‹ Histoire des plantes (volume 5)Chapitre 40 sur 106 · KA A · texte numérisé non relu

KA A

. (au À

a spiralis.

ig. 251. Les noces du Vailisneri

fleur femelle qui paraît les attendre. Quand la fécondation a été

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opérée, le pédoncule de la fleur femelle se resserre ; il rapproche ses tours de spire, et ramène son ovaire au fond de l’eau pour y mùrir ses graines.

Voilà le phénomène qui a toujours excité la juste admiration des naturalistes et des observateurs de tout ordre.

C'est au lycée de ma ville natale que j'ai été initié aux premiers éléments des sciences naturelles, par un jeune professeur qui excellait à inspirer à ses élèves le goût de ce genre d’études, par M. Joly, aujourd'hui professeur à la Faculté des sciences de Toulouse. Les circonstances admirables des noces du Vallisneria spiralis, ou bien encore les merveilleusesévolutionsdu Nautile flottant sur la mer ou disparaissant dans ses profondeurs, étaient le texte favori des entretiens de M. Joly, pendant nos excursions de botanique et de géologie aux environs de Montpellier, dans le bois fleuri de la Valette, ou sur la butte volcanique de Monferier. Trente ans se sontécoulés depuis ces heureuses journées de mon adolescence, et le souvenir en est aussi vif, aussi présent, que si j'entendais encore retentir à mes oreilles les chaleureuses paroles de notre jeune maître, nous racontant, sous le ciel radieux de nos campagnes, les merveilles de la nature et la puissance de Dieu.

Pour qu’une graine germe, il faut trois conditions : de la chaleur, de l'air et de l'eau.

Pour que la germination s’établisse et se maintienne, la température ne doit pas être trop inférieure à + 10 ou + 15 degrés centigrades, et elle ne doit pas atteindre + 40 ou +45 degrés.

L'eau qui pénètre la graine, à l'intérieur du sol, ramollit, gonfle toutes ses parties, et permet leur évolution intime.

L'air est aussi indispensable à une graine pour germer, qu'il l’est aux animaux et aux végétaux pour vivre. Des graines que l'on enfouit trop profondément dans la terre, et que l’on soustrait . ainsi au contact de l’air, ne germent point. -

Quel est donc le rôle important que l'air atmosphérique joue dans l’acte de la germination ? Le mème que celui qu'il remplit dans la respiration des animaux. L’air agit sur les graines par

son oxygène. La graine qui germe, exhale, comme l’animal, de l'acide carbonique. Elle prend le carbone dans sa propre substance, et ce carbone se combine à l’oxygène de l’air pour former de l'acide carbonique. Mais dès l'instant où, par les progrès de la germination, la jeune plante a donné de petites feuilles vertes, le phénomène chimique se renverse, pour ainsi dire. Pendant le jour et sous l'influence de la lumière, la jeune plante absorbe l'acide carbonique de l'air, et le remplace par l'oxygène; sa respiration s'opère comme nous l’avons fait connaître en parlant de cet acte physiologique chez les végétaux colorés en vert.

Suivons maintenant la série des phénomènes que la germination d’une graine présente à l'observateur attentif.

Le premier effet apparent de la germination, c'est le gonflement de la graine et le ramollissement des enveloppes qui la recouvrent. Si la graine renferme un albumen, l’embryon, qui est

Fig. 272. Graine de Haricot en germination.

en contact avec cet albumen, par la totalité ou la plus grande partie de son contour, absorbe les matières nutritives qu'il contient, et il grandit dans la même proportion que l’albumen décroît, puisqu'il se développe aux dépens de cette substance, emmagasinée dans ce but même par la prévoyante nature. Si la graine est dépourvue d’albumen, et que l'embryon remplisse déjà au moment de la dissémination toute la cavité de la graine, ce sont les cotylédons qui, farineux comme dans le Puis, ou charnus comme dans la Noix et le Colza, forment la plus grande partie de la masse embryonnaire, et jouent, à l'égard du reste de l'embryon, le rôle d’albumen. La figure 272 représente le premier effet de la germination sur une plante non pourvue d'albumen, le Haricot.

On a été assez longtemps sans comprendre comment l’amidon qui constitue presque entièrement l’albumen du Blé, peut être

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absorbé par le jeune embryon, puisque les radicules des plantes n’absorbent que les matières solubles, et que l’amidon est entièrement insoluble dans l’eau froide. Mais on a fait de nos jours la découverte intéressante que l’amidon insoluble devient soluble sous l'influence d’un agent énergique, qui se développe près des germes, au moment de la germination des graines : cet agent de dissolution a reçu le nom de diastase.

La matière amylacée transformée par la diastase en substance soluble, porte le nom de dextrine. À son tour la dextrine se modifie sous l'influence de la diastase et passe à l'état de sucre.

Il est donc vrai de dire que la première nourriture de la jeune plante, c’est de l’eau sucrée.

On a cherché à savoir si le grain d’amidon en se transformant en dextrine ne présente pas de traces visibles d’une modification moléculaire aussi profonde; s’il disparaît subitement sous l’action de la diastase, ou s’il n’est transformé que graduellement en matière assimilable, de manière qu'on puisse suivre sous le microscope toutes les phases de cette altération. Il a été prouvé que cette modification ne s'opère que par des degrés successifs, et l’on a pu suivre les progrès de cette altération des granules d’amidon dans la germination d’un certain nombre de plantes.

Revenons à l’évolution de l'embryon. Ainsi nourri et fortifié, soit aux dépens de l’albumen, soit aux dépens de ses propres cotylédons, l'embryon ne tarde pas à presser de toutes parts les téguments qui l’enveloppent, et qui finissent par se rompre et lui livrer passage. Cette rupture se faittantôt d'une manière irrégulière comme dans les Haricots d'Espagne (fig. 273), les Fèves, etc., tantôt d’une manière très-régulière, comme dans l’Éphémère de Virginie, le Dattier, le Balisier, etc. Dans ce dernier cas, en effet, l'embryon apparaît au dehors au travers d’une ouverture très-régulièrement découpée dans l'enveloppe tégumentaire de la graine. Cette ouverture est primitivement dissimulée par une sorte de disque ou d’opercule, que la petite racine de l'embryon soulève pour s'échapper au dehors et s’enfoncer dans le sol.

La figure 274 montre les états successifs par lesquels passe une graine de Balisier en germination. Le petit opercule est soulevé et chassé (1); — le cotylédon se développe, s’allonge horizontalement et pousse la radicule au dehors (2); — celle-ci se

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dirige bientôt vers la terre (3); — la gemmule fait saillie hors de la fente cotylédonaire transformée en gaîne (4); la radicule

Fig. 273. Germination du Haricot d'Espagne, apparition des premières feuilles.

augmente de volume et le rudiment de la tigelle apparaît (5); — la tigelle se forme (6).

Fig. 274. Germination du Balisier.

Les graines de la plupart des plantes monocotylédones sont pourvues d'un albumen, et, au moment de la germination, comme

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on le voit dans les Palmiers, les Balisiers, les Éphémères de Virginie, le limbe cotylédonaire reste inclus dans la graine. Quant aux végétaux dicotylédones, tantôt, comme dans le Haricot d'Espagne, le Radis, le Tilleul, les cotylédons se dégagent et sortent de

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