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la coupe horizontale d’un tronc d'Érable. Dans les tiges très grosses et très vieilles, la moelle ne présente qu’un diamètre extrêmement petit, et l’on a même longtemps admis qu’elle finit par disparaître complètement du tronc des vieux arbres. Mais il n’en est rien. On s’est même assuré, par des mesures exactes, que ce diamètre demeure sensiblement invariable depuis le moment où le jeune axe ligneux à commencé à se consolider, jusqu'à l’époque de son plus complet développement.
La moelle est formée par une réunion de cellules, selon le terme scientifique.
Nous n'avons pas encore prononcé ce nom, qui revient si souvent dans le langage des botanistes : c’est ici le lieu de s’expliquer à ce sujet.
La cellule est l'organe primitif dans toute structure végétale. C’est une sorte de sac, constitué par une membrane transparente. Ce sac est fermé complètement. Tantôt il est vide, tantôt il recèle une matière dans son intérieur.
Fig. 38. Coupe du tissu de la moelle Fig. 39. Coupe du tissu de la moelle d’un centrale d'un arbre jeune arbre plus âgé (cellules ovales ou circulaires). (cellules polyédriques).
La figure 38 représente des cellules végétales coupées en travers. Elles sont, comme on le voit, de forme à peu près circulaire. Quand les cellules s’accroissent, elles se compriment mutuellement ; si bien que leur forme, d'abord circulaire, devient polyédrique (fig. 39).
La moelle des jeunes arbres, telle qu’elle est représentée dans la figure 39, n’est autre chose qu’une agrégation de cellules, qui, d’abord de forme sphérique, sont devenues polyédriques, par suite de leur accroissement et de leur compression mutuelle.
Le tissu médullaire paraît de très bonne heure frappé d’atonie, surtout dans les parties centrales.
Bois. — Entre la moelle et l'écorce se trouvent des zones concentriques, qui portent le nom de couches ligneuses, et dont l’ensemble forme ce qu’on appelle vulgairement le boss.
Si l’on examine une tige de Chêne, de Pommier, de Cerisier, ete., on voit une différence très sensible entre les couches ligneuses les plus intérieures, qui sont plus foncées et d’un tissu plus dense, et les extérieures, qui sont, au contraire, d’une teinte plus pâle et d’un tissu plus mou. Sur la figure 40, qui représente la coupe verticale d’un tronc de Chéne, âgé de dixhuit ans, l’aubier est représenté par la lettre A, le bois par la lettre B, l'écorce par la lettre E. Au centre est la moelle, avec l'aspect étoilé qu’elle présente souvent dans le Chêne. Les rayons médullaires, sur lesquels nous aurons à revenir, sont très apparents sur celte figure.
On donne le nom d’aubier à l’ensemble des couches les plus extérieures du bois, et celuide cœur du bois, ou de duramen, aux couches plus intérieures. Fig. 40. Coupe transversale d’un tronc de Chêne
Dans quelques arbres, de dix-huit ans (couchesligneuses, comprenant et notamment dans ceux Os ct l'aubier).
qui ont peu de dureté, comme le Peuplier, le Saule, le Marronnier, etc., la ligne de démarcation entre le bois et l’aubier est peu sensible. Elle est, au contraire, très prononcée dans les bois durs. Ainsi, dans l’'Ébène, le cœur du bois est d’un noir intense, tandis que l’aubier est blanc; dans l’Arbre de Judée, le cœur est jaune et l’aubier blanc; dans le Phyllirea, le cœur est rouge et l’aubier blanc.
Les ouvriers qui travaillent le bois savent que l’aubier à moins de solidité que le cœur, et que ce dernier doit être seul employé pour les ouvrages en bois.
Examinées en masses, les couches ligneuses sont d'autant plus dures qu’elles sont plus intérieures. Étudiée isolément,
chaque couche est d’autant plus compacte qu’on l’examine plus vers sa partie externe. Au reste, toutes les couches ne sont pas d’une épaisseur égale, ni entre elles, ni dans leurs diverses parties. | L'élément qui domine dans le bois, celui qui lui communique sa dureté, c’est la fibre ligneuse (fig. 41). C'est un élément cellulaire, allongé, terminé en pointe à ses deux extrémités. Les parois des cellules qui les constituent sont très épaisses, ordinairement si épaisses que leur cavité intérieure en est fort réduite. Au reste, l'épaisseur et la coloration des fibres varient avec la partie du bois, l’âge de la tige et l'essence de l’arbre que l’on considère Les fibres ligneuses sont pressées les unes contre les autres, appliquées bout à bout, et comme enchevêtrées, de manière à constituer un tissu dit fibreux.Cetissuest très difficile à entamer lorsqu'on le coupeentravers, mais il se divise très facilement, au contraire, lorsqu'on l'attaque longitudinalement. Les parois de ces fibres épaisses présentent fréquemment des parties non épaissies, qui se présentent sous la forme de ponctuations.
