AFRIQUE. 4SI
familledesAroïdëes, dont le rhizome elles feuilles sont alim ntaires; le Bananûr, le Mangiàer, le Papai/eridontle fruit a la grosseur d'un petit melon, que l'on mange cru ou cuit, el donl la pulpe, mêlée au sucre, forme une marmelade délicieuse; l'Ananas, des Figuiers, le Cafiier, la Canne à mcre, le Gingembre, diverses espèces de Haricots et de Dolics, la Pistache de terre, le Coton, le Tabac et le Tamarin.
La figure 406, qui représente un village de l'Abyssinie, peut donner une idée de la végétation de l'Afrique équatoriale. A cdté de hauts Palmiers et ^e Baobabs, on voit s'étendre des cultures de Riz.
Région méridionale. — Arrêtons enfin nos regards sur la pointe méridionale du continent de l'Afrique.
La région du cap de Bonne-Espérance est la patrie de tous ces Protea, de ces Pelargonivm, de ces Bruykres, de ces Oxalis, de ces Ixia, dont les espèces nonibreuses et variées font l'ornement de nos serres ou de nos parterres. Aucune autre contrée du globe ne peut se comparer à celle du Cap pour la prodigieuse abondance et les dimensions des Bruyères. Là est leur véritable patrie. Tandis que les plaines de l'Europe, ainsi que les Alpes, possèdent à peine une demi-douzaine d'espèces de Bruyères, au Gap il en existe plusieurs centaines. Elles atteignent quelquefois près de 5 mètres de hauteur. Leurs feuilles sont peu développées et aciculaires; mais leurs fleuri sont souvent très-grandes, et décorées de couleurs brillantes, qui varient des nuances les plus tendres aux tons les plus éclatants.
La Flore de cette région est riche en formes végétales ; mais elle est peu riante par son aspect. On n'y voit point de véritables forêts, grandes et sombres ; il y a peu de plantes grimpantes, mais en revanche beaucoup de plantes grasses.
Les familles caractéristiques sont les Restiacées, Iridées, Protéacées, Ericinées, Picoïdées, Oiosmées, Géraniacées, Oxalidées, Polygalées. Parmi les genres caractéristiques, citons:
Les Ixia, les Gladiolus, aux fleurs singulières et bigarrées ; les Hxmanihus, aux corolles écarlates ; les Strelitzia, dont une espèce cultivée dans nos serres est si remarquable par son inflorescence et par ses fleurs bizarres à divisions jaunes et bleues les Protea, aux formes changeantes; les Leucadendron, dont une
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espèce, nommée Arbre d'argent, élève à 10 ou is mètres ses rameaux chargés de feuilles lancéolées, soyeuses et argentées ; les Erica, dont le Cap est, comme nous l'avons dit, la véritable patrie.
Citons encore les Hélicrymm et les Gnaplutlium, Composées corymbifôres, si connues sous le nom d'Immortelles ; les Mesambi-yanlhemum ou Glaciales; les Slaptlia, Asclépiadées sans feuilles, charnues, anguleuses, à fleurs généralement belles, mais h odeur fétide; les Phylica, Rhamnées qui ressemblent à des Bruyères, dont les fleurs sont en petites tètes cotonneuses blanchâtres, et qu'on voit souvent sur nos marchés aux fleurs; les Pelargonium, dont on cultive en Europe des centaines d'espèces variées à l'infini ; les Oxalis; les Sparmannia, arbrisseaux toujours verts, qui font l'ornement de nos orangeries, et dont les fleurs blanches ont des étamines à fllets pourpres et à anthères irritables.
C'est sur les côtes sablonneuses de cette curieuse région botanique qu'abondent les Stapélies, les Iridées, les Glaciales , ]ea Diosma.
Les Bruyères et les Crassuies s'élèvent sur le flanc des montagnes.
I^s végétaux cultivés sont : les céréales, les fruits et les légumes d'Europe, et en outre, le Sorgho des Cafres, la Patau, le Bananitr, le Tamann, le Goyavier.
L'Amérique est la partie de notre globe dont la végétation est la plus riche et la plus variée. Nous essayerons d'en donner une idée succincte, en descendant du nord au sud dans chacun des deux espèces de triangles qui constituent les deux Amériques septentrionale et méridionale.
