ASIE. D
quier, de la Vigne, du Châtaignier, des Grenadiers, de l'Amandier et des Citronniers, on cultive en Chine et au Japon le Sarrasin, le Froment, le Mais, l'Orge, l'Avorne, la Pomme de terre, l’Asperge, les Melons,le Pois et les Fêves, en même temps que le Riz, l'Arum esculentum et l’'Igname.
Nous ne saurions nous arrêter ici sur une foule de plantes d'ornement, dont beaucoup sont aujourd'hui naturalisées en Europe, comme la Glycine, le Lis du Japon, le Lis tigré, la Primevère de la Chine, le Magnolia Fulan, etc.
Région méridionale. — Cette région comprend les deux presqu'iles de l'Inde. Les familles on tropicales disparaissent, ou se montrent plus rarement. Les familles tropicales paraissent ou deviennent plus nombreuses. Les arbres ne perdent pas leurs feuilles. Le nombre de végétaux ligneux est plus grand qu'il ne l’est hors des tropiques. Les fleurs sont grandes et magnifiques. Les plantes grimpantes et parasites sont nombreuses.
L'Inde peut être considérée comme la véritable patrie des aromates. La riche nature de ce pays n’est pas moins féconde en productions végétales d’un autre ordre : Les arbres propres à fournir du bois de construction y croissent en profusion.
Parmi les plantes arborescentes les plus abondantes dans cette région botanique, nous citerons : les Bombax, Sapindus, Mimosa, Acacia, Cassia, Jambosa, Gardenia; le Diospyros ebenum, dont le bois était célèbre dès la plus haute antiquité par sa couleur noire; des Bignonia; le Tectona grandis, arbre magnifique qui fournit un bois de construction d’une résistance considérable ; l’Zsonandra quitta, qui produit la substance analogue au caoutchouc, connue sous le nom de qutta-percha, et qui découle des incisions pratiquées au tronc de ce grand arbre ; des Lauriers à écorce aromatique ; des Muscadiers (Myristicas) dont les semences sont employées comme épice; des Fiquiers, (Ficus religiosa, indica, elastica); des Palmiers, comme les Borassus (Borassus flabelliformis) aux magnifiques feuilles étalées en éventail; les Cocos; les Saqgus ou Sagoutier, dont la moelle fournit une farine très riche en amidon; les Calamus, aux tiges grèles et grimpantes, longues souvent de plus de 500 pieds, et dont on fait des cannes connues en Europe sous le nom de joncs; les Areca (Areca catechu), dont la noix est employée comme masticatoire et qui fournit un cachou très estimé; le Corypha umbraculfera, dont le tronc, d’une hauteur
de 20 à 30 mètres, est couronné d’un ample faisceau de feuilles en parasol d’un diamètre de 18 pieds ; le Dragonnier, le Baquoïis (Pandanus), le Bambou, etc.
Si maintenant nous jetons un coup d'œil sur les plantes cultivées, nous aurons à signaler des végétaux d’une importance capitale. Ce seront : le Riz, le Sorgho, l'Igname, la Pistache de terre, le Cocoter, cet arbre élégant et utile qui donne à l’homme de quoi suffire à tous ses besoins, car il lui sert à ja fois, comme nous l'avons déjà dit, à s’abriter, à se vêtir, à se chauffer, à s’éclairer, à se désaltérer et à se nourrir; le Giroflier (Caryophyllus aromaticus), dont la fleur en bouton est envoyée en Europe sous le nom de clou de qrofle; des Porvriers, parmi lesquels nous citerons le Poivre noir, dont les fruits cueillis avant la maturité constituent le poivre, importé parmi nous depuis les conquêtes d'Alexandre, et le Poivre Bétel aux feuilles aromatiques et amères, qu’on mêle avec la noix d’Arec pour former un masticatoire très usité; le Zamarin (Tamarindus indica), arbre magnifique, dont les fruits renferment une pulpe d’odeur vineuse et de saveur aigrelette ; le Mançquier (Mangifera indica), dont le fruit très vanté a un léger goût de térébenthine ; le Mangoustan (Garcinia mangostana), dont la baie renferme, sous un épicarpe amer et astringent, une pulpe délicieuse; le Bananier à baïes jaunâtres, longues de 6 à 8 pouces, fournissant un aliment très nourrissant, qui a le goût d’une pâte de beurre légèrement sucrée; le Jambosa vulgaris, à petites pommes qui répandent dans la bouche l'odeur de la rose; le Goyavier (Psidium pomiferum) aux fruits jaunes et gros comme une poire; plusieurs Orangers; des Pastèques, la Canne à sucre et le Caféier.
