennent nous consoler de la fin des beaux jours, jusqu'à ce que l'hiver jette son f^oid manteau sur la campagne attristée, et suspende pour nous cette fête de la nature .
Dans les considérations qui précèdent, nous avons pris te mot de^eurdans un sens trop indéterminé. En poussant plus loin
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FLEUil. 135
ces généralités , nous courrions le risque de commettre des ioeiactitudea, de tomber dans l'erreurbanale des gens du monde au sujet de la désignation des fleurs. Séduit par le brillant éclat des couleurs qui ornent la corolle, le vulgaire n'applique le nom de fleur qu'à cette corolle même; Une voîtlafleurque dans cette enveloppe brillante de beauté, et lorsqu'une plante est privée de corolle, il s'imagine qu'elle est privée de fleur. Rien n'est plus fàui que celte idée, nous n'avons pas besoin de le dire. Sauf une classe spéciale de végétaux, dont la reproduction se fait par des organes d'une autre structure, toute plante a ses fleurs, plus ou moins appréciables, puisque la fleur est l'instrument de la reproduction de l'individu. Seulement, de tous les éléments qui entrent dans la composition de la fleur, des diverses enveloppes qui la forment, plusieurs peuvent manquer, et la science permet de bien préciser dans tous les cas l'individualité de la fleur. Toutefois, l'erreur si familière aux gens du monde au siget de la fleur nous avertit de la nécessité de bien flzer sur ce point les idées du lecteur. Étudions en conséquence avec attention cet organe, indispensable à la multiplication des plantes.
Et d'abord, quelle définition faut-il donner de la fleur, pour prétendre à une véritable exactitude et rester dans les termes scientifiques? Une définition rigoureuse de la fleur est plus difficile qu'on ne pourrait le penser.
Jean-Jacques Rousseau, le célèbre philosophe, qui dut à l'étude et à h culture de la botanique les heures les plus douces de sa vie, et qui nous a laissé dans ses Lettres sur la botanique un Hvre plein d'attrait et plein de bonne science, s'exprime ainsi à propos des définitions que l'on peut donner de la fleur :
• Si je livrais mon imagination aux douces sei)salioiis que ce mot semble appeler, je pourrais faire un article agréable peut-être aux bergera, mais fort mauvais pour les botanistes. Écartons donc un momeot les vives couleurs, les odeurs suaves, les formes élégantes, pour chercher premièrement k bien connaître l'être organisé qui les rassemble. Rien ne parait d"ibord plus facile. Qui estH3e qui croit avoir besoin qu'on lui apprenne « que c'est qu'une fleur? Quand on ne me demande pas ce que c'est que le temp>s, disait saint Augustin, je lésais fort bien. Je ne le sais plus quand on me le demande. On pourrait en dire autant de la fleur peut-être de labeautêmécoe qui comme elle estla rapideproiedutemps.On me présente une Qeui^t l'on me dit voilà une Heur. C'est me la montrer, je l'avouç, mais ce n'est pas la définir, et cette inspection ne me suffira
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pas pour décider sur toute autre plante si ce que je vob est ou n'sst pas la fleur, car il 7 a une multitude de vëgëtaui qui n'ont dans aucune âe leurs parties la couleur apparente que Ray et Touraefort ont fait entrer dans la définition de la fleur et qui pourtant portent des fleurs non moins réelles que celles du rosier, quoique bien moins apparentes. 1
Bien que la définition de la fleur paraisse à Rousseau environnée de tant de difficultés, il n'hésite pas à proposer la suivante : ■ La fleur, dit-il, est une partie locale et passagère de la plante, qui précède la fécondation du germe, et dans laquelle ou par laquelle elle s'opère. » Définition irréprochable, qu'un siècle plus tard, Moquin-Tandon modifiait à peine, en disant : ■ La fleur est cet appareil passager, plus ou moins compliqué, au moyen duquel la fécondation s'opère. >
Quelle est la composition, la conformation eitérieure d'une fleur?
Lorsque cet appareil est le plus complet possible, il se compose de deux enveloppes, le calice et la corolle, et d'organes essentiels propres à assurer la reproduction de la plante, qui sont le pistil, lequel renfermera plus tard les graines, et les étamines destinées à féconder le pistil.
Le calice, la corolle, les étamines, le pistil, sont insérés sur un axe qui porte le nom de réceptacle et dont la forme varie suivant les plantes.
Les fleurs de toutes les plantes ne présentent pas les cinq ordres d'oi^anes que nous venons de signaler. II en est qui n'ont point d'étamines, il en est qui n'ont pas de pistil. Dans ces deux cas les fleurs sont unisexueltes. Dans le premier elles sont dites femelles, dans le second méies. Le Buis a des fleurs unisexuêes, les unes munies d'étamines sans pistil, les autres munies de pistil sans étamines. D'autres fleurs sont dépourvues de corolle et même de calice et de corolle. Les premières sont inettmplites, les secondes nues. Le Pùpulage ou Souci Seau, qui étend au printemps ses magnifiques fleurs dorées au bord des eaux, est dépourvu de corolle ; la fleur du Frêne n'a ni corolle ni calice, elle est réduite aux organes de reproduction.
