LABIÉES
ferme un embryon droit, entouré d’un albumen charnu, trèspeu développé.
Fig. 327 Ortie blanche.
Toutes les Labiées ont les mêmes caractères de végétation et de fructification que l’Ortie blanche, à quelques différences près, qui portent sur la forme du calice, sur celle de la corolle, sur le
nombre et les dimensions relatives des étamines. Aïnsi les Sauges et les Romarins, au lieu d'avoir un calice à 5 dents égales, ou presque égales, ont un calice bilabié; les Menthes, au lieu d’avoir une corolle bilabiée, l’ont campanulée ou infundibuliforme, à lobes presque égaux.
Les Sauges n’ont que deux étamines. Ces étamines offrent une anthère d’une structure extrêmement remarquable. Le connectif est très-allongé et placé perpendiculairement au filet, comme le fléau d’une balance. A l’une des extrémités de ce fléau est une loge pleine de pollen; à l’autre extrémité est un appendice qui représente l’autre loge avortée.
La plupart des espèces de la famille, extrêmement naturelle, des Labiées, sont douées de propriétés stimulantes, dues à une huile essentielle aromatique, qui réside dans les glandes placées sous l’épiderme. Telles sont la Sauge officinale, et plusieurs autres espèces du même genre, — le Romarin (Rosmarinus officinalis), — le Serpolet (Thymus serpyllum), — la Menthe poivrée ( Hentha piperita, — la Mélisse (Melissa officinalis), dont l’infusion aqueuse, l'eau distillée ou l’essence obtenue par distillation, sont trèsusitées en médecine.
Le Lierre terrestre (Glechoma hederacea) et l’Hyssope ( Hyssopus officinalis), qui sont aussi consacrés à l'usage médical, agissent à la fois comme amers et aromatiques. On emploie aussi quelquefois en médecine le Teucrium Chamædrys, plante dans laquelle domine presque exclusivement le principe amer.
On cultive dans nos jardins, comme plantes aromatiques, les Lavandes (Lavandula vera et Lavandula spica); — le Basilic (Ocymum basilicum); — la Mélisse (Melissa officinalis); — la Marjolaine (Origanum majorana) ; — la Sarriette (Satureia hortensis) ; — le Thym (Thymus vulgaris). Plusieurs Sauges exotiques, comme la Sauge écarlate, la Sauge grandifiore, font l’ornement de nos parterres. On y cultive encore, parmi les plantes de cette famille, la Monarde didyme, la Physostégie de Virginie, le Leonurus queue de lion, la Phlomide tubéreuse, etc., etc.
Le genre des Solanum, auquel appartiennent la Pomme de terre (Solanum tuberosum), la Douce-amère (Solanum dulcamara), la Morelle (Solanum nigrum), a donné son nom au groupe des Solanées. Nous étudierons le Solanum tuberosum comme type de cette famille. PE
Le calice des Solanum (fig. 328) == | est monosépale, à cinq divisions. he La corolle, monopétale, en forme de roue ou de godet, présente cinq lobes alternant avec les divisions du calice. Elle porte cinq étamines à filets courts, à anthères biloculaires, s’ouvrant au sommet par deux pores. Le pistil se compose d'un ovaire supère, surmonté d’un style allongé, que termine un stigmate obtus. Cet ovaire présente deux loges, et sur la cloison qui les sépare s’insère, pour chaque loge, un gros placenta, chargé d’ovules anatropes. Le fruit est une baie, contenant un grand nombre de graines comprimées, munies d'un albumen charnu et d'un embryon recourbé sur lui-même.
Les Solanum sont des plantes à feuilles alternes, simples et sans stipules, dont la tige est herbacée, sous-ligneuse ou ligneuse et l’inflorescence très-variée.
La Morelle tubéreuse (Solanum tuberosum), que nous venons de décrire, est connue dans le monde entier sous le nom de Pomme de terre (fig. 329). Cette utile Solanée est originaire des Cordillères du Pérou et du Chili. Nous avons déjà dit que ses tubercules, dont on fait aujourd’hui un usage universel comme substance alimentaire, ne sont pas des racines, mais de véritables rameaux souterrains.
Comme plantes intéressantes du genre Solanum, nous citerons : la Horelle noire (Solanum nigrum), qui croît abondamment le long
Fig. 328. Fleur de Pomme de terre.
des murs des villages et dans les lieux cultivés; son fruit contient un principe actif, cristallisable, vomitif d’abord, puis narcotique ; — la Mélongène ou Aubergine (Solanum melongena), herbe originaire de l'Asie tropicale, répandue par la culture dans la
Fig. 329. Pomme de terre (Solanum tuberosum).
région méditerranéenne de l’Europe, aujourd’hui naturalisée en Amérique : son fruit, gros, lisse, ovoide, ordinairement violet, quelquefois jaune, contient une chair blanche, qui devient comestible par la cuisson; — la HMorelle ovifère (Solanum oviferum) ou Poule pondeuse, dont la baie a la forme, la couleur et le vo-
lume d’un œuf de poule. On mange ses baïes coupées par tranches et frites, etc.