On a essayé dans la figure 435 de réunir d’une maniere idéale les principales espèces végétales propres à la région botanique qui vient d’être décrite. Sur les plans principaux figurent les espèces rustiques; sur l'arrière-plan sont quelques végétaux cultivés. À gauche du tableau est le Corypha, surmonté du Palmier Arenga à sucre et d’un groupe de Bambous. Vers le milieu, toujours à gauche, et près du tronc d’un gros Santal, le Scinapsus surmonté du Sagoutier. Le palmier Arecquier étend, au milieu du tableau, sa tige accidentellement infléchie et entourée de quelques Lianes.
À droite est le Palmier Borassus, près d'un Bananier, tous
deux à l’ombre d’un imposant Manquier. Le Laurier cannellier et l’Zsonandra quitta, ou Arbre à qutta-percha, sont à gauche de ce groupe, suivis d’un haut Cocotier.
Les végétaux cultivés, qui se voient à l'arrière-plan, sont le Poivrier et le Laurier camphrier, placés à l'arrière du Cocotier, et dans le lointain le Muscadier et le Groflier, près d'un rideau de Bambous et de Rotangs.
L'Afrique nous présentera, comme l’Asie, trois parties principales bien distinctes: 1° la partie septentrionale, qui comprend la région méditerranéenne et le Sahara; 2° la partie centrale, ou tropicale; 3° la partie australe, ou la région du Cap de Bonne-Espérance.
Région méditerranéenne. — Cette région comprend tout le littoral africain baigné par la Méditerranée, en particulier l’Algérie, depuis le versant septentrional de l’Atlas jusqu’à la mer et les pays baignés par le della du Nil. Cette région d’Afrique offre la plus grande analogie de végétation avec la région méridionale de l’Europe, que nous avons étudiée plus haut.
Par ses étroites affinités avec les contrées correspondantes de l’Europe, l’Algérie sera toujours pour nous le centre principal de colonisation, la région de culture par excellence. Ses riches productions en céréales l’appellent à être le grenier d’abondance de la France.
Dans la région montagneuse inférieure du nord de l’Afrique, on peut se livrer avec avantage à la culture des plantes du centre de l’Europe. La Vigne y prospère assez bien, grâce à la fraicheur que procure l'élévation de ces lieux. Aux environs de Tlemcen, de Milianah, de Mascara, de Médéab, les colons, et même les indigènes, ont entrepris de la cultiver. Depuis que le phylloxéra a anéanli les vignobles du midi de la France, c’est-àdire depuis environ l’année 1875, beaucoup de propriétaires et de paysans de ces contrées ont émigré en Algérie, et s’ylivrent avec autant d'intelligence que d’ardeur à la culture de la vigne. L’0livier, si généralement répandu dans l'Afrique septentrionale, constitue l’une des principales richesses des tribus Kabyles. Le
Chêne-liège forme des forêts immenses dans la partie inférieure HISTOIRE DES PLANTES. 38
de la région montagneuse du littoral africain; dans la province de Constantine, le Chéne-liège est, depuis la conquête de ce pays par la France, l’objet d'importantes exploitations.