Enfin certaines fleurs n'ont ni calice, ni corolle, ni élamines; ou bien ni calice, ni corolle, ni pistil. Elles aint à la fois incomplètes et nues. Telles sont celles du Saule, imit les unes se com-
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PLEUR. i37
posent seulement de deux étamines, et les autres d'un pistil seulement.
Une fleur munie d'étamines et de pistils est dite hermaphrodite, qu'elle soit, ou non, pourvue d'enveloppes florales. 11 est un grand nombre de plantes qui ne donnent que des fleurs hermaphrodites. Il en est d'autres qui donnent à la fois sur le même pied des fleurs mAles, des fleurs femelles et des fleurs herm^hrodites : ce sont les plantes polygames. D'autres n'offrent que des fleurs mâles ou des fleurs femelles; mais celles-ci sont tantôt sur le même pied, tantôt sur des pieds différents. Dans le premier cas, qui est celui du Chdiai' gnier, du Coudrier, du Ricin, la plante est dite monoïque; dans
le second, qui est celui du Chanvre, du Dattier, de la Mercariale, la plante est dwique.
Les divers végétaux nous présentent dans leurs fleurs presque toutes les dimensions possibles. II est des fleurs qui n'ont que quelques millimètres de diamètre et d'autres que leur grand volume a rendues célèbres. On trouve à Sumatra et dans les (les de la Sonde une plante parasite dont la fleur, qui constitue le végétal presque tout entier, a près de neuf pieds de circonférence ; c'est le Raffiesia Àrnoldi (ûg. 133). Le calice de
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certaines Aristoloches dea bords du Rio Magdalena est si volumineux, que les habitants s'en servent comme d'un bonnet- Les fleurs de la Victoria regia, que nous représentons dans la figure 134, ont une circonférence d'environ un mètre. Elles produisent d'admirables effets, lorsque, pendant les nuits inaj;nifiques de ces contrées, elles étalent leurs immenses corolles à la surface de l'eau, sur les fleuves de la Guyane.
Les dimensions de la fleur ne sont pas en rapport avec celles des végétaux qui la produisent. La fleur de la plupart des grands végétaux de nos forêts est peu apparente, et ne compte guère que pour le botaniste. Elle est si petite qu'elle échappe généralement aux yeux des gens du monde,- et qu'il faut l' examiner à une très-forte loupe pour en faire l'étude. Au contraire, des végétaux de petite taille portent souvent des fleurs magnifiques. Elles font l'ornement et l'éclat des prairies, des bois et des parterres, par l'élégance de leurs formes et la beauté de leurs couleurs.
C'est spécialement sur la corolle que la nature a répandu toutes les richesses de son inépuisable palette. La corolle est aussi particuliërement le siège des plus suaves parfums du monde végétal.
Les plantes à fleurs odorantes sont plus communes dans les pays secs que dans les contrées humides. Dans les collines arrides et dénudées du midi de la France, le Thym, la Sauge, les Lantmdes, chargent l'air des j)lus vives senteurs, tandis que les plaines humides de la Normandie n'exhalent aucun arôme végétai.
Avant que la fleur s'épanouisse, les diverses parties qui la constituent sont intimement rapprochées et pressées les unes contre les autres; elles forment alors un bmnon. Les boutons de ■ toutes les plantes oniiiielks, c'est-à-dire de celles qui germent, croissent, fleurissent et meurent dans la même année, continuent de se développer jusqu'à leur entier épanouissement. Les boutons de certaines plantes ligneuses, comme le TilUvl, se comportent de même. Mais il est d'autres plantes, comme V Amandier , le Prunier, le Poirier, etc., dans lesquelles les boutons apparaissent pendant l'été, grandissent jusqu'à l'automne, restent staiionnaires pendant l'hiver, et s'épanouis-
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sent au printemps suivant anx premiers rayons du soleil. Ces boutoDS sont écailleux, c'est-à-dire renfermés dans des bourgeons écailleux, qui portent le nom de bourgeons à fleurs, tandis que les boutons qui naissent et se développent dans la belle saison, sont nus.
EnQn le bouton s'entr ouvre, s'épanouit et passe à l'état de fleur. Cet épanouissement n'a pas lieu indifTéremment à tous les instants de la journée. Linné a dressé une liste de plantes vivant l'heure à laquelle leurs fleurs s'épanouissent ; il appela cette liste l'Horloge de Flore.