Amérique du Nord. — La végétation polaire de l'Amérique du Nord est très-analogue à celle de l'Europe et de l'Asie sous les mêmes latitudes. C'est ce qui nous dispensera de beaucoup nous y arrêter. On y voit de la même manière les arbres (S(atle, B<m-
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leau, Peuplier) devenir, par l'action des froids persistants, des arbustes rabougris, ou même prendre la forme herbacée. On y voit de même se presser les Saxifragôes, les Mousses, les Lichens.
Sans nous arrêter aui régions arctiques, nous diviserons le reste de cette immense contrée en deux régions : l'une qui descendra jusqu'au 36* degré et que nous appellerons rigi(m ieplentrionale ; l'autre, qui sera comprise entre le 36* et le 30' degré de latitude, en coustituera la région méridionaU.
La rigUm septentrionale de l'Amérique du Nord a mérité d'être appelée la région des Asters et des Verges d'or (Solidago) . C'est en efletici qu'abondent ces belles Composées, avec les genres Liatris, Rudbechia , Galardia, de la même famille ; des Œtiothères, des Clarkia , des Andromèdes, des Kolmia , charmantes plantes d'ornement, ai^ourd'hui si répandues dans nos parterres, servent de même ji caractériser cette zone végétale.
Parmi les espèces ariîorescentes les. plus abondantes, nous mentionnerons : de nombreuses espèces de Pin, de Sapin, de Mélixe, de Thuya, de Genévriir; 27 espèces de Saules; 35 espèces de Chines ; des Hilres, des Châtaigniers, Charmas, Aunes, Bouleaux, Peupliers, Ormes, Frênes, auxquels se mêlent le Platane d'Occident, \e Liquidambar ou Copalme d'Amérique dont le tronc et les rameaux fournissent des sucs usités en médecine; le Tulipier auxfeuilles singulièrement tronquées, aux fleurs solitaires, dressées, grandes et Jaunâtres; diverses espèces i'Èrables, de Tilleuls, de Robinia, de Noyers.
En même temps que ces espèces arborescentes, si nombreuses, si variées et qui atteignent des dimensions considérables, croissent le Myrica cerifera, qui fournit une cire abondante, retirée du fruit par ébullition; des Groseiltiers à fleurs colorées et ornementales; d'élégantes Andromèdes, des Azalées, des Rhododendrons, des Spirées, qui font l'ornement de nos jardins; des Sumacs, dont une espèce {Rhus loxicodendron) renferme un sucre si acre qu'il produit par le contact des ampoules et des érésipèles et qu'il est très-vénéneui à l'intérieur ; des Ceanolhus, des Hmix, des Bourdaines, etc.
La région méridionale de l'Amérique du Nord, est comprise entre le 30* et le 36' degré. Sa végétation offre quelque ressemblance
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kSk GÉOGRAPHIE BOTANIQUE.
avec celle des tropiques. C'est comme une sorte de flore de transition entre la zone tempérée et la zone torride. On y trouve des Noyers, des Charmes, des Châtaigniers, des Chênes, mais aussi trois espèces de Palmiers parmi lesquels le Chamxrops Palmelto, dont la pousse terminale forme un délicieux légume ; des Yucca; des Zamia parmi les Cycadées; des Passiflores, des Lianes {Bignonia sapîndus), des Codées, des Lauriers. Enfin, à c6té des Tulipiers, des Pavia, des Robinia, s'élèvent les magnifiques Magnolia qui ont ici leur véritable royaume.
On voit que les paysages de cette ré^fion de l'Amérique du Nord sont riches de contrastes.
La Canne à sucre, l'Indigo, le Bis, le Colonnier, te T(à)ac, couvrent les plaines cultivées.
Dans le Missouri, le Texas, l'Arkansas , le Mexique, la grande colonie des Cactées élève ses hautes tiges, bizarrement embranchées ou ramassées sur elles-mêmes : les CacUts opuntia, Cereus, Echinocactus , Melocacius, etc. Le plus remarquable de ces Cactus est sans doute le Cereus giganUus. Il habite les régions les plus inaccessibles et les plus sauvages. 11 lui faut si peu de sol pour atteindre un développement prodigieux I C'est d'abord une sorte d'énorme casse-téle, puis une colonne de 3 mètres, qui commence dès lors à se ramifier et figure bientôt un immense candélabre dont la hauteur peut atteindre 12 mètres.
Nous représentons dans la figure 409 divers Cactus propres au Mexique, d'après le dessin original d'un voyageur français, M. Bende.