M. Cosson, botaniste et voyageur, s'exprime ainsi sur la végétation et sur les cultures du Sahara algérien :
« L'ensemble de la région naturelle du nord de l'Afrique est caractérisé surtout par l'extrême rareté des pluies, la sécheresse de l'atmosphère, des températures extrêmes, l'absence de grands relèvements montagneux et de cours d’eau permanents, l'aspect tout spécial de la végétation désertique... L'ensemble des végétaux croissant spontanément ne dépasse pas le chiffre de 500 espèces. Le plus grand nombre d’entre elles sont vivaces, croissent en touffes et ont un aspect sec et maigre, un port raide et dur tout à fait caractéristique. Les familles représentées dans le Sahara algérien par le plus grand nombre d'espèces sont les Composées, les Graminées, les Légumineuses, les Crucifères et les Salsolacées. Parmi les espèces ligneuses on peut citer des Tamarix etle Lentisque atlantique. Le Dattier est sans contredit le principal élément de richesse des jardins des oasis; il y est cultivé non seulement pour l'abondance et la variété de ses produits, mais encore pour son ombrage qui garantit les autres cultures de la violence des vents et maintient dans le sol l'humidité nécessaire à la végétation.... Outre le Dattier, la plupart des oasis présentent en assez grande abondance le Figuier, le Grenadier, l’Abricotier et souvent la Vigne. Le Pêcher, le Cognassier, le Poirier et le Pommier sont surtout plantés dans les jardins des ksours ou dans les oasis situées vers les montagnes ; plus rarement on rencontre dans les oasis le Cédratier, l'Oranger, l'Olivier. L’Orge et plus rarement le Blé sont cultivés dansles terrains irrigués du voisinage et dans les intervalles des plantations de Dattiers. Les Oignons, les Fèves, les Carottes, les Navets et les Choux tiennent une large place dans les cultures. Il en est de même du Piment, dont le fruit, en raison de ses propriétés stimulantes, entre comme condiment dans la plupart des mets arabes. L’Aubergine et la Tomate sont cultivées dans quelques jardins pour leurs fruits comestibles. De nombreuses espèces et variétés de Cucurbitacées (Potirons, Courges, Pastèques) sont semées en été dans les jardins, où leurs fruits acquièrent un grand développement. Le Gombo (Hibiscus esculentus) est cultivé çà et là par les nègres pour ses fruits mucilagineux et comestibles.... Les plantes industrielles ou fourragères principales sont le Chanvre, représenté seulement par une variété naine (Haschich) qui n’est pas employée comme plante textile, maïs dont les extrémités sont fumées par quelques musulmans peu fervents. Le Tabac rustique est le seul cultivé, et cette culture n’a quelque importance que dans le Sout. Le Henné (Lawsonia inermis), dont les feuilles ont été employées récemment dansla teinture en noir, n’existe guère que dans les oasis des Ziban, »
C'est dans les oasis que l’on peut examiner de plus près la végétation africaine. Nous représentons ici (fig. 436), d’après le botaniste voyageur, Schweinfürth, une oasis à Tunis.
Fig.46. Une Oasis près de Tunis, d'après Schweinfürth.
Région équatoriale. — La végétation de l'Afrique tropicale n’estencore aujourd’hui qu'imparfaitement connue, à cause de la terrible insalubrité de ces parages. On y voit, en général, apparaître les mêmes formes végétales qui dominent dans les autres régions des tropiques ; ce qui veut dire que des espèces végétales qui sont ordinairement herbacées dans les contrées extra-tropicales, prennent ici l’aspect ligneux. Telles sont les plantes de la famille des Rubiacées et celle des Malvacées. On y constate, par exemple, la disparition presque complète des Crucifères, des Caryophyllées, etc., tandis que les familles qui y prédominent sont les Légumineuses, les Térébinthacées, les Malvacées, Rubiacées, Acanthacées, Capparidées, Anonacées, etc.
Jetons un coup d'œil sur quelques individualités végétales remarquables propres à l’Afrique centrale.
Sur les côtes humides des forêts impénétrables sont formées de Mangliers (Rhizophora mangle) et d’Avicenniés (Avicennia tomentosa). Des Bananiers, des Cannées, des Amomées, de bizarres Pandanées, des Malvacées gigantesques, comme le Baobab, des Broméliacées, des Aroïdées, des A/oës, parmi lesquels l’4/0e soccotrina, qui fournit le purgatif nommé aloës, des Euphorbes charnues, aux formes étranges, impriment un caractère particulièremeut remarquable à cette végétation puissante.
