‹ Histoire des plantes (volume 5)Chapitre 12 sur 106 · TA ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE · texte numérisé non relu

TA ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE

appliquées bout à bout, et comme enchevêtrées de manière à constituer un tissu dit fibreux, très-difficile à entamer lorsqu'on Je coupe en travers, mais se divisant très-facilement, au contraire, lorsqu'on l'attaque longitudinalement. Les parois de ces fibres épaisses présentent fréquemment des parties non épaissies qui se présentent sous la forme de ponctuations.

Les fibres ligneuses ne sont pas les seuls éléments constitutifs du bois. Coupez transversalement un rameau de Vigne (plante chez laquelle les éléments dont nous voulons parler acquièrent un volume considérable), et appliquez l’œil à un bout; si le rameau est droit, vous pourrez apercevoir le jour à l’autre bout. Si vous examinez, soit à l’œil nu, soit à la loupe, la surface de section de ce même rameau, vous pourrez reconnaître qu'elle est percée d’un nombre considérable de petites ouvertures, d’inégal volume. Introduisez un cheveu ou un fil très-fin dans une de ces ouvertures béantes, et vous arriverez à faire apparaître ce fil à l’autre extrémité du rameau. Il existe donc, dans l’intérieur de ce rameau de vigne, des canaux continus. Ces canaux, formés d’une paroi propre, portent le nom de vaisseaux.

Si l’on coupe avec netteté une portion de la surface transversale d’une bûche de Chêne ou d'Orme, on s'apercevra que le bord interne de chaque zone ligneuse présente un certain nombre de petits trous, distincts à l’œil nu ou à l’œil armé d’une simple loupe, et qui sont les orifices de vaisseaux assez volumineux. Dans l'épaisseur de la zone ligneuse les vaisseaux sont beaucoup plus petits et parfois presque indistincts. Si l'on soumet au même examen le bois de Charme, de Tilleul ou d'Érable, le bord interne de la zone n’est plus occupé par de gros vaisseaux; elle est presque tout entière criblée par les ouvertures de vaisseaux plus petits et plus égaux entre eux, et qui deviennent indistincts vers le bord externe de chaque zone. Ces vaisseaux portent le nom de vaisseaux lymphatiques.

Quelle est la structure de ces divers vaisseaux? Ils ressemblent à un cylindre qui offrirait, de distance en distance, des étranglements plus ou moins marqués, et des lignes transversales qui les divisent en autant d'articles superposés. A ces étran-

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glements, à ces lignes, correspondent parfois, à l'intérieur du vaisseau, des débris de diaphragmes transversaux. En un mot, ces cylindres paraissent formés de cellules mises bout à bout, et dont les cloisonsse seraient détruites. Leurs parois extérieures offrent des ponctuations, des raies, des réseaux, souvent du plus bel effet, et qui résultent des inégalités d’épaississement que ces parois ont subi, inégalités qui obéissent à certaines lois de régularité et d’élégance.

La figure 42 représente les vaisseaux du Meloh. D'après l'aspect particulier que présentent leurs tuniques extérieures, qui sont marquées de petits points, de sillons etde raies, on les nomme vaisseaux ponctués elvaisseaux rayés.

Il est une partie spéciale du bois dans laquelle les vaisseaux sont pourtant d'une nature différente de celle que nous venons d'indiquer ici. On les trouve autour de la moelle, dans la portion la plus interne du cercle ligneux, et jamais ailleurs. Ces vaisseaux, avec les fibres peu épaisses qui les accompagnent, ont reçu, et gardé malheureusement, le nom d’étui médullaire. 5 à Il n’y a, en effet, ici qu'une réunion de… —— E vaisseaux et aucune sorte d’étui. L'image y isseaux Re nee Soie que ce mot rappelle n’est pas de nature tués et vaisseaux rayés du Melon.) à faire comprendre l’importante modification de structure que nous signalons dans les vaisseaux les plus internes du cercle ligneux. On donne à ces vaisseaux le nom de trachées.

La figure 43 représente, vue au microscope avec un très-fort grossissement, cette partie centrale des arbres, improprement désignée sous le nom d’étui médullaire. On voit les trachées, c’està-dire les vaisseaux dont nous parlons, touchant d’un côté à la moelle, qui est au centre du végétal, et de l’autre aux fibres ligneuses.

La structure des trachées est bien singulière. Ce sont des sortes

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de fibres allongées, plus effilées encore à leurs extrémités. On croirait au premier aspect que ces vaisseaux sont très-finement rayés en travers et que leur tunique externe est continue ; mais si l’on vient à exercer sur eux la plus légère traction, on les voit se dérouler, comme un ressort à boudin. Ces vaisseaux sont donc formés d'un fil spiral contourné en hélice et à tours -. de spire contigus. Tous ces tours de spire sont réunis par une membrane; mais cette membrane est si prodigieusement mince qu'il est difficile d’en retrouver les traces lorsque la spire a été déroulée.

Une dernière particularité à signaler dans la section de la tige d’un arbre de nos forêts est cet assemblage de lignesdivergentes qui portent le nom de rayons médullaires. Il est facile de voir, sur une coupe transversale d'une tige d'arbre, que la masse du bois est traversée par un grand nombre de

|| lignes rayonnantes, qui partent toutes de (|| l'écorce, pour converger vers la moelle.

Mais elles n’y arrivent pas toutes; il en est

, un certain nombre qui s'arrêtent dans des:

|1!! couches plus ou moins profondes, sans at- |

|| teindre jusqu’à la moelle. Ces lignes rayon-

| nantes résultent de la section transversale | de lames cellulaires dont on voit ainsi la RC Dee tranche et dont la longueur et l'épaisseur de la moelle. et des fibres SON variables.

ligneuses, La figure 44 représente les rayons médullaires d'un tronc de Chêne-liége sur une coupe pratiquée horizontalement.

La figure 46 montre les mêmes organes dans une tige d’Érable coupée dans le sens horizontal et grossie au moyen du microscape. RM sont les rayons médullaires qui vont du centre à la circonférence de la tige. Les trachées, les fibres ligneuses et les vaisseaux, sont représentés par les’ lettres T, FL, V, et la moelle par la lettre M.

La plupart des arbressont pourvus de rayons médullaires d'une seule espèce; quelques-uns seulement présentent à la fois des rayons plus épais et des rayons plus minces. Ainsi, dans le

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Fig. #4. Rayons médullaires d'un tronc de Chéne-liége (coupe horizontale).

Chêne ou le Charme on trouve à la fois des rayons minces et des

rayons épais, tandis que dans‘ les Saules et dans l’Érable les rayons sont sensiblement égaux.

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