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PREMIÈRE PARTIE

ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE

Confiez une graine à la terre ; placez par exemple une graine de haricot (fig. 1) à quelques centimètres de profondeur dans la terre végétale humectée; si la température extérieure est de 15 à 20°, la graine ne tardera pas à germer : elle se gonflera et par cet admirable travail de la nature dont il nous est permis de contempler les merveilleux résultats, mais non de

Fig. 1. Graine de haricot en germination.

comprendre l’étonnant mystère, un végétal en miniature ne tardera pas à éclore. Deux parties bien distinctes apparaftront : l’une, de couleur jaunâtre, habituellement ramifiée, s’enfoncera dans le sol: c’est la racine; l’autre, colorée en vert, se dirigera à l’opposé de la première et s’élèvera vers Île ciel : c’est la tige (fig. 2).

Étudions d’abord, et d’une manière générale, la racine et la

tige, organes essentiels des végétaux, parties fondamentales qui existent chez toutes les plantes, ou du moins, si l'on fait abstraction de certains végétaux d’un ordre inférieur, qui existent

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Fig. 2. Jeune haricot.

chez toutes les plantes parées de feuilles et de fleurs. Nous passerons ensuite à l’étude générale d’autres organes essentiels des végétaux, tels que les branches, les bourgeons, les feuilles, les fleurs, les fruits, les graines, etc.

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Le Créateur des mondes semble avoir voulu embellir ce qui est exposé à nos yeux et refuser l'élégance à tout ce qui se dérobe à nos regards. Tandis que les feuilles, gracieusement suspendues aux rameaux, se balancent avec grâce au souffle des airs; tandis que les tiges, les rameaux et les fleurs font l’ornement de nos campagnes, les racines, privées de formes gracieuses, dépouillées de toute nuance brillante, et revêtues le plus souvent d’une uniforme

couleur brune, accomplissent dans l’obscurité leurs fonctions, tout aussi importantes que celles des tiges, des feuilles, des rameaux et des fleurs. Quelle différence entre la cime verdoyante et fleurie d'un arbre ou d’un arbrisseau qui s'élève avec élégance au milieu des airs, et la masse grossière de ses racines, divisée en rameaux tortueux, sans harmonie, sans symétrie, et formant un inextricable réseau comme une chevelure en désordre! Ces organes, si peu favorisés sous le rapport de la beauté, ont pourtant des fonctions d'une importance fondamentale dans l’ordre des actions végétales. Commençons par exposer les dispositions extérieures et la structure des racines; nous passerons ensuite à l'étude des fonctions physiologiques qui leur sont dévolues.

Toutes les racines ne sont pas implantées dans le sol. Il en est qui flottént

Fig. 3. Lentille d'eau.

dans l’eau, comme celles de la Lentille d’eau (fig. 3), et ne touchent

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aucunement la terre. Il en est qui vont puiser leur nourriture dans les tissus mêmes d’autres végétaux : telles sont les racines du Gui, plante singulière qui forme sur le Pommier, le Peuplier et une foule d’autres arbres, des touffes d’un beau vert.

Certaines racines paraissent n’avoir d’autre fonction que de fixer la plante au sol; elles ne contribuent en rien à leur nutrition. On voyait, il y a quelques années, au Muséum d'histoire naturelle de Paris un magnifique Cierge du Pérou, d’une hauteur extraordinaire, qui poussait avec vigueur et avec une grande rapidité d'énormes rameaux. Ses racines étaient renfermées dans une caisse d’un mètre cube, remplie d’une terre que l’on ne renouvelait et n’arrosait jamais. Évidemment les racines de ce Cactus ne lui servaient que comme moyen d'attache.

« Au milieu d’une contrée où six mois se passent sans qu’il tombe jamais de pluie, j'ai vu, dit Auguste de Saint-Hilaire, durant la sécheresse, des Cactus chargés de fleurs se soutenir sur des rochers brûlants, à l’aide de quelques faibles racines enfoncées dans l’humus desséché qui s'était introduit dans des fentes étroites. »

Cependant la plupart des plantes se nourrissent au moyen de leurs racines. Aussi voit-on cet organe se développer, se ramifier, et se multiplier indéfiniment dans presque tous les végétaux.

La multiplication des racines se fait de deux manières. Tantôt la racine s’allonge et s’épaissit, en n’émettant latéralement que des appendices grêles et courts, que l'on nomme radicelles et qui accompagnent le corps, ou le pivot du système descendant. On nomme ces racines pivolantes. Tantôt, au contraire, la racine est entièrement composée d’axes plus ou moins nombreux, à peu près de même calibre et qui partent de la partie inférieure de la tige : on nomme ce dernier type racines fasciculées. La Betterave, la Caroite, le Navet (fig. 4), les arbres de nos bois, nous offrent des exemples de racines pivotantes. Le Melon (fig. 5), le Blé, le Lis, les Palmiers, donnent des exemples de racines fasciculées.

Cette différence dans la constitution du corps radiculaire doit être prise en considération dans un grand nombre de circonstances. Le vieux Sapin, fixé au sol par un enracinement profond, brave les plus violents orages, et sur le sommet des montagnes il résiste aux plus terribles tempêtes. Mais le Palmier à éventail, dont les racines fasciculées courent et s’allongent hori-

zontalement dans le sable, est renversé, abattu par le vent, dès qu'il a atteint une hauteur de 1 à 2 mètres. Si l’on soutient d’une manière artificielle la tige de ce Palmier, il peut atteindre, même dans nos climats, une . de 15 à 20 mètres. Devant le grand amphithéâtre des cours du Muséum d'histoire naturelle de Paris, on voit deux Palmiers ainsi soutenus élever très-haut leur tête, chargée de feuilles en éventail (fig. 6).

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Fig. 4. Racine pivotante du Navet. Fig. 5. Racine fasciculée du Melon.

La connaissance de la forme des racines trouve des applications pratiques. Quand on arrosé une plante, il faut verser l’eau à son pied, si sa racine est pivotante; on la verse, au contraire, à une certaine distance de ce pied, si les racines sont fasciculées. Quand on veut tenter la culture d'une plante, on se préoccupe de la nature des couches superficielles du sol ou deses couches profondes, selon que cette plante a des racines pivo-

ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.

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