Le Mexique peut se diviser, sous le rapport botanique, en trois régions, d'altitudes croissantes. La première s'étend des vallées jusqu'aux forêts de Chênes -. c'est la région des Palmiers, du Cotonnitr,deVIndigo,àe la Canne à sucre, du Caféier et des divers fruits de la zone tropicale. La seconde, située de l Oi)0 mètres à S 650 mètres d'altitude (région tempérée), s'étend depuis les forêts de Chênes jusqu'aux forêts de Conifères. A cette hauteur, la température suffit encore pour mûrir les fruits tropicaux. La troisième région, ou la région froide, occupe l'espace compris entre les Sapins et les neiges étemelles. Elle possède dans plusieurs de ses parties un climat sous lequel le Poirier, le Pommier, le Cerisier et la Pomme de terre, peuvent encore se développer.
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En s'élevant de la base de l'Orizaba, sur les flancs de cette montagne, on voit successivemenl apparaître et se remplacer
MéCBl, CiclKB et «Itwi. MeloculDi. Cactus orginoi.
des Uimosées, Acacias, ColonnUrs, Convotvulus, Bignonîées, Chênes, Palmiers crundinacés, Bananiers, .VyrUf, laurinits, Térébinlhacéts,
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Fougères arborescentes, Magnoliées, Composées arborescentes. Platanes, Aliboufiers , Pommiers, Poiriers, Cerisiers, Abricotiers, Grenadiers, Citronniers, Orangers, Aroïdées, Orchidées , Fuchsia, Cactées, etc., etc.
Amérique du Sud.— En pénétrant sur le continent de l'Amérique du Sud, nous conduirons d'abord le lecteur dans ces plaines immenses de la république de Venezuela, connues sous le nom de lianos. Nous trouverons dans Aleiandre de Humboldt un guide éloquent et fidèle, un peintre autorisé de ces magnificences naturelles.
■ C'est daas la Mesa de Paja par les { ^^ latitude, dit Alexandre de Humboldt, que nous entrJLmea dans le bassin des Llanas. Le soleil Était presque au zénith; la terre, partout où elle se montrait stérile et dépouillée de végétation, avait jusqu'à kS et 50° de température. Aucun souffle de vent ne se faisait sentir à la hauteur k laquelle novs nous trouvions sur nos mulets. Cependant, au milieu de ce calme apparent, des tourbillons de poussière s'élevaient sans cesse, chassés par ces petits courants d'air qui ne rasent que la surface du sol et qui naissent des différences de température qu'acquièrent te sable nu et les endroits couverts d'herbes. Ces vents de sable augmentent la chaleur suffocante de l'air. Chaque grain de quartz, plus chaud que l'air qui l'entoure, rayonne dans tous les sens, et i! est difficile d'observer la température de l'atmosphère sans que les molécules de sable ne viennent frapper contre la boule du thermomètre. Tout autour de nous, les plaines semblaient monter vers le ciel ; et cette vaste et profonde solitude se présentait à nos yeux conuno une mer couverte de varechs ou d'algues pélagiques. Selon la masse inégale de vapeurs répandues dans l'atmosphère etselon le décroissement variable de la température des couches d'air superposées, l'horizon dans quelques parties était clair et nettement séparé. Dans d'autres, il était ondoyant, sinueux et comme strié. La terre s'y confondait avec le ciel. A travers la brume sèche ot des bancs de vapeur on voyait au loin des troncs de Palmiers dépourvus do leur feuillage et do leurs sommets verdoyants; ces troncs paraissaient comme des mâts de navire qu'on découvre à l'horison. Il y a quelque chose d'imposant, mais de triste et de lugubre, dans le spectacle uniforme do ces stoppes. Tout y parait immobile. A peine quelquefois l'ombre d'un petit nuage qui parcourt le zénith et annonce l'approche de la saison des pluies, se projette suria savane.... Les steppes que nous travers&mes sont principalement couvertes de Graminées, de Kil- Ungia, de Cinchrus et de Ptapalum. Aux Graminées se trouvent mêlées quelques herbes delà classe des dicotylédonées, comme des Tvmera, des Malvacées et, ce qui est bien remarquable, de petites Mimoses & feuilles irritables, que les Espagnols appellent Dornuderas. Cette même race de vaches, qui en Espagne s'engraisse de sainfoin et de trèfle, trouve ici une excellente nourriture dans les Sensitives herbacées. A l'est, dans les