Autour des Solanum se groupent diverses plantes intéressantes que nous devons mentionner. Citons d’abord les Lycopersicum, dont une espèce, la Tomate (Lycopersicum esculentum), est cultivée dans tous les jardins et produit un fruit nommé tomate ou pomme d'a- . mour, d’un rouge vif, à lobes arrondis, rempli d’une pulpe orangée, aigrelette, et d’un parfum très-agréable. — La Belladone (Atropa belladona), herbe vivace, élégante de port, mais de physionomie suspecte, au feuillage sombre, aux fleurs livides, aux fruits ressemblant à de petites cerises noires. La saveur douceâtre de ses fruits est trompeuse, car ils constituent un violent poison La médecine tire parti, dans un grand nombre de circonstances, des propriétés narcotiques ou calmantes de la Belladone. Le suc exprimé de ses feuilles produit une remarquable dilatation de la pupille, propriété singulière qu’on utilise dans l’opération de la cataracte, pour faciliter l’extraction ou l’abaissesement du cristallin. — La Mandragore (Mandragora officinalis), dont les propriétés sont analogues à celles de la Belladone et qui était employée jadis par les prétendus magiciens et faux sorciers pour produire des hallucinations et troubler la raison; — les physalis, dont la baie peu succulente, légèrement aigrelette, est renfermée dans un calice accrescent, qui finit par se boursoufler et prend une couleur rouge. — Les Piments (Capsicum ), dont les baies luisantes, vertes d’abord et rouges à la maturité, contiennent un principe résineux balsamique, trèsâcre, ce qui fait rechercher ses fruits comme condiment dans toutes les contrées du globe.
Les Tabacs (Nicotiana) appartiennent à une autre section de la famille des Solanées. Leurs anthères s'ouvrent par deux fentes longitudinales. Leur fruit est sec ; c’est une capsule qui s'ouvre en deux valves, en laissant dans le milieu la cloison placentaire, chargée de graines. Le Tabac est l'herbe fameuse qui a fait la conquête du monde : dans toutesles parties du globe on l’aspire en fumée. Ce n’est pas ici toutefois le lieu de nous étendre sur ce sujet. |
1. Voir notre ouvrage : Le Savant du Foyer, 3e édit., page 414.
Les Jusquiames ( Hyoscyamus) se distinguent des Solanum et de leurs congénères, ainsi que des Tabacs, pär leur fruit capsulaire, qui s'ouvre circulairement à la façon d’une petite boîte.
Citons enfin les Stramoines ou Datura, dont la capsule, incomplétement quadriloculaire, est ordinairement chargée d’é- . pines ou de tubercules.
PRIMULACÉES.
Les Primevères (Primula) sont des plantes herbacées, à feuilles simples, alternes et sans stipules. Leur tige est souterraine, et les feuilles forment à la surface du sol une rosette, d’où partent les fleurs, portées sur une hampe. La plupart des espèces de cette famille sont originaires de l’Europe et de l’Asie.
La Primevère officinale (fig. 330) croît dans nos bois et nos pâturages; la Primevère farineuse et la Primevère auricule ( Oreille d'ours) croissent dans les Alpes. La Primevère grandiflore est une espèce indigène, fréquemment cultivée dans les jardins. Ses fleurs offrent des couleurs variées : on cultive la jaune, la purpurine, la blanche, etc. La Primevère de la Chine figure agréablement en hiver dans nos jardinières d'appartement.
Le calice des fleurs de Primevère est monosépale, et forme un tube, terminé par cinq dents au sommet. La corolle est monopétale, hypocratériforme ; son limbe présente 5 lobes, alternes avec les dents du calice ; 5 étamines s’insèrent sur le tube de la corolle et leurs deux loges s'ouvrent en dedans, par deux fentes longitudinales. Le pistil présente un ovaire supère, surmonté d’un style, plus ou moins allongé. L'ovaire est uniloculaire et présente dans son intérieur un gros placenta central, chargé d’un grand nombre d’ovules. Le fruit est une capsule, qui s'ouvre à son sommet en 5 valves, pour laisser tomber des graines munies d’un albumen charnu, enveloppant un embryon droit.
Auprès des Primevères, nous placerons les Cyclamen, si caractérisés par leur élégante corolle à lobes réfléchis, et par leur tige souterraine, renflée de manière à ressembler à un petit pain
PRIMULACÉES. 323
de munition, d’où leur nom vulgaire de pain de pourceau; et les Lysimaques, à corolle en forme de roue. Une belle espèce, le Lysimachia vulgaris, croît au bord des eaux, en France.
Un peu plus loin des Primevères, viennent se ranger les Hou-
Fig. 330, Primevere officinale.
‘rons (Anagallis), dont le fruit s’ouvre en travers, comme une boîte à savonnette.Le Mouron des oiseaux, qui sert à la nourriture des oiseaux de volière, n'appartient pas au genre Anagallis, mais bien à une petite espèce de la famille des Caryophyllées connue sous le nom de Stellaria media.
