‹ Histoire des plantes (volume 5)Chapitre 27 sur 106 · CIRCULATION · texte numérisé non relu

CIRCULATION

en, d’ailleurs, de plus aisé que de constater directement la pré- Ne de la séve dans l’intérieur du bois. Telle est donc la vraie Wute suivie par la séve ascendante.

Un physiologiste anglais, Hales, à qui l’on doit un grand nombre d'expériences propres à éclairer l’hisboire du mouvement des sucs nourriciers dans les végétaux, voulut connaître avec || quelle force la séve s'élève dans les tiges.

Il adapta au sommet d’un chicot de vigne, | au printemps, un tube à double courbure, | dont une branche ascendante était soigneusement fixée sur la section transversale du cep, l’anse inférieure étant remplie de mercure. La séve, en s’écoulänt, | s'accumulait dansles branches intérieures LI de l’appareil, et repoussait peu à peu le {|| er mercure, dont la colonne soulevée finit fl | par monter jusqu’à un mètre (fig. 131).Cet écoulement de séve avait donc lieu malgré le poids d’une colonne de mercure d'un || | mètre de hauteur, augmenté du poids de | | l'atmosphère. Hales a calculé que la force 1 | qui pousse la séve dans la vigne, estcinqg MW À À foisplus grandeque celle qui pousse lesang | dans une grosse artère chez le cheval.

Parvenue dans les feuilles, la séve est mise en contact avec l’air, par les innombrables ouvertures, ou stomates, qui communiquent avec les lacunes et méats creu- TL sés dans la substance du patenchyme. La | Re respiration de la plante, c’est-à-dire l’ac- de iris sh tion chimique que l'air exerce sur les li- exercée par la séve quides qui remplissent les feuilles, jointe ‘"1°5 Parois des vaisseaux. à l’exhalation de vapeurs dont les mêmes organes sont le siége, transforme, modifie la séve ascendante, de même que chez les animaux l’air modifie le sang veineux dans les vaisseaux san- &uins et dans le poumon, et le change en sang artériel. Ainsi C'est dans les feuilles, et par suite des phénomènes d’exhalation

et de respiration dont elles sont le siége, que la séve ascendante change de nature, qu'elle s'élabore et se transformé en fluide putritif. |

Quelle est la route que suit, après cette importante modification vitale, la nouvelle séve, ou séve descendante? Tout porte à croire qu’elle circule dans l'écorce. Voici les faits qui autorisent cette opinion. :

Si on lie fortement une tige ou une branche, de manière à comprimer l'écorce, il se fait au-dessus de la ligature un bourrelet, qui augmente de plus en plus, et qui paraît provenir de la stase, en cet endroit, des fluides nutritifs venus d’en haut; car la partie de l'arbre située au-dessous de la ligature ne prend aucun accroissement. |

Les mêmes phénomènes se produisent lorsqu'on pratique sur le tronc des arbres des incisions annulaires ou en spirale. Du reste, des troncs d’arbre autour desquels se sont enroulées des plantes grimpantes ou volubiles, nous offrent une démonstration, pour ainsi dire vulgaire, du fait physiologique que nous signalons. Il se fait au-dessus de la ligature produite : naturellement par les plantes grimpantes ou volubiles un bourrelet, un épaississement produit par l'arrêt et le séjour des liquides qui descendent du sommet du végétal à travers l'écorce.

Nous avons énuméré, en parlant de la structure des racines, les causes sous l'influence desquelles se fait l'ascension de la séve. Les causes qui détermineraient sa marche descendante nous sent, avouons-le, complétement inconnues. Il paraît probable que c’est dans les couches profondes de l’écorce et particulièrement dans ces fibres grillagées du liber dont nous avons inidiqué plus haut l'admirable structüre, que cette séve chemine; ces fibres sont, en effet, très-riches en matières mucilagineuses et albuminoïdes. Quelques physiologistes considèrent en outre les vaisseaux laticifères comme les réservoirs principaux et essentiels de la séve élaborée. Mais il faut avouer que toute cette question est encore très-obscure.

C'est au printemps que la circulation de la séve se fait avec une grande activité. Alors la plante est gorgée de matières nutritives, qui s'étaient conservées en dépôt pendant l’hiver. Elle

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est pleine de liquides, et ces sucs s’écoulent et se répandent au dehors par la plus légère blessure. Au printemps, la vigne et d'autres végétaux pleurent, selon l’expression pittoresque consacrée par l’usage. Mais lorsque les feuilles se sont développées, l’active évaporation qui se fait à leur surface, entraîne les liquides à l'extrémité du végétal, d’où ils s’exhalent en vapeurs. Alors la vigne et autres plantes ne pleurent plus quand on les blesse.

Quand les rameaux se sont développés et consolidés, le mouverment de la séve se ralentit. 11 se réveille quelquefois vers la fin de l’été, lorsque, le printemps ayant été hâtif, les matériaux que la plante avait préparés pour la végétation de l’année suivante, sont prêts trop tôt, et mis prématurément en œuvre. Après la chute des feuilles et quand l’approche de l'hiver abaisse la température extérieure, le mouvement de la séve s'arrête totalement. L'arbre arrive peu à peu à un état de repos presque absolu, qui n’est pas la mort, mais l'attente du réveil.

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