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UaDOs du Caire et de Barcelona, le Cypura et le Craniolaria, dont la belle fleur blanche a 6-8 pouces de long, s'élèvent isolés parmi les Graminées. Les pâturages sontles plus gras non-seulement autour des rivières sujettes aui inondations, mais aussi partout où les troncs des Palmiers sont les plus rapprochés. Les lieux entièrement dépourvus d'arbres sont les moins fertiles. On ne peut attribuer cette différence à l'abri que donnent les Palmiers en empêchant les rayons du soleil de dessécher et de brûler le sol. J'ai vu, il est vrai, dans les forêts de l'Orénoque des arbres de cette fomilie qui offraient un feuillage touffu, mais ce n'est pas du Palmier des Uaaos [Corypha teetoritm) qu'on peut vanter l'ombrage. Ce Palmier n'a que très-peu de feuilles plisaées et palmées comme celles du Chanuerog.s et dont les inférieures sont constamment desséchées..,. Outre les troncs isolés de ce Palmier, on trouve aussi çà et là dans la steppe quelques groupes de Palmiers, de vrais bosquets dans lesquels le Corypha est mêlé à un arbre de la famille des Protêacées et qui est une nouvelle espèce de Rhopala i. feuilles dures et réaonnaiiles. ... Le Corypha s'étend dans les Uanos de Caracas, depuis la Mesa de Paja jusqu'au Guayaval; plus au nord et au nord-ouest, il est remplacé par une autre espèce du même genre, à feuilles également palmées, mais plus grandes. Au sud du Guayaval dominent d'autres Palmiers, surtout le Piritu à feuilles pennées et le Murichi. C'est le Sagoutier de l'Amérique qui fournit de la farine, du vin, du fll pour tisser des hamacs, des paniers, des filets et des vêtements. Ses fruits, en forme de cdnes de Pin elcouverts d'écaillés, sont parfaitement semblables à ceux du Gatamus Rotang. Ils ont un petit goût de pomme. La Dation des Guaraous, dont toute l'existence est pour ainsi dire étroitement liée à celle du Palmier Murichi (Mauritia fUjuiisa], en retire une liqueur fermentée acidulé et très- rafraîchissante. Ce Palmier à grandes feuiUes luisantes et pUssées en éventail conserve une belle verdure à l'époque des plus grandes sécheresses. Sa vue seule produit une agréable sensation de fraîcheur, et le Murichi chargé de fruits écailleui contraste singulièrement avec le triste aspect de la Palma de Cobîja, dont le feuillage est toujours gris et couvert de poussière, •
' Quelle difTérence de végétation , si nous nous élevions de la contrée basse delà partie centrale deTAmérique, vers les hautes crêtes des Cordillères I Là des tourbillons de neige et de grêle succèdent chaque jour, et pendant plusieurs heures, au rayonnement du soleil. Élevons-nous sur les Andes , entre le 20* degré de latitude méridionale et lo 5° degré de latitude septentrionale, à une hauteur de 1650 à 3000 mètres.
Les formes extratropicales apparaissent ou deviennent plus abondantes. Telles sont des Graminées, des Amentacées (C/tén«f, Sauta), des Labiées, des Éricinées, de nombreuses Composées, des Caprifoliacéea, Ombellifères, Rosacées, Crucifères, Renonculacées. Au contraire, quelques formes tropicales s'éteignent
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ktB GEOGRAPHIE BOTANIQUE.
ou deviennent plus rares; cependant des espèces isolées de Palmiers, de Poivriers , de Cactées, de Passiflores et de Hélaslomes s'élèvent encore à une hauteur notable.
Parmi les végétaux ligneux les plus abondants , nous citerons le Ceroxylon andieola, le plus haut de tous les Palmiers, qui atteint jusqu'à 60 mètres, et produit une cire qui exsude de ses feuilles et surtout de la base de leurs pétioles; le Saule et le Chênt de Hwmbotdt; plusieurs espèces de Cinchona, de Ovinquma, qui régnent ici en souverains; des Houx, des Andromèdes, des ria, etc.
Les végétaux qui sont cultivés entre les tropiques aux environs de Mexico et dans l'Amérique du Sud jusqu'à la rivière des Amazones, disparaissent presque entièrement ici. Cependant on cultive encore dans cette région le Maïs et Je Café, ainsi que les grains et les fruits d'Europe, les Pommes de terre et le Cheno- ■podium chxnoa, dont les semences, réduites en bouillie, servent de nourriture aux habitants des montagnes.
