‹ Histoire des plantes (volume 5)Chapitre 14 sur 106 · LA · texte numérisé non relu

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Fig. 46. Récolte de l'écorce du Chéne-liége.

suber, et par conséquent les couches vivantes et sous-jacentes de l'écorce. Cette opération peut se pratiquer dès que les arbres ont 25 à 30 centimètres de circonférence; elle se fait pendant l’été. On commence par creuser dans l'écorce une entaille longitudinale et plusieurs incisions transversales, distantes les unes des autres de 1 mètre. On bat l'écorce, pour rompre l'adhérence du liége, et on la sépare des tissus sous-jacents, sous la forme de tronçons cylindriques, à l’aide du manche d’une cognée, courbé et aminci à son extrémité (fig. 46).

Le Chêne-liége est un arbre propre aux pays chauds; l’Algérie possède beaucoup de forêts de cet arbre en exploitation. Les récoites du liége se font ordinairement de huit en huit ans dans chaque forêt. \

Le suber repose immédiatement sur une masse cellulaire bien différente. En effet, les cellules qui constituent cette couche sont polyédriques ; elles sont plus épaisses et plus lâchement unies. Elles sont colorées en vert. Cette coloration est due à la présence de la chlorophylle, matière propre à tous les organes verts des végétaux, et qui est appliquée à la face interne de la paroi cellulaire. La chlorophylle se présente, à l’état adulte, sous la forme de globules arrondis, très-petits, formés d’une substance albuminoiïde et de matière grasse, renfermant quelquefois dans leur intérieur de petits noyaux d’amidon et paraissant pénétrés superficiellement de la matière colorante verte.

Aux trois formations corticales que nous venons de signaler, il faut en ajouter une quatrième, qui porte le nom de Liber, et qui paraît généralement formée d’assises composées alternativement d'éléments à parois épaisses et d'éléments à parois minces. Les premières sont des fibres d’un blanc brillant, plus longues et plus grêles que les fibresligneuses ; leurs parois, très-épaisses, sont souvent ponctuées et extrêmement tenaces.

Les fibres du liber rendent à l’industrie des hommes un important service, puisqu'elles fournissent les matériaux des cordages, des fils et des tissus les plus solides. Nous représentons dans la figure 47 les fibres du Chanvre comme exemple vulgaire de l'élément végétal connu sous le nom de liber. Ces fibres sont réunies en faisceaux. Ces faisceaux, disposés en cercles concentriques et fréquemment anasto-

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mosés entre eux, constituent des couches superposées trèsminces, qui représentent comme une sorte de toile, d’un tissu plus ou moins lâche. On avait anciennement comparé l'ensemble de ces couches à un livre dont chaque feuillet serait formé par une couche : de là le nom, assez impropre, de liber.

Les assises d'éléments à parois minces sont formées de cellules qui, au printemps, renferment de la fécule et de fibres très-remarquables, dont les parois, très-minces, offrentdes ponctuations

volumineuses, occupées par un grillage d'une délicatesse admirable, par un réseau dont les mailles n'ont souvent pas plus de 55 de ligne en diamètre. Ces fibres, dont le rôle physiologique paraît considérable, portent le nom de fibres grillagées.

Nous ne terminerons pas l'examen de l'écorce sans signaler l'existence d’un produit qui, dans ces dernières années, a singulièrement occupé les botanistes :

nous voulons parler du latex et des vaisseaux laticifères.

Dans l'écorce et dans la moelle de certains arbres on a reconnu la présence de vaisseaux très-différents de ceux dont LIL | { nous avons parlé jusqu'ici. Ces vaisseaux

HALIIT TI VI sont remarquables à la fois par leur struc-

Fig. 47. Fibres libériennes ture et par leur contenu. Ce sont des

a tubes, simples ou ramifiés, qui tantôt sont complétement indépendants, tantôt se rattachent les uns aux autres en un tout continu. Tandis que les vaisseaux du bois sont formés de cellules que l’on peut séparer les unes des autres par l’emploi de moyens convenables, les cellules qui constituent les vaisseaux (aticifères sont au contraire si intimement fondues entre elles, qu'aucune action ni chimique ni mécanique ne peut les séparer.

Les vaisseaux laticifères contiennent un suc généralement coloré. On constate aisément, sous le microscope, que ce liquide

se compose d’un sérum incolore, tenant en suspension des glo bulestrès-nombreux et très-petits, auxquels il doit sa coloration. Ce liquide se nomme latex. Mais ce qui frappe surtout l’observateur, c’est le mouvement de circulation qui est propre au latex. La transparence des parois vasculaires et la présence des granules rendent ce mouvement très-sensible.

