‹ Histoire des plantesChapitre 101 sur 114 · D AU · texte numérisé non relu

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LES ARBRES GÉANTS. 567 dérer l'excès de leur transpiration et de calmer les ardeurs d’un climat de feu.

Le fruit du Baobab est comestible ; sa chair est d'une saveur agréable et sucrée. Le suc qu’on en exprime, mêlé avec du sucre, forme une boisson fort utile dans les fièvres putrides et pestilentielles. On transporte le fruit du Baobab dans la partie orientale et méridionale de l'Afrique, et les Arabes le font passer dans les pays voisins du Maroc, d’où il se répand ensuite en Égypte. Le fruit du Baobab est une grosse capsule ligneuse, ovale, longue de 30 centimètres; il contient une pulpe aigrelette sucrée et rafraichissante. On en fait des boissons acides. La pulpe pressée est prescrite, ainsi qu'il est dit plus haut contre les fièvres du pays. Les feuilles sont employées dans les fièvres inflammatoires et les dyssenteries.

La pulpe du fruit, séchée, mise en poudre et tamisée, est connue sous le nom vulgaire de Terre de Lemnos. Cette poudre est d’un usage familier au Caire et dans presque tout le Levant. On en fait prendre un drachme en dissolution dans de l’eau de plantain, ou, à son défaut, en infusion ou en décoction dans de l’eau commune, pour les crachements de sang, les fièvres pestilentielles et putrides, etc.

Les nègres tirent parti des fruits gâtés et de l’écorce ligneuse de cet arbre. Ils les brülent, pour en obtenir les cendres, qui servent à fabriquer du savon, au moyen de l'huile de palmier.

Les nègres font encore un usage bien singulier du tronc du Baobab:ils s’en servent pour déposer les cadavres de ceux qu'ils jugent indignes des honneurs de la sépulture. Ils choisissent le tronc d’un Boabab déjà attaqué et creusé par la carie; ils agrandissent la cavité et en font une espèce de chambre, dans laquelle ils suspendent les cadavres. Après quoi, ils ferment, avec une planche, l’entrée de cette sorte de tombeau naturel. Les corps se dessèchent parfaitement à l’intérieur de cette cavité, et deviennent de véritables momies, sans avoir reçu la moindre préparation préalable.

C’est surtout aux guériots qu'est réservé ce mode étrange de sépulture. Les guériots sont les musiciens ou les poètes qui, auprès des rois nègres, président aux danses et aux fêtes. Pendant leur vie, ce genre de talent les fait respecter des autres nègres, qui les considèrent comme des sorciers et les hono-

rent à ce titre. Mais, après leur mort, ce respect se change en horreur. Ce peuple superstilieux et enfant s pee ques sig livrait à la terre le Corps de ces sorciers, omme celui des autres

quoi le monstrueux Baobab sert d’as Combien il est étrange de voir un} peu] ses poètes, entre le ciel et do terre, d végétaux ! ‘

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