Si, à la même latitude géographique, nous nous élevons, sur ces mêmes Andes, à 3000 mètres au-dessus du niveau de la mer, les formes tropicales ont presque entièrement disparu ; au contraire, celles qui caractérisent les températures froides et les zones polaires deviennent abondantes. Il n'y a plus de grands arbres; des Aunes, des Airelles, des Thibaudia, des Grostilliers , des Escallonia aux feuilles amères et toniques, dont c'est ici le royaume, des Houx, des Drymis, sont les arbrisseaux propres à ces régions, que caractérisent encore ces curieuses Calcéolaires & corolle en forme de sabot, dont les semis ont donné à l'horticulture des variétés qui se multiplient à l'infini. Citons encore parmi les familles caractéristiques les Ombellifères, les Caryophyllées, les Crucifères, les Cypéracées, les Mousses, les Lichens.
Revenons à des districts végétaux plus circonscrits.
Le climat de Caracas a été souvent nommé un printemps perpétuel. Que peut-on, en effet, imaginer de plus délicieux qu'une température quise soutient, le jour entre 16° et 20*, la nuit entre 16* et 18*, et qui favorise à la fois la végétation du Bananitr, de l'Oranger, du Caféier, du Pommkr, de Y Abricotier et du Froment? Selon de Humboldt, la flore de Oracas est principalement caractérisée par les plantes suivantes ; Vemonia odoratissima (dont les
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fleurs ont une odeur délEcieuse d'Héliotrope), Œillet d'Inde de Caraeas, Ghfcine ponctuée, AmaranU de Caracas, Daiura arborescent, SavXe dt Humboldt, Thôophratta à longues feuiiies, Inga cendré, Inga fastueuœ, Érytlmne, etc.
Nous ne quitterons pas ces régions fortunées sans signaler au lecteur deux arbres bienfaisants : le Tfuobroma cacao et \' Arbre de la ffoc/w. Tout le monde sait que c'est avec les graines grillées, écrasées et additionnées de sucre, du Theobroma cacao, que l'on fabrique te chocolat. H. de Humboldt nous donne sur VArbre de ia vache les renseignements suivants :
• Ce bel arbre, dit l'itlustre voyageur, a le port du Caimitier ( ChrytojAyUum ainilo). Le fruit est peu charnu et renferme une et quelquefois dem noiï. Lorsqu'on fait des incisions dans le troDc de V Arbre de la vache, il donne en abondance un lait gluant, assez épais, dépourvu de toute ftcreté et qui eihale une odeur de baume trËS'ngrf^able. On nous en prËsenta daos des fruits de calebassier. Mous en avons bu des quantités considérables le soir avant de nous coucher et de grand matin, sans en éprouver aucun effet nuisible. Les nègres et les gens libres qui travaillent dans les plantations le boivent en y trempant du pain de mais et de manioc. Le majordome de la ferme nous assura que les esclaves engraissent sensiblement pendant la saison où le Palo de vacta leur fournit le plus de lait.
t Ce ne sont point ici, ajoute M, de Humboldt, les suberbea ombrages des forêts, ni le cours majestueux des fleuves, ni ces montagnes eoveloDpées d'étp;rneis frimais, qui excitent notre émotion. Quelques gouttes d'uD Huc végétal nous rappellent toute la puissance et la fécondité de la nature. Sur le flanc aride d'un rocher croit un arbre dont les feuilles sont sèches et coriaces. Ses grosses racines ligneuses pénétrent à peine dans la pierre. Pendant plusieurs mois de l'année, pas une ondée n'arrose son feuillage. Les branches paraissent mortes et desséchées ; mais lorsqu'on perce le tronc, il en découle un lait doux et nourrissant, t
Peindrons-nous maintenant les sauvages beautés des forêts inextricables de la Guyane ? Promènerons-nous le lecteur dans ces savanes immenses, qu'animent des gramens, des touffes de Myrtacées, des Orchidées, des Mélastomes, pendant que d'élégants Palmiers composent, çàet là, des groupes pittoresques ? Le ferons-nous naviguer sur les tranquilles fleuves de l'heureuse Guyane, sur les eaux desquels s'étale le splendide Ywtoria regia, la reine des Nymphéacées?
Pour pénétrer au cœur même de la végétation du Bri'sil, cette région des Palmiers et des Mélastomes , cette terre promise des
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naturalistes, nous prendrons pour guide M. M. HarUna et Auguste de Saint-Hilaire, qui en ont décrit avec exactitude les merveilles végétales.
