‹ Histoire des plantes (volume 4)Chapitre 15 sur 64 · INFLORESCENCE · texte numérisé non relu

INFLORESCENCE

On nomme inflorescence la disposition des fleurs sur le végétal.

Les fleurs peuvent être sessiUs, selon le langage des botanistes, c'est-à-dire implantées immédiatement sur la tige, ou rattachées médiatement à la tige par un petit support, auquel on donne le nom de pidoncuie.

Le pédoncule est ce que l'on nomme vulgairement la queue de la fleur, qui devient plus tard celle du fruit. Le pédonciile est donc aux fleurs ce que le pétiole est aux feuilles, c'est-à-dire un moyen d'attache sur la tige. Toutefois les analogies entre le pédoncule et le pétiole se bornent à la forme extérieure, car ces deux organes diffèrent essentiellement par leur organisation intime.

Ces fleurs, dont nous étudierons bientAt avec détail les parties constituantes, poussent-elles au hasard sur les tiges, les branches ou les rameaux qui les supportent? Quand on sait avec quelle

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144 ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.

régularité admirable, suivant quelles lois rigoureuses, les feuilles se disposent sur les rameaux, on est conduit à admettre à priori que l'ordonnance des fleurs sur les axes végétaux doit obéir à des lois bien déterminées. C'est en effet ce que nous présente la nature ; ces lois, souvent faciles k reconnaître, sont quelquefois masquées, mais jamais enfreintes. Les fleurs sont toujours la terminaison d'un axe, tige ou rameau, et l'ordre qui préside à leur disposition sur la tige ou le rameau, n'est que la répétition de l'ordre qui préside à la ramification de cette même plante. Prenons, pour étudier l'in/IorMcejice, quelques végétaux vul-

Fïg. Ils. Infloreieenee en grappe. (GroicUllïr rouge.}

gaires, etexaminons )a disposition des fleurs dans chacun d'eux. Dansle6ros«/(ierrow(/e(lig. 135) l'axe floral porte, de distance en distance, des feuilles modifiées, qu'on appelle bractées ; à l'aisselle de chacune de ces bractées naît le pédoncule terminé par une fleur. C'est là le type de la grappe.

L'inflorescence de la YerveineoM Verveim officinale (ûg. 136) ne se distingue de celle-ci que par la grande brièveté des pédoncules : elle constitue un épi.

L'Àvoinc (fig. 137) nous fournit un exemple des modifications que peut subir la grappe. Sa fleur est une grappe ramifiée.

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L'épi prend le nom de chaton, quand il est formé de fleurs unisexuelles. Nous représentons ici, comme exemple (fig. 138 et 139), le chaton mâle du Savle et le chaton femelle.

DaDS le Cerisiei-de Sainte-Lucie (Gg. 140), les pédoncules nés

sur l'axe principal, s'allongent plus à la partie inférieure de cet axe que vers son sommet, en sorte que l'ensemble des fleurs forme comme une sorte de parasol à rayons inégaux : ce parasol s'appelle corymbe.

Dans i'Asiiantia (tïg. 141), l'axe de l'inflorescence est Irès-

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1^6 ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.

court, et porte à son extrémité élargie un certain nombre d'axes secondaires assez allongés et égaux entre eux, de façon que les

Ftg.tJS. Ctaalon iqïla du Saul«.

fleurs semblent partir du même point pour arriver à la même hauteur. Ici le parasol a des rayons égaui ; ce groupe de fleurs se nomme ombelle..

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Dans Ta ifarguiriie (fig. 142), des fleurs sessiles et nombreuses s'insèrent à la surface d'un axe élargi en une sorte de plateau pour former un capitule.

:a caphuls. (Marguertls.)

Tous ces modes d'inflorescence ne sont que des modilications de l'un d'entre eux, que l'on peut prendre pour type : la grappe. Ils paraissent atteindre parfois un certain degré de complication, Bans que la simplicité de leur ordonnance en soit pour cela di-

Fig. (41. Corymbe composé. (Alisier dB« boii.}

'°'™**^«- Ainsi, dans VAliskr des bois (fig. 143), des coryrabes 0^ leurs se disposent en corymbes. Dans la Carotte, le Cerfeuil [oS- i4ijj^ ]eg ombelles se disposent elles-mêmes en ombelle.

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U8 ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOIÎIE.

Dans le Troène, dans la Vigne (fig. 145), l'inflorescence est formée de petites grappes, disposées elles-mêmes en grappes. Dans le Blé (fig. 146), les épis se groupent en épis. 11 existe donc

des corynbes composés, des ombellfs composées, des grappes composi-es ou paiikuks et des épis composés.

Fig. tti. Ombelle compoMe. (Cerfeuil.) Fig. M. Onppc composée, (ngne.)

Dans tous les cas que nous avons mentionnés Jusqu'ici, le nombre des fleurs de même génération était indéterminé pour cliaque groupe. II n'en sera plus de même désormais.

Examinons, par exempte, le mode de distribution des fleurs dans la petite Ceniaurée (fig. 147). La tige se termine par une fleur; un peu au-dessous de cette fleur, celte tige portail une paire de feuilles, et à l'aisselle de chacune d'elles est né un

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rameau secondaire, terminé de même par une fleur. Chacun de ces rameaux s'est comporté comme la tige, c'est-à-dire qu'il a donné naissance à deux rameaux tertiaires terminés chacun par une fleur, et ainsi de suite. On voit de cette façon qu'à chaque ramification le nombre des axes, et par conséquent celui

Fil- <U. Epi compoM. (Bté.) Pig. I4T. Infloreicence en ciniE. (Pittia CcntauKs.)

des fleurs, est doublé. On voit de plus que la floraison dans cette plante va de la base vers le sommet, ou, ce qui revient au même, du centre vers la circonférence. Cette sorte d'inflorescence porte le nom de cime, et dans ce cas particulier, elle est dite dicho-

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