LES ARBRES GÉANTS
qu’il existe aujourd’hui dans l'Orient des Platanes d'une vétusté ‘ et de dimensions tout à fait extraordinaires. De Candolle rapporte l’assertion d’un voyageur moderne attestant qu'il existe dans la vallée de Bujukdéré, à 3 lieues de Constantinople, un Platane qui a 30 mètres de hauteur, et dont le tronc a 50 mètres de circonférence. Ce tronc présente une excavation de 26 mètres de circonfirence ; il ombrage une étendue de 160 mètres carrés. Nous représentons dans la figure 405 le Platane de Bujukdéré, arbre célèbre dans tout l'Orient. On manque de documents pour déterminer exactement son âge.
Au nord de Madère, on trouve des Lauriers (Oreodaphne fœtens) de 12 à 13 mètres de circonférence, sur une hauteur de 28 à 37 mètres, et qui existaient déjà en 1419, année de la conquête de cette Île par les Européens.
Dans l'île de Ténériffe, les voyageurs vont admirer le Dragonnier d'Orotava (fig. 406), dont le tronc s'élève à une hauteur de 72 pieds, et dont la circonférence est telle que dix hommes ne peuvent l’embrasser. Cet arbre est peut-être antérieur aux temps historiques. A l’époque de la conquête de l’île de Ténériffe par les Espagnols, il était déjà aussi fort et aussi évidé qu’on le voit aujourd'hui.
« Cet arbre gigantesque, dit M. de Humboldt dans ses Tableaux de la nature, est aujourd’hui dans le jardin de M. Franchi, dans la petite ville d’Orotava, appelée jadis Taoro, l’un des endroits les plus délicieux du monde cultivé. En 1799, lorsque nous gravimes le pic de Ténériffe, nous trouvämes que ce végétal énorme avait quarante-cinq pieds de circonférence un peu au-dessus de sa racine. G. Stauntor prétend qu’à dix pieds de hauteur il a douze pieds de diamètre. La tradition rapporte que ce dragonnier était révéré par les Guanches, comme l’orme d'Éphèse par les Grecs, et qu’en 1402, lors de la première expédition de Béthencourt, il était aussi gros et aussi creux qu'aujourd'hui. Le dragonnier gigantesque que j'ai vu dans les îles Canaries a seize pieds de diamètre, et, jouissant d’une jeunesse éternelle, il porte encore des fleurs et des fruits.
« Lorsque les Béthencourt, aventuriers français, firent au seizième siècle la conquête des îles Fortunées, le dragonnier d'Orotava, aussi sacré pour les naturels des iles que l'olivier de la citadelle d'Athènes, était d’une dimension colossale, tel qu’on le voit encore. Dans la zone torride, une forêt de Cæsalpinia et d'Hymenza est peut-être un monument d’un millier d'années. En se rappelant que le dragonnier a partout une croissance très-