Ce serait arracher aux régions centrales de l'Afrique un des plus beaux éléments de leur splendide parure, que de ne point parler de leurs admirables Palmiers. A leur tête se place le Palmier oléifère de Guinée, ou Elaïs Guineensis, dont le fruit, de la grosseur d’une olive, contient une si grande quantité d'huile que ce liquide en découle lorsqu'on le presse entre les doigts; la graine contient une sorte de beurre. La sève de cet arbre précieux donne du vin, et ses feuilles servent de fourrage aux moutons et aux chèvres. Mais le véritable Palmier vinifère de ces contrées, c’est le Sagoutier (Saqus vinifera). Citons encoré le Lodoïcea Sechellarum, dont les fruits, plus gros que la tête d'un homme, et du poids de vingt livres, vont flottant sur la mer, et finissent par atteindre ainsi jusqu'aux rivages des Indes.
Un fait digne de remarque, c’est que, dans la région qui nous occupe, on observe très peu de Fougères et d’Orchidées, groupes de végétaux dont les espèces sont, au contraire, extrèmement multipliées dans les autres contrées tropicales.
Parmi les végétaux exotiques que l’on cultive avec succès
dans l'Afrique centrale, on compte le Maïs, le Riz, le Sorgho, l’Zgname, le Manioc, le Caladium esculentum, ou Chou caraiïbe, plante de la famille des Aroïdées, dont le rhizome et les feuilles. sont alimentaires ; le Bananier, le Manquier, le Papayer, dont le fruit a la grosseur d’un petit melon, que l’on mange cru ou cuit, et dont la pulpe, mêlée au sucre, forme une marmelade délicieuse ; l'Ananas, des Fiquiers, le Caféier, la Canne à sucre, le Gingembre, diverses espèces de Haricots et de Dolics, la Pistache de terre, le Coton, le Tabac et le Tamarin.
La figure 437, qui représente un village de l’Abyssinie, peut donner une idée de la végétation de l'Afrique équatoriale. A côté de hauts Palmiers et de Baobabs, on voit s'étendre des cultures de Riz.
Le voyageur et botaniste allemand Schweinfurth, dans son Voyage au cœur de l'Afrique, a reproduit plusieurs aspects de la flore africaine. Nous représentons (fig. 439, page 603) une forêt vierge du centre de l'Afrique d'après Schweinfurth.
Région méridionale. — Arrêtons enfin nos regards sur la pointe méridionale du continent de l'Afrique.
La région du Cap de Bonne-Espérance est la patrie de tous ces Protea, de ces Pelargonium, de ces Bruyères, de ces Oxalis, de ces Zria, dont les espèces nombreuses et variées font l’ornement de nos serres ou de nos parterres. Aucune autre contrée du globe ne peut se comparer à celle du Cap pour la prodigieuse abondance et les dimensions des Bruyères. Là est leur véritable patrie. Tandis que les plaines de l’Europe, ainsi que les Alpes, possèdent à peine une demi-douzaine d'espèces de Bruyères, au Cap il en existe plusieurs centaines. Elles atteignent quelquefois près de 5 mètres de hauteur. Leurs feuilles sont peu développées et aciculaires; mais leurs fleurs sont souvent très grandes, et décorées de couleurs brillantes, qui varient des nuances les plus tendres aux tons les plus éclatants.
La Flore de cette région est riche en formes végétales, mais elle est peu riante par son aspect. On n’y voit point de véritables forêts, grandes et sombres ; il y a peu de plantes grimpantes, mais en revanche beaucoup de plantes grasses.
Les familles caractéristiques sont les Restiacées, lridées, Protéacées, Éricinées, Ficoïdées, Diosmées, Géraniacées, Oxalidées, Polygalées. Parmi les genres caractéristiques, citons : Les Zria, les Gladiolus, aux fleurs singulières et bigarrées ;.
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