Au nombre des différentes espèces de Palmiers que possède le Brésil, il faut citer : le Cocotier, le Palmilo ÇEulerpe oleracea), le plus élégant de tous ces princes du règne végétal ; YAtiaiea fwitfera, dont les spalhes Tournissent un véritable tissu d'une grande résistance; le Ginsi ou Diplolhemium littorale, dont les fruits orangés contiennent un noyau trës-dur dans lequel est une amande excellente; le Buriti {Maurilia vinifera), dont le stipe fournit par incision une sève vineuse recherchée; des Euterjtes, des Ckamxdorea, Baciris, Œiiocarpus, Corypha, etc.
Les forêts du Brésil sont riches en bois estimés pour la teinture, la charpente et l'ébénisterie (bois du Brésil, bois de rose, bois de fer, palissandre], et en plantes utiles par leurs fruits comestibles ou leurs propriétés médicinales. Le Caféier, la Cannt à sucre, le Cotonnier, le Tabac; les plantes à caoutchouc, le Manioc, le Hiz, le Mais, le Cacao, l'Ananas, l'Indigotier, le Bananier, sont au Brésil l'objet principal des cultures. La végétation esl extrêmement variée, parce que l'exposition et la hauteur des diverses provinces offrent de grandes différences. On y voit d'arides campos, où des touffes d'arbustes nains forment, avec les Graminées, les Ëriocaulonëes et les Xyridées, des plaines onduleuses d'un triste aspect; mais on y rencontre ces admirables forêts vierges, dont l'image est restée gravée dans l'esprit de tous ceux qui ont lu des relations pittoresques de voyages.
L'aspect des forêts du Brésil varie selon la nature du sol et la distribution des eaux qui les parcourent. Si ces forêts ne sont pas le siège d'une humidité constamment entretenue, si celte humidité est seulement renouvelée par des pluies périodiques, la sécheresse détermine un arrêt dans la végétation, 4]ui devient intermittente, comme elle t'est dans nos climats, (i'est ce qui se passe dans les Caiingas. Excitée, au contraire, sans cesse par ses deux agents principaux, l'humidité et la chaleur, la végétation des forêts viei^es, dont Auguste de Saint-Hilaire va nous offrir l'éloquent tableau , se maintient dans une continuelle activité. L'hiver ne s'y distingue de l'été que par une nuance de teinte dans la verdure du feuillage, et si quelques arbres y per-
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dent quelquefois leurs feuilles, c'est pour reprendre aussitôt une parure nouvelle. Écoutons maintenant le botaniste français -.
t Lorsqu'un Européen arrive en Amérique, dît Auf^uste de Saiot-Hilairi:, et que, dans le lointain, il découvre les bois vierges pour la premiËre fois, il s'étonne de ne plus apercevoir quelques formes singuEâres qu'il a ad' mirées dans nos serres et qui soat ici confondues dans les masses. Il s'étonne de trouver dans les contours des forêts aussi peu de différence entre celles du Nouveau-Monde et celles de son pays, et si quelque chose le ^appe, c'est uniquement la grandeur des proportions et le vert foncé des feuilles qui, sous le ciel ta plus brillant, communiquent au paysage un aspect grave et austère.
t Pour connaître toute la beauté des forêts ôquinoïiales, il faut s'enfoncer dans ces retraites aussi anciennes que le monde. Là, rien ne rappelle la fatigante monotonie de nos bois de chênes et de sapins; chaque arbre a un port qui lui est propre, chacun a son feuillage et offre souvent une teinte de verdure différente. Des végétaux gigantesques qui appartiennent aux familles les plus éloignées, entremêlent leurs branches et confondent leur feuillage. Les Bignoniées à cinq feuilles croissent i. côté des Cxialpirtia, et les feuilles dorées des Casses se répandent en tombant sur des FougËres arborescentes. Les rameaui mille fois divisés des Myrtes et des Evgenia font ressortir la simplicité élégante des Palmiers, et parmi les Mimoses aux folioles légères, le Cecropia étale ses larges feuilles et ses branches qui ressemblent à d'immenses candélabres. Il est des arbres qui ont une écorce parfaitement lisse; quelques-uns sont défendus par des épines, et les énormes troncs d'une espèce de Figuier sauvage s'étendent en lames obliques qui semblent les soutenir comme des arcs-boutants.
( Les fleurs obscures de nos Hêtres et do nos Chênes ne sont guère aperçues que par les naturalistes ; mais dans les forêts de l'Amérique méridionale, les arbres gigantesques étalent souvent les plus brillantes corolles. Les Casiia laissent pendre de longues grappes dorées; les Vochysiées redressent des thyrses de fleurs biîarres; des corolles tantôt jaunes et tantôt purpurines, plus longues que celles de nos digitales, couvrent avec profusion les Bignoniées en arbre, et des Chorisia se parent do fleurs qui ressemblent i. nos Lys pour la forme , comme elles rappellent VAIistramtria pour le mélange de leurs couleurs.
