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Fig. 61. Bourgeon de la grande Patience.
Cependant le Pécher et la Vigne produisent annuellement deux générations de branches. C’est que leurs bourgeons écailleux qui sont demeurés stationnaires pendant l'automne et l’hiver de l’année précédente, s’allongent au printemps, et donnent naissance, à l’aisselle de leurs feuilles, à des bourgeons, lesquels,
au lieu de rester stationnaires et de se développer seulement au commencement de la saison prochaine, croissent, au contraire, sans interruption, et produisent de nouvelles branches. Les horticulteurs leur ont donné le nom de prompts bourgeons. Les branches qui en proviennent portent à leur tour des bourgeons écailleux, qui ne se développent que l’année d’après, et que l’on appelle bourgeons dormants.
Fig. 63. Coupe transversal des feuilles dans un bourgeon de Sauge.
Fig. 64.
Coupe d'un bourgeon de Lilas.
Fig. 62. Bourgeon de Peuplier. Fig. 65. buurgeon d'iris.
Nous avons parlé jusqu'ici des bourgeons normaux qui naissent à l’aisselle des feuilles, ou qui terminent les axes. il en est d’autres qui se montrent sur la plante sans ordre, et dont on ne peut prévoir à l’avance le lieu d’origine. Ce sont les bourgeons adventifs. Ces productions accidentelles peuvent se montrer sur toutes les parties du végétal, sur la tige, les feuilles, les fleurs et les racines. Les racines des Sumacs, par exemple, celles du Peuplier de Hollande, du Faux acacia, courent horizontalement dans le sol, très-près de la surface et produisent
Es)
, ( ° 66 ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
des bourgeons adventifs, qui ne tardent pas à s’enraciner et à multiplier la plante, si bien que cette famélique postérité devient souvent en peu d'années gênante ou nuisible,
La formation des bourgeôns adventifs est très-fréquemment déterminée par des irritations accidentelles que produisent à la surface des tiges et des racines des causes extérieures, comme la roue d’une voiture qui vient froisser un tronc d'arbre, ou la blessure qu'a faite à une racine le soc d’une charrue, etc.
Fig. 86. Saules coupés en tétards.
La production de bourgeons adventifs sur des arbres à la suite des plaies qui leur sont faites, est journellement utilisée dans la culture.
Si l’on coupe à ras de terre, dans un bois, les plants qui, abandonnés à eux-mêmes, seraient devenus des arbres, on les transforme en souches, qui se couvrent plus tard de branches de même âge et de même force : on transforme une futaie en un taillis.
Ces Saules dont le tronc énorme, court, souvent difforme et
BOURGEON. ee & caverneux, est surmonté d'une épaisse touffe de branches - (fig. 66), ces tétards, comme on les appelle vulgairément, doivent
leur singulier- asbect à la coupe réglée et périodique à laquelle .
. ils sont soumis. Par: suite de-cette mutilation, il se forme ün
grand nombre de bourgeons adventifs, et par conséquént il se.
développe plus tard autant de branches sensiblement égales.
On coupe ces branches pour faire des tuteurs pour les jeunes.
arbres, des échalas dans les pays vignobles, etc.
Ce n’est guère qu’à l'âge de vingt-cinq ou trente ans que le
Peuplier d'Italie est abattu pour en faire des planches de quelque
valeur; mais cet arbre est, en outre, émondé tous les cinq ans.
Les plaies résultant de l’émondage se couvrent de nombreux bourgeons adventifs, et produisent ainsi un nombre considérable
de branches, qu'on emploie à faire des clôtures, des pause et
des bourrées pour le chauffage.
Les bourgeons sont placés sur la tige pour y puiser leur nour- -
riture et s'y développer en branches, Il résulte de là qu’on peut,
sans dommage pour ces organes, les séparer de la plante sur
laquelle ils ont pris naissance, à la condition de les porter sur
une autre plante qui puisse, pour ainsi dire, leur servir de nour-
rice. Les horticulteurs profitent de cetie circonstance pour faire produire à un sauvageon de plus belles fleurs. A cet effet, ils .
mettent à nu le bois du sauvageon par une incision corticale ayant la forme d’un T, et ils appliquent sur cette plaie la face interne d'un lambeau d’écorce pris sur l'espèce qu'on change de nourrice, lambeau auquel adhère naturellement un jeune bourgeon; c'est là la greffe en écusson.
La figure 67 montre la manière dont opère le Srdiuier pour greffer en écusson. À, représente la branche de sauvageon greffée,
avec l’incision en forme de croix; B, le sujet à greffer sur le. sauvageon; C, la greffe mise en place. Le bourgeon continue de :
croître et de se développer sur cette nouvelle tige-où on l’a transplanté : il y produit des feuilles et des fleurs. On peut, de cette manière, changer à volonté l’espèce végétale primitive en une autre qui produit des feuilles et des fleurs différentès. L'o-
pération de la greffe joue un rôle considérable dans Flhorti- -
culture.
et
68 ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGTIE.
Les procédés connus sous le nom de taille et d'ébourgeonnement, sur lesquels nous ne saurions nous étendre ici, ont pour but de supprimer une certaine quantité de bourgeons, afin que la
Fig. 67. Greffe en écusson.
nourriture absorbée par la tige principale, ne se repartissant que sur un plus petit nombre de bourgeons, ces organes soient dès lors plus vigoureux et plus productifs.
La branche se forme par le développement du bourgeon, et ce bourgeon naît, comme nous l’avons déjà dit, à l'aisselle d’une feuille.
La branche n'étant qu'une tige secondaire qui émane de la tige principale, doit présenter les mêmes modifications de forme, de structure et de disposition des feuilles qu’on observe dans les tiges proprement dites. Cependant une ressemblance complète n'existe pas toujours entre la tige et ses branches. Ainsi dans le Petit Houx (Ruscus aculealus) (fig. 68) les rameaux sont courts et prennent si bien, en s’élargissant, la forme de feuilles, qu'au commencement du siècle dernier tous les botanistes les considéraient comme tels. Mais un observateur attentif ne s’y trompera point s’il considère que ces organes aplatis et d'apparence foliacée naissent à l'aisselle d’écailles qui sont les véritables feuilles, et portent des fleurs, caractères exclusivement propres aux branches.
Dans quelques plantes les branches se dilatent outre mesure; mais dans d’autres elles restent grêles : leur bourgeon terminal avorte, elles deviennent pointues à leur extrémité qui s’endurcit; en un mot, elles se changent en épines. C’est ce que nous présente l’Hippophae rhamnoides, le Mespilus oxyacantha, etc.
Une modification extrêmement curieuse et importante de la forme et de la consistance des branches nous est fournie par ceux de ces organes qui, dans la Pomme de terre (Solanum tuberoswn), se développent sous terre. La partie souterraine de la tige de cette plante (fig. 69) porte des feuilles rudimentaires, à l’aisselle desquelles se développent des rameaux qui s'étendent plus ou moins horizontalement, et sont chargés eux-mêémés de feuilles avortées. Ces rameaux, très-grèles à leur origine, se renflent à leur extrémité, se remplissent de fécule et finissent