Le latex abonde dans certains végétaux. Placez sur le porteobjet du microscope, et sous une mince lame de verre, une jeune feuille de grande Chélidoine (fig. 48) tenant encore au rameau, ou bien un sépale de la même plante, dont le latex est jaune orangé, ou bien encore un pétale de Pavot, dont le latex est blanc, une stipule du Figuier élastique, etc., on verra, dans tous ces cas, le latex descendre dans une branche du réseau des vaisseaux laticifères, remonter dans une autre, revenir quelquefois à son point de départ, en un mot, circuler avec une rapidité d'autant plus grande, que latempérature estplusélevée et la végétation plus active.

La gutta-percha, le caoutchouc, l’opium, proviennent du latex de certaines plantes.

: Fig. 48. Vaisseaux laticifères Les éléments qui entrent dans la com- de la Chélidoine.

position du tronc des arbres de nos forêts, sont, on le voit, assez complexes. Après avoir décrit en détail chacun de ces éléments, nous mettrons sous les yeux du lecteur une figure d'ensemble, destinée à résumer les notions qui viennent d’être présentées.

La figure 49 représente la section, à la fois horizontale et verticale, d’un tronc d’Érable dans le cours de sa deuxième année. Les éléments contenus dans l’accolade du chiffre 1 représentent le bois de la première année; ceux de l’accolade 2, le bois formé pendant la deuxième année; et l’accolade 3, les éléments de l'écorce.

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On voit au centre de la tige la moelle M, sous la forme de cel- Jules à section polyédrique. Les trachées, ou étui médullaire, qui font suite à la moelle et l’enveloppent de toutes parts, sont représentées par les lettres T,EM. Viennent ensuite trois groupes de fibres ligneuses FB; des vaisseaux du bois, VP, alternent avec les trois groupes de fibres ligneuses.

L'écorce embrassée par l’accolade 3 fait suite à ces éléments. On y remarque les fibres du Liber représentées par les lettres FC

SP ES ‘rc EC é PB VP EB VP RM VP FB TEM M

Fig. 49. Coupe d’un tronc d'Érablè.

* (fibres corticales), et les éléments du suber représentés par les lettres ES; les vaisseaux laticifères sont représentés par les lettres VL, et la couche herbacée par les lettres EC. L'épiderme EP, hérissé de quelques poils externes, termine cet ensemble.

Les rayons médullaires s'aperçoivent assez nettement sur la tranche horizontale; ils partent de la moelle et s'arrêtent à la portion du bois appartenant à la seconde année. On les voit aussi sur la tranche verticale, indiqués par les lettres RM.

. Après avoir passé en revue tous les éléments constitutifs du tronc des arbres de nos forêts à feuilles membraneuses, nous avons à parler de la structure de la tige des arbres verts.

Les arbres verts (Pins, Sapins) se distinguent immédiatement des arbres dont il vient d'être question, par la structure de Jeur bois, qui est exclusivement formé de larges fibres, sans apparence de gros vaisseaux. Ces fibres ligneuses (fig. 50) présentent, en outre, cette particularité curieuse d'offrir sur chacune de leurs faces latérales (celles qui regardent les rayons médullaires) une rangée de ponctuations entourées d’une alvéole

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Fig. 50. Fibres ligneuses Fig. 51. Coupe transversale du Sapin. d'une tige de Sapin.

très-remarquable. Ce bois est parcouru par des conduits résinifères, sortes de lacunes dans lesquelles s’accumule la résine, produite par des cellules spétiales qui les environnent.

La figure 51 représente la section transversale de la tige du bois de Sapin. On voit que les arbres verts présentent, comme les arbres de nos forêts, un canal médullaire central, des couches ligneuses concentriques et des couches corticales.

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Mais les vaisseaux du bois n'existent pas et les rayons médullaires sont peu apparents. :

L'aspect général des Palmiers est bien différent de celui de nos arbres indigènes. Leur stipe élancé, d’une épaisseur sensiblement égale depuis la base jusqu’au sommet, complétement nu, c'est-à-dire ne se divisant pas en branches et en rameaux, les fait ressembler à une sorte de haute colonne, qui serait surmontée d’une touffe épaisse de feuilles.

