‹ Histoire des plantes (volume 4)Chapitre 58 sur 64 · EUROPE · texte numérisé non relu

EUROPE

cenible ; devant nous se déroulait une pente roide mais verdoyante, qui pemnettait d'atteindre le sommet en coutoumant la base de la montagne. C'est par là que nous montâmes. Je recueillais avec ardeur toutes les plantes qui a'ofTraient & ma vue ; il me semblait qu'elles avaient un intérêt particuLer, comme étant pour ainsi dire les plus robustes et les plus aventureuses de toutes leurs sœurs européennes. Je me plaisais h retrouver parmi elles des végétaux des environs do Paris. Ils me semblaient dépaysés, comme moi, sur ce noir rocher battu par les liais. J'étais tenté de leur demander pourquoi elles avaient quitté les lisières des champs cul- Uvés et les ombrages paisibles du bois de Meudon, où elles recevaient les hommages des botanistes parisiens, pour vivre tristement parmi des étrangers : c'étaient la Reine des prés, le Céraiste des champs, la Bourse à pasieur, le Pissenlit, la Verge d'or, etc. Néanmoins les plantes boréales ou alpines étaient en majorité sur ces pentes, l'y trouvai : te Pigamon des Alpes, la Pédiculaire laponne, le Saule réticulé, la Gentiane des neiges, le Cornouiller de Suéde, etc.

> Le sommet le plus élevé du cap Nord est à 308 mètres au-dessus de la mer. Il est surmonté d'un petit rocher sur lequel les voyageurs gravent leur nom. Même ce dernier rocher n'était pas dépourvu de toute végétation; les petites plaques circulaires de la Parmélie saiatile et de l'Chnbilicaire rongée (qui sont des Lichens), noires comme la roche, s'étaient attachées k elle, et une petite mousse microscopique se cachait dans ses fentes. Sur le plateau, il y avait aussi quelques plantes souffreteuses, dépouillées par les vents, couchées sur le sol, et cherchant abri derrière les plis du terrain qui pouvaient les protéger contre les rafales continuelles qui balayent Te cap Nord. Parmi les arbrisseaux, je trouvai encore le Bouleau nain, le Chamëlédon couché. Les plantes herbacées n'étaient guËre plus nombreuses : c'étaient le Silène acaule, la Diapensie dos Lapons, la Saxifrage à feuillas opposées, etc. ■

Région moyennt. — La région moyenm de l'Europe se compose de tous les pays qui forment les provinces du midi de la Russie, l'Allemagne, la Hollande, la Belgique, la Suisse, le Tyrol, les lies Britanniques, l'Italie supérieure et la plus grande partie de la France. Cett« région, dont les limites rigoureuses seraient difficiles à tracer, est bien distincte de la précédente. Elle est plus douce, plus tempérée; ses forêts sont essentiellement composées du Chêne commun ou Quercus robur, auquel se mâlent le Châtaignier, le Hêlre, le Bouleau, YOrme, le Charme, l'Aune, etc. Mais le Chêne prédomine. Ces arbres, qui perdent leurs feuilles pendant l'hiver, donnent au paysage une physionomie toute particulière et qui varie avec les saisons.

Cette région est presque partout favorable à la culture des céréales. Une ligne oblique, diversement infléchie dans sa

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longueur, qui va de l'ouest h l'est { vers les 47* el 48* parallèles), et remonte un peu plus vers le nord dans cette dernière direction, la divise en deux zones : l'une septentrionale, dans laquelle la Vigne et le Mûrier ne peuvent supporter les rigueurs de l'hiver, dont les forêts se composent souvent de Conifères, où la culture de la Vigne est remplacée par celle du Pommier et du Poirier, et qui renferme plus de Cypéracëes, de Rocacées et de Crucifères que la suivante ; l'autre méridionale, caractérisée par la culture de la Vigne, du Mûrier, du Mais, et dans laquelle commencent à prédominer les plantes de la famille des Labiées.

La figure 406, qui représente une Vue des bords de la Loire en France, donne une idée de la végétation de la région moyenne de l'Europe.