■ Certaines formes végétales qui ne se montrent chez nous que dans les proportions les plus humbles, Ik se développent, s'étendent et paraissent avec une pompe inconnue sous nos climats. Des Borraginées deviennent des arbrisseaux; plusieurs Euphorbiacées sont des arbres majestueux, et l'on peut trouver un ombrage agréable sous leur épais feuillage,
( Mais ce sont principalement les Graminées qui montrent le plus de diflTérence entre elles et celles da l'Europe. S'il en est une foule qui n'acquiert pas d'autres dimensions que nos Brumes et nos Fétuques, et qui, formant ainsi la masse des gazons, ne se distinguent des espèces européennes que par leurs tiges plus souvent rameuses et leurs feuilles plus larges , d'autres s'élancent jusqu'à la hauteur des arBres de nos forêts et présentent le port le plus gracieux. D'abord, droites comme des lances et
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terminées par uDe pointe ai^e, elles n'offrent à leurs entrenœuds qu'une seule feuille, qui ressemble ^ une large écaille; celle-ci tombe; de son aisselle naît une couronne de rameaux courts, chargés de feuilles vérila> blés : la tige des Bambous se trouve ainsi ornée, i des intervalles réguliers, de charmants verticilles; elle se courbe et forme entre les arbres des berceaux élégants.
■ Ce sont principalement les lianes qui communiquent aux forêts les beautés les plus pittoresques ; ce sont elles qui produisent les accidents les plus variés. Ces végétaux, dont nos Chèvrefeuilles et nos Lierres ne donnent qu'une bien faible idée, appartiennent, comme les grands végétaux, à une foule de familles différentes. Ce sont des Bignoniêes, des Banhinia, des Cisiua, des Hippocratées ; et si toutes ont besoin d'un appui, chacune a pourtant un port qui lui est propre. A une hauteur prodigieuse, une Arolde parasite ceint le tronc des plus grands artires. Les marques des feuilles anciennes qui se dessinent sur sa tige en forme de losange 1& font ressembler à la peau d'un serpent; cette tige donne naissance à des feuilles larges, d'un vert luisant, et de sa partie inférieure naissent des racines grêles qui descendent jusqu'à terre, droites comme un fil à plomb. L'arbre qui porte le nom de Cipo^Matador, la Liane meurtrière, a un tronc aussi droit que celui de nos peupliers ; mais trop grâ!e pour se soutenir isolément, il trouve un support dans un arbre voisin plus robuste que lui ; ii se presse contre sa tige, à l'aide de racines aériennes qui, par intervalles, embrassent celles-ci comme des osiers flexibles; il s'assure et peut défier les ouragans les plus terribles. Quelques lianes ressemblent k des rubans ondulés, d'antres se tordent et décrivent de larges spirales; elles pendent en festons, serpentent entre les arbres, s'élancent de l'un h l'autre, les enlacent et forment des masses de branchages de feuilles et de fleurs, où l'observateur a souvent peine à rendre i. chaque végétal ce qui lui appartient.
• Mille arbrisseaux divers : des Mêlastomées, des Borragiuées, des Poivres, dos Acanthacées, naissent au pied des grands arbres, remptisswit les intervi Iles que ceux-ci laissent entre eux, et oflrent leurs Deurs K» naturaliste, le consolent de ne pouvoir atteindre celles des arbres gi^nntesques qui élèvent au-dessus de sa tête leur cime impénétrable aux rayons du soleil. Les troncs renversés ne sont point couverts seulement d'obscurs cryptogames ; les Tillandsia, les Orchidées aux fleurs bisaires leur prêtent une parure étrangère, et souvent ces plantes elles-mèmas servent d'.tppui k d'autres parasites. De nombreux ruisseaux coulent ord^ nairement dans les bois vierges; ils y entretiennent la fraîcheur; ils atfrent au voyageur altéré une eau délicieuse et limpide, et sont bordés 4fe tnpis de Mousses, de Lycopodes et de Fougères, du milieu desqndln. naissent des Bégonia aux tiges délicates et succulentes, aux feuilles ttft> gales, aux fleurs couleur de chair, i
La figure 413 est la reproduction d'une gravure célèbre publiée vers 1825 lia ForH vierge du Brésil, d'après le tableau de M. le comte de Forbin, directeur des musées loyaux.