De Candolle a vu s'épaoouir en été, à Paris :
entre 3 et 4 heures du matin, à 5 heures,
eutre 5 et 6 heures,
à 6 heures,
entre 6 et 7 heures,
à 7 heures,
de 7 à 3 heures,
à B heures,
à 9 heures,
de 9 à 10 heures,
à 1 1 heures,
à midi,
k i heures,
entre 5 et 6 heures,
entre 6 et 7 heures,
entre 7 et 8 heures,
h 10 heures.
le Liseron des haies;
le Pavot à tige nue et la plupart des CMcoracies ;
le Lampsane commune, la BeUede jour ;
plusieurs SoUmum;
les LaUrons, les Éperviéres;
les Nénuphars, les Laitues ;
le Uiroirde Vénus, le MésanUtryœithhne barbu;
le Mouron des champs,
le Soud des champs ;
la Glaciale;
le Pourpier, la Damed" onze heures;
la plupart des Ficcfldes;
le SciUa pomeridiana ;
le Silène nocti flore;
la Belle de nuU :
le Cierge à grandes flewrs, l'Œnothère odorant;
le Convolvulus pourpre. Il est des fleurs qui restent épanouies plusieurs jours de suite. Il est des fleurs éphémères, qui s'ouvrent à une heure déterminée, se ferment pour toujours, et tombent dans la même journée, à une heure à peu près fixe. Les Cistes, les Lins épanouissent leurs fleurs vers 5 ou S heures du matin , et sont
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U2 ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
flétries avant midî.Le Cierge à grandes fleurs s'épanouit à 7 heures du soir et se ferme environ à minuit
Certaines fleurs équinoxiales s'ouvrent à uns heure déterminée, se referment le même jour à une heure fixe, puis se rouvrent et se ferment le lendemain et quelquefois plusieurs jours de suite aux mêmes heures. La Dame d'onze heures s'ouvre plusieurs jours de suite à 1 1 heures du matin et se referme à 3 heures. La Ficiyide noctiflore s'épanouit plusieurs jours de suite à 7 heures du soir, et se referme vers 6 ou 7 heures du matin.
t La régularité de ces phénotnèties, dit de Candolle, a. frappË tous les observateurs ; mais quoique leur cause tienne évidemment îi i'actton'de
la lumière, elle est cependant difficile à apprécier avec précision J'ai
soumis des Belles de nuit à la lumière continue des lampes. J'ai obleau par lik une flauraisoa tout à fait irrêgulière ; mais ayant placé ces plantes dans un lieu éclairé pendant la nuit et obscur pendant le jour, j'ai vu d'abord leur fleuraison très-irrégulière. Puis elles se sont accoutumées à ce nouveau climat, et ont fini par s'épanouir le matin, c'est-à-dire h la lin de la journée que je leur faisais artificiellement, et se refermer le soir, c'est-à-dire à la fin de leur époque d'obscurité. »
Cependant la chaleur parait avoir une certaine influence sur l'heure de l'épanouissement des fleurs et sur sa durée. Aussi voit-on ces deux phénomènes varier selon les latitudes pour ditTérents pays et selon les saisons pour le même pays. V Horloge de Flore dressée par Linné à Upsal retarde sur l'horloge dressée par de Candolle à Paris.
Il est enfin un petit nombre de fleurs dont l'épanouissement est moditié par l'état de l'atmosphère et qu'on pourrait appeler météoriques. Le Sonchus de Sibérie ne se ferme pas, dit-on, le soir lorsqu'il doit pleuvoir le lendemain. Plusieurs Chicoracées ne s'ouvrent pas le matin quand il va pleuvoir. Le Souci pluvial se ferme quand le temps se dispose à la pluie. Mais sa fleur reste ouverte dans les pluies d'orage, qui le surprennent et le trompent pour ainsi dire.
Des faits du même ordre, mais peu nombreux, ont servi à dresser un hygromètre de Flore.
La période de la vie de la plante pendant laquelle l'épanouissement des fleurs a lieu, ou la floraison, varie beaucoup selon les espèces. Chez les Pêchers, les Amandiers, les Âbricolia-s, parmi les arbres; chez les Jacinthes, les Tulipes, parmi les herbes, la
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FLEUR. l/i3
floraison ne dure que quelques jours. Mais VEUébore d'hiver se couvre de fleurs tout l'hiver et la Sourie à ^jcuteur fleurit depuis le mois d'avriljusqu'eo novembre.
L'époque à laquelle la floraison commence, varie de même selon les espèces. Linné a dressé le tableau de la floraison des divers végétaux sous le climat d'Upsal, en Suède, pour l'année 1755, et il a donné à cette liste le nom de Calendrier de Flore. Mais ce calendrier varie nécessairement avec chaque climat, car l'époque de la floraison d'une plante doit avancer ou retarder suivant la latitude du pays. A Smyrne, YAmandier fleurit dans la première moitié de février ; dans le midi de la France , il fleurit au commencement d'avril ; en Allemagne, dans la seconde moitié d'avril ; à Christiania, dans les premiers jours de juin.
Est-il nécessaire de faire remarquer ici combien une connaissance exacte des époques de la floraison est indispensable à ceux qui tiennent à voir les fleurs se succéder sans cesse et avec agrément dans leurs jardins?