ÉRICINÉES.
. Les Bruyères sont des arbrisseaux à feuilles alternes ou opposées, simples et sans stipules. Quelques espèces croissent en Europe, mais le plus grand nombre est originaire du Cap de Bonne-Espérance. La Bruyère cendrée ou Bruyère franche (Erica cinerea), la Bruyère commune ou Brande (Calluna vulgaris), sont très-répandues aux environs de Paris. La Bruyère en arbre (Erica arborea), propre à la région méditerranéenne, domine toutes les autres espèces par sa hauteur, qui peut atteindre jusqu'à 4 ou 5 mètres.
Ses fleurs sont très-nombreuses et leur odeur suave se répand à une grande distance. La Bruyère à balai (Erica scoparia) qu’on trouve dans le Nord, l’Ouest et le Midi, tire son nom de son emploi vulgaire; elle croît au sein des bois, dans les lieux stériles et incultes.
Les Erica ont les fleurs régu-lières.
Leur calice est monosépale et divisé en quatre parties, d'ordinaire peu profondes.
La corolle de forme variée, globuleuse ou urcéolée, tubuleuse, ou bien en forme de cloche ou de patère, présente k lobes, alternant avec les divisions du calice. Ce n’est pas la corolle qui porte, comme cela est ordinaire, les 8 éta-
Fig. 331. Bruyère. mines qui composent l’androcée : ces étamines s’insèrent sur le réceptacle. Le pistil se compose d’un ovaire supère, surmonté d’un style très-étroit, et d’un stigmate en forme de godet ou de bouclier. L’ovaire présente quatre loges, dans l’angle interne desquelles se trouve un placenta, chargé d’ovules anatropes. Il devient un fruit capsulaire, s’ou-
ÉRICINÉES. 325
vrant par le dos; les graines, ovales, réticulées, contiennent un embryon, droit dans un albumen charnu.
À côté des Erica et des Calluna viennent se ranger les Rhododendrons et les Azalées, auxquels nous devons de si belles espèces d'ornement. |
Nos Airelles, dont les baies sont acidulées, sucrées, légèrement astringentes, et qui sont employées comme aliment, appartiennent au genre Vaccinium. Leur corolle est en forme de grelot; on y trouve 8 étamines, qui s'ouvrent par le haut; mais l'ovaire est infère.
La petite famille des Épacridées, qui pendant l'hiver embellit les serres enropéennes de diverses et délicieuses espèces d’Epacris, propres surtout à la Nouvelle- Hollande, est très-voisine de
celle des Éricinées. Elle s’en distingue surtout par des anthères uniloculaires.
PLANTES DICOTYLÉDONES POLYPÉTALES.
L’Angélique (fig. 332), jolie plante herbacée cultivée dans nos jardins, est vivace et croît dans les montagnes du sud et de l’est de la France. Sa racine, assez volumineuse, est pivotante. Sa tige, d’un vert bleuâtre, parvient à plus d’un mètre de hauteur. Cette tige est creuse, comme le pétiole des feuilles, qui sont grandes et découpées. Les fleurs de l'Angélique forment de petites ombellules, disposées elles-mêmes en ombelles. Elles sont petites et de couleur verdâtre. Le calice présente un limbe formé de 5 dents, très-petites. La corolle se compose de 5 pétales libres, elliptiques, entiers, courbés en dedans. Il y a 5 étamines älternant avec les pétales, saillantes, attachées au filet par leur dos, s’ouvrant en dedans par deux fentes longitudinales. Le pistil se compose d’un ovaire infère, surmonté de deux styles divergents, terminés par un petit stigmate ovoïde. Cet ovaire
présente deux loges; chaque loge renferme un ovule anatrope suspendu. À la maturité, le fruit, qui est ailé, constitue deux akènes (un pour chaque loge), lesquels finissent par se séparer et demeurent suspendus à l’extrémité de deux filets qui sont des prolongements du réceptacle. Chaque akène renferme une graine presque entièrement formée d’un albumen corné, vers
Fig. 332. Angélique.
l'extrémité supérieure duquel est niché un petit embryon cylindrique.
La famille des Ombellifères est une des plus importantes du règne végétal, autant par le nombre des espèces qui la composent, que par les propriétés médicinales et économiques propres à ces plantes. Un des traits caractéristiques de l’organisa-
tion des Ombellifères consiste dans la présence, au sein du fruit ou de la graine, de réservoirs ou canaux, qui contiennent des huiles volatiles aromatiques.
