PALMIERS
la figure 893, qui montre une coupe de la graine de Dattier, par un albumen dur, corné et dont les cellules, à parois trèsépaisses, sont gorgées de matières albuminoïdes et de matières
LeDatiier, propre à l'Arabie et au nord de l'Afrique, est l'arbre par excellence des oasis, celui qui doit, selon le langage imagé des Orientaux, plonger son pied dans l'eau et sa lëte dans le feu du ciel. On le plante comme arbre d'ornement, en Corse, en Sardaigne, dans le nord de l'Italie, aux tles Ioniennes et dans la Grèce septentrionale. Mais dans ces contrées il ne mûrit pas, ou ne mûrit qu'incomplètement.
Le tronc du Dattier fournit par incision un liquide sucré, nommé lait de Palmier, qui, après avoir subi la fermentation, prend une saveur Tineuse. Distillé, ce liquide fournit un alcool de très-bon goût. Le slipe du même Kg. wt.
arbre procure aux indigènes leur combustible ''"'''* uDatuef. et leur bois de construction. Ses feuilles sont employées pour la couverture des maisons, et les nègres confectionnent avec SCS folioles des paniers, des nattes, des chapeaux, etc.
Le cadre de cet ouvrage ne nous permet pas de présenter l'histoire des diverses eaptces de Palmiers, si nombreuses et si intéressantes au triple point de vue de leur structure, de leur beauté, de leur utilité. Nous nous bornerons à signaler quelques espèces remarquables entre toutes par leurs formes.
Le Cocotier { Cocos nucifèra) habite toute la zone torride et se plaît au voisinage des mers. Il s'élève à la hauteur de 30 mètres, et se couronne d'un chapiteau de feuilles pennées, c'est-à-dire en forme de plume, longues de 6 mètres. Son fruit est une drupe, grosse comme la tête d'un homme, à mèsocarpe flbreux, à endocarpe osseux. La graine est presque entièrement formée d'un albumen à chair blanche et ferme à l'intérieur; le centre de cet albumen est occupé par une liqueur claire, agréable, rafraîchissante, une sorte de lait végétal. On retire du Cocotier une buile lixe qui sert à l'éclairage et à la préparation des aliments.
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Toutes les autres parties du Cocotier sont utiles à l'homme, soit pour le vêtir, soit pour l'abriter.
Nous emprunterons à un ouvrage moderne le récit, allégorique ou réel, qui va suivre, et qui donne, sous une forme assez piquante, une idée du parti infiniment varié que les habitants des contrées chaudes de l'Amérique tirent du Cocotier et de ses produits :
■ Un voyageur parcourait ces pays situés sous un ciel brûlant, ou la fraîcheur et l'ombre sont si rares, et où l'on ne trouve qu'à des distances considérables quelque liabitation où l'on puisse goûter un repos que la fatigue de la route rend ai nécessaire. Accablé et baietant, ce pauvre voyageur aperçoit une cabane entourée de quelques arbres au tronc droit, élevé et surmonté d'un gros bouquet de feuilles très-grandes, dont les unes relevées et les autres pendantes avaient un aspect élégant et agréable. Rien d'ailleurs, autour de celte cabane, n'annonçait un terrain cultivé. A cette vue qui ranime ses espérances, le vorageur rassemble ses forces épuisées, et bientôt il est reçu sous ce toit hospitalier. Son hôte lui offre d'abord une boisson aigrelette, qui le désaltère et le rafraîchit. Lorsque l'étranger eut pris quelque repos, l'Indien l'invita à partager son repas; il servît divers mets contenus dans une vaisselle brune, luisante et polie; il servit aussi du vin d'une saveur eïtrèmement agréable. Vers la fia du repas, il offrit à son hôte des confitures succulentes, et lui &t goûter d'une fort bonne eau-de-vie. Le voyageur étonné demanda à l'Indien qui, dans ce pays désert, lui fournissait toutes ces choses. — t Mes Cocotiers, lui répondit-il. L'eau que je vous ai oHerte k votre arrivée est tirée du fruit avant qu'il soit mûr, et il y a quelquefois des ooix qui en contiennent trois ou quatre livres. Cette amande d'un si bon goût est le fruit dans sa maturité; ce lait, que vous trouvez si agréable, est tiré de cette amande; ce chou si délicat est le sommet d'un cocotier ; mais on ne se donne pas souvent ce régal, parce que te cocotier dont on a ainsi coupé le chou meurt bientôt après. Ce vin dont vous êtes si content est aussi fourni par le cocotier ; on fait pourcela des incisions aux jeunes tiges des fleurs', il en découle une liqueur blanche, qu'on recueille dans des vases, et qui est connue sous le nom de vm de palmier. Exposée au soleil, elle s'aigrit et donne du vinaigre. Par la distillation, on en obtient celte bonne eau-de-vie que vous avei goûtée. Ce même suc m'a encore fourni le sucre pour ces confitures que j'ai faites avec l'amande. Enfin toute cette vaisselle et ces ustensiles qui nous servent à table ont été fuits avec la coque des noii de cocos. Ce n'est pas tout : mon habitation elle-même je la dois tout entière à ces arbres précieux;leur bois a servi à construire ma cabane, leurs feuilles sèches et tressées en forment le toit ; arrangées en parasol, elles me garantissent du soleil dans mes promenades; ces vêtements qui me couvrent sont tissus avec les filaments de ces feuilles ; ces nattes qui me servent à tant d'usages