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Jetons enfin un coup d'oeil sur la végétation des contrées du grand continent américain situées au-dessous du tropique du Capricorne, et qui constituent le Chili, La Plala, la Patagonie-
Deux Palmiers se retrouvent encore au Chili : c'est le Jubxa spectabilis et le Ceroxylon australe. L'n arbre magnifique, VAraucatia imbricala qui élève à 50 mëtres ses rameaux verticillés horizontalement et couverts de feuilles épineuses, y forme de vastes forôts. DesGraminées, des Fougères, des Labiées, desOmbellifères, des Fuchsia, des Loasées, des buissons de Myrtacées et de Laurinées, mais particulièrement des Composées ligneuses, forment le fond de la végétation.
Dans les forêts, encore peu connues du Paraguay, situées le long de l'océan Atlantique, on trouve des Composées ligneuses et le Maté de l'Amérique méridionale, qui représente YArbre à thé de la Chine : c'est un Houx (Ilex paraguayensis) qui fournit cette précieuse denrée. Le Paraguay expédie annuellement 5 600 000 livres de maté.
Dans la République Argentine, Aug. de Saint-Hilaire ne trouva que 500 espèces de plantes, parmi lesquelles 1 5 seulement appartiennent à des familles qui ne sont pas européennes.
Mais atteignons la plage méridionale de la Patagonie ou les Falklands. Quelques Graminées et Cypéracées brunes et coriaces {Dactylis cxspitosa, Carex trifidn), le Bolax gtebaria, VOxalU à neuf feuilles, la Carilaviine glaciale, une Véronique, une Calcéolaire, un Aster, YOpunlia Darwinii, le Lomaria magellanica parmi les Fougères arborescentes, des ronces, des buissons â'Airelles ou d'Arbousiers, tel est à peu près le bilan végélal de ces landes désertes, où régnent la Housse, l'Hépatique et le Lichen.
Nous voici parvenu à la partie méridionale de l'Amérique du Sud. Nous approchons de la région polaire australe; par conséquent la végétation va presque entièrement cesser, et nous allons retrouver sur ce sol glacé les caractères généraux de la végétation des pâles.
Sur la rw« de feu d'épaisses forêts recouvrent les montagnes, là où elles sont abritées contre le ven! jusqu'à une hauteur de 500 mèlres. Le Hêtre à feuilles de bouleau y prédomine ; puis vient le Hêtre antarciique, le Hêtre de Forsler qu'accompagnent des buissons de Berberis, de GroselUiers, etc.
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A l'Ile de l'Hermite, le point le plus méridional, on retrouve encore un peu de végétation arborescente. Hooker y a observé 84 plantes munies de fleura et beaucoup de cryptogames. Un Champignon constitue l'une des principales substances alimentaires des misérables habitants de ces contrées glaciales.
La faune et la flore de l'Australie sont tellement différentes de celles des autres parties du monde que, dans l'état actuel de nos connaissances géologiques, il parait impossible de considérer cette partie du monde comme contemporaine des autres. L'étude des animaux et des plantes de l'Océanie porte le naturaliste à penser que ces contrées renferment une création organique en arrière sur celle du reste de la terre, et à faire admettre dès lors qu'elle a apparu postérieurement aux continents de l'Europe, de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique. On se croirait transporté à l'époque secondaire ou tertiaire. En effet, tous les* Marsupiaux appartiennent à un type de mammifères inférieurs que l'on ne trouve plus que dans les terrains jurassiques k l'état fossile, et les végétaux présentent des anomalies telles, qu'ils ressemblent davantage à ceux de l'époque tertiaire qu'à ceux de nos jours. Ils présentent des formes plus anciennes que celles des végétaux contemporains. Plus des neuf dixièmes des espèces qu'on trouve entre les 33* et 35° degré sud de la Nouvelle-Hollande, sont absolument propres à ces régions. Plusieurs consti* tuent des familles complètement distinctes; d'autres forment des familles qui sont à peine représentées sur d'autres points du globe. Celles mêmes qui appartiennent à des groupes connus et répandus, déguisent leurs affinités naturelles sous des formes tellement insolites qu'on les a nommées les masques du rigne végétal. Les espèces de deux genres, YEucalyptut parmi les Hjrtacées , Y Acacia parmi les Légumineuses, forment peut-être, ptr leur nombre et par leurs dimensions, la moitié de la végétation qui couvre ces terres. Leurs feuilles sont réduites à des pbytlodes. Ces phyllodes, et même aussi les limbes de feuilles vérita-
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