L’Angélique (Archangelica officinalis) que nous venons d’examiner, renferme en abondance un suc aromatique et stimulant. On la cultive principalement pour les confiseurs, qui préparent avec ses jeunes tiges des conserves sucrées, parfumées, dépouillées de l’amertume et de l’âcreté de la plante. L’Angélique sylvestre, qui croît aux environs de Paris, au bord des eaux et dans les lieux marécageux, a des propriétés analogues, mais à un moindre degré. Il en est de même de l’Impératoire et de la Livéche. | | | |
Un grand nombre d’'Ombellifères cultivées dans toute l’Europe fournissent des fruits d’une saveur chaude et aromatique, qui ont été employés de temps immémorial comme condiment. Tels sont l’Anis (Pimpinella anisum), le Cumin (Cuminum cyminum), l’Aneth (Anethum graveolens), la Coriandre (Coriandrum sativum), le Carvi {[Carum carvi), le Fenouil (Fœniculum vulgare ), etc. |
Plusieurs Ombellifères occupent dans nos potagers une place importante. La racine de la“Larotte sauvage (Daucus carota), si commune dans nos prairies, est petite, dure, fibreuse, d’une saveur âcre. Cette racine, à l’état agreste, ne saurait être mangée ; mais sous l'influence de la culture elle devient charnue, volumineuse, féculente et sucrée, tout en demeurant aromatique.
Le Panais (Pastinaca sativa) croît spontanément dans les prairies de toute l’Europe. Il a, comme la Carotte, une racine pivotante, que la culture a rendue alimentaire, mais dont la chair est pâteuse et légèrement amère.
L’Ache odorante (Apium graveolens) prend le nom de Céleri lorsqu'elle est cultivée. Ses racines, très-âcres à l’état sauvage, et d’une odeur forte, prennent, sous l'influence de la culture, une saveur plus douce. Ses longs pétioles, quand ils ont été décolorés et attendris par le.séjour de la plante dans l'obscurité, ne sont pas indignes de paraître sur nos tables.
Le Persil (Petroselimum sativum), indigène dans le midi de l’Europe, est maintenant cultivé partout, à cause de ses feuilles. I] en est de même du Cerfeuil (Scandix cerefolium).
Quelques Ombellifères ont des propriétés vénéneuses ou narcotiques. Il faut citer en première ligne à cet égard la grande Ciguë ou Ciguë officinale (Conium maculatum). On la trouve sur le bord des chemins, dans les décombres, les cimetières, au voisinage des habitations. Sa racine est en forme de fuseau et de couleur blanche. Sa tige herbacée, droite, rameuse, haute de 1 à 2 mètres, glabre, c’est-à-dire sans poils, cylindrique, glauque, un peu striée, est marquée de taches d’une couleur pourpre foncée. Ses feuilles sont alternes, très-grandes, découpées, à folioles allongées, profondément dentées. Ses fleurs sont blanches, petites, disposées en ombelles terminales, composées d'environ 10 à 12 rayons. Les pétales sont presque. égaux, à peu près en forme de cœur, sessiles. Le fruit, globuleux, offre sur chacune de ses deux moitiés latérales cinq côtes saillantes et crénelées, en sorte qu'il paraît tout couvert de petites aspérités ou de tubercules arrondis.
Toutes les parties de la grande Ciguë, froissée entre les doigts, exhalent une odeur herbacée, vireuse et désagréable. Personne n'ignore que cette plante constitue un poison violent pour l'homme et pour beaucoup d'animaux. Les moyens propres à combattre l'empoisonnement par la grande Ciguëé cônsistent à provoquer le vomissement et à administrer ensuite des boissons toniques. La Ciguë a été connue depuis les temps les plus reculés. C'est en buvant le suc de cette plante que Socrate et Phocion furent récompensés des services qu'ils avaient rendus à la Grèce.
La Ciguë vireuse (Cicuta virosa) est encore plus active et plus délétère que la grande Cigut; elle est heureusement très-rare dans les environs de Paris, où elle croît sur les bords des étangs, des fossés et des marais tourbeux.
Citons enfin l'Œthusa cynapium, ou petite Ciguë, qui se trouve communément dans les lieux cultivés.
Dans les potagers, on peut facilement prendre la petite Ciguë, lorsqu'elle n’est point encore suffisamment développée, ou en fleurs, pour le Persil, auquel elle ressemble beaucoup. On la distingue de cette herbe potagère aux caractères suivants. Les feuilles du Persil sont deux fois divisées, ses folioles sont larges, partagées en 3 lobes sub-cunéiformes et dentés; la petite Ciquë
a les feuilles trois fois divisées, ses folioles sont plus nombreuses, plus étroites, aiguës, incisées et dentées. D'ailleurs, l'odeur du Persil est agréable et aromatique, tandis que celle de la Ciguë est nauséabonde et vireuse. Si les deux plantes sont en fleur, on les distinguera au premier coup d'œil, car les fleurs du Persil sont jaunâtres, tandis que celles de la Ciguë sont blanches. La tige présente aussi pour ces deux plantes des caractères différentiels : celle de la petite Ciguë est presque lisse, rougedtre inférieurement, et un peu maculée de rouge foncé; la . tige de notre légume aromatique est, au contraire, cannelée et
de couleur verte. |
La petite Ciguë renferme un alcaloïde organique, la cicutine; qui agit comme les poisons narcotico-âcres.
AMF ÉLIDÉES.