Mgion mèridioTiale. — La Méditerranée forme un vaste bassin dont les bords présentent une végétation, sinon identique, au moins analogue, sur les différents points de son étendue. Les Labiées y abondent, et quelquefois remplissent les airs de leurs suaves parfums. Il faut joindre à ces familles les Caryopbyllèes, Cistinées, Liliacées et Borraginées. La région méditerranéenne tire un de ses principaux caractères de vastes terrains incultes où dominent le CMne à kermès, les fhylÀrea, le Chêne vert et diverses Labiées sous-frutescentes. On retrouve partout ces plantes en Italie, en Espagne, en Grèce, en Algérie et dans le nord de l'Asie Mineure. Cependant une végétation nouvelle apparaît à Rhodes et à Jaffa ; elle se relie à celle de l'Egypte.

La végétation de la région méditerranéenne oEfre le plus souvent un aspect agréable et riant. Des bosquets de Myrtes odorants, d'Arbousiers, de Galtiliers aromatiques, se pressent au bord de la mer. De magnifiques Lauriers-roses, dont les poètes ODt chanté les nobles et élégantes fleurs, dessinent de loin U bord des ruisseaux. En Italie, en Sicile, en Espagne, V Oranger se couvre presque sans interruption de fleurs et de fruits. Les Cuctus raqwttes (Opuntia vulgaris), les Agaves, espèces africaines, devenues ici presque indigènes, forment des haies impénétrables dans Ith parties méridionales de ces mêmes contrées, auxquelles elles donnent un aspect très-pittoresque et très-caractéristique. Les forêts y sont essenUellement forméei par le Chêm veri (tjuereus ilex), dont les feuilles persistent jusqu'à la lin de

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la troisième année, et dont les glands, qui ont une saveur agréable, servent à la nourriture de l'homme; par le Chine-lUge {Quercus suber), auquel se mélangent des arbustes caractéristiques, comme ÏErica arborea, de nombreuses espèces de Cistes à fleurs éphémères, souvent aussi grandes que brillantes, des Cytises, des Genêts odorants, etc.

Parmi les autres espèces caractéristiques de ces heureuses régions, nous citerons des Cyprès, des Pins pignons, Pint SAlep, Pins larieio, des Platanes, et particulièrement VOlwier, qu'on rencontre à peine ailleurs, le Lentisque, le Caroubier, le Grenadier et le Pistachier.

Sur une grande partie des dVtes méridionales de la Sicile, un Palmier, le Chanuxrops humilis, agite ses palmes en éventail, pendant que, dans le voisinage des habitations, le Dattier élève quelquefois, du sein de groupes d'Orangers et de CilTojmiers, son long stipe, couronné d'un élégant panache de feuilles découpées et pendantes.

Il faudrait un volume pour donner une idée de la végétation si riche et si variée de l'Asie. Nous nous bornerons à présenter un tableau rapide des végétaux caractéristiques propres aux régions septentrionale, centrale et méridionale de cette partie du monde.

Bigion septentrionale. — La Sibérie forme une région botanique qui a beaucoup de rapports, d'un côté avec la région hyperboréenne de l'Europe, et d'un autre côté avec la région moyenne. Cependant elle tire un caractère particulier de la prédominance de certaines familles, comme les Légumineuses, les Renonculacées, les Crucifères, les Liliacées, les Ombellifères. Quelques genres s'y font aussi remarquer par le grand nombre de leurs espèces. Nous citerons à cet égard le genre Astragale parmi les Légumineuses, le genre Spirée parmi les Rosacées, le genre Armoise parmi les Composées, le genre Rhubarbe parmi les Polygonées.

■ Là où la chaleur moyenne annuelle est seulement d'environ S à 6' au-dessous de zéro, nous ne pouvons attendre de la couvcr-

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ture végétale des conditions bien variées. Des forêts h feuilles acérées sont formées par le Mélèze de Sibérie , le Mélèze daurique, le Pin de Sibérie, le Pin cimbrique, le Pin sylvestre, etc. Des Peupliers blancs et balsamiques isolés , des espèces naines de Bouleaux, des Cormiers, des Bourdaines, des Aunes, des Saules les accompagnent, pendant que des Hyrtiliers et des Roses des Alpes en forment le taillis.... La composition de la Flore des steppes du Kamtchatka ne s'éloigne pas de celle des pâturages de l'Europe centrale, et plus on se représente ces pâturages comme stériles, plus on est agréablement surpris à la vue des Tulipes, des Iris, ces gracieux ornements que le printemps mêle au gazon. Mais l'Absinthe gnsâtre et monotone leur succède....