Les fibres ligneuses ne sont pas les seuls éléments constitutifs du bois. Coupez transversalement un rameau de Vigne (plante chez laquelle les éléments dont nous voulons parler acquièrent un volume considérable), et appliquez l’œil à un bout ; si le rameau est droit, vous pourrez aper-
| | cevoir le jour à l’autre bout. Examinez, soit à Fig. 41-MEIbTes NE SAS
ligneuses l'œil nu, soit à la loupe, la surface de sec-
vues au micros- tion de ce même rameau, et vous pourrez recon-
ÿ LD naître qu'il est percé d’un nombre considérable de petites ouvertures, d’inegal volume. Introduisez un cheveu ou un fil très fin dans une de ces ouvertures béantes, et vous arriverez à faire apparaître ce fil à l’autre extrémité du rameau. Il existe donc, dans l’intérieur de ce rameau de vigne, des canaux continus. Ces canaux, formés d’une paroi propre, portent le nom de vaisseaux.
Si l’on coupe avec netteté une portion de la surface transver-
sale d'une büche de Chëne ou d’Orme, on s’apercevra que le bord interne de chaque zone ligneuse présente un certain nombre de petits trous, distincts à l’œil nu ou à l'œil armé d’une simple loupe, et qui sont les orifices de vaisseaux assez volumineux. Dans l'épaisseur de la zone ligneuse les vaisseaux sont beaucoup plus petits et parfois presque indistincts.
Si l’on soumet au même examen le bois de Charme, de Tilleul ou d’Érable, le bord interne de la zone n’est plus occupé par de gros vaisseaux; elle est presque tout entière criblée par les ouvertures de vaisseaux plus petits et plus égaux entre eux, et qui deviennent indistincts vers Le bord externe de chaque zone.
Quelle est la structure de ces divers vaisseaux ? Ils ressemblent à un cylindre qui offrirait, de distance en distance, des étranglements plus ou moins marqués, et des lignes transversales qui les divisent en autant d'articles superposés. A ces étranglements, à ces lignes, correspondent parfois, à l’intérieur du vaisseau, des débris de diaphragmes transversaux.
En un mot, ces cylindres paraissent formés de cellules mises bout à bout, et dont les cloisons se seraient détruites.
Leurs parois extérieures offrent des ponctuations, des raies, des réseaux, souvent du plus bel effet, et qui résultent des inégalités d’épaississement que ces pa- Ë rois ont subies, inégalités qui obéissent à pig. 42. Vaisseaux du bois certaines lois de régularité et d'élégance. (vaisseaux ponctués et
La figure 42 représente les vaisseaux *55eaux rayés du Melon). du Melon. D'après l'aspect particulier que présentent leurs tuniques extérieures, qui sont marquées de petits points, de sillons et de raies, on les nomme vaisseaux ponctués et vaisseaux rayés.
Il est une partie spéciale du bois dans laquelle les vaisseaux sont pourtant d’une nature différente de celle que nous venons d'indiquer ici. On les trouve autour de la moelle, dans la portion la plus interne du cercle ligneux, et jamais ailleurs. Ces vaisseaux, avec les fibres peu épaisses qui les accom-
pagnent, ont reçu, et gardé malheureusement, le nom d’étur médullaire. Y n’y a, en effet, ici qu’une réunion de vaisseaux et aucune sorte d’étui. L'image que ce mot rappelle n'est pas de nature à faire comprendre l’importante modification de structure que nous signalons dans les vaisseaux les plus internes du cercle ligneux. On donne à ces vaisseaux le nom de trachées.
La figure 43 représente, vue au microscope avec un très fort grossissement, cette partie centrale des arbres,improprement désignée sous le nom d’éfui médullaire. On voit les érachées, c’est-à-dire les vaisseaux dont nous parlons, T touchant d’un côté à la moelle, M, qui est au centre du végétal, et de l’autre aux fibres ligneuses, FL.
La structure des #rachées est bien singulière. On croirait, au premier aspect, que ces vaisseaux sont très finement rayés en travers et que leur tunique externe est continue; mais, si l’on vient à exercer sur eux la plus légère traction, on les voit se dérouler, absolument comme un ressort à boudin. Ces vaisseaux sont donc formés d’un fil spiral contourné en hélice et à tours de spire contigus. Tous ces tours de spire sont réunis par une membrane; mais cette membrane est si prodigieusement mince qu'il est difficile d’en retrouver les traces lorsque la spire a été déroulée.
La figure 43 montre parfaitement la structure particulière des vaisseaux qui portent le nom de #rachées (T).