La Vigne (Vitis vinifera) est un arbrisseau sarmenteux, originaire de la Mingrélie et de la Géorgie, entre les montagnes du Caucase, de l’Ararat et du Taurus. Ses feuilles sont cordiformes, à 5 lobes sinués-dentés. La Vigne peut se cramponner aux objets le long desquels elle grimpe, à l’aide de vriiles, qui naissent des rameaux, juste en face du point où sont insérées les feuilles. Les fleurs de la Vigne sont disposées en une panicule multiflore, que tout le monde a vue au printemps. Ses fleurs, très-petites et verdâtres, ont une odeur douce qui, au printemps, parfume les campagnes du midi de la France, où cet arbuste est cultivé sur d'immenses surfaces.
Quelle est l’organisation des fleurs de la Vigne (fig. 331)? Le calice est très-court, et se compose de 5 dents, à peine visibles. La corolle est formée de 5 pétales cohérents au sommet, et se détachant par le bas tout d’une pièce, comme une petite calotte, après la floraison. A ces 5 pétales sont opposées 5 étamines à filets libres, à anthères biloculaires s’ouvrant en dedans par deux fentes longitudinales et attachées sur le filet par leur dos. Au centre de la fleur se dresse un
ovaire libre, entouré, à sa base, par un disque glanduleux, et surmonté d'un stigmate sessile à tête aplatie. Cet ovaire est divisé en deux loges et chaque loge renferme deux ovules collatéraux ascendants à la base de la cloison et anatropes. Chacun de ces ovaires devient une baïe globuleuse qui est le grain de raisin et qui Contient (lorsqu'il n’y a pas eu d'avortement ) quatre graines ou pepins. Ces graines, dont le test est osseux, renferment un très - petit embryon, droit, dans l’axe d'un albumen charnu trèsabondant.
Nous ne reviendrons pas ici sur les variétés de la Vigne, sur les limites actuelles de sa culture, sur la préparation des vins, etc., détails que nous avons exposés dans un autre ouvrage, le Sadant du | foyer. Nous ajouterons
Fig. 333. Fleur de la Vigne. seulement que les congénères américaines de la Vigne produisent des baies acerbes, et qu’une espèce appartenant au genre Cissus, voisin des Vitis, et particulièrement connue sous le nom de Vigne vierge, sert à former d’élégants berceaux, ou à tapisser la nudité de nos murs d’un magnifique manteau de feuilles d’un beau vert luisant, qui deviennent pourpres à l'automne.
RIBÉSIACÉES. 331
RIBÉSIACÉES.
Les Groseilliers (fig. 334) sont des arbrisseaux souvent armés d'épines placées au-dessous de la feuille. Celles-ci sont alternes ou fasciculées, à limbe palmilobé, à pétiole dilaté à la base. Les fleurs sont disposées en grappes axillaires dans les espèces dépourvues d’aiguillons ; solitaires, ou peu nombreuses, dans les espèces à aiguillon. Leur calice est monosépale, à 5 divisions, et la corolle a 5 Re libres alternant avec les sépales; 5 étamines périgynes sont opposées aux sépales. Leurs filets sont libres, leurs anthères biloculaires, s'ouvrant en dedans par deux fentes Jongitudinales. Le pistil se compose d'un ovaire infère, surmonté de deux styles courts, à stigmates obtus. A l'intérieur de l’ovaire, qui est uniloculaire, on observe deux placentas, chargés d’ovules nombreux, horizontaux et anatropes. Le fruit est une baie, couronnée par le limbe persistant du calice et les pétales désséchés. Les graines qu’il renferme (dont le tégument externe devient gélatineux, tandis que l’interne est crustacé) contiennent un albumen presque corné, très-abondant, à la”base duquel se trouve un trèspetit embryon droit.
Plusieurs espèces de Groseilliers sont cultivées dans les jardins
Fig. 334. Fleur de Groseillier rouge.
comme plantes d'ornement, tels sont les Ribes aureum, Ribes sanguineum, etc., ou comme plantes alimentaires, tels sont le Ribes uva crispa, Où Groseillier à maquereau, le Ribes rubrum ou Groseillier à grappes et le Ribes nigrum ou Cassis. Le premier est un arbuste très-épineux, surtout à l’état sauvage; ses fleurs sont solitaires ou géminées, et varient beaucoup dans les jardins pour la grosseur et la couleur des fruits. Le second n’est pas épineux ; ses fruits en grappe sont rouges ou blancs. Le troisième a des grappes lâches de baies noires, contenant, ainsi que les feuilles, un principe résineux aromatique.
RENONCULACÉES.
Pour donner une idée suffisante de cette importante famille, nous étudierons successivement l’Ancolie, l’Ellébore, le Pied d'aouelle, l’Aconit, la Renoncule, la Clématite et la Pivoine.