« Humboldt assigne aux forêts de l'Oural le caractère de la végétation d'un parc, vu qu'elles offrent alternativement un mélange d'arbres à feuilles acérées et à feuilles rondes, et de magnifiques pelouses. Cet ensemble est complété par des broussailles formées de Rosiers sauvages, de Chèvrefeuilles, de Genévriers, pendant que l'Hespéris, la Polémoine bleue, la Cortuse de Hatthiole, de magnifiques Primevères et Daupbinelles, forment des tapis de fleurs, et que le trèfle d'eau aux fleurs blanches si délicatement découpées fait la grdce des marais.... Humbotdt vit de même, sur les bords de llrtisch, de grands espaces entièrement colorés en rouge par les Épilobes, auxquels s'associaient ailleurs les hautes tiges des Delphînium à fleurs bleues, ou celles de l'œillet rouge feu {Lychnis caicedonica). •

Ces fragments de tableaux , que nous empruntons h l'ouvrage de Maller, les Uerveitks du monde végétai, enlèveront sans doute un peu de cet aspect triste et désolé qu'on prête si aisément aux vastes régions de l'Asie septentrionale.

Région centrale. — Transportons-nous maintenant dans l'Asie centrale, dans la région chinoise et japonaise (Japon et nord de la Chine). C'est dans cette région que se trouvent ces Jfognolias, à grandes feuilles, à fleurs magnifiques, dont la culture se répand dans nos jardins et leur donne une physionomie particulière ; — ces Camellias que l'Europe a naturalisés dans ses serres, dont le feuillage persistant et les larges fleurs font l'adration des artistes, et dont on compte aujourd'hui plus de 700 n-

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riétés; — le Thi (Thea simnsis), aux feuilles si précieuses et dont on importe annuellement en Europe plus de dix millions de kilogrammes ; — l'Aucuba, aux feuilles coriaces et panachées, qui fait aujourd'hui l'ornement des squares parisiens; — le Kersa, dont les fleurs jaunes deviennent doubles par la culture et figurent des roses-pompons; — enfin les genres Célastre, Houx, Fusain, Lagerslrôme, Spirée, Chalef, etc.

Les arbres et arbrisseaux remarquables sont, en outre, le Palmier élégant, connu sous le nom de Rhapis (InbelUforme ; le Mûrier à papier {Broussonetia papyrifera) ; VOlivier odorant, dont les fleurs servent à aromatiser le thé; le Plaqueminivi- Kaki {Diospifros Kaki), à fleurs blanches, k baies d'un rouge cerise, d'une saveur délicieuse, nommées Qgues-caques ; le Néflier du Japon (MespUus Japonica); le Gingko biloba, arbre sacré, que l'on plante autour des temples; des Ifs {Taxas nucifera, verlicUlata), des Cyprès {Cupressus japonica, pendula), des Genévriers, des TTtaya, des Chênes (Opterais glabra, glauca), VAune du Japon, le Noyer ïunr, diverses espèces de Lauriers et i'Érables.

Nous mentionnons parmi les plantes cultivées : le Riz, le Froment, ï'Orge, l'Avoine, le Sorgho, le Sarrasin, le Sagoulier (Cycoê revoluta), le Chou cara'ibe {Caladium esculentum), la Patate (Convolvulus batatas); les Pommier, Poirier, Cognassier, Prunier, Carisier, Abricotier, Pêcher, Néflier du Japon, diverses sortes à'Orangers; les Choux raves. Radis, Igname, Concombre, Courges, Pastèques, Anis(Pimpinelia anisum], Pois, Haricots, Fèves, Sésame, Chanvre^ Mûrier à papier. Colon annuel {Gossypium herbaceum), mélange remarquable qui nous olTre de frappants contrastes que nous aurions pu signaler en commençant, et qui nous transporte à tout moment d'Europe en Asie et d'Asie en Europe.

Ce curieux assemblage de la végétation des tropiques et de celle du nord de l'Europe se reproduit dans l'Asie centrale pour les plantes de culture. Nous venons de voir qu'à côté du Figuier, de la Yigne, du Châtaignier, des Grenadiers, de l'Amandier et des Cilronnia-s, on cultive en Chine et au Japon le Sarrasin, le Froment, le Maïs, VOrge, l'Avoine, la Pomine de terre, l'Asperge, les Melons, les Pois et les Fèves, en même temps que le Riz, r.4rum eseuienlwn et VJgname.