Quelle est la structure intérieure de ce stipe? Pour s’en faire une idée, il faut savoir que le mode de développement du Palmier diffère du mode de développement du groupe d’arbres que nous venons de considérer. Les Palmiers ne s'accroissent

Fig. 52. Coupe d’une tige de Palmier.

pas, comme nos arbres verts et comme les arbres de nos forèts, par des couches concentriques, qui viennent se déposer entre le bois et l’écorce. Dès lors, la structure’ intérieure de leur stipe doit présenter des dispositions autres que celles que nous venons de mettre en relief. Ici, plus de canal central unique, destiné à loger la moelle ; plus de couches concentriques séparant nettement la moelle, le bois et l'écorce; plus de rayons médullaires divergeant du centre à la circonférence. Qu’on coupe en travers un stipe de Palmier (fig. 52), et l’on verra tout de suite qu'il ne diffère pas moins du tronc de nos arbres par son organisation

intime que par son aspect extérieur. On y chercherait en vain cette moelle centrale, ces zones concentriques, ces lignes rayonnantes, qui caractérisent si nettement le bois de nos arbres indigènes. On y voit apparaître, sur un fond de couleur pâle, de petites taches d’une teinte foncée, formées par un tissu plus solide. Ces petites taches, arrondies ou en demi-lune, sont plus nombreuses, plus pressées, plus colorées, et en général plus

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Fig. 53 Figure théorique de la structure des faisceaux internes ou filets du Palmier.

volumineuses vers la circonférence du stipe qu'elles ne le sont dass les parties centrales. Ce stipe semble donc formé au premier abord de deux sortes de tissus : l’un peu résistant, constituant, pour ainsi dire, la masse; l’autre très-solide, et formant de petits flots à l’intérieur du premier.

L'examen microscopique a fait voir que le premier de ces tissus est exclusivement formé de cellules, et peut se comparer

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à la moelle de nos arbres indigènes; et qu’il est traversé par des faisceaux ou filets très-résistants, dont la marche tortueuse dans l’intérieur du tronc est tracée théoriquement à l’aide de la figure 53, sur laquelle les lettres À, B, C, D, représentent les divers entre-croisements de ces filets au milieu de Ja moelle. Les filets qui traversent les tiges des Palmiers et des arbres appartenant au même groupe naturel, présentent des dispositions très-intéressantes à connaître. La structure anatomique de chacun d’eux ne paraît pas être la même dans toute la longueur ; elle semble se simplifier à mesure qu'on s'éloigne du point où

Fig. 54. Coupe d’une tige de Fougère arborescente.

il abandonne la tige, pour entrer dans une feuille. Dans cette partie supérieure, à la fin de son trajet, le faisceau dont nous parlons revêt la structure caractéristique des tiges de nos arbres indigènes, y compris l’étui médullaire. Il présente, en effet, des trachées, des vaisseaux ponctués et rayés, plus ou moins volumineux, des fibres ligneuses, etc.

Les Fougères arborescentes des pays chauds se rapprochent beaucoup plus, par leur aspect, des Palmiers, que de nos arbres indigènes. Leurs troncs élancés, simples et nus, d’une épaisseur à peu près égale de la base au sommet, portent à une

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grande hauteur une touffe de feuilles. Cependant les Fougères diffèrent beaucoup des Palmiers par leur structure intérieure. Autour d'une moelle abondante sont allongés des faisceaux volumineux, offrant sur la section transversale de la tige une forme sinueuse plus ou moins irrégulière et hiéroglyphique, et groupés en un cercle vers la périphérie du tronc. C’est ce que montre la figure 54, qui représente la coupe horizontale d’une tige de Fougère arborescente.

Les faisceaux qui traversent de haut en bas un stipe de Fougère arborescente, présentent une bordure noire, formée de fibres très-résistantes, imprégnées d’une couleur bistre, en dedans de laquelle se trouvent du tissu cellulaire et un petit nombre de vaisseaux de divers ordres.

Parmi ces vaisseaux nous citerons particulièrement des tubes prismatiques, offrant sur chacune de leurs faces des fentes horizontales très-rapprochées les unes des autres, et à distance égale, et connus sous le nom de vaisseaux scalariformes. j La figure 55 montre quelle est la structure et "fitrmes la disposition relative des vaisseaux scalariformes ds Fougères. dans un tronc de Fougère. Ces vaisseaux sont représentés sur cette figure avec l’amplification qu'ils présentent quand on les regarde au microscope.

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