Les gens de la campagne, frappés de la forme et de l'élégance de l’Ancolie (fig. 335), ont nommé ses fleurs Gants de Notre- Dame. Ses pétales sont façonnés en forme de cornets creux, recourbés à leur extrémité. Il y en a 5, qui alternent avec autant de sépales, plans et pétaloïdes. Les étamines sont nombreuses, disposées en 10 phalanges, dont 5 alternent avec les pétales et 5 alternent avec les sépales. Leurs anthères sont appliquées contre les filets par toute leur face intérieure et s’ouvrent par deux fentes latérales. 10 de cesétamines, représentées seulement par des filets dilatés sous forme d’écailles membraneuses d’un blanc argenté, plissées sur leurs bords, s'appliquent sur le pistil. Ce dernier organe se compose de 5 ovaires libres, uniloculaires, contenant plusieurs ovules anatropes, insérés sur deux séries verticales contiguës. Ces ovaires se changent, à la maturité, en 5 follicules libres. Les graines qu’ils renferment contiennent un embryon très-petit, placé à la base d’un albumen corné très-abondant. Quant aux organes de la végétation, les Liges sont solitaires, ou plus ou moins nombreuses, droites,
RENONCULACÉES. 333
pluriflores, rameuses supérieurement. Les feuilles, la plupart
Fig. 335. Ancolie.
radicales, sont longuement pétiolées, à divisions de premier ordre longuement pétiolulées et à lobes incisés. Voilà l’Ancolie ( Aquilegia vulgaris) dans sa simplicité primitive,
telle qu’on peut la trouver dans les bois montueu, sur la lisière des forêts, à Bondy, Montmorency, Saint-Germain, Versailles, etc. Mais la culture a opéré dans l’Ancolie des modifications bien curieuses. On voit fréquemment, en effet, les 5 pétales en cornet en renfermer d’autres, emboîtés par séries, pendant que 5 autres séries semblables se trouvent vis-à-vis des sépales. Il peut mème arriver que la fleur soit entièrement composée de séries de cornets emboîtés les uns dans les autres. Dans d’autres variétés, au contraire, au lieu de cornets creux, on ne trouve plus que des pétales ovales et presque plans, souvent en nombre considérable. Comme dans tous ces cas les étamines deviennent d'autant plus rares que les pétales surnuméraires deviennent plus nombreux, on est porté à penser que la formation de ces pétales n’est point sans quelque relation avec la métamorphose des étamines.
Les Ellébores ont un calice à 5 sépales, une corolle à 5-10 pétales, courts, tubuleux, bilabiés, des étamines en nombre indéfini et des pistils dont le nombre varie de 2 à 10. Ils sont un peu cohérents à la base, et l'ovaire contient deux séries d’ovules, comme dans le genre Ancolie. Le fruit est également un follicule.
Pour donner au lecteur une idée de l’aspect des plantes propres à ce genre, nous lui présenterons le Pied de Griffon ou Ellébore fétide (Helleborus fœtidus) assez commun dans les lieux pierreux, sur les bords des chemins, dans les clairières des bois, aux environs de Paris. C’est une plante à odeur vireuse, dont la souche épaisse, ordinairement verticale, se termine par une racine pivotante. Les tiges, qùi persistent pendant l'hiver, sont longues de 3 à 7 décimètres, robustes, droites, nues dans leur partie inférieure, feuillues supérieurement; elles se partagent en rameaux florifères. Les feuilles, toutes caulinaires, très-coriaces, d’un vert foncé, sont pétiolées, à segments lancéolés, étroits, dentés, ordinairement libres jusqu’à la base. Les fleurs sont penchées, disposées en corymbe rameux. Les sépales sont concaves, dressés, verdâtres, souvent bordés de pourpre. Les follicules sont oblongs, terminés en un long bec. |
Tous les Ellébores intéressent les amateurs de jardins, parce
RENONCULACÉES. ‘ 33
que la plupart fleurissent pendant l’hiver, tels sont en particulier l’Ellébore noir ou Rose de Noël, et le petit Ellébore jaune connu des botanistes sous le nom d’Eranthis hyemalis, qui fleurit dès que les neiges commencent à fondre.
Les Dauphinelles (Delphinium) ont un calice à 5 sépales pétaloïdes, inégaux, le supérieur redressé en cornet pointu, en éperon, ou comme la queue d’un dauphin, ce qui leur a fait . donner leur nom. Lés pétales, au nombre de quatre dans certaines espèces, sont réduits à un seul dans d’autres, par suite de phénomènes d’avortement et de soudure ; car à l’origine il y a toujours huit pétales, dont six se développent par paire en face de trois des sépales, et dont deux se développent isolément en face des deux autres sépales. Quoi qu’il en soit, les deux pétales supérieurs dans un cas, le pétale unique et supérieur dans l'autre cas, se prolongent en un cornet pointu, inclus dans l'éperon du calice. Les étamines, très-nombreuses, sont disposées en huit séries, opposées aux huit pétales originaires. Les carpelles, au nombre de un à cinq, libres, sessiles, verticillés et qui se changent plus tard en follicules, occupent le centre de la fleur.
On trouve fréquemment aux environs de Paris, dans les moissons, dans les champs cultivés, le Delphinium consolida, connu vulgairement sous le nom de Pied d'alouette des champs, Pied d’aloueite sauvage, Éperon de chevalier. Sa tige est grêle, droite, à rameaux nombreux; ses feuilles, découpées en petites lanières; ses fleurs, bleues ou blanches, en grappes courtes, forment un panicule.
On cultive de fort belles espèces de Dauphinelles dans les jardins, telles que les Delphinium elatum, Delphinium grandiflorum, etc., espèces vivaces, originaires de la Sibérie; une des plus élégantes est le Delphinium Ajacis, plante originaire d'Orient et d'Algérie, qu’on rencontre souvent dans le voisinage des jardins, d'où elle a disséminé ses graines.
Le genre Aconit (Aconitum) offre cinq sépales pétaloïdes, inégaux, dont le supérieur façonné en forme de casque (fig. 336) recouvre la corolle. Ce dernier organe se compose de 2 à 8 pétales, dont les deux supérieurs offrent un onglet allongé, et se terminent en capuchon renversé, tandis que les inférieurs sont
très-petits, filiformes, souvent nuls. Les étamines, nombreuses, sont disposées en séries, comme dans les Dauphinelles; on trouve au centre de la fleur 3 à 5 pistils qui deviennent des folli: cules. ‘
L’Aconit est une herbe narcotico-âcre, très-vénéneuse, mais qui, appliquée avec discernement, constitue un médicament éminemment utile. On l’'emploie contre les névralgies, les paralysies, les rhumatismes, l'infection purulente, etc.
L'espèce la plus vénéneuse est l’Aconit ferox, qui croît dans l’Himalaya, en Asie. L’Aconit napellus
Fig. 536. Fleur ce l'Aconit napel. est notre espèce officinale. Elle est très-rare aux environs de Paris, mais les touristes la rencontrent fréquemment dans les montagnes de la Suisse et du Jura. Elle élève à 12 décimètres de hauteur ses tiges droites, simples, un peu rameuses supérieurement, munies de feuilles
: d’un vert foncé et luisantes en dessus, d’un vert pâle en dessous, à 5-7 segments, divisés en lobes oblongs, incisés. Ses fleurs, qui sont bleues et d’un aspect élégant, forment des grappes allongées; on voit deux petites bractées au-dessous de chaque fleur.
Les Renoncules (Ranunculus) (fig. 337) ont le calice coloré en
REA Renonne vert et composé de cinq sépales.
La corolle présente cinq pétales, munis, à la base interne de leur onglet, d'une écaille, ou d’une fossette nectarifère. Les étamines et les pistils sont très-nombreux. Les premières offrent la structure ordinaire; mais les seconds, qui sont disposés en tête globuleuse ou oblongue et prolongèés en un bec court, renferment un seul ovule, ascendant et anatrope. Ils deviennent plus tard des akènes.
RENONCULACÉES. 337
Beaucoup d’espèces de ce genre possèdent une propriété vésicante, c’est-à-dire qu'appliquées sur la peau, elles y produisent une irritation qui va jusqu’à déterminer la destruction de l’épiderme et la formation d’une petite plaie : telles sont les Ranunculus flammula (petite Douve), lingua (grande Douve), arvensis (Bassinet des champs), bulbosus (pied de Corbin, pied de Coq), acris (Bassinet, Bassin d'or), sceleratus (scélérate), qui sont communes aux environs de Paris. Quand on distille ces plantes avec de l’eau, le liquide condensé-et recueilli contient un principe trèsâcre. Les animaux ne touchent pas aux Renoncules, quand elles sont fraîches; cependant ces plantes desséchées sont bonnes pour faire du foin.
A côté des Renoncules, nous citerons les Anémones, les Hépatiques, les Adonis.
Les Clémaiites (Clematis) ont un calice à quatre divisions pétaloides et sont dépourvues de corolle. Les étamines et les pistils sont nombreux comme dans les Renoncules. Ces pistils sont uniloculaires; ils deviennent des akènes à graine renversée et surmontés d’une sorte de queue plumeuse, résultant de l’accroissement du style après la floraison. Les feuilles des Clématües sont opposées, et leur tige ordinairement ligneuse, sarmenleuse, grimpante.
Dans les haies, les buissons, les taillis du nord de la France, on trouve souvent le Clematis vitalba (vulgairement Herbe aux gueux), dont les feuilles pilées, appliquées sur le corps, produisent la rubéfaction, la vésication et l’ulcération de la peau. Les mendiants se servent quelquefois de cette plante pour se procurer des ulcères artificiels et momentanés : de là son nom vulgaire. Ses fleurs sont blanches, disposées en panicules axillaires. On rencontre quelquefois dans le voisinage des jardins le Clematis flammula (vulgairement Clématite odorante), que l’on plante assez souvent pour garnir les palissades et les berceaux, et qui se distingue de l'espèce précédente par ses sépales tomenteux seulement aux bords. On entoure fréquemment les bosquets de Clematis vüicella, dont les sépales sont violets, pourpres ou roses et dont la fleur double par la culture.
On voit quelquefois à côté de cette dernière espèce l’Atragène
338 FAMILLES NATURBLLES.
des Alpes, remarquable par la beauté de ses grandes fleurs, d’un bleu violet. Le genre Atragène se distingue du genre Clematis par l'existence d’une corolle composée de pétales nombreux plus courts que les sépales. .
Les Pivoines (Pæonia) ont le calice foliacé, coriace, persistant, à sépales inégaux. La Corolle se compose de cinq, six, dix pétales orbiculaires, presque égaux. Les pistils, en nombre variable, renferment un grand nombre d’ovules. Les fruits sont des follicules coriaces. Le réceptacle se gonfle en un disque charnu, qui peut former comme une sorte de sac. Les graines sont munies d’un arille assez peu développé.
Les Pivoines sont des plantes herbacées, vivaces ou suffrutescentes, à feuilles alternes. Elles font, dès le printemps, l'ornement de nos jardins. Tous nos lecteurs connaissent la Pivoine mouton (vulgairement Pivoine en arbre), dont les pétales sont tantôt blancs, marqués à la base d'une tâche pourpre, tantôt rosés et qui doublent par la culture. Les Chinois, qui la cultivent depuis quinze cents ans, en ont obtenu plus de deux cents variétés. La Pivoine a été introduite en France au commentement du siècle actuel.
Citons encore la Pivoine officinale, à pétales rouges, ou roses, ou panachés, dont les fleurs doublent facilement, et qui était jadis fameuse dans la sorcellerie; la Pivoine corail (vulgairement Pivoine mäle), etc.
PAPAVÉRACÉES.
Les Pavots ont un calice à deux sépales caduques, une corolle à quatre pétales, de nombreuses étamines, munies d’un long filet et dont les anthères s'ouvrent latéralement par deux fentes longitudinales. L'ovaire, uniloculaire, est partagé presque complétement par plusieurs lames placentaires qui, partant des parois, s’avancent presque jusqu’au centre, et portent un grand nombre d'ovules anatropes, insérés sur toute leur surface. Le stigmate se penche sur l’ovaire en une sorte de collerette, dont le bord est découpé en autant de dents qu'il y a de
PAPAVÉRACÉES. 339
placentas pariétaux, et porte un nombre égal de crêtes veloutées papilleuses Le fruit est une capsule ovale, oblongue, ou qui s'ouvre par de petites valvules placées au-dessous du stigmate. Les graines, très-petites, renferment un minime embryon, placé à la base d’un albumen charnu et oléagineux.
Les Pavots sont des herbes à suc laiteux blanc, à feuilles dentées; les feuilles partant de la racine sont pétiolées, les feuilles partant de la tige sont sessiles ou embrassantes. Leurs pédoncules solitaires, uniflores, sont penchés avant la floraison.
Nous signalerons particulièrement trois espèces de Pavots.
1° Le Coquelicot, ou Pavot-roq (Papaver rhæas), est très-commun dans les champs de blé, dont il forme, avec les Bleuets, le plus gracieux ornement. Ses pétales mucilagineux, amers, sont émollients et légèrement narcotiques
2 Le Pavot du Levant, ou Pavot de Tournefort, à pétales de couleur écarlate ou orange, à onglet de couleur noir pourpre, ne diffère que peu du Pavot à bractées (Papaver bracteatum).
3° Le Pavot somnifère (Papaver somniferum), dont on distingue deux variétés : l’une nommée Pavot blanc (fig. 338), parce que ses graines sont ordinairement blanches, et particulièrement cultivée pour en extraire l’opium; l'autre nommée Pavot noir, parce que ses graines sont noires, et qui fournit l'huile douce connue sous le nom d'huile d'œillette.
Tout le monde sait que l’opium n'est autre chose que le suc épaissi du Pavot blanc. Ce suc découle de plaies faites aux ovaires, peu de temps avant leur maturation.
La Chélidoine ou Grande Éclaire (Chelidonium majus) appartient à la famille des Papavéracées. C'est une plante vivace, à suc d’un jaune rougeâtre, qui jouit encore d’une certaine réputation pour la guérison des verrues. Ses tiges sont droites, rameuses, pubescentes, à longs poils épars, étalés. Ses feuilles ont trois à sept segments ovales, lobés, à lobes incisés, crénelés, glauques en dessous. Ses fleurs, qui sont jaunes et disposées en ombelle simple, diffèrent très-aotablement de celles du Pavot par la structure du pistil. Cet organe se compose, en effet, d'un ovaire uniloculaire, offrant seulement deux placentas pariétaux, et surmonté d’un style court, à stigmate bilobé. Le fruit est une
capsule linéaire et s'ouvre en deux valves qui se détachent de la base au sommet, en laissant persister le châssis formé par
Fig. 338. Pavot somnifère.
les placentas. Les graines présentent en outre cette particularité remarquable, d'être munies d’une petite excroissance celluleuse blanche, en façon de cimier.