CIRCULATION
mique des vaisseaux du bois, leur grand nombre, leur fort ca-
libre dans les tiges sarmenteuses et grêles, qui atteignent souventune longueur considérable, et qui doivent être parcourues rapidement par une grande masse de liquides, afin
de subvenir aux besoins de l’'évaporation par les feuilles, tous ces faits généraux ne laisseraient à priori aucun doute possible sur le rôle des vaisseaux du bois dans la circulation. Il n’est rien, d’ailleurs, de plus aisé que de constater directement la présence de la sève dans l'intérieur du bois.
Telle est donc la vraie route suivie par la sève ascendante.
Un physiologiste anglais du dernier siècle, Hales, à qui l’on doit un grand nombre d’expériences propres à éclairer l’histoire du mouvement des sucs nourriciers dans les végétaux, voulut connaître avec quelle force la sève s’élève dans les tiges. 11 adapta au sommet d’un cep de vigne, taillé ras en hiver, un tube à double courbure, dont une branche ascendante était soigneusement fixée sur la section transversale du cep, l’anse inférieure étant remplie de mercure. Au printemps, la séve, en s’écoulant, s’accumula dans les branches inférieures de l’appareil, et repoussa peu à peu le mercure, dont la colonne soulevée dans la plus longue branche finit par monter jusqu'à un mètre (fig. 131). L’écoulement de la sève avait donc lieu malgré le poids d’une colonne de mercure d'un mètre de hauteur, augmenté du poids de l'atmosphère.
RE Fig. 131. Appareil de Hales pour mesurer la pression exercée par la sève sur les parois des vaisseaux d'une plante.
Hales a calculé que la force qui pousse Ja séve dans la vigne est cinq fois plus grande que celle qui pousse le sang dans une
grosse artère chez le cheval.
Parvenue dans les feuilles, la séve est mise en contact avec l'air, par les innombrables ouvertures, ou s{omates, qui com-
muniquent avec les lacunes et méats creusés dans la substance du parenchyme. La respiration de la plante, c'est-à-dire l’action chimique que l'air exerce sur les liquides qui remplissent les feuilles, jointe à l’exhalation de vapeurs dont les mêmes organes sont le siège, transforme, modifie, la sève ascendante, de même que chez Les animaux l’air modifie le sang veineuxdans les vaisseaux sanguins et dans le poumon, et le changeen sang artériel.
Ainsi, c’est dans les feuilles, et par suite des phénomènes d’exhalation et de respiration dont elles sont le siège, que la sève ascendante change de nature, qu'elle s’élabore et se transforme en fluide nutritif.
Quelle est la route que suit, après cette importante modification vitale, la nouvelle sève, ou sève descendante? Tout porte à croire qu'elle circule dans la couche génératrice. Voici les faits qui autorisent cette opinion.
Si on lie fortement une tige ou une branche, de manière à comprimer l'écorce, il se fait au-dessus de la ligature un bourrelet, lequel augmente de plus en plus, et paraît provenir de la stase, en cet endroit, des fluides nutrilifs venus d’en haut, car la partie de l'arbre située au-dessous de la ligature ne prend aucun accroissement.
Les mêmes phénomènes se produisent lorsqu'on pratique sur le tronc des arbres des incisions annulaires ou en spirale. Du reste, les troncs d'arbres autour desquels se sont enroulées des plantes grimpantes ou volubiles, nous offrent une démonstration, pour ainsi dire vulgaire, du fait physiologique que nous signalons. 11 se fait au-dessus de la ligature produite naturellement par les plantes grimpantes ou volubiles, un bourrelet, un épaississement, qui est produit par l’arrêt et le séjour des liquides descendant du sommet du végétal à travers l'écorce.
Nous avons énuméré, en parlant de la structure des racines, les causes sous l'influence desquelles se fait l’ascension de la sève. Les causes qui détermineraient sa marche descendante nous sont, avouons-le, complètement inconnues. Il paraît probable que c’est dans les couches profondes de l'écorce, et particulièrement dans ces fibres grillagées du liber, dont nous avons indiqué, en parlant de l’écorce, l'admirable structure, que cette sève chemine. Ces fibres sont, en effet, très riches en matières mucilagineuses et albuminoïdes.
Quelques physiologistes considèrent, en outre, les vaisseaux :