Nous ne saurions nous arrêter ici sur une foule de plantes

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lélî GÉOGRAPHIE BOTANIQUE.

d'ornement.dont beaucoup sont aigourd'hut naturaUséQs eo Europe, comme la Glycine, le Lis du Japon, le Lit tigré, la Primevirt de la Chine, le Magnolia Yvtan, etc.

Région méridûmale. — Cette région comprend les dem presqu'îles de l'Inde. Les fkmilles non tropicales disparaissent, ou se montrent plus rarement. Les familles tropicales paraissent, ou deviennent plus nombreuses. Les arbres ne perdent pas leurs feuilles. Le nombre de végétaux ligneux est plus grand qu'il ne l'est hors des tropiques. Les fleurs sont grandes et magnifiques. Les plantes grimpantes et parasites sont nombreuses.

L'Inde peut être considérée comme la véritable patrie des aromates. La riche nature de ce pays n'est pas moins féconde en productions végétales d'un autre ordre : les arbres propres à fournir du bois de construction y croissent en profusion.

Parmi les plantes arborescentes les plus abondantes dans cette région botanique, nous citerons : les Bombax, Sapindw, Mimosa, Acacia, Cassia, Jambosa, Gardénia; le Diospyros d>enum, dont le bois était célèbre dès la plus haute antiquité par sa couleur noire; des Bignonia; le Tectona grandis, arbre magnifique qui fournit un bois de construction d'une résistance considérable; l'Isonandra guUa, qui produit la substance analogue au caoutchouc, connue sous le nom de gulta'percha, et qui découle des incisions pratiquées au tronc de ce grand arbre; ies Lauriers k écorce aromatique; des Muscadiers (Myristica), dont les semences sont employées comme épice; des Figuier» (Ficus reîigiosa,indica, elaslica) ; àes Palmiers comme les Borassus (Borassus fîabelliformis) aux magnifiques feuilles étalées en éventail, les Cocos; les Sagus ou Sagoutier, dont la moelle foumitune farine très-riche en amidon ; les Calamus, aux tiges grêles et grimpantes, longues souvent de plus de plus de aOO pieds, et dont on fait des cannes connues en Europe sous le nom de joncs; les Âreca (Areca calechu), dont la noix est employée comme masticatoire et qui fournit un cachou très-estimé; le Corypha umbraculifera, dont le tronc, d'une hauteur de 20 à 30 mètres, est couronné d'un ample faisceau de feuilles en parasol d'un diamètre de IS pieds; le Dragonnier, le Baçuoit (Pandanus), le Bambou,etc,

Si maintenant nous jetons un coup d'oeil sur les plantes cul-

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tivées, nous aurons h signaler des végétaux d'une importance capitale. Ce seront : le Ris, le Sorgho, YIgname, la Pistacht d« terre, le Cocotier, cet arbre élégant et utile, qui donne à l'homme de quoi suffire & tous ses besoins, car il lui sert à la fois, conmie nous l'avons déjà dit, à s'abriter, à se vêtir, h se ctiaufTer, à s'éclairer, à se désaltérer et à se nourrir; le Giroflier {Caryophyllus aromatictts), dont la fleur en bouton est envoyée en Europe sous le nom de clou de girofle ; des Poivriers, parmi lesquels nous citerons le Poivre noir, dont les fruits cueillis avant la maturité constituent le poivre, importé parmi nous depuis les conquêtes d'Alexandre, et le Poivre Bétel aux feuilles aromatiques et amëres, qu'on mêle avec la noix d'Arec pour former un masticatoire trèsusité ; le Tamarin ( Tamarindus indica), arbre magnifique, dont les fruits renferment une pulpe d'odeur vineuse et de saveur aigrelette; le Manguier {Mangifera indica), dont le fruit trèsvaaté a un léger goût de térébenthine; le Mangovsuin {Garcinia mangostana), dont la baie renferme, sous un épicarpe amer et astringent, une pulpe délicieuse; le Bananier à baies jaunâtres, longues de 6 à 8 pouces, fournissant un aliment très-nourrissant, qui a le goût d'une pAte de beurre légèrement sucrée; le Jambosa vulgaris, à petites pommes qui répandent dans la bouche l'odeur de la rose ; le Goyavi&' ( Psidium pomiftnim) aux fruits jaunes et gros comme une poire; plusieurs Orangers; des Pastèques, la Canne à sucre et le Café.

On a essayé dans la planche 410 de réunir d'une manière idéale les principales espèces végétales propres â la région botanique qui vient d'être décrite. Sur les plans principaux figurent les espèces rustiques ; sur l'arrière-plan sont quelques végétaux cultivés. A gauche du tableau est le Corypha, surmonté du palmier Arenga h sucre et d'un groupe de B<anbous. Vers le milieu , toujours à gauche,et,prësdu tronc d'un gros Santal,ïe Scinapsm, surmonté du Sagouiier. Le palmier Arecquier étend, au milieu du tableau, sa tige accidentellement infléchie et entourée de quelques lAanes.

A droite est le palmier Borassus, près d'un Bananier, tous deux à l'ombre d'un imposant Manguier. Le Lavrier canntlitr et r/«»nnandra guUa, ou Arbre à gutta-percha, sont à gauche de ce groupe, suivis d'un haut Cocotier.

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Les végétaux cultivés qui se voient à l'arrièire-plan, sont le Poivrier et le iawier camphrier, placés à l'arrière du CoeoUer, et dans le lointain le Muscadier et le GU'oftier, près d'un rideau de Bambous et de Rotangs.

L'i^/Vigue nous présentera, comme l'Asie, trois parties principales bien distinctes : l° la partie septentrionale, qui comprend U région méditerranéenne et le Sahara; S* la partie centrale, ou tropicale ; 3* la partie australe, ou la région du cap de Bonne- . Espérance.

Région méditerranéenne. — Cette région comprend tout le littoral africain baigné par la Méditerranée, en particulier l'Algérie, depuis le versant septentrional de l'Atlas jusqu'à la mer et les pays baignés par le delta du Nil. Cette région d'Afrique offre la plus grande analogie de végétation avec la région méridionale de l'Europe, que nous avons étudiée plus haut.

Par ses étroites affinités avec les contrées correspondantes de l'Europe, l'Algérie sera toujours pour nous le centre principal de colonisation, la région de culture par excellence. Ses riches productions en céréales l'appellent à être le grenier d'abondance de la France.

Dans la région montagneuse inférieure du nord de l'Afrique, on peut se livrer avec avantage à la culture des plantes du centre de l'Europe, La Vigne y prospère assez bien, grâce à la fratcheur que procure l'élévation de ces lieux ; aux environs de Tlemcen, de Milianah, de Mascara, de Médéah, les colons, et même les indigènes, ont entrepris de la cultiver. L'Olivier, si généralement répandu dans l'Afrique septentrionale, constitue l'une des principales richesses des tribus kabyles. Le Chêne-tiége forme des forêts immenses dans la partie inférieure de la région montagneuse du littoral africain ; dans la province de Gonstantine, le CItine-liége est, depuis la conquête de ce pays par la France, l'objet d'importantes exploitations.

M-Cosson, botaniste et voyageur, s'exprime ainsi sur la végétation et sur les cultures du Sahara algérien :

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^ L'ensemble de U région naturelle du Nord de l'Afrique, est caractérisé

surtout par l'extrâme rareté des pluies, la sécheresse de l'atmosphère, des températures extrêmes, l'absence de grands relëvements montagneux et de cours d'eau pennanenta, l'aspect tout spécial de la végétation désertique. .. ; L'ensemble des végétaux croissant spontanément ne dépasse pas le chiffe de 500 espèces. Le plus grand nombre d'entre elles sont vlvaces, croissent en touffes et ont un aspect sec et maigre, un port roide et dur tout à fait caractéristique. Les familles représentées dans le Sahara algérien par le plus grand nombre d'espèces sont : îes Computéei, les Graminées, les Légumineuits, les Crucifères et les Satsolacéet. Parmi les espèces ligueuses on peut citer des Tamarix et le Lentîsque atlantique. Le Ilattier est sans contredit le principal élément de richesse des jardins des oasis ; il y est cultivé non-seulement pour l'abondance et la variété de ses produits, mais encore pour son ombrage qui garantit les autres culturt^s de la violence des vents et maintient dans le sol l'humidité nécessaire h. la TégétatioD.... Outre le Dattier, la plupart des oasis présentent en assez grande abondance le Figuier, le Grenadier, l'Abricotier et souvent la Vigne. Le Pécher, te Cognassier, le Poirier et le Pommier sont surtout plantés dans les jardins des ksours ou dans les oasis situées vers les montagnes; plus rarement on rencontre dans les oasis le Cédratier, l'Oranger, l'Olivier. L'Orge et plus rarement le Blé sont cultivés dans les terrains irrigués du voisinage et dans les intervalles des plantations de Dattiers. Les Oignons, les Fèves, les Carottes, les Navets et les Choux tiennent une large place dans les cultures. 11 en est de même du Piment , dont le fruit , en raison de ses propriétés stimulantes, entre comme condiment dans la plupart des mets arabes. L'Aubergine et la Tomate sont cultivées dans quelques jardins pour leurs fruits comestibles. De nombreuses espèces et variétés de Cucurbitacées (Potirons, Couines, Pastèques) sont semées en été dans les jardins, o£i leurs fruits acquièrent un grand développement. Le Gombo (ffibiicus Mcufentuf) est cultivé çà et là par les nbgres pour ses fruits mucilagineui et comestibles.... Les plantes industrielles ou fourragères principales sont le Chanvre, représenté seulement par une variété naine (Haschich) qui n'est pas employée c«nme plante textile, maïs dont les extrémités sont fumées par quelques musulmans peu fervents. Le Tabac rustique est le seul cultivé , et cette culture n'a quelque importance que dans le Sout. Le Henné {Laiosonia inermtj), dont les feuilles ont été employées récemment dans la teinture en noir, n'existe guère que dans tes oasis des Ziban. i

Région iqualoriale. — La végétation de l'Afrique tropicale n'est encore aujourd'hui qu'îuiparraiteiDent connue, à cause de la terrible insalubrité de ces parages. On y voit, en général, apparaître les mêmes formes végétales qui dominent dans les autres régions des tropiques, ce qui veut dire que des espèces végétales qui sont ordinairement herbacées dans les contrées extra-tropicales, prennent ici l'aspect ligneux. Telles sont les

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plantas de la famille des Rubiacées et de celle des Malvacées. On y coDsUte, par exemple, la disparition presque complète des Crucifères, des Caryophyllées, etc., tandis que les familles qui y prédominent sont les Légumineuses, les Térébiothacées, les Halvacées, Ruhiacées, Acanthacées, Capparidées, Anonacées, etc.

Jetons un coup d'œil sur quelques individualités végétales remarquables propres à l'Afrique centrale.

Sur les côtes humides se développent des fortts impénétrables formées de ManglUrs (Hhizophm'a mangle) et ^Avicennitt (Avicetinia tamenlosa). Des Baiiaiiiers, des Cantiées, àes Amomées, de bizarres Pandanées, des Malvacées gigantesques, comme le Baolx^, des Broméliacées, des Aroïdées, des Àloés, parmi lesquels i'Àloe soccotrina, qui fournit le purgatif qu'on nomme aloès, des Euphorbes charnues, aux formes étranges, impriment un caractère particulièrement remarquable & cette végétation puissante.

Ce serait arracher aui régions centrales de l'Afrique an des plus beaux éléments de leur splendide parure, que de ne point parler de leurs admirables Palmiers. A leur tête se place le Paimer oléifère de Guinée, ou Elaïs Guineeiisis, dont le fruit, de la grosseur d'une olive, contient une si grande quantité d'huile, que ce liquide en découle lorsqu'on le presse entre les doigts; la graine contient une sorte de beurre connu sous le nom de Beurre de Galam. La sève de cet arbre précieux donne du vin, et ses feuilles servent de fourrage aux moutons et aux chèvres. Mais le véritable Palmier vinifère de ces contrées, c'est le Sagoulier (Sagus vinifera). Citons encore le LodcAeea Sechellantm, dont les fruits, plus gros que la tête d'un homme, et du poids de vingt livres, vont flottant sur la mer, et finissent par atteindre ainsi jusqu'aux rivages des Indes.

Un fait digne de remarque, c'est que dans la région qui nous occupe , on observe très-peu de Fougères et d'Orchidées, groupes de végétaux dont les espèces sont, au contraire, extrêmement multipliées dans les autres contrées tropicales.

Parmi les végétaux exotiques que l'on cultive avec succès dans l'Afrique centrale, on compte le Maïs, le Biz, le Sorgho, ï'Ignamt, le Manioc, le CtUadium esculentuni, ou Chou